‹ Lettres; publiées (volume 2)Chapitre 3 sur 103 · À ROLAND, AU CLOS · texte numérisé non relu

À ROLAND, AU CLOS

[aC ou 27 août 1788, — de ViUefrancIie.]

Bonjour, loup ! je me porte bien et je t'aime; voilà toujours la grande affaire. J'ai trouvé une lettre charmante de M""* de Riverieux '^-'^ qui veut venir, et viendra le 8 prochain avec son frère; elle demande permission d'amener son neveu Vouty'®' dont la voiture les conduira

''' C'est le a.ï août 1788 que Brienne, acculé, abandonné même par la Reine, avait donné sa démission et que Necker avait été rappelé au Contrôle générai. La nouvelle n'avait pu encore, le 96, arriver en prf)vince. Mais on la pressentait, siu^out depuis que Brienne avait fait décréter une banqueroute partielle (16 iioùt). irLa malédiction publique avait fondu sur lui comme un déluge»), disent les Mémoires d'un contemporain.

''' Main, un descorrespondantsde Roland pour son Dictionnaire.

''' De Madame Roland.

'*' Ms. 9533 , fol. 93-9/1. — La date de la lettre ressort de son rapport avec la précédente. Madame Roland , arrivée du Clos à Villefranche le a 6 août, )' a appris le retour de Necker aux affaires, et a expédié à Bosc la lettre de son mari, en y ajoutant quatre

ligues de post-scriptum ; puis elle écrit pi-esque aussitôt à Roland.

'*' Les Riverieulx étaient une des familles consulaires les plus considérables de Lyon , à laquelle était alliée la branche lyonnaise des Roland. (Voir App. C, n" XIX à XXI'.) Claude-Antoine de Riverieulx de la Ferraiidière, écuyer, ancien recteur de la Charité (1755), trésorier de la maison des Recluses (1776-1778), demeurant rue Sala, fut guillotiné à Lyon le 9q janvier 179^. Sa femme, née Claudine Bertholon, qu'il avait épousée en 1779, était dame- administratrice de ffl'Inslitut de bienfaisance pour les mères-nourrices» établi à Lyon en 1784. — C'est d'elle qu'il s'agit ici.

'"' Les Vouty étaient aussi une importante famdle bourgeoise de Lyon. Dominique Vouty, écuyer, ancien recteur de la Charité (1781), seigneur de La Tour de la Belle-

tous; grand plaisir d'avoir sa nièce que je lui ai proposée. Beaucoup de franchise et d'empressement; je garde sa lettre pour y répondre.

J'envoie faïence , pimpernelle et le diable.

L'Académie''' a été assez belle; Le Camus et Froissard [sic) sont venus et ont parlé, nous causerons de tout cela. Renvoie samedi de bon matin, car j'ai envie d'aller dîner avec toi et j'ai assez d'activité pour avoir tout fait à temps.

M""' de Longchamps a été malade et n'est pas tout à fait remise.

Nouvelle grandissime ! . . . que je donne à deviner en cent. Le Necker est contrôleur général. Lui-même l'a mandé aux Finguerlin (^', qui l'ont fait savoir à Humblot (''. Cela se regarde comme du plus certain. Les effets haussés de 3o p. loo à Paris, d'où je n'ai rien trouvé. Prends

Allemande, guillotiné à Lyon le i3 décembre 1798, avait épousé en 1758 Marie de Riverieulx, sœur de Claude-Antoine de Riverieulx , dont nous venons de parler. Leur fils Claude-Antoine Vouty était donc bien le neveu de M"' de Riverieulx. 11 fut, après la Révolution , premier président à la Cour d'appel de Lyon et mourut en 1896. (Voir App.C.,n°XXL)

''' La séance annuelle tenue le 26 août par l'Académie de Villefranche. — Madame Roland n'en parle que par ouï-dire , car elle n'avait pas voulu y assister (voir lettre 305 ) et, d'ailleurs, n'était arrivée du Clos que le a6.

''' MM. Finguerlin , probablement d'origine genevoise, étaient des premiers commerçants de Lyon, mais en dehors des cliarges municipales , étant protestants. Nous trouvons cependant l'un d'eux parmi les administrateurs de «l'Ecole royale académique de dessin», fondée à Lyon en 1766 {Alm. de Lyon de 1789, p. 228) et de (rrinstitut de bienfaisance pour les mères-

nourrices» (ibid., 75-77), dont nous venons de parler. Il y avait aussi , parmi les administratrices de ce dernier établissement, M"" Finguerlin-Scherer (ibid.), et nous voyons d'autre part ( Correspondance littéraire, janvier 1786) qu'il y avait à Lyon une maison de banque «de MM. Finguerlin et Scherer». Lors de la contribution patriotique de 1789, trois membres de la famille Finguerlin s'inscrivent pour 3o,ooo livres (Wahl, 6). L'un d'eux, en 1790, fit partie du Conseil général de la commune, puis du Conseil général et du Directoire du département {ibid., 169-170). — Nous voyons d'autre part, dans les Mémoires de M"' de Genlis (V, 53; VI, 117-121; VII, 274), qu'un Finguerlin avait épousé une de ses nièces.

''1 Probablement J.-B. Hiunblot (l734l 809 ) , négociant , et secrétaire-greffier pour MM. les Maréchaux de France, à Villefranche [Alm. de Lyon, article Villejranehe , p. 169-173). Il fut membre de la Constituante.

garde à tes notes t''. L'homme serait vindicatif ; cest à consulter entre nous, avec mûr examen et sufTisante attention.

Je t'embrasse et rembrasse éternellement. Ménage-toi et conservetoi, à moi qui t'aime tant'^).

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