‹ Lettres; publiées (volume 2)Chapitre 88 sur 103 · BANCAL DES ISSARTS · texte numérisé non relu

BANCAL DES ISSARTS

La biographie de Bancal des Issarts a étë faite avec soin et eompëtence par M. Fraiicistjue Mège '"'. Il ne saurait être question de la recommencer ici. Mais nous devons préciser tout ce qui concerne les rapports de Bancal avec les Roland et leurs amis, en complétant le livre de M. Mège sur un certain nombre de points <"'.

Jean-Henri Bancal naquit le 3 novembre 1760 à Saint-Martin-de-Londres, en Languedoc, oii son père dirigeait une fabrique de bas de soie, qu'il transporta en lySô à Clermont-Ferrand. Des trois fils du manufacturier, l'aîné continua son industi-ie; le second, Jean-Louis, entra dans l'armée, où il devint général de brigade et ins|)ecteur général du génie. Le plus jeune, Jean-Henri, après avoir fait ses classes au collège de Clermont, alla étudier h l'Université d'Orléans, où il eut Garran de Goulon pour condisciple et ami.

Le 1 1 novembre 1783, il acheta une étude de notaire à Paris '^', mais il se lassa assez vite du notariat et revendit son office le 21 octobre 1788 '''.

C'est de ce premier séjour de cinq années à Paris que datent ses liaisons avec les amis de Roland. Dès 1787, une lettre de Paul de Lamanon, citée plus haut (p. 67/t), nous le montre en relations d'amitié avec Greuzé-La louche et avec Bosc, ses voisins de quartier. (Il habitait en effet rue du Four, près Sainl-Euslache.) Bosc lui fit connaître Lanthenas; Lanthenas dut le conduire à Brissot, et il semble bien que Bancal soit entré des premiers dans cette Société des Amis des noirs fondée par Brissot aux premiers mois de 1788. Nous avons déjà dit ailleurs (p. 676) qu'il était de ces rrpromenades philosophiques du dimanche"' que Bosc conduisait dans le forêt de Montmorency. Nous l'avons aussi montré faisant partie avec Lanthenas , certainement avant 1789, de ces groupes ou fSociétésT plus ou moins secrètes où on se préparait à la Révolution.

En décembre 1788, devenu libre par la vente de son office, il prépara, en vue des

"' Un vol. in-8°. Pari'*, H. Champion, M" Cordier. H avait ajouté à son nom palrony-

1887. niique, suivant un usage du temps, celui de De»

'-) Quand nous ne donnerons pas de rcfé- hxnris, tiré d'une propriété de famille, et c'est

ronces, c'est M. Mèjje, dont le Iravail a été fait ce dernier nom qu'il porta jusqu'au décret du

avec des papiers de famille, qui sera noire an- igjuin 1790.

lorité. '*' A Pierre-Nicolas Detacour, ([ui fut membre

'■''' Alm. Hoyal de 178.5, p. 4oà. Bancal y de la Commune de Paris et fui guillotiné le

tigure sous ie nom de Desissaris, successeur de yg juillet i79'4.

événements qui s'annonçaient, une Déclaration des droits et se rendit en Auvergne pour la communiquer à ses compatriotes. C'est là qu'il reçut de Bosc une lettre datée du 20 décembre 1788 (ms. 9533, fol. iia-ii 3), contenant les nouvelles politiques du jour et se terminant par une plaisanterie qui atteste la familiarité de leur liaison. Il rentra à Paris en février 1789, lit imprimer sa Déclaration et la lut chez Brissot, ftdans une assemblée nombreuseï , le ao avril suivant. (Voir le Patriote français du 1" septembre.)

Le lendemain, 21 avril, il était uomiué électeui- de Paris par son district de Saint- Eustache.

Du 96 avril au as mai, diverses pièces de la collection Picot''' nous le montrent travaillant activement à l'élection des députés de Paris : ce sont, presque tous les jours, des billets échangés entre Brissot, Lantheoas et lui; on lient chez Brissot des assemblées fréquentes, où se rencontrent le baron de Servières, amené par Lanthenas, le député Li Mélherie, amené par Bosc, Augustin Debourges, ami de Brissot, Garran de Goulon, etc.

L'élection des députés terminée (aa mai), les électeurs décidèrent de continuer h siéger et chargèrent trois commissaires, dont Bancal, de chercher une salle '^'. Cela prit un mois , car c'est seulement le a6 juin que Flesselles livra la grande salle de l'Hôtel de Ville.

Une lettre de Lanthenas à Bancal , du k juillet ''', montre que celui-ci , avec son ami (îarran, électeur du district de l'Abbaye Saint-Germain, et le chimiste Darcet, âecteurdu district des Petils-Augustins , marchaient de concert à l'extrême gauche de l'assemblée des Électeurs. A cette date. Bancal avait déjà quitté, depuis un mois au moins, sou district de Saint-Eustache pour aller demeurer au district des Carmes, chez son parent, le notaire Bro ''', rue du Petit-Bourbon (aujourd'hui rue Saint-Sulpice), n° i5.

Le 1 o juillet , Bancal , avec Carra , BonneviUe , etc . . . , dépose une motion pour demander le rétablissement de la -garde bourgeoise». (Tuetey, i, 1^9.)

Surviennent les événements du 11 (renvoi de Necker), du 19 (Camille Desmoulins au Palais-Royal) . Le 1 3 , à cinq heures et demie du matin , Lanthenas envoie à Banc;d une lettre oii il lui décrit le frémissement de son quartier (ms. 9Ô3'i, fol. ai6-ai7). La lettre est curieuse : plus curieux encore les commentaires ardents que Bancal y ajoute : ^ . . . la rage, l'indignation, le mépris. . . » contre la Ttyrannie intérieure et étrangère. . . •'. Et il agit en consécjuencc : il se rend à l'HAlel de Mlle, il est un des trois commissaires (pii vont chercher Flesselles et l'amènent au milieu des Electeurs. Puis il est élu membre du Comité prrmtiiieul qui est alors constitué et qiii décrète la formation de la itmihce parisiennei:. Dans la soirée du i4, on le charge d'aller à Versailles, avec Ganilh, demander à l'Assemblée nationale d'intervenir auprès du Roi poiu" éviter la guerre civile. C'est à onze heures du soir cju'il fut entendu par elle (Robiquet, p. 96-37). ^'^' *'•'"*' *^*"^^ '" °"'' "^^ *'' ^" *^

■'1 Voir, sur cette collection , à laquelle nous "' Ms. 9534, fol. 9ià-»i5. Le manuscrit

nous référerons plnsiours fois, une note de la porte û juin, mais c'est un lapsus, ainsi qu'il

pB(;e 1 68 de ce volume. ressort du texte de la lettre.

'-1 Paul Itiihiquet, Le jiertimnel municipal de '*' Bro était un vieuv notaire (depuis 1766).

ï'ari» pendant la Révolution, 1890. Ce livre Bancal avait des fond? chez lui, près de 30,000",

utile sera souvent misa contribution dans celle à la date du 7 mai 1789, ainsi qu'il ressort

notice. d'une note de sa main (colleclion Picot).

LCTTHES Di: «AUiME HOLA.\D. — U. ^7

IMrKlBCKIE ItiT10liAl.K.

que, "chargd de délibérations de l'Assemblée '"', il revint trouver le Comité, qui lui vola des remerciements. (Tuetey, i, 9 55, a 5 7.)

Le 16, ie Comité permanent, dont Lalayette était venu prendre la présidence en le i-enforçant de sept membres de l'Assemblée nationale, ordonna la démolition de la Bastille et nomma, pour veiller à l'approvisionnement de la grande ville, un Comité des subsistances dont Bancal fit partie. (Robiquet, p. 29.) Tâche très lourde, plus lourde que jamais aux jours où l'émeute peut naitre de la disette et la disette de l'émeute. Le 17, Bancal est des vingt-cin(j Électeurs cliargés d'accompagner Bailly au-devant de Louis XVI.

Le mt'me jour, Lanthenas lui écrivait une lettre (nis. ()53/i, fol. 918-919) ^'•' ""us révèle diverses particularités : 1° que les deux amis étaient ensemble à l'Hôtel de Ville dans la soirée du 1 4 , au moment où Bancal en sortait pour sa mission de Versailles , tandis que la foule arrachait Flesselles de la salle du Comité et le traînait dans la grande salle : 9° qiie Lanthenas, dans toutes les journées des i5 et 16, ne put parvenir à rejoindre Bancal à l'Hôtel de Ville. Lit, comme toujours, son mauvais sort le laissait en arrière: .3° qu'il se préoccupait déjà d'être élu à cette Commune dont la création ne devait cependant être votée que le lendemain , et qu'il était candidat dans son district de Saint-Jacques-l'Hôpital.

lies élections pour la Commune parisienne se firent rapidement : Bancal ne fut élu ni dans son ancien district de Saint-Eustache , ni dans son nouveau district des Carmes où il était trop peu connu; Lanthenas ne fut pas élu davantage. En revanche, leur ami Brissot entrait dans la nouvelle assemblée, dite des Cent-vingt '*', qui commença à siéger dès le 35 juillet et remplaça définitivement, le 3 o, l'assemblée des filecteurs. Elle maintint d'ailleurs les divers Comités qu'ils avaient institués et particulièrement le Comité des subsistances , où Bancal continua à siéger. Il y était encore le 18 août. (Tuetey, 1. 1, n° 3 186.)

§ 2. Bancal au Patriote FllA^ÇAls.

Après avoir été ainsi au premier rang des Électeurs de 1789 et des vainqueurs du 1 4 juillet. Bancal se retrouvait au second plan. Mais il resta un des lieutenants les plus actifs de Brissot, dont le Patriote français, plusieurs fois annoncé et retarflé, venait enfin de paraître (98 juillet). Brissot ayant proposé, le 19 août, à l'assemblée des rcwf-^imjjwvinfft, un plan d'organisation de la future municipalité de Paris, Bancal publia, le 3 septembre, une brochure intitulée : rr Arrêtés proposés au comité de la municipalité du district des Carmes, par M. Desissarts, membre de ce comité''. (Tourneux, 7o34.) Il prétendait bien ne pas se laisser oublier; déjà, le 9 G août (voir Patriote du 1" septembre), il écrivait à Brissot pom* rappeler qu'il avait réclamé, dès le 90 avril, »ravant Mirabeau'-, le droit de réunion , et qu'il contestait à l'Assemblée nationale le droit de faire une Constitution. Elle

"' Coll. Picot, laissez-passer délivré à Bancal Cmt-quatre-ringt , dont fit partie ie vieux no-

et à Ganilli, signé de Lafayette et de LaWy- taire Bro, l'ami et le parent de Bancal, et qui

Tollendai. fut remplacée, le 18 septembre, par l'Assemblée

'*' Oui devînt, le .ï aoùl. rA.>isemlilée iJi's des Trni» cents.

devait , selon lui , après avoii- proclamé le droit nouveau , et épuisé par là sou mandat , l'aire place à une autre assemblée qui rédigerait la loi constitutionnelle. Cette singulière interprétation du serment du Jeu de Paume était la thèse des Roland (voir lettre 326) et de leiu-s amis. On est toujours enclin k resti-eindre le mandat des assemblées dont on ne fait pas partie au profit de celles qui leur succéderont et oii l'on espère entrer.

Pendant un voyage que Bancal fait en Auvergne, en octobre et novembre 1789, sa coi'respondance avec les amis de Paris ne s'interrompt pas. Deux lettres que lui adresse Bosc (ms. 9533, fol. 1 14-117). les * ' et 90 octobre, attestent une fois de plus l'amitié étroite qui existait entre eux , Garrau de Coulon et Greuzé-Latouche. La collaboration au Patriote continuait également. Le numéro du 19 octobre contient ime friettre d'un voyageur", datée de Clermont, 8 octobre'''. Mais en même temps. Bancal travaillait à se faire, dans sa province, la situation politique qu'il avait laissé échapper à Pai'is. I^e 3 novembre, il faisait voter parles citoyens de Clermont, réunis en assemblée générale, une Déclaration des jyrincipe; et droits sur lesquels doit être fondée la constitution municipale de la cité, et il était élu 'membre du Comité permanent de la ville de (ilermont pour le mois de novembre. (Mège, p. i5 et 173.) Il envoya aussitôt sa Déelaralion à Brissot, qui lui répondit, le 1 1 novembre (collection Picot) : "Je reçois, mon cher ami, votre Adresse et votre lettre. . . Je parle de l'Adresse dans le numéro de demain. . . [Suivent des nouvelles du joiu-]. . . Adieu , continuez à me donner des nouvelles de votre province. . . Ces dames [M"" Brissol , M"" Dupont, etc.] ont été bien sensibles à votre souvenir et vous disent mille choses. . . ». On voit, par ce simple mot, que les amis politiques de Brissot étaient aussi ceux de son modeste foyer'''.

IjC 1 8 novembre , le Comité permanent de Clermont faisait voter, dans une assemblée générale de tous les citoyens, l'envoi à Paris de trois députés extraordinaires, pour y défendre l'intégrité de la province d'Auvergne. Le comité de division de l'Assemblée nationale travaillait alors au partage de la France en départements . et il s'agissait d'obtenir que l'Auvergne n'en fît (ju'un seul.

Bancal fut un des trois commissaires désignés. Il arriva à Paris, avec ses deux collègues, dans les derniei-s jours i]o no\pmbn' : disons tout de suite que leur mission aboutit, sinon il un succès complet qu'on ne pouvait espérer, du moins à un résultat sutlisamment avantageux, la création du beau départeraeni du Puy-de-Dôme, avec (clermont pour chef-lieu. .\ussi furenl-iis rwus Iriomphaleincnt lors<prils rentrèrent, le i3 féviier, dans leur ville. iMègc, |t. 18.)

C'est durant ce séjour à Paris (lin novembre i7H()-fé\rier 1790) qu'il se fit recevoii* membre de la Société des Amis de la Constitution, c'est-à-dire du Club des Jacobins. I.a Société nais-sait à peine (Aulard, Jacobins, 1. 1, p. i\i). Il peut donc être considéré comme un de ses fondateurs.

H fut également, avecSieyè';. un des fondateurs, en janvier 1790. du Club de tySy ,

' Noir, dans le Patriote du s.3 novembre, ") Ainsi l^antlienas, Bosc, Vnlady (ms. g.ï3'i,

mil' .Mitre jeltn" do Clennoiil-Frrraiid, c'est-à- fol. :i'i3-344), et plus tard Girey - Dupré , dire de Bancal, du 17. Rioufl'e, Souqii<-, Marriiina, clr.

où ne devaient pas tarder à prévaloir les influences exclusivement constitulionnelles, ce qui l'amena à s'en retirer bientôt <''.

§ 3. Son ROLE À Clermont,

En cherchant tour à tour son point d'appui à Clermont et à Paris , Bancal risquait de voir le terrain lui manquer. 11 s'en aperçut bien loi-s de son retour à Clermont en février 1790. Alors que ses deux collègues de mission, Moneslier et Dijon, venaient d'être, lors de l'application de la loi du t U décembre 1789, nommés officiers municipaux , quoique absents , on ne l'inscrivit même pas comme électeur primaire ! On feignit de le considérer comme domicilié à Paris. Il dut réclamer son inscription avec insistance et, après avoir fini par l'obtenir (Mège,p. ao et 176), il sentit que c'était à Clermont même qu'il fallait se faire chef de parti. Le 1 7 mars 1790, il organisait à Glei-mont ime Société des Amis de la Constitution. La première assemblée, comptant 34 membres, — dontCouthon, — se tint chez lui ; il en fut élu président ; dès le lendemain , il faisait demander l'affiliation à la Société de Paris; il obtenait, pour les séances, le couvent des Jacobins, — toujours comme h Paris, — et on s'y installait le 9 avril (Mège, p. 18 et suiv., 176 et suiv.). Il se maintenait d'ailleurs en communication permanente avec Paris ; Lanthenas lui écrivait presque toutes les semaines (ms. f)b'ili, pnssim), faisait ses commissions auprès de Brissot, auprès de Pétion, s'occupait de faire insérer ses articles au Patriote, tantôt dans le journal même, tantôt en Supplément [axw frais de l'auteur) '*' ; Bosc écrivait de son côté (ms. 9533, fol. lao , lettre du 1" avril) ou bien, en transmettant les lettres de Lanthenas, y ajoutait de longs postscriptum. Ce n'est pas sans émotion qu'on manie ces autographes, au bas desquels Bancal, plus d'une fois, d'une écriture fiévreuse et confuse comme sa pensée, jette les sommaires de ses réponses.

A ce moment-là, son esprit mobile, se détournant de Clermont, oii il ne prenait pas autant d'ascendant qu'il l'eût voulu , était occupé de deux idées : voyager dans le centre et le midi de la France, en apôtre de la liberté, pour y établir des afiiliations, et en même temps y découvrir quelque bien d'église d'un achat avantageux pour la "Société agricole d'amis» dont nous avons déjà parlé à propos de Bosc, de I^anthenas et de Brissot. Dès le mois de mars, en vue de son apostolat, il s'était fait recommander par Bosc à Faujas de Saint- Fond, alors à Montéliniar (ms. 9iï33, fol. 1 j8). Un mois après, voulant aller au Puy, il se fait envoyer par Lanthenas une lettre de recommandation (ms. 9534, fol. 99 4) pour son cousin, M. de Chazos, conseiUer au Présidial du Puy, et pour M. de Pouzol, alors maire de la ville. Lanthenas lui envoie aussi ndes lettres pour Lyonn , c'est-à-dire pour les Boland (ms. 9534, fol. 995). C'est quatre jours api-ès, le 98 avril [Ibkl., fol. 996). que Lanthenas l'entretient pour la première fois de son projet d'association agricole : tJ'ai proposé à

"' Nous avons Iraitf' ce sujet dans la Révolu- donne le tarif : 1 8 1* par colonne d'impression . lion française de septembre »<)0o, ttQuelques Le Journal de Paria prenait .36'*(Becqde Founotes sur le Cîiii rfe 1789». quières , œiivre» en prose d'André Chénier.

'^) Une pièce de la collection Piool nous p. xwvn).

quelques pliilosophes de faire une association dans le genre de celle des Frères Moraves pour réunir quelques familles qui se connussent et qui fussent s'établir dans quelques-unes de nos provinces...". Bancal s'éprend de cette idée, et lui, l'ennemi des prêtres, qui demandait un décret poiu- les exclure des affaires publiques (lettres de Lanthenas des ai el -18 avril, Ihid.) , écrit au bas d'une autre lettre (du i4 mai) c*s lignes oîi se révèle son âme rêveuse , toute imprégnée du naturalisme religieux de Rousseau :

tf Je n'ai point vu de situation où il soit plus facile de réunir à l'histoire naturelle les agréments et les avantages des iu-ts utiles. Je ne croirai jamais à la philosophie, à la liberté, si elles ne déterminent l'homme à s'occuper de son bonheur [tendant le court trajet de ia vie, à préférer à la fumée de la gloire des plaisirs réels et à rechercher ces plaisirs dans la natm-e.

If Les bons patriotes doivent donner l'exemple et s'opposer à la corruption des villes qui auront longtemps s\ir les campagnes une influence funeste. . .

crLa Fédération a tenu mon cœur dans l'ivresse pendant plusieiu"s jours. Je n'ai pu encore vous parler de mon voyage. J'ai vu que les patriotes peuvent faire beaucoup de bien ... 1 '"'.

Dans toutes ses lettres de mai 1790, Lanthenas presse son ami d'aller à Lyon, pour y assister à la Fédération du 3o mai et y faire la connaissance des Roland. Mais Bancal avait des motifs de ne pas s'éloignei' encore de Clermont ; les élections pour les premières administrations départementales étaient proches; le 99 mai, il fut nommé électeur du second degré (Mège, p. 90), mais son succès s'arrêta là; le 1 (i juin, on lui préféra le médecin Monestier pour la place de procureur général-syndic. Par com{)ensation , on le désigna pour aller représenter le distiict de Clermont à la Fédération parisienne du 1 4 juillet; on avait l'air de voir toujours en lui l'Électeur du district de Saint-Eustache !

C'est alors que, pour se consoler, et n'ayant plus rien à faire à Clermont, il se décida à aller voir enfin les Roland, en passant par Lyon pour se rendre à Paris.

% ^. Au Clos.

L'ami de Bosc, de Lanthenas, de Brissot, était impatiemment attendu; depuis plus d'un mois , les lettres de Lanthenas l'avaient annoncé. On avait à s'entretenir avec lui du grand projet de Société agricole; on savait qu'il pouvait y apporter une mise de fonds assez considérable. D'autre part, le collaborateur du Patriote français , le membre du Comité permanent de 1789 appai'aissait avec un certain j)restige. Dès le 99 juin, Madame Roland avait ouvert la correspondance directe par une lettre très étudiée (lettre 352).

Bancal arriva à Lyon dans les premiers jours de juillet, descendit à l'hôtel du Parc et resta plusieurs jours avec les Roland; puis, le 7 juillet, il les accompagna au Clos, et en repartit le lendemain pour Paris , où il arriva le 1 3 , la veille du grand jour de la Fédération.

('' Il s'agit ici du voyage du Puy que Bancal c'était celle qu'on avait célébrée à Clermont et avait fait rapidement dans la première quin- dont le Patriote du 28 mai donna un compte zaine de mai. Quant à la fétc de la Fédération, rendu.

Ce premier et rapide séjour avait suffi pour faire naître, entre Madame Roland et lui, une vive sympathie, dont l'écho se retrouve dans une lettre «qu'elle lui adi-essait un mois après (lettre 369). Le It août, après avoir traversé à cheval les bois d'Alix, pour aller s'informer à Lyon des troubles où elle craignait que Roland ne fût impUqué , elle e'crivait , le soir, a son nouvel ami : trJ'ai quitté aujourd'hui au soleil levant ma solitude et mon ami [Roland]. Gomme il faisait boa dans les bois, doucement abandonnée aux impressions de la nature à son réveil!. . . J'ai beaucoup songé à vous, j'ai repassé sur une partie du chemin que nous avons fait ensemble . . . Vous êtes appelé à connaître tout ce qu'il y a de félicité en ce monde, car vous sentez le prix de la vertu : il n'y a rien au delàlt

Hancal, de son côté, avait subi le charme. H avait promis de revenir pour un plus long séjour et de ramener Lanthenas. En attendant, la correspondance marche aussi activement, avec autant d'abandon aimable que si on se fût connu depuis des années (voir les lettres 360 à 377). sLes deux voyageurs^ — c'est ainsi que leur écrivait Madame Roland — arrivent enfin au Clos le 98 août; deux lettres de Roland à Rose'*' nous les montrent déjà installés; il écrit en effet, le dimanche soir [ag août] : "ie ne vous dis rien de nos amLs communs; ils arrivèrent hier et ils vous écrivent ... 1. Et, le 3i : «Nous sommes tous distribués, chacun à son laboratoire, chacun écrivant, on ne sait à quoi ni à qui. .. 1. Et le temps se passe doucement. On fait jouer Rancal au volant , on le mène promener sur les coleaux boisés qui environnaient le Clos, on évangélise avec lui le vicaire et le maître d'école ; il s'intéresse aux pauvres gens qu'assistait la rustique châtelaine, et, avant de partir, il lui laissera quelque argent pour ses pauvres. Puis on va passer quelques jours à Lyon ; Roland et sa femme y arrivent le 1 4 septembre; Lanthenas et Rancal viennent les y rejoindre le lendemain , et tous repartent ensemble pour le Clos le 19 ou le ao'*'. On correspond toujours avec les amis de Paris; Rrissot écrit les 6 et 18 septembre (ms. 9534, fol. 45 et 343); dans sa dernière lettre , il disait à Lanthenas : tr J'ai lu avec plaisir les détails que vous m'envoyez sur les abbayes que vous avez vues. Continuez. Le plan est bien entre vos mains et celles de Bancal. . . 1. Les a5 et 98 septembre, Lanthenas écrità Rose, au nom de Rancal comme au sien (coll. Morrison).

Rancal quitta ses amis le 9 octobre, pour rentrer à Clermont, où l'appelait l'élection des juges aux nouveaux tribunaux (lettre de Lanthenas à Rose du 4 octobre, coll. Morrison). Ce séjour de cinq semaines, dans le calme et la liberté de la campagne, avait singulièrement resserré l'amitié vive, si soudainement née dès la première rencontre de juillet, et dont nous avons déjà noté l'expression attendrie. Mais il est visible que Rancal, en septembre, avait .souhaité et demandé davantage; non moins visible que Madame Roland, sans se défendre d'être émue , marque résolument à son hôte les limites où sa sensibilité devra se renfermer (voir particulièrement les lettres des 8 et a8 octobre 1790, 94, 96 janvier et 11 février 1791)'').

'■' Coll. Morrison. quelque séjour dans cette ville, nous marquent

'^' Correspondance et coll. Morrison. — Ci. que l'aristocralio y a jeté le masque... i>. Patriote françai» du 6 octobre. Nouvelles de !'' Cf. Sainte-Beuve, dans sa belle 7n<»i«iHC-

Lyon : irDes voyageurs instruits qui ont fait (ion aux Letlret à Bancal, p. iLvni et suiv.

S 5. En Angleterre.

Baucal . en se rendaat à Cierinont , avait annoncé qu'il poursuivrait ses recherches pour un domaine à acquérir; le 16 octobre, il avait en effet envoyé des renseignements sur deux de ces domaines, Beauregard et Monpeyroux, voisins de Cierinont. On pouvait donc croire, bien qu'il eût déjà paidé d'im séjour en Angleterre (lettre du 16 octobre), qu'il prolongerait son séjoiu- eu Auvergne, quand ou reçut tout h coup, le a8, une lettre de lui, datée de Paris : il avait dû quitter Clermont vei-s le aa et arriver à Paris le.a5.

Là aussi , il ne fit guèi-e que passer trois semaines au plus. Une lettre adressée par Brissot au Ubraire James Philips, de Londres, poui' hii recommander Bancal, est du (5 novembre 1 790 '''. Un calcul approximatif des dates éparses dans la Correspondance permet de croire qu'il partit de Paris vers le la et arriva à Londres vers le 16.

Qu'allait-il faire en Angleterre et pourquoi un départ si subit? Son esprit inquiet, son humeur voyageuse , son désir de voir de près les uoitariens anglais dont Brissot lui avait tant parlé et de travailler avec eux ;i la confédération univei-selle des peuples donnent une explication générale qui pourrait suflire. Mais il y avait certainement d'autres motifs : d'abord , la déception politique. Bancal n'avait pis rencontré à Clermont plus qu'à Paris le rôle qu'il ambitionnait; toutes les élections s'étaient faites sans qu'il y eût trouvé sa part; les positions étaient prises pour un certain temps, et le dépit, qui est toujours mauvais conseiller, le poussait à quitter la place. Il y avait aussi une déception de coem* : cet honnête honmie, rappelé par Madame Roland à la raison et au devoir, voulait s'aider de la dislance pour revenir à ia ligne d'amitié qui lui était doucement imposée. Ajoutons (car les déterminations humaines sont toujoui-s complexes, surtout dans de telles natures) que ce bmsqtie départ était peut-être un moyen de se dégager, vis-à-vis de Brissot et de Linthenas, du projet d'association agricole, qui décidément ne marchait pas; Robert Pigott, qui eût f'té un des principaux bailleurs de fonds, s'était finalement dérobé, et Bancal — on n'a ps été notaire impunément — alliait à son sentimentalisme sincère un sens pratique très réel (Madame Roland aussi, voir lettre du 5 novembre 1790).

Bancal, arrivé à Londres vers le i() novembre 1790, y demeura jusqu'au a juin 1791. H y reçut de Madame Roland dix-sept longues lettres; il continua de correspondre avec Lanthenas, avec Bosc qui, comme d'ordinaire, faisait passer les missives"', avec Brissot'^', etc. . . Il ne nous reste rien, malheureusement, de ses réponses. Nous n'avons, pour y suppléer, que des notes inscrites par lui au bas de quelques-unes des lettres de Madame Roland , ainsi que les dates de la rA^ption et de la réponse.

Logé d'abord chez niislress Margrave, 4o, Bury Sti-eet, Saint-James, jusqu'au commencement de mars, puis Frilh Street, n" 7, Soho Square, il se répandit dans ia société des amis de Brissot, quakers, déistes, unitariens, amis de la France et de la Révolution. Nous avons dressé, à l'aide de la coiTespondance , des papiers de la collection Picot et du livre de

<■> Catalogue Morrison. '" Patriote Jrançaii du a6 décembre 1 790,

"' Collection Morrison, lettres de Lanthenas ir Extrait de la lettre d'un voyageur français eu

à Pose, ma. 953i, fol. a43 et a45. Angleterre».

IM

M. Mège, la liste des personnes qu'il vit ou frtfquenla. Il nous a paru qu'elle pourrait être utile à qui voudrait étudier les rapports , trop peu connus, des rr patriotes?) des deux pays a\anl la funeste ruptui-e de 1798. A côte de chaque nom, nous placerons la référence , P pour la collection Picot, C avec le chiffi-e de la lettre pour notre recueil, M avec le chiffre de la page pour le livre de M. Mège :

Aldis, P.

Addington, Pet C, 487.

J. Bovan, P. et C, 419 (c'est Joseph Gurney Bevan, écrivain quaker, ami de James Philips).

Beau vais, P.

Bridcl, P (compatriote et ami de Brissot, fixé è Londres).

Bush, P.

Christie (Thomas), P et M, 3o (publicistc anglais).

Glarkson, C, 433, 433 et M, 3o (publiciste anglais).

Grandville Sharp, P. Cf. C, Sga (puhliciste anglais).

Herman, P.

Harris, P.

HiUier, P.

Knowles, P.

M"' Macauley, M, 3o (publiciste anglais).

Mackay, P.

Philips, P. et C, 4i4, 433; M, 3o (James Philips, libraire et publiciste).

Siddelot (mistress), P.

Sinclair, P.

Smith, PelG, 4i 3 (sir James Edward Smith, botaniste, fondateur de la société Linnéenne, ami de Bosc).

Slonc, P.

Slanhope (Lord), G, 393 et M, 3o.

Vaughan, P.

Williams, P ot C, 893; M, 3o (le publiciste David Williams).

Williams (mistress et miss), P (d'une autre famille que David Williams).

Young (Arthur), C, 4oo et M (le célèbre voyageur et agronome).

Bancal vit en outre des voyageurs arrivant de France, Abauzit, Baumgartner, à lui adressés par le ([uaker français Marsillac , Mathieu Bertrand , l'associé de l^ntiienas , etc. . .

La mort de son père, survenue à la fin de 1790, le fit songer un instant à avancer son retour en France; mais Madame Roland elle-même, après l'y avoir d'abord engagé, l'en dissuada discrètement, surtout quand elle eut à lui annoncer son propre départ pour Paris (lettre du 11 février 1791). Il se mit alors à parcoui'ir l'Angleterre. Un plan de voyage, tracé par lui précisément au bas de cette lettre , indique qu'il serait allé jusqu'aux Highiands. Une pièce de la collection Picot nous apprend qu'il passa par Cambridge.

Au commencement de mars , il était de retour à Londres , mais semblait devoir repartir (lettre 414).

Pour avoir une idée des projets aussi généreux qu'impraticables auxquels se vouaient alore Bancal et quelques-uns de ses amis, il faudrait pouvoir citer ici la lettre que lui écrivait, le i5 avril 1791,' Claude Fauchet, l'orateur du Cercle social, s'intitulant «Procureur général de la Confédération des amis de la vérité" , ainsi que la réponse de Bancal (ms. 953/4 , fol. 197-909).

On le chargeait d'établir des liens entre la Société de Paris et fies Sociétés anglaises qui ont des principes semblables et des desseins aussi cosmopolites», de irconspirer pour l'imité du genre humaine, et Bancal ne se refusait pas à l'entreprise. Il ne semble pas d'ailleurs l'avoir conduite bien loin ; Madame Roland et Brissot lui-même ne l'y encoura-

geaient guère (voir lettre 418), et nous avons déjà remai-qué que l'esprit de suite n'était pas sa qualité maîtresse'"'.

Les événements de France hâtèrent son retour. La Constituante, considérant son œuvre comme achevée, s'était décidée à convoquer irla première Législatives et avait invité les assemblées primaires à se réunir du 13 au 1 5 juin pour nommer les nouveaux représentai nts. Bancal , qui voulait se porter à Clernioiit , quitta précipitamment l'Angleterre. Son départ de Londres doit être du a juin.

S 6. Retour à Clebmont.

Il ne fit guère que traverser Paris. C'est dans ce rapide séjour que se placent ^es lettres 430 et 431 de la Correspondance. Le 90 juin, il était déjà à Clermont et trouvait les Amis de la Constitution scindés en deux sociétés, séantes l'une aux Jacobins, l'autre aux Cai'mes. La nouvelle de la fuite de Varennes, qui rendait l'union plus nécessaire que jamais aux patriotes, lui permit de réconcilier les deux groupes (Mège, p. 34 et suiv.); dans une motion des aS et a 4 juin, rril se déclara ouvertement pour la République, sans toutefois en prononcer le nom';. (Ibid.) Le Patnote du 3 juillet donna nu extrait de son discours.

Ce même jour (3 juillet). Bancal faisait une nouvelle motion contre la royauté et, en même temps, s'élevait avec force contre le décret du ai juin qui venait de suspendre les élections et d'ajourner les assemblées primaires. Il n'était pas revenu de Londres pour voir ainsi ses espérances en échec! Le 1 4 juillet, il fait signer à sa société une pétition demandant à l'Assemblée de rapporter son décret (Mège, p. 4a), et la fait publier dans le Patriote du 90. Le 19, il se fait donner, par une (rassemblée des citoyens libres de Clermont», mandat d'aller poursuivre à Paris ces revendications et de réclamer eu même temps irla convocation prochaine des assemblées électorales» , en portant une pétition, datée du même jour, plus impérieuse que celle du i4 (Mège, p. 43; collection Picot), et que le Patriote du 3o reproduisit.

11 ne faut pas croire que Bancal , en prenant ainsi l'offensive , eût avec lui tous ses concitoyens. Ix» pièces publiées par M. Mège (p. 179-190) montrent que la municiphté et tous les corps administratifs étaient au contraire fort mécontents, et, doctrine politique à part, on se l'explique fort bien. En se mettant à la tête du parti avancé, Bancal, que les élections locales de 1790 avaient laissé à l'écart, ne travaillait pas seulement contre la royauté : il préparait aussi sa propre revanche.

U semble n'être parti de Clermont pour Paris qu'avec un retard de quelques jours , car Madame Roland lui écrit encore le 99 juillet, et c'est seulement le 39 qu'd se présenta, avec sa |>étition , à la barre de l'Assemblée constituante.

Il fut mal reçu. Depuis l'affaire du Cbamp-de-Mais (17 juillet), l'Assemblée n'était disposée à tolérer ni qu'on attaquât la royauté, ni qu'on l'invitât elle-même à s'en aller. De plus, (îaultier de Biauzat, député de Clermont, avocat des autorités locales, oubliant ses

(" Il lit pourtant envoyer, le t8 avril, aux Amia de la Constitution de Clermont, une adresse par la Société de la Révolution [de 1688] qui eiistait à Londres (Mège, p. 3g).

anciennes relations d'amitié avec Bancal, fit une charge à fond contre lui, soutint que la pétition était rr l'œuvre de quelques intrigants qui voulaient se porter à la prochaine législature-' (Mège. p. 45), et la fil renvoyer au Comité de recherches, menace grave à cette heure-là.

Bancal, déconcerté, adressa le lendemain à l'Assemblée une lettre de protestation, qui ne fut pas lue ; puis il la fit imprimer et la |)orta le 3 1 aux Jacobins , priant la Société d'en accepter 5oo exemplaires et d'en envoyer 5oo autres à ses Sociétés affiliées. Même là, il n'eut qu'un demi-succès. Les Jacobins , par une prudence que leur inspiraient les récents événements, dans lesquels ils avaient failli disparaître, ajournèrent la seconde partie de sa demande (Aulard, Jacobins, t. 111, p. 6.3).

Les choses finirent toutefois par s'apaiser. D'une part, le décret du 5 août, convoquant les assemblées primaii-es pour le a.i, donna satisfaction aux impatients, et, le i3, sur la demande de Biauzat lui-même , l'Assemblée rappoi-ta le décret qui renvoyait la pétition au Comité des recherches, — ce qui n'empêcha pas Bancal de publier, dans le Patriote du ao, un article contre Biauzat.

Bancal retourna alors à Glermont pour travailler à sa candidature. Nous avons, par l'interruption de la correspondance de Madame Boland entre le a a juillet et le 99 août, les dates extrêmes de son séjour à Paris. Mais il ne dut pas attendre jusqu'à la fin d'août pour aller retrouver ses électeurs.

Les opérations des assemblées primaires du Puy-de-Dôme commencèrent le a septembre. Couthon , alors ami de Bancal et l'un des signataires de sa pétition du 1 9 juillet . — Maignet , qui était aussi un de ses amis de 1790 (coll. Picot), Romme, un ami deBosc, — ftu-ent élus. Mais Bancal échoua.

S 7. Bancal voyage.

Pour se consoler, U se remit à voyager et à s'occuper en même temps des projets d'acquisition rurale auxquels ses amis et lui semblaient revenir. Déjà, le ay juillet 1791 '*', il avait acheté la terre ecclésiastique de Bonneval, près de Clennont, sur une pente du plateau de Gergovie. Bosc, en septembre, soumissionnait pour lui l'acquisition jdus modeste de Sainte- Badegonde. Lanthenas, dans deux lettres des 14 octobre et 91 novembre, allait l'entretenir longuement du dessein d'acheter en commun l'abbaye-de Mortemer, pour laquelle Robert Pigott promettait de verser 100,000 livres.

Les lettres de Lanihenas permettent de suivre Bancal dans sa vie errante. Le 99 septembre (ms. 9534, fol. 968-969), il lui recommande de passer au Puy, en lui donnant des commissions pour cette ville. Une autre lettre du i4 octobre {ibid., fol. 970-971) nous apprend que le voyageur venait de traverser les Cëvennes, de passer par Viane, le pays de Bosc, par Saint-Martin-de-Londres (son propre village natal) et d'amver à Monlpelfier, d'où il

'■' C'est M. Mège (p. 36) qui donne celte car Bancal, le 37 juillet ( avant- veille du jour date. où il se présenta à la barre de ia Constituante),

Mais alors l'acte dut se faire par procuration, ne pouvait plus être à Glermont.

avait donné de ses nouveHes. Une autre, du at novembre (coll. Beljaine), nous montre que, de Montpellier, il s'était rendu à Bordeaux. On trouve, d'ailleurs, au Patriote fiançais du 95 novembre, un article de Bancal résumant les nouvelles de Saint-Domingue, de Bordeaux, etc., et prouvant qu'il venait de passer dans celte ville.

Dans cette lettre du i2 1 novembre , Lanthenas pressait son ami de revenir au plus tôt et ajoutait : r'Sos amis de Lyon seront ici au commencement de décembrei. Aussi Bancal, qui d'ailleurs devait tenir rigueur à ses ingrats compatriotes, revint-il directement de Bordeaux à Paris, «au commencement de décembre- , dit M. Mège.

8 8. Bancal adx Jacobins.

Cependant les électeurs de Glermont, pour lui ofTrir une compensation de son échec de septembre, venaient, au renouvellement partiel de la commune, de le nommer officier municipal. Sa lettre de remerciements (Mège, p. an) est datée de Paris, i3 décembre 1791. ffEii arrivant ici, de mon voyage dans nos contrées méridionales et occidentales, j'ai reçu la lettre dont vous m'avez honoré pour m'apprendre ma nomination comme l'un de vos collègues de la municipalité ... 1 II demandait d'ailleurs un répit de deux ou trois mois avant de se rendre à Glermont.

C'est à Paris, aux Jacobins, avec ses amis, Roland, Bosc, Lanthenas, Brissot, etc., qu'il voulait relever sa fortune politique.

Le 3o décembre 1791, il est nommé commissaire de la Société, avec Lanthenas. Bosc et Tournon, pour faire des lectiu-es et des coniérences populaires (Aulard, t. III, p. 3o3). Le 1" janvier, il prononce un discours sur la guen-e, dont le Patriote du i5 donna un extrait. Le 17, il entre au Comité de correspondance avec Lanthenas, Bosc et Louvel. Du lit janvier au 1" février, il est secrétaire avec Bosc, Lanthenas étant vice-président et Guadet président. Le i5 février, nous le retrouvons au Comité de correspondance avec Lanthenas, Roland et Louvet, Bosc étant secrétaire; le ag février, il est délégué par les Jacobins aux sociétés fraternelles du faubourg Saint-Antoine, avec Lanthenas, Robespierre et Chabot. I^ triumvirat de Bancal, Bosc et Lanthenas était plus uni que jamais, et plus que jamais marchait avec les Roland. Bancal semblait donc assuré, si ses amis arri\ aient un jour au pouvoir, d'y entrer de plain-pied avec eux. Mais sa niulechance d'être toujours absent au moment opportun le poursuivit jusqu'au bout. Lors<[ue Roland, le a3 mars, fut subitement appelé au ministère de l'Intérieur, Bancal venait de retourner en Auvergne 1

S 9. Pendant le MiNisTiRE de Roland.

Bancal, à Clermont, continua à travailler de son mieux à la Révolution : le i5 avril, il reçoit Frossanl, venant inaugurer à Clermont le culte prolestant dans l'église des Carmes et le présente à la Société des Amis de la Constitution, f^ 8 mai, réalisant une idée chère à Lanthenas , il fait créer une Fédération des Sociétés populaires . dont il est (?lu président ; le a 9, il va planter un arbre de liberté à Ambert; en m^me temps, il étudie les moyens de faire

ci'éer h Glermonl un Li/cée (le plaa de Condorcet proposait sous ce nom ce que nous appellerions aujourd'hui une Université''').

Mais il attendait toujours des nouvelles de Paris. Madame Roland, en lui annonçiinl le a3 mars la formation du ministère hrissotin , lui avait déjà dit qu'on avait songé à lui |)our le ministère de la Justice. Bosc , dans ses lettres , tout en lui donnant des nouvelles du petit domaine de Sainte-Radegonde , dont il s'occupait j)our le compte de l'absent, l'engageait à revenir et l'entretenait des mêmes espérances : «Madame Roland nous a pai-lé du projet qu'on avait eu sur vous pour le ministère de la Justice. Hier, Lantbenas me sondait pour savoir si vous accepteriez la place de secrétaire général do ce ministère. . . v (lettre du la avril), (f J'étais invité à aller dîner chez Roland, pour causer de votre personne^' (lettre du a6 mai). Enfin, le 3o mai, arrive une lettre de Roland rappelant d'urgence Bancal à Paris (voir Avertissement de l'année 1799). La fraction avancée du ministère, Roland, Clavière et Servan, voulait évincer l'autre (Duranthon et Lacoste), et l'on songeait définitivement à Bancal. Il accourut donc et arriva ii Paris le 6 juin . . . '*', pour assister, le 1 3 , au renvoi de Roland !

Il resta à Paris deux mois et demi, entretenant une correspondance active avec la municipalité et la Société des Amis de la Constitution de Clermont''', — allant aux Jacobins (séances des i3 et 9 5 juin, Aulard, t. III, p. 690, et t. IV, p. 46), — travaillant, à Paris comme en Auvergne , à préparer la revanche de ses amis. Quand cette revanche fut venue au Dix août et que l'Assemblée eut décrété l'élection d'ime Convention nationale, il quitta Paris, le 20 août, pour aller à Glermont poser sa candidature'*'. Cette fois, le succès n'était pas douteux : officier municipal de Clermont, représentant du système qui venait de triompher, ami intime de Roland , dont la popularité était alors immense dans les départements , Bancal fut choisi comme président de l'assemblée primaire de Clermont, puis comme secrétaire de l'assemblée électorale de Riom , et enfin , le 7 septembre , élu député à la Convention, le 7* sur 12, avec Couthon, Maignet, Romme, Soubrany, Thomas Paine et Dulaure, tous ses amis h cette heure de la Révolution.

Il arriva à Paris le 1 6 septembre ; Madame Roland , entre le double péril des massacres des prisons et de l'invasion prussienne en Champagne, le rappelait à grands cris (lettres des 3o août, a , 5 , 9 et 1 1 septembre).

§ 10. A LA Convention.

Le rôle de Bancal à la Convention fut assez effacé '''. Estimé de tous pour sa probité politique, aimé pour la courtoisie de ses manières, il était considéré un peu comme un

'" Il s'en occupait encore plusieurs mois gères, du 96 août, lui proposant une mission

après. Il y a, dans la collection Picot, une en Angleterre (Mège, p. 57; collection Picot),

lettre intéressante, du a 8 août 179a, que L'ambassadeur anglais avait quitté Paris le

Brissot lui adressa à ce sujet. a 3 août; on pensait que Bancal, par ses rela-

'') Mège, p. a 19. tions avec les libéraux anglais, pourrait retarder

'•^1 M. Mège a publié ses lettres, p. 319-337. la rupture. Mais il préféra être député.

'*' A peine y était-il arrivé qu'il recevait une (" Il continua à correspondre fidèlement avec

lettre de Lebrun, Ministre des affaires étran- lamuiHcipalitédcClermont(Mège,p.â37-a7/i).

rêveur (ainsi que son ami I^nllicnas) et laissé le plus souvent en dehoi's de la bataille des partis. On trouvera , à la Table du Moniteur, le relevé de ses actes. Voici ceux qui nous intéressent le plus :

Dans le Patriote du 9 octobre 179-3, il proposa d'établir la censure dans l'Assemblée, pour empêcher des scènes scandaleuses , comme il s'en était déjà produit.

Le 1 4 octobre , Madame Roland le presse de morigéner Coutlion , sur lequel elle avait cm pouvoir compter, et qui venait de se séparer (voir lettre 500).

En décembre, Anacharsis Gloots ayant lancé sa fameuse brochure contre Roland, où il mettait Bancal en cause, celui-ci lui riposta vivement (voir Mège, p. yS et 76). Il n'en était déjà plus aux rêves démesurés de Fauchet : irJe crois plus, disait-il, à la paix univeiselle qu'à la RépubUque universelle». Cf. Patriote du i6 décembre.

Le 9À décembre, il prononça à la Convention un long et remarquable discours sur l'éducation nationale, qu'on trouvera dans le recueil de M. J. Guillaume (t. I, p. 2/17-363). Ce sont assurément les plus belles pages qu'il ait écrites. Elles sont d'un patriote et d'un libéral. Le succès fut très vif, et Bancal lui dut sans doute d'être appelé, en janvier 1798, au Comité d'instruction publique, où il devait retrouver Lantbenas. Mais il fut assurément un membre négligent, car c'est à la s4ince du 19 mars qu'il parut pour la première fois (Guillaume, t. I,p. vn-ix).

Il fui secrétaire de l'.^ssemblée du 10 au aà janvier et eut, en cette qualité, à donner lecture, le li janvier, de l'ttopinionTi de Thomas Paine sur le procès de Louis XVI.

De même que son ami Paine , il se prononça contre la mort du Roi , proposant l'emprisonnement jusqu'à la paix et le bannissement ensuite. Helena-Maria Williams, dont nous allons parler bientôt, assure, dans ses Souvenirs de la [{éoolul ion française (p. 89), que c'est sur ses "^ remontrances-) que Bancal se détermina''*.

11 était membre du Comité de constitution , et deux pièces de la collection Picot nous le montrent travaillant, avec Paine et Gondorcet, en janvier et février 1798, à cette Constitution girondine que la Montagne fit alors ajourner ■''.

Bien qu'il fut d'ordinaire parmi les membres les moins bruyants de la Convention, il prit la parole, dans l'orageuse séance du •!(> février, amenée par les fui-ieuses excitations de Marat pour le pillage des boutiques, pour demander que Mai-at fût expulsé provisoirement de l'Assemblée el enfermé 'afin que l'on examine s'il est fou". Mais, à part ce mouvement d'indignation , il se tien! paisible à son rang dans le parti girondin, restant fidèle sans fracas à Roland , à Brissot et à leurs amis.

'" On s'irrita de ce vote à Ciermonl et on parla de le rayer de la Société des Amis de la Constitution, devenue le club des Jacobins. Frossard, qui se trouvait à Clermont, prit sa défense (Mège, p. ao5).

'•' Cf. Patriote du 19 décembre. — A en moDient-ià, il avait quitlé la maison du notaire Bro pour aller doineurer dans la rcour [ou culde-sac] do l'Orangprii' , maison de M. Romon".

Il se trouvait là le proche voisin de Pclion. Il y était déjà en novembre 1792 (collection Picot), et cependant une lettre que lui adresse son frère , le 1 a janvier 1798, porte encore « chei le citoyen Bro, près de Saint-Suipicc», petit détail qui montre bien sa négligence : il avait changé d'adresse depuis deux mois et n'en avait rien dit à son frère, bien qu'ils fussent restés unis.

A ce n)oment-là , Madame lloland travaillait à le marier. Les seiitimenls trop tendres que |]ancal lui avait témoignés en septembre 1790, et qui l'avaient elle-même quelque peu troublée, avaient fait place, — dès le milieu de 1791, seinble-t-il , — à une paisible et franche amitié. Une jeune anglaise, Helena-Maria Williams, qui avait fait avec sa mère un premier séjour à Paris en juillet 1790, que liancal avait vue en Angleterre en mai 1791. et qui était revenue s'établir à Paris au milieu de 179a, avait été introduite par Brissot dans le monde girondin. Elte était liée avec Madame Roland ; elle recevait , dans l'hôtel de la rue de Lille où elle s'était installée avec sa mère et sa sœur, Brissot et Girey-Dupré, Achille du Ghastellet et Miranda, Lasource et Sillery, Grégoire et Rabaut-Saint-Etienne , etc. . . Rancal, conduit chez elle, ne resta pas insensible au charme de cette jeune (îUe de vingt- (]uatre ans (il en avait quarante-trois), si généreusement éprise de la France et de la Révolution. 11 voulut demander sa main et Madame Roland s'offrit pour faire les ouvertures (lettres 521 , 522 , 523). Ses démarches reslèrent infructueuses. Trois ans après, au retour de sa captivité d'Olmiitz, Bancal fit réitérer sa demande |)ar Grégoire, le 3 juin 179O (Mège, p. i65). Il ne fut pas plus heureux. Hélène Williams était alors engagée dans une liaison intime (ou un mariage secret) avec son compatriote John Hurford Stone''', enthousiaste comme elle de notre Révolution.

§ 11. La captivité, les dkrnières années.

Le 3o mars 1793, un décret de la Convention mettait Bancal au nombre des quatre commissaires chargés d'aller, avec le ministre de la Guerre , Reurnonvilie , sommer Dumouriez de se soumettre à loi. Dans la nuit du i" au 9 avril, le général rebelle consommait son crime en livrant aux Autrichiens les cinq délégués de la République. Rancal fut conduit à la forteresse d'Olmûtz.

Le guet-apens de Duniouriez préserva Rancal de périr avec Rrissot ou de plier avec Lanthenas.

Après plus de vingt mois de captivité, les prisonniers, échangés contre la lille de Louis XVI, purent rentrer en France (^7 décembre 1795), et Rancal, le 2 janvier 1796, venait prendre place au Conseil des Cinq-Cents'*', un déwet de la Convention, du 19 août précédent . ayant décidé qu'il serait . (k droit , membre du nouveau corps législatif.

Il apparaissait comme un i'evoi\ant : l!risso( , les Roland n'étaient jdus là. Il retrouvait Rose et Lantlienas, mais séparés l'un de l'autre; Rose malheureux, sans situation, le cœur profondément troublé, et bientôt parlant pour l'Amérique; Lanthenas, membre du Conseil des Cinq-Cents, mais plus effacé et plus mélancolique que jamais, traînant le poids de ses souvenirs. Rancal resta l'ami de l'un et de l'autre.

Il y a, aux Papiers lîoland , ms. 9534, fol. sjii-'ioli. dix-sept lettres à lui adressées par Lanthenas, depuis octobre i79() jusqu'au 16 décembre 1798. trois semaines avant la mort de celui-ci. Elles mériloraienl d'êti'C publiées on analysées. Les unes se rapportent à la

<■' John G. Algor, Eiigthhmeii i« ihe French Reiolutiaii , p. 60. — '** 11 retourna demcuriT daus> la Cour de rOrangprie.

péridde pendant laquelle ils continuèrent de siéger ensemble au (Conseil des Cinq-Cents, jusqu'à Cl' que le sort les en eut e'iiininés (se mai 1797). Les autres sont de la période suivante, Lautlienas étant resté à Paris dans un mince emploi et allant, quand il le pouvait, refaire à la campagne, près de Gisors, sa santé délabrée. Bancal étant retourné en Auvergne, puis voyageant en Italie (septembre-décembre 1797), à Genève (juin 1798"), et revenant de temps à auti'e passer quelques jours à Paris. C'est dans un de ces moments que Lanihenas lui écrivait (10 mars 1798): ffLes Amis des noirs se réunissent aujourd'hui chez moi il 1 1 heures. Veux-tu t'y rendre? Ils auront plaisir à te voir. . . ". I^ souffle généreux de 1788 animait toujours ces anciens amis de lîrissot.

Bancal avait cependant changé sur un point essentiel : dans la solitude de sa prison d'OlmiJtz, il avait -prié Dieu", il avait relu l'Evangile, et, combinant sans effort ce retour à la foi avec sa (i'délilé aux idées de Rousseau, il avait composé un livre étrange, qui parut en vendémiaire an v (septembre-octobre 1796) : Z)« houoc/ ordre sona//oH(ie' swr /a re/ig^oK, Paris , Baudouin, 355 p. in-8°. Ce livre a été remarquablement analysé, autant que peut le permettre le décousu du plan et des idées, par M. Francisque Mège (p. i^2-i'i8). Nous n'essayerons pas de le faii-e ;i notre tour; ce serait d'ailleurs sortir de notre cadre. Disons seulement que Bancal, dans son mysticisme religieux, reste ardemment républicain. Ce qu'il veut, c'est que son catholicisme, d'ailleurs fortement imprégné de Rousseau, mène à la République et en soit la base.

Une page de son livre dut cependant lui coûter à écrire : c'est celle où il établit if que les femmes ne doivent jamais se mêler des affaires publiques! ti

Avec Bo.sc, les relations restèrent également affectueuses et confiantes, ^ous avons, au ms. 9533, fol. i4a-i43, une lettre écrite par Bancal, le 9 mars J797, à Bosc, alors à ('harleslon. et la réponse de Bosc, du 7 mars 1798, se trouve dans la collection Beljame. Elle a été publiée pai- M.' Auguste Rey (p. 5'i). Ik)sc s'y montre quelque peu sur|iris du nouveau tour qu'ont pris les idées de son ami : "J'ai lu ton livre et j'y ai reconnu ton ardent amour pour la République, mais non les principes que nous discutions jadis dans nos promenades philosophiques des dimanches. . . ". Il y a aussi, dans la même collection, trois lettres de Rose à Bancal, de 1801 à i8o3.

Au mois de janvier de cette année-lh. Bancal épousa (à près de cinquante-trois ans), M"' Marie Girard, fille d'un notaire d'Aubière, près Clermont. Il en eut six enfants.

Il consacra le reste de sa vii- à sa famille, à son domaine de Bonneval, à l'étude et h In prière. Il mourut au coure d'un voyage à Paris, le 37 mai i8a6, tdans un hôtel de la rue des Macous-Sorbonne où il avait l'habitude de descendre» (Mège, p. 370), à deux pas du dentier logis de Madame Roland.

L'aînée de ses enfants, Henriette Bancal, mariée en iSaa à M. de Diane du Pouget. communiqua les |)apiers de son père au libraire Reiiduel, qui en tira, en i835, les Lettres de Madame Roland à Bancal des hsarts, avec une 1res belle Introduction de Sainte-Beuve, Ce sont les autographes de ces lettres que Renduel vendit à M. Faugèrc en 1867 et qui sont entrés en 1899, par le Ij^s de Madame Faugère, i» la Bibliothèque nationale.

Une noie de M. Mège (p. 167) nous apprend que le reste des papiers de liancal a fignié à la vente ijoi eut lieu après la inor( de Renduel, le 18 décembre 1876, et a été dispersé

par les enchères. tII y avait notamment des lettres de Brissot, de Lanllicuas, de Thomas Paine, de Pe'lion et de Rose d'Antici.

Une partie des papiers de Bancal se trouvait aussi, lorsque M. Mège publia son livre, en 1887, dans la collection de M. Fr. Boyer, de Volvic,où le savant historien de l'Auvergne put les consulter. Nous ne savons ce qu'est devenue cette collection. 11 semble que la collection de M. Picot, conseiller à la Cour de Riom, marié à une petite-fille de Bancal, soit un reste de celle de M. Boyer.

LPPEiNDlCE

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