AU CHANOINE DOMINIQUE ROLAND, .A VILLEFRANCHE
25 décembre 179a, — [de Paris].
Dans l'incertitude des événements, mon cher frère, et l'impossibilité, au milieu de leur cours , de faire toutes les dispositions que nous pourrions désirer, je ne veux pas du moins manquer à vous adresser mes embrassements et mes adieux, à vous réitérer l'expression de ma confiance dans votre amitié pour Eudora , et vous témoigner mon estime pour sa gouvernante, M"' Mignot, qui peut me remplacer près d'elle, qui ne doit plus la quitter, et pour laquelle nous vous prions de faire des arrangements qui mettent sa vieillesse à l'abri du besoin '*'.
''' Sur ce projet d'organiser eii garde ile la Convention les iedt'rés des (iéparteinenls réunis à Paris, voir le Procès-verbal (le ta Convention (\(^ i3, iG et 17 janvier i7<)3.
''' M"* Mignot. — Voir la lettre suivante.
'■''> Publiée par Champagneux , Discours préliminaire , \li-xliii. — Keproduitc par Daiiban (Etude sur Madame Roland, p.cXLVii).
'* (li'lte flemoiselle Mignot semble <?tre la même qui, en 1791 (Tueley, 111, 5878- 587/1 j, s'iutitulant fforganiste du collège des Bernardins depuis treute-six ans aux appoin-
tements de 5! 00 livres" , sollicitait du Directoire du déparlenient de Paris une pension de même chiffre, par suite de la sup[)ressiou ducouveiil. — Elleavait alors 5 3 ans. Or nous savons par la déposition faite le 7 novembre 1798 devant le tribunal révolutionnaire, par la demoiselle Mignot dont il est question dans cette \e\.Uv\Arch. nat.. \V. 39/1 , dossier 9S7, cote a6), qu'elle s'ap|)elait Marie- Madeleine ; qu'elle était déjà âgée de 55 ans [en 1793], ce qui correspond bien aux 53 ans, en 1791, de l'aucienne organiste des
ààS
La journée de demain , suivant les avis qui nous viennent de toutes parts, et les dispositions préparées depuis longtemps, peut être notre dernière; dans tous les cas, elle ne sera pas inutile au salut de la République, et notre chute apprendra aux départements quels dangers ils doivent combattre.
Adieu, mon frère; j'ai trop peu de temps pour dépenser beaucoup de paroles; mais je suis ce que vous m'avez toujours connue, dévouée à mes obligations que j'aime, appréciant la vie pour les biens de la nature, les jouissances de la vertu, mais la trouvant assez laborieuse pour la quitter sans regret, et m'étant trop habituée à mépriser la mort pour jamais la fuir ou la craindre. Je laisse à ma fille de bons exemples, une mémoire chérie; son père y joint quelque gloire; il lui reste en vous et M"' Mignot de sages guides. Elle aura de la fortune ce qui suffit au bonheur. Puisse-t-eile juger, sentir et profiter de tout avec une conscience toujours aussi pure et une âme aussi expansive qu'auront été celles de ses parents.
Bernardins; qu'elle dtail rrmaîtresse de clavecin n et qu'elle était entrée chez les Roland le i3 août 179a , "pour y enseigner la musique et le clavecin à la fille Roland qui était confiée à ses soins en qualité d'institutrice. . . »,etles avait quittés vers le -io mai
Rien n'égale d'ailleurs la sottise féroce de celte déposition.
Ghampagnenx a publié [Disc, prétim. , XXXIX-X1.1) l'acte [lar lequel Roland et sa femme confiaient leur fille h cette indigne créature, en lui assurant un sort. Voici ce document :
Nous, soussignés, réunis dans les sentiments qui n'onl cessé de nous nnimer l'un et l'autre, considérant que l'incerlitude ordinaire des événements es( encore augmenlée par la situation politique de l'empire, et celle de la capitale en particulier; considérant que ie premier devoir d'un homme public est de rester à son posle tant qu'il peut y être iilile, cl résolus de demeurer toujours là où nous veut la patrie; mais jugeant
que rien ne nous oblige à faire courir les mêmes hasards à notre enfant chéri, nous avons arrélé de le confier à M"' Mignot , qui s'est déjà chargée de son éducation, et de l'envoyer dans le domaine rustique de la famille, loin du théâtre de la guerre, attendre des jours plus Iieureux, en cultivant, dans celle retraite paisible, ses facultés morales, et se préparant aux revers sans les craindre, comme à la prospérilc sans l'ambitionner, à l'exemple de ses parenls, qui auront vécu sans reproche et sauront mourir sans terreur. Nous nous re|iosons avec confiance sur les soins affeclueux et la bonté éclairée de M'" Mignot. Nous voulons qu'elle jouisse, sur notre chère Eudora , de tout l'ascendant que doit lui acquérir son caractère respectable, et qui est absolument nécessaire à la suite de l'éducation. M"" Mignot partagera l'existence et les moyens de son élève; et après huit années révolues, il lui sera payé annuellement, sur nos biens, 1,000 francs de rente viagère, dont elle jouira avec la plus parfaite indépendance.
Paris, le a5 décembre 1792.
J.-M. Roland, RoLiito, née Pdlipou.
[À LANTHENAS, À PARIS*'*
[Fin de 1792, — de Paris.]
Il est vrai, j'ai travaillé tard, et j'ai regretté qu'on m'ait laissée dormir ce matin , car je n'ai point fini ce que je voulais faire , de même que je regrette que vous ayez attendu jusqu'au dernier instant pour ce que vous dites. Mais veuillez me l'envoyer aussitôt, et famitié doublera les instants.
<'' Ms. 9583, fol. -i-jo. — Une main inconnue a mis en marge : tn" 'ji.
Ici commence nne séi'ie de lettres et de billets , adressés à Lanthenas , et qui nous font assister à sa rupture avec les Roland. l'nc de ces lettres (lettre 515) avait déjà été publiée par M. Faugère en i86'i {Mém., II, 3io- 3 1 1 , puis en 1 Sfiy par M. Dauban (II , .5f)0- 591); une autre (lettre 518) nous est fournie par un cat;ilogiie de ventes d'aulogi-aphes, mais les dix autres billets sont absolument inédits; c'est évidemment la série qui a passé autrefois par les ventes d'autographes (vente du 6 février i8'i5 et jours suivants, Cbaron exprl, n° ^16; vente Trémont, du 9 décembre i85-j et jours suivants, n* ia63), et quia fini par airiver dans les dossiers de M. Faugère, devenus aujourd'iiui les mss. 953a-953& (n. A. fi-.) de la Bibliothèque nationale.
Un seul de ces billets est daté, ao janvier [1793]. Pour deux ou trois autres, nous fivons des indices. Nous avons essayé de les classer, en nous guidant sur la suite des idées. Nous ne sommes pas certain d'y avoir tout à fait réussi, tant il y a, dans une ruplin-e de ce genre , de retours subits ! Neuf de ces
billets portent un numéro d'ordre, d'une écriture ancienne, peut-être de Lanthenas, et cinq ont des dates d'année , d'une écriture ancienne aussi, mais différente. Nous ne nous sonmies ])a8 cru obligé de tenir compte de ces indications, car plusieui's de ces dates d'années sont manifestement eri-onées; quant aux numéros d'ordre , eussent-ils été donnés pai' Lanthenas lui-même, ils ne nous paraissent pas devoir faire absolument autorité, chacun sachant à quelles erreurs il s'expose en classant ra[)idement , après coup , et sans les termes île comparaison dont ])eut disposer la ci-itique. une correspondance sans dates et dont le laconisme ne foin'tiit |)as d'indices.
En somme, tous ces billets, sauf celui du . •i G janvier [ 1 793] semblent être des derniers mois de 179^. Ne pouvant les daleravec plus de précision , nous avons cru préférable de les réunir tous ù la lin de la Correspondance de cette année-là, au lieu d'essayer de les intercaler approximativement parmi les lettres autiientitjuenieiit datées de cette j)ériode. U vaut mieux d'ailleurs qu'on les lise à la suite les uns des autres, en se rappelant que Lanthenas était logé au ministère de l'Intérieur même.
LKTTBtS DB «AIHIIK BDLAND. 11.
[À LANTHENAS, À PARIS 'l]
[Octobre? 1793, — de Paris, j
Voici 2,()i() livres dont vous m'aviez fait remettre le compte; je vous le rends, pour que vous ayez la complaisance de me le faire quittancer.
Je vais à la campagne (^^ pour y travailler dans le silence l'objet qui doit être beaucoup plus important qu'il n'avait paru d'abord et pour lequel j'emporte des matériaux. Venez-y dîner demain; probablement mon ami, qui m'y accompagne en ce moment, y viendra aussi. Vous y trouverez toujours votre sœur qui voudrait, à ce titre, concourir à votre bonheur et qui, parmi mille défauts, n'aura jamais du moins celui d'en imposer sur l'état de son cœur. J'ai tort, peut-être, de vous dire cela; mais l'idée de votre affliction me fait mal, et j'ai peur déparier comme de me taire.
[À LANTHENAS, À PARIS '"'
[Octobre? 179S1, — de Paris.]
Garder quinze jours le désir de voir une personne, quand on croit intéressant de lui parler pour sauver la chose publique , c'est assurément
<"' Ms. 9533, foi. 969. femme, écrite par iui au milieu de sep- Une main inconnue a mis en marge : tembre, alors qu'elle était à Mousseau.. . 1
(fU* 3i et d'une autre écriture : ffi79i''. Sainle-Qeme (Introduction aux Lettres â
Celte date est une erreur manifeste. Bancal, p. xxxvii) parle aussi d'une cam-
'^' Probablenienl à Monceaux, chez Gi- pagne à Chanipigny-sur-Marne, où Roland
bert, qui avait là une |)Olite maison de cani- et sa femme auraient habité au sortir du
pagne, où elle allait quelquefois se reposer. premier ministère.
Nous avons déjà dit (lettre 451) que le <'' Ms. 9533,fol. 966.
trRapport sur les papiers trouvés chez Ro- Deux noies, d'une écriture inconnue, en
landi (avril 1793) cite, parmi les pièces marge du billet, disent fu" 11 el T1790-.
inventoriées, ^ une lettre de Roland à sa Cette dernière date est absolument en'onée.
une tranquillité bien grande! M. Rome (''(.sic) veut me voir en présence de mes amin, et qu'aucun de ces MM. de la Gii-onde ni Brissot n'y soit; il voudra donc bien inditjuer quels des autres atnis. Ce sera demain même, à dix ou onze heures du matin; ce sera ce soir à si^ heures, s'il le veut; ce serait tout de suite, si je ne craignais que M. Rome ne voulût point se rencontrer avec les personnes que je puis voir ce matin.
Sachez le moment qu'il choisit, les témoins qu'il veut, et dites-lui bien qu'il m'aurait trouvée tout aussi empressée il y a quinze jours qu'aujourd'hui.
Ci-joint la somme, le compte et le billet (jue \ous désirez.
Mille bonjours.
À. LA^THENAS, [À PARIS'"'.]
[Novembre? 179a, — de Paris. |
L'idée de voti-e situation me poursuit, et je vous trouve bien peu de bonne foi lorsque vous me supposez jouir du mal que je puis
'' Charies-(îilljei1 Romme( lySo-tygS), «lépulé à la Convention , un des "derniers MonUig-nards-, de'capite le 17 juin I7(j5, était l'ami de Bosc, de Lanthenas , de Bancal, de Dulaure.
Il est bien l'egreltable que ce billet ne soit pas date. 11 nous renseignerait mienx sur une des tentatives, encore maintenant si mal connues, qui furent faitt», d'octobre 179?! à mars 179^, j)our rapprocher les deiixifrands partis de la Convention. Remarquons toutefois qu'ici l'entreprise n'a qu'une porliT nstreinte, puisque Roninie demande pi'écisément que ni -ces MM. de la Ciironde , ni Brissot ne soient à l'entrevue-. Il s'agit plutôt de ramener Roland et -ses autres amis-.
L'événement se place forcément dans les trois derniers mois de 1799, car, à partir de janvier 1793, L-intlienas, on va le voii', était en trop mauvais termes avec Madame Roland pour |)ouvoir servir d'intermédiaire. Nous mettrions volontiers ce billet dans la seconde quinzaine d'octobre, alors qui; Romnie et l^antlienas venaient d'être élus ensemble (le i3 wtobre) au Comité de l'instruction publique (J. (iuillaume. Procès-verbaux du Comité d'instruction publique de la Convention, t. 1., Iiitrod., p. iv).
'-' Ms. 9533, fol. «67-968. — Sur l'iidresse , de la main de Madame Roland : -^Pour Monsieur Linllienas'. En marge, de deux tritures dilférentes : fi79-j'' et
lrll° 9».
causer, tandis que c'est la seule infortune à laquelle je sois sensible et qui m'ait causé des chagrins.
Plus je relis, plus je me persuade que vous vous êtes trompé et que vous avez pris pour un raisonnement ou une ironie dont vous pouviez être blessé ce qui était de ma part un reproche assez touchant.
Venez me voir, ou ce soir, ou de midi à deux heures; vous savez bien que je ne serais pas tranquille si mon frère était affligé.
[À LANTHEÎSAS, À PARIS '''.]
[Fin novcinlire? 1792, — de Paris.]
Vos observations d'hier ont été mises à profit. Mon mari est disposé à faire quelque chose pour l'Arabe Chervi ('-'. Je vous dirai cela si vous venez déjeuner chez moi.
[À LA.MHEINAS, À PARIS '''.]
[Décembre? 1793, — île Paris.]
Vous m'avez renvoyé ma carte. Je vous croyais sorti. Je voudrais penser que vous travaillez. Je travaille moi-même et je m'en tiens à
*'* Ms. 9533, fol. 27a. — En marge, écriture incoiiime : rrn° 6».
'*' Ce mol peut nous servir d'indice pour dater approximativement ce billet, r L'Arabe Chervi» est évidemment le Syrien Cbawicli , un des deux interprètes des langues orientales à la Bibliothèque nationale, dont Roland, en réorganisant la Bibliothèque, avait supprimé les emplois, et (jui assaillaient de leurs réclamations et le Comité d'instniction publique de la Convention et la Convention elle-même. — Ce frquelque
chose 1 que Roland se disait disposé à faire fut fait : le 95 novembre (voir Moniteur (lu a6), la Convention alloua à Chawich un secours |»rovisoire, en renvoyant sa pétition aux comités compétents.
n semble donc que ce billet ait été écrit un jieu avant le 95 novembre. — Voir, sui- Chawich , J. Guillaume , Comité d'instruction publique de la Convention , 1. 1 , Introd. , p. l\i et p. i65-i68, 399, etc.
'■'' Ms. 9533, fol. 971. — En marge, écriture inconnue: wn" ô-^.
l'opinion, au soin de faire servir toutes les affections volontaires et autres, douces ou amères, à développer l'activité de l'esprit, à la tourner vers un but d'utilité.
Vos expressions, vos suppositions de mépris me déchirent; elles sont fausses. Ce n'est point cela. Vous le sentez bien.
5U \ LA^THENAS, [À PARIS'.]
[Décembre? 1793, — de Paris. I
Vous me désolez, car je bais de causer du mal, car je vous estime et vous suis attachée , et je redoute ou m'afllige plus particulièrement d'en causer à vous-même. Mais, eussiez-vous milhe fois raison, l'empire que j'ai reconnu est établi et je ne puis plus m'y soustraire. Il n'est pas vrai que vous vouliez en moi haine ni désespoir: la première est impossible; l'autre vous ferait mourir de regret, et d'ailleurs on ne le connait plus que pour l'objet dominant qui seul a droit d'y porter. Vous qui invoquez la raison et réclamez contre les travers du cœur, soyez assez généreux pour être mon ami. Cet effort peut prévenir bien des maux; mais aucun de ceux-ci ne peut changer ma destinée qu'en l'abrégeanl.
À LAIVTHENAS, [\ PARIS !"'.]
[Décembre? 1793, — de Pari».]
Oui, ji' vous .ti- parlé ro matin avec un accent que vous avez dû trouver nouveau; mais, lorsque je vous ai si bien témoigné à quelle occasion se déve-
''' Ms. 9533, fol. 37/1-275. On lit sur Rolande. Une écriture inconnue, en marge
]o folio exteripur, fie ta main (le Madame Rd- de la leUre , a inscrit : m" 8". land : -M. Lanllienas-. Et snr un pli de <'' Publide en i864 par M. Faugère
l'adresse, de la main de celiii-ri : -Madame {Mém., II, 3io-3i i ), sans qu'il ait indiqué
loppait le sentiment qu'il exprimait, je ne puis m'étonner assez de vous en voir chercher si loin ia cause. Cette histoire des comptes est ridicule, et je ne songe à rien de semhlable. Quant h l'époque de votre association '■', elle fut celle d'une conduite à jamais blâmable en amitié, et, si j'y fus si sensible alors, c'est qu'elle me paraissait vraiment répréhensible et que je n'accordais point ce procédé avec la franchise d'une âme honnête.
Vous l'avez expliqué depuis d'ime manière qui, si elle ne compromet pas vos intentions, prouve un caractère très particulier. Mais je ne vous en aurais jamais parlé, si vous ne le rappeliez. Quant à ces derniers temps, je ne vois pas de quelle injustice vous pouvez vous plaindre : je vous prouvais de l'estime, de l'amitié, de la confiance, et certainement, si vous vous êtes retiré parce que j'accordais ces sentiments à qui ne vous plaisait pas, vous avez été le maître, mais vous n'avez pas droit de le trouver mauvais. Lorsque votre aveuglement à cet égard va jusqu'à manifester votre mécontentement à des tiers, vous manquez à la confiance que je vous avais donnée, vous manquez à la délicatesse, h l'honnêteté; je ne vois plus qu'une âme vulgaire en proie à des sentiments que je ne veux pas qualifier, mais que je méprise. Voilà ce que vous avez vu ce matin ,. lorsque j'ai été confirmée dans l'opinion de ce que vous aviez dit; voilà ce que je confesse aussi hautement que tous mes sentiments, car il n'en est pas un que je ne puisse avouer, quoique je n'ignore pas combien les travers et les corruptions du monde peuvent mal les interpréter.
Assurément, je connais trop bien ce monde pour mettre beaucoup de prix
d'où H tirait la pièce, ceKft lettre avait figiii'é sous le 11" 9 1)1 à la vente Fossé-Darcosse (i9 fiécembre 1861 ). J. Techener, expert (L. aut. à Lanthenas, 3 pages in-i 9 , cachet aux initiales M. J. P. entrelact^es et la devise : Sensible et fidèle, — avec extrait). C'est sans doute l'acquéreur qui la communiqua à M. Faugère en i864. M. Dauban la publia àsontouren 1867 (II, Sgo-Sgi), en mentionnant qu'il en devait la communication à M. Bixio, mais en laissant échapper diverses inexactitudes de transcription. — Il y a une copie de cette lettre aux Papiers Roland, vas. (j.'iSS, fol. 98.'{. Nous donnons noire texte d'après ia copie que M. Villard .
gendre de M. Bixio, et possesseur actuel de l'autographe , nous a gracieusement envoyée. D'après sa description, elle n'est ni signée ni datée , mais elle porte pour suscription : rr Monsieur Lanthenasi.
'"' Nous ne sommes pas en mesure de dire à quelle association fait allusion ici Madame Roland. On a pu voir, par sa correspondance de 1790 et 1791, qu'il y avait eu beaucoup de projets entre Lanthenas et les Roland pour acheter quelque bien en commun ; mais nous ne savons pas qu'aucun ait abouti. Les lettres 509 et 510 montrent du moins qu'il y avait eu entre eux quelques comptes à liquider.
à vivre au milieu de lui. Les assassins '" ne me paraissent point plus redoutables qu'ils ne vous semblent.
J'aurais beaucoup à dire sur votre propre éloignement et les manifestations de vos opinions politiques, et ce blâme continuel des nôtres; je ne sais ni
pourquoi ni comment on peut '2' établir des reproches d'abandon
quand on se montre ainsi soi-même , , mais tout se tient et rien ne
m'étonne plus.