‹ Lettres; publiées (volume 2)Chapitre 49 sur 103 · L. D. [Lacze de Pebret · texte numérisé non relu

L. D. [Lacze de Pebret

Comment cette lettre , et les suivantes que nous donnerons également en noie, adressées à Madame Roland par de Perret, ontelles été trouvées dans les papiers de celui-ci lorsqu'on les saisit, le 12 juillet 1798? Ce n'étaient apparemment que les brouillons de ses réponses. La preuve ressort précisément de celui-ci , écrit sur le second pli du billet qu'il venait de recevoh- de Madame Roland.

Toute celte correspondance de Madame Roland et de Lauze de Perret se trouve dispersée dans les éditions de Cliampagneux et de Faugèr'e avec une étrange confusion. Nous la rétablissons dans l'ordre où elle a eu lieu.

P' Claude-Romain Lauze de Perret (1747-

et que rien encore n'a pu y faire lire. Si votre courage y peut quelque chose , je la lui recommande; si vous connaissiez quelques moyens de la faire publier, veuillez les employer.

Je ne suis toujours point interrogée, j'ignore jusqu'à quand je dois être retenue dans ces lieux qui furent le théâtre de scènes d'horreur.

Certes, avec l'innocence et la vérité, j'y suis plus libre et moins à plaindre que les bourreaux dominateurs, et ma fermeté ne s'étonne de rien; j'ai un enfant, une famille éplorée, je ne dois rien négliger pour leur être rendue. Quoi que vous fassiez , recevez les assurances de mon estime.

AU MINISTRE DE LA JUSTICE ''l

8 juin ) 79,3 , — de la prison de l'Abbaye.

Je suis opprimée, j'ai donc sujet de vous rappeler mes droits et vos devoirs'^'.

Un ordre arbitraire, sans motifs d'arrestation, m'a plongée dans ces lieux préparés pour les coupables; je les habite depuis huit jours sans avoir été interrogée.

Les décrets vous sont connus; l'un vous charge de visiter les prisons ''', d'en

179.3), dt^puté (les Bouches-ilu-Rhône à la ly-ffislalive, puis à la Convention, un des ailversairos les plus résolus de la Montagne, mais des plus im])nideiits. C'est avec lui r|uenarbarou\, en juin lygS, aussitôt qu'il eut quitté Paris pour Evreux et Caen, enlama une correspondance que de Perret ne sut pas détruire; c'est à lui tpi'en juillet il adressa Charlotte Corday. Mais, dès le 11! juillet, pendant que de Perret conduisait M"' de Corday au ministère de l'Intérieur, les scellés étaient mis sur ses papiers, en raison des soupçons (pi'on avait de sa correspondance avec les députés fugitifs. C'est là qu'on trouva , non seulement les lettres de Harharoux, mais aussi celles de Madame Roland , qui permirent de la condamner.

De Perret fut décrété d'accusation le i5 juillet, le surlendemain de l'assassinat de Marat, et incarcéré à l'Abbaye. Compris de nouveau dans le décret d'accusation du 3 octobre , transféré à la Conciergerie le G , il fut conduit à Técliafaud le 3i, avec les Vingt et un.

'■' Bosc, I, 39; Faugère, I, Mx. — Ms. dea MétHoires, Bibl. nat. , iSySC, fol. 98. — Le ministre de la Justice était alors Gohier, depuis le 90 mars 1798.

'*' Faugère a imprimé i^vies devoirsu.

C'est un lapsus évident.

''' Décret (lu 98 novembre 1799 (Duvergier, V, 68) et Moniteur du 95. Nous n'avons pas trouvé de décret de date plus récente.

faire sortir ceux qui s'y trouvent détenus sans cause ; dernièrement encore , il en a été rendu un autre qui vous prescrit de vous faire représenter les mandats d'arrêt, d'examiner s'ils sont motivés et de faire interroger les détenus.

Je vous fais passer copie certifiée de celui en vertu duquel j'ai été enlevée de mon domicile et amenée ici.

Je réclame l'exécution de la loi pour moi et pour vous-même. Innocente et courageuse, l'injustice m'atteint sans me flétrir, et je puis la subir avec fierté dans un temps où l'on proscrit la vertu. Quant à vous, placé entre la loi et le déshonneur, votre volonté ne peut être douteuse , et il faudrait vous plaindre si vous n'aviez pas le courage d'agir en conséquence *>'.

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