‹ Lettres; publiées (volume 2)Chapitre 28 sur 103 · DU 13 JUIN AU 10 AOÛT · texte numérisé non relu

DU 13 JUIN AU 10 AOÛT

Les Roland, en quittant le ministère, se retirèrent dans le petit appartement de la rue de La Harpe, dont ils n'avaient pas encore pris possession. Quelle fut leur attitude durant ces deux mois? Prirent-ils une part active à la lutte que la majorité de l'Assemblée (disons cette fois le parti g^iVonf/m)"' allait engager contre la cour, — ou bien restèrent-ils dans la réserve, laissant faire sans eux le ao juin et le lo août? La réponse ne paraît pas douteuse, quoi qu'en aient dit Madame Roland (^Métn., I, 85) et Roland lui-même (Girardot, p. f)o). Comment croire qu'elle se serait résignée à disparaître? D'ailleurs, le peu de données qui nous restent nous la montrent irréconcilialile. C'est à ce moment-là que Rarbaroux va chez eux*-'; Lanthenas est signalé parmi les agitateurs qui préparèrent le lo août'*'; en tout cas, c'est lui, de l'aveu de Madame Roland elle-même, que Pélion envoya deux fois, le lo août, de la Mairie à l'Hôtel de Ville, pour demander à être gardé «par une force importante», afin de n'avoir pas à s'opposer à l'insurrection (^Mémoires, 1, acji).

Mais le fait le plus significatif csl la lettre du 7 juillet 1792, adressée par Madame Roland à Rancal (revenu à Paris depuis le commencement de juin) :

c^Vergniaud sera-t-il chez M"" Dodun? Dans le cas de rallirmativc, ne craignez pas de lui dire qu'il a beaucoup à faire pour se rétablir dans l'opinion, si tant est qu'il y tienne encore en honnête homme, ce dont je doute.» A quel propos ce sanglant reproche? Quel était le crime de Vergniaud? Rien autre que son magnifique discours du 3 juillet, oii, tout en adressant au Roi une sommation dernière, il laissait la porte ouverte pour un rapprochement entre la cour et son parti. Evidemment, Madame Roland connaît ou du moins soupçonne •'*' les négociations secrètes engagées alors entre Louis X\ 1 et la « dépu-

'■' L'expression, on l'a liien remarqué, ''' De GoncouvU Société française peiidanl

est toute moderne; mais on disait déjà alors la Révolution, p. 189 : f Avant le 10 août,

fia députation de la GiTOndeD.( Voir Pflfr/o/c le caveau (au Palais-Royal) est le lieu de

du 20 mai 1799 et piissim.) miniou des Fédérés, et Lanthenas les y ré-

<*' Méni. de linrbaroiix, p. 33 1 et 336, gale de bière et de liqueurs {Journal à

et surtout 339 ' "'^ ^'"'^ ^'^''' '1'"^ Roland était deux linrds)v.

au courant de la marche du bataillon Mar- '*' Elle déclare toutefois (Mém., I, 996)

seiliais sur Pai'is. que Uoland a ignoré la lettre de Gensonné à

lation de Bordeaux w, et elle n'y veut point entendre. Ce qu'il lui faut, c'est la déchéance du Roi'".

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