XIX
, A »«•. iTlERîSSA MARCHIONNl.
.! ; . . Ii'^ »®|i lad do (Mme, 13 octobre 1820.
Ma chère Gegia,
,|, I-, ■,••• 1^ -.1' : : : lin- ili.
Ju^e d^ixj^f^ii^fj^ ipfim qui m'accable; après m'être tant Â^^tiédq, p^tsj^jTf par Breficia à notre retour de Venise^ .to.i|t |l'if^ ccmp, pour affaires pressées, le comte Porrp. a 4i^ eej^Giiàxe, directement de Mantoue à Hilan^ et^ conaqie jç; lui étais nécessaire, il m'a fallu Taccompagnerj et^ piiisque le destin veut que les ennuis s^acçun|ulent Fun sur Tautre^ de Tiu*in aussi il m'en arriyi? de^i ^açds que j'ai perdu toute espérance de 1^ sor^opter. Ajoute à cela la douleur que j'ai resr sentie en apprenant (à peine arrivé à Milan) que notre papyjjpe JMa^iicelli venait d'être arrêté. Ce fut dimanche, que j'arrivai et Maroncelli avait été arrêté le vendredi ^^Sachant combien ce jeune homme est incapable d'une mauvaise action, j'ai aussitôt cherché à savoir s'il avait été compromis dans quelque querelle, et si cette arrestation pourrait avoir des suites graves; mais je n'ai rien pu démêler, sinon qu'il a écrit à Bologpe. une lettre que la poUce a lue, et que c'est pour cette lettre qu'il est en prison. Je suis persuadé qu'il sf^ra trouvé innocent, et qu'une fois son innocence i^econnue il n'aura rien à craindre. Mais en attendant, je souffre de ne pouvoir lui être d'aucune utilité; Caponago lui-même, qui n'avait aucune amitié pour lui> se montre, dans cette* circonstance, excessivement sensible au malheur de ce pauvre garçon.
A tous mes chagrins vient encore se joindre le regret de ne pouvoir passer ces jours-ci en compagnie de Caponago« Le jour où j'arrivai à Milan il en partait lui-même^ à sa grande contrariété^ pour aller à la campagne ; si au moins il avait pu venir ici^ à Côme^ où je dois m'arrêter quelques jours^ et où j'ai le malheur de n'avoir personne à qui parler de cette cUre famille liarchionni et de mon adorée Gegia... La lociété de Giulio m'eût été vraiment nécessaire pour ranimer mon âme désolée; plains-moi, plaine» moi^ ma bonne amie, je ne serai jamais heureml Toute espérance d'un bel avenir m'échappe, et plus j6 me vois dans Timpoesibilité de surmonter les cmds décrets qui me séparent de toi, plus je sens que je t'aime, et que sans toi il n'y a qu'amertume dans ma vie.
L'unique satisfaction que j'éprouvai à mon retour à Milan, ce fut d'apprendre par Giulio que notre excet» lente madame Bettina est à présent parfaitement réta^ hlie ; je m'en réjouis du fond du cœur. Aie bien aohi de cette bonne tante, et puisse sa santé faire toi^oors ta consolation et celle de Carlotta. Je te prie bien de la saluer de ma part. Salue également et embrasse pour moi la divine Carlotta. Adieu, ma chère Gegia. •/ dans peu de jours nous allons dans ce châtçau de Hasino, où mon Lodovico devait venir cette année passer l'autonme, s'il se rétablissait. Le château appartient a la comtesse de Masino, que Carlotta connaît. Il est situé en Piémont. Tu peux, lorsque tu m'écriras, adresser tes lettres à Milan, d'où on ne manquera pas de me les envoyer.
•A M. LE COMTE LUIOI PORRO*
Milan, dO octobre 1820.
Monsieur et très-cher comte ^
Je vous prie de m'envoyer les objets annotés cidessous. Oh ! que cette séparation est douloureusement longue! Je suis dévoré du désir et de Tespérance de la voir flnir^ Je tous remercie de ^obligeance que vous ayei de faire remettre^ comme je vous en ai prié^ les 300 livres italiennes à mon père; veuillez lui dire de n'avoir aucune inquiétude. Le chagrin que doivent éprouver mes pauvres parents m'afflige cruellemenL..
A M. ONORATO PELLICO.
MilaD, l*' novembre 1820.
Cher père, Il m'est permis de vous écrire pour vous donner des nouvelles de ma santé ^ qui est excellente. J'ai l'esprit tranquille^ et je désire que celui de mes chers parents le soit aussi. M. le comte Porro me dit qu'il vous a écrit, et qu'il a de bonnes nouvelles de vous et de toute la famille : cela me console. Nous n'avons pas la moindre inquiétude. Rien ne me manque; j'ai une chambre très-saine ; une nourriture à mon choix. Le* comte Porro me fait obtenir tout ce dont je puis
* Cette lettre est la première de celles qui ont trait à la prison.
{Noie de l'Éditeur.)
avoir cnvie^ et j'espère que bientôt cet ennui passager cessera.
En attendant^ je vous embras^ tendrçançnt ainsi que ma niëre^ mes frères et soeurs. Portci^ vous tous aussi bien que moi, qui n'ai jamais joui d'une meilleure s«inié.
A M. ONORATO PELLICO.
Milan, de ma cellule, 85 Janvier 1^1.
Très-cher papa.
Comme la privation double les jouissances, ayant été si longtemps sans pouvoir vous écrire, mon coeor M ce moment éprouve un bonheur infini de la grâce que j'ai obtenue de vous donner de mes nouvelles. En ce moment je suis heureux. Pour un fils qui a do si baa$ parents^ il n'est pas de douceur plus grande (fiici toeik de s'entretenir avec eux ; bénissons donc le ciel quf mêle les consolations aux souffrances qu'il réfmnd su^ la terre.
Après avoir si souvent espéré que je toucliais aux derniers jours de ma captivité, je puis enfin me flatter que je ne me fais pas illusion en regardant comnn trè»-proche ce terme si désiré. Je le souhaite beaucomp pour moi, mais plus encore pour mes cbert parents, car je crains qu'ils ne souffrent beaucoup plus que je ne souffk^ moi-même. Si je ne songeais qu'à moi, je n'éprouverais pas une bien vive impatience de sortir d'ici, y jouissant d'une santé excellente, et trouvant qu'après tout, quand on a une
chambrp fJn5sàb[r^j>('fi)nt''ce qtiî'ésl nncessàirc ppiir xixTC, il n'y a pas (rrande différence à poui-siiivre cetlô (Mtrio carri^ré môrtetïe dans un lieu (ilntiil que dans 'SU'ailtrp. Repoussez donc, cher (lapa, tonte idée noire a nibn éfij<:t, el pel-suadéz a ma cbère maman, à mes rréres et à mes sœurs, qu'ils ne doivent pas le moîiis du miHMie s'arfliger pour moi; ils s'abusent compléle- Bent l'Os i*nDaginenU4âe^e sois Traïment nulbeuma. Je T^^iTfHn^RTOhttpwffaQqnWe* et joy^, «t'iRB^Wl^îW.ÇfftWniff^.PPÎSWfi Pt"8 rien pour Mre on des boonnes les (dus Batisfaits qi^i existçut. Fm TU amet de pays, de iati^éi ije Viciseitudes pour ^éi»iti mwtêitvA>\flbiri4mAm qu'il ne vi^r; el fwr«k«<k:)>eHifr*r<eeûlMitdetlout quod'Je ^ ■pM * »!■' iiiÀiii «t'a jWtfae." ! • ' " r>Ulj«atide'*te,«Jiaiiea Uséprtme (Consolation dé HBÉîiinli ■i>i»uib^ te comté fmm; 'j^outet dettgjofe i^edxfiMUUt que j'ai é^roaTérles quatre toH qoé jf|i Mie-boiiliéurde TOUS embrasser, cherpatm, dans - lecinivil du «fiois dernier; jMgnez-y encore la doiP cenr que Je ressens à vous écrire cette lettre, et "v&ai eonfweDdrez qu'oc total, en fait de jouissances!,' ce ^■fr Je perds en nmibre je le regagne en inl«Mit^.' Depuis votre départ, on a eu aussi la bonté de itiè dooner une chambre bien meilleure, exposée aUi|rtb!^ dâicieux soleil de midi, ayant en outre an «xdellMrt' poêle en terre; on m'a accordé, de plus, un cahiëf de: papier que je puis barbouiller pour passer te lèm[fé'.l En smune. Je n'ai qu'à me louer de la bienreillanM' qne l'on met à adoucir ce que ma si luation pent aroir' de fâcbeai. J'ai de bons livres, et je traitnis'ufi poëme'
anglais; il est Juste que Je rende aux Anglais la courtoisie qu'ils m'ont témoignée en faisant connaître chez eux, aVec beaucouj) d'éloges, ma Françoise de Èimini. Le Quarterly Revietc dd décembre contient sur cette tragédie un article flatteur avec des fragments de la traduction que lord Byron en a faite. SI mon chet* papa veut satisfaire sa faiblesse paternelle, il n'a qu'à emprunter ce volume à la bibliothèque, et se faire lire le susdit article par Françœs.
Après un long silence on risque de devenir bav^lH, tant oii aurait de choses à dire ; je ne finirais jamais. Et comment n'aurait-on pas mille choses à dire quand lé cœur est plein de reconnaissance {mur des parents aussi tendres que les miens? De tous les bienfaits dont je ne cesse de rendre grâce à Dieu, le plus grand, assurément, c'est de m'avoir donné un si excellent père, une si l)onne mère; ma tendi-esse potir eux est immense, et je troine dans ce sentiment une source continuelle d'ineffable consolation. Mes frères chéris, itles sœurs bien-niinées ont aussi une grande part dans celle tendresse : excellentes créatures!
Portez-vous bien, très-cher papa, prenez soin de votre précieuse santé; je dis la même chose à ma bien chère maman. J'etnbrasse l'un et l'autre de tout mon cœur, ainsi que mon cher abbé et mes chères sœurs. Envoyez sa part de mes souvenirs au cher Luigi. Mille choses alTectueuses au chevaUer Filiberto et à tous mes amis.
En écrivant cette lettre, mon âme, qui avait besoin d'épanchemenl, s'est véritablement soulagée.
— 3r> — XXlït
A M. LE COMTE PORRO»
Yenise, 90 féTf ier 169L
Cher monsieur le cotnte^
Je TOUS prie de in'envoyet* led objets suivante^ en les remettant à la directic^ générale de la police d'ici :
Trois cent libres italiennes.
Quatre chemises.
Quatre paires de bas ordinaires.
Six mouchoirs de poche.
La direction de la poUce vous fera rendre les livres^ deux peignoirs et un essuie-mains.
J'ai ap|iorté avec moi un peignoir et un essuie-main avec la couverture verte du lit.
Embrassez pour moi vos chers enfants^ et dites leur de m'aimer conune je les aime. Je suis tout à vous.
A M. ONORATO PELLICO».
Ven^e, 10 avril 18*1.
Très-clier papa, PuiîM|ue je ne peux vous dire beaucoup de paroles> •pie toutes celles-ci vous exprinienl ce qu'il y a de l»lus tendre dans mon cœur, et faites-en part à ma bien
* Oiie lettre porte en marge, écrit de la main du président ."^Ivoili, les lïiols suivants : Vu, Salvotti.
{Note de l'Éditeur.)
} Celle lettre et les douze suivantes ont été publiées par le jiMimal la fin/t/i cattoliai, 2' série, vol. xi et xii; Home, 18.j5.
(Note de l'Éditeitr.)
chère niaman, à mes chers frères, à mes chères Rœiirs. Je vous souhaite à tous de bonnes Pâques; ne vous affligez pas pour moi. Dieu, ^ui est partoYft,«8t ici aussi pour me consoler, et comme, tout en entoyant les épreuves, il aime à donner quelque marque de son infinie bonté, il m'accorde une santé parfaite:....
Je vous embrasse tous de tout mon cœur. Ailliezmoi, et que la meilleure preuve de cet a^Hiur «oit de ne pas vous affliger. . . Persuadé que je n^i .pas besoin de prêcher la patience à des âmes chrétiennes) cenune les vôtres, je me borne à me dire, etc.
A. M. ONORATO PELLICO.
Venise, 18 mai 1831.
Très-cher père.
Quoique je sois toiyours privé de vos chères "nouvelles, je ne veux pas manquer de vous adres^r Tunique tribut de tendresse fih'ale que je puisse aujourcThui vous offrir, qui est <lc vous donner de bonnes nouvelles de ma sant4 afin <|ue vous n'en soyez pas inquiet. Consolez aussi ma chère maman, mes bons frères et mes bonnes soeurs. Plus je vis dans la solitude, plus je sens la justesse des principes que mes religieux parents professent à Tendroit des vanités du monde. Je vous «assure, cher papa, que je suis bien désabusé de toutes les illusions, et c'est ce complet désabusement qui ine fait supporter avec calme l'actuelle privation de la lilierté. Il faut encore que je vous dise qu'au milieu de mes malheurs je ne saurais
être iraiié avec plus d'humapité et de générosité. Rien ne me manque^ pcis mémo les livres qui sont la grande ooosolatioQ des ;8Qljt0U*e& Craignant toujours que m^s kttres.aDiérieures.ii6 vous soient pas parvenues, je
T«Qfl répète 4^ m'jaAr^ssçr les vôtres simplement soûs moanom à y^nioiposto restante.
Je.vo«B eiiibm^scbi ainsi que mon excellente mère 6t'loiile>kL4rà&-chèrQ. famille. Pour être pleinement vm^m, je n'ai be^in que d'avoir quelquefois de vos DouveUedu
A M. ONORATO PELLICO.
Venise, 8 juin 1821.
Mon bien-aimé père.
Quoique je n'aie rien de nouveau à vous dire, vu la parfsMite uniformité de ma vie^ je sens cependant que j aurais tort de ne pas écrire à mes très-chcrs parents, que je vois sans cesse d1ci pressés par une tendre sollicitude de recevoir de mes nouvelles. Continuez à être résignés et tranquilles. Ma santé est excellente. L'année dernière, en cette même saison, (|uand vous me vîtes à Turin, je souffrais beaucoup de la poitrine. Cette année, au contraire, il semble que la chaleur me fasse du bien. Je n'ai ni toux, ni étouffemeut, et mes nn'graines mêmes sont moins fréquentes. En cela donc reconnaissons la bonté de Dieu, qui, là où il ré- Ihuid les épreuves, répand aussi la consolation... Vous avez peut-être tardé à nrécrire parce que vous ne saviez comment me faire parvenir vus lettres, mais
j'espère que vous aurez reçu celles où je vous disais que vous pouviez m'écrire à mon nom poste restante, que de cette manière vos lettres me parviendraient.
Je vous embrasse de tout mon cœur^ ainsi que ma chère maman^ mes chers frères et mes chères sœurs. Portez-vous bien et soyez sans inquiétude ; pensez que Je suis en bonne santé, et qu'un jour je serai pleinement heureux quand je pourrai, à force de tendresse, dédommager mes chers parents de ce qu'ils souffrent aujourd'hui pour moi.
A M. ONORATO PELLICO.
Venise , 12 juillet 18-21.
Très-cher papa.
Je reçois votre très-chère lettre du i courant; je vous suis reconnaissant du conseil que vous me donnez de lire les Sou/fratices de Jésus- Chiisly mais je n'ai pas ce livre, et vous m'obligeriez inlinimenl, cher papa, si vous trouviez quelque moyen de me le faire avoir. Je vais bien, je me réjouis de vous savoir en bonne santé, et je vous embrasse. Ne vous affligez |ias. U plait à Dieu que je sois encore ici; cela doit doiic Qous plaire aussi à nous...
xxvni
A M. ONORATO PELLICO.
Venise» 39 juillet 1831.
Mon bien-aimé père.
Je reçois votre très-chère lettre du 46 de ce mois et je me réjouis d'apprendre que vous allez tous bien. Je vous remercie des offres que vous me faites; pour le moment je n*ai besoin de rien. Chaque lettre que je reçois est ]H)ut moi la source d'une jouissance indicible. J'ai composé deux nouvelles tragédies que (le jour anniversaire de ma naissance) j'ai dédiées, l'une à vous, l'autre à ma chère maman.
Ainsi passé-je le temps, unicpiement livré à l'étude et bien tranquillement résigne à la volonté de Dieu.
Je vous embrasse tendrement, ainsi que ma chère maman, mes frères et mes sœurs.
A M. ONORATO PELLICO.
Veni8e»8aaûtl831.
Mon bien-aimé père,
Je reçois votre lettre du l"*de ce mois avec les deux lignes si affectueuses ajoutées par mon cher Luigi. Je vous remercie, vous et mon excellent frère, de la tendresse que vous me témoignez. Toutes mes peines s'évanouissent quand je me sens aimé par des cœurs aussi parfaits que le sont tous ceux de ma chère famille. Je n'ai pas encore besoin d'argent, mais quand
— ia —
j'aui*ai achevé de dé^efluser celui que j'iy, /e i^rufitenii de vos bonnes ofl^es. Mille retnercimetits aiissi pour Ifouvrage des Souffrances de Jisus^hriily dont .¥tus m'annoncez renvoi. Vous poon^oz me faire< passer dei livres de dévotion; j'ai déjà avecniQtle' premier de tous, mon inséparable Bil>le, mais; un cadeau qpei nie fait inon bon père me sera totiO^ttre précieiix.^ > . ^
Je suis à merveille de santéi dt j'en: souhaite umi {Mireille à vous, à maman et à toute lai fai|iille> (|iie j'embrasse de cœur. .i.i' j
A M. ONORATO PELLIC'O.
Venise, 12 septembre 1821.
Mon bien-aiiné |>ère.
Je réponds à votre très^hère lettre du âdece mo's et aux deux lignes de Luigi, en vous conjurant l'unet l'autre de ne pas vous abandonner au cliagrin où je vous vois. Vous avez tort de vous exagérer ma position, et de croire que vous ou moi nous puissions faire des démarches pour le dénouement de cette affaire. Tout procédant avec la plus parfaite régularité, nous n'avons, nous, autre chose à faire qu'à attendre en paix le jour où je |K)urrai me voir rendu à ma chère famille. Que le calme où vous me voyez et la bonté avec laquelle on me traite ici soient votre consolation. Se laisst^r abattre par le malheur (surtout (|uand le malheur n'est |kis à son comble), n est ni d un hoimiie ni d'un cbrétieu. Si cet événement m'a blessé dans
me» infeéréte, isotiget qoe je mm jemne et qu'il me seni encore facile deigagner bonori/bl^nent ma jk.
Patience done^mesdiers parents^ courage^ et loin de Toes toute idée triste l Comme je Yeux que tous YDU8 conserviez pour moi^ i'tne faut pas que de vaines et I inopportunes inqaiétudeB altèrent votre santé.
S'il manquait quekpge chose des effets que j'ai laissés dahisk' maison 'Porro, je vous prie de m'en avertîri' afikkt que j/ë puisse pédam^-. J'ai ici assez de linge^ et vous pourrez recueiUir le tout à Turin; le buste pe« sant beaucoup^ le transport en serait peut-être fort coûteux ; laissez-le à Milan chez quelque ami^ ainsi que mon petit canapé de maroquin vert. . . Ne prenez aucun souci des livres que j'avais en dépôt de M'»» Magiotti^ elle m'écrit qu'elle les fait prendre.
Je vous embrasse bien tendrement, avec ma cbère maman^ mes frères^ mes soeurs^ et je veux que vous soyez tous supérieurs aux âmes faibles^ qui ne savent pa» rester calmes dans les tempêtes passagères.
A M. ONORATO PELLICO.
Venise, 21 décembre 1821.
Mon bien-aimé père^ Les vœux si pleins d'afTection que vous m'exprimez l^ar votre lettre du 15 m'attendrissent et me consolent. 11 est pourtant bien doux de se voir si tendrement aimé de parents aussi adorables! Je remercie le ciel qui me les a donnés tels^ et je ne lui demande
({ue de me les coiisen er et de me douuer le moyeu dt) les rendre heureux en les entourant de mes soins res- {lectueux et tendres.
Tels sont, cher papa, les vœux que je forme^ nonseulement à Toccasion des fêtes et du passage au nou* \el an, mais cha(|ue jour de Tannée. Le souvenir des vertus de mon excellent père et de mon excellente mère m'a toujoui^ soutenu dans le malheur; ce souvenir est le trésor ou j ai puisé la force et la résigna tion (|ui ni^étaient nécessaires. iSans inettre trop d'im- |»atience à attendre le terme que la Providence peut avoir marqué à mon infortune présente ^ j'espèrQ ce|)endant, moi aussi, (|u elle aura une iin. Je vous remercie autant que maman et toute; la famille des continuell(*s prières que vous faites pour moi. J ai la fenne confiance qu'elles seront exaucées et que Tannée prochaine se lèvera propice à notre commun désir de nous retrouver dans les hras les uns des autres.
Tenez-vous donc en joie, mon très-i'her |)apa, et vous aussi, très-chère maman, et mon cher Luigi, mon cher François *, ma chère Joséphine, ma chère Mariette. Tenons-nous-en à ce qu au milieu même des trihulations, saint Paul ré|>était à sc^s amis :
Gaudele, iterum dico, gaudele, Dominus prope est.
\ji volonté du Ciel nous doit toigours être chère.
* En général nous conservons aux noms propres leur phTiionumie italienne, excepté quand Silvio lui-iuéiue leur donne la fornie franvaise, comme il le fait pour ses deux sœurs et un de ses frères. (Xotr du Tradudewr,)