A H. LU16I PELLICO
Mon très-clicr frère, Qi((^(Ii)e je n'euese pas ticsoJn d'argeul, |)iii»]iic jaTaiff «mcore jilus dp IIK) frniHS, voici (jui- ton niTcclueiu «iipti'aseniciil m'ciirirliil encore ât', 188 f. ;i9 c. te DP RUS si ji! dois le groniler du sacriticu «luc tu fais |wi)r moi ou l'^n reniurcier; mais, je m'en tiendrai à ce dernier parti; dans ma situation présente, je n'eqnge que d'une chose, c'est de ne pouvoir tous les iottn tous pruuver à toi et à toute notre rlière faniillp . ma revcHiOttlisance et ma tendresse. Hors votre pi-ê- WDCC, je n« déstro rien su monde- Dans ce» jours de Iroid nn m'a cneon* donni'i une meilleure elmnil>r«, el, si hi me \ojai», ce ne scniit plus de la pitié que tu qiriptrvemi^ à mon l'pard. mais de l'envie ; tu mr vernis noD-seuletnenl bien logé, ni^is encore abondammcnt poiUTu des meubles que j'affeetionne le plus, qui sont les livres; et cela grSce à la bonté véritablement noble e( toiieliante des personnes de qui je dépends. Chose étrange! cpie dans toutes les circonstances de ma vie je me voie entouré d'âmes d'élite, même quand il me semble que ce devraient être autant d'ennemis pour moi ! — A propos de livre, cher ami, j'ai aussi la permission d'avoir eeu\ que m'envoie Jœcphine, entre antres les Souffrancei de Jésw, que j'ai cru qn'on ne voulait pas me permettre ; mais il faut que b Commission ne les ait pas reçus. Vois un peu s'il y
a manière de savoir où ils sont restés , on si ce libraire a oublié de me les expédier; mais ne t'en fais pas un souci. Ne te contente pas de m'aimer en silence^ mais écris-le*moi quelquefois, et fais en sorte que notre frère et nos sœurs y joignent aussi une petite marque de leur souvenif : ce sont autant de consolations qu'on veut bien me permettre à présent. — C'est peut-être mon cbangement de chambre qui a été cause due te n'ai plus reçu aucune lettre de paj[>a dçpuis le, 90 décembre. Mais ayant de vos nouvellesj^ je ne suis plus en peine. Dis à papa et à maman que je veux les savoij' contents, et qu'ils attendent tranquillement la solution de cette affaire qui, véritablement, ne doit plus être bien éloignée. Dis-leur surtout que je ne suis pas malheureux. Embrasse-les tendrement pour moi comme aussi le cher abbé et les chères sœurs. Portetoi bien, mon Luigi, l'ami de mon enfance et de toute ma vie. J'ai toujours apprécié la noblesse de ton Siiie, tu le sais, et jamais peut-être personne n'a connu connue moi tout ce que vaut cette belle âme, pieis même toi. Adieu, frère.