‹ Lettres, recueillies et mises en ordreChapitre 22 sur 113 · AU COMTE CESARE BALBO · texte numérisé non relu

AU COMTE CESARE BALBO

A CAMBRANO.

Turin, 11 août 1882.

.... Je commence l'impression de mes Mémoires *, et c'est une chose risible (jue l'épouvante avec laquelle

• Le mie Prigioni. {Note de VEditeur,)

pliisiciii*8 de mes amis (les libéraux exagérés) viennent me demander si j'y ai bien songé^ si je suis sûr de ne faire par là aucun tort à moi-même et à la cause libérale, si devant m'interdire toute invective contre rAutricbe, je neterais pas mieux de renoncer à mon projet ; si avec cette manie d'exalter la religion, je ne crains pas de . scandaliser les pmseur$. — J'ai vu le moment où j'allais m'em porter contre ces frayeurs impertinentes, mais j'ai pensé qu'il valait mieux en rire. Quand je pourrais flageller rAutriche de mes invectives, voudrais-je le faire ? Non, je méprise trop les libelles, et je,saisque l'invective donne toigours un air de lil)elle à la plainte la plus légitime. Quant à mes opinions de tout ordre (surtout la croyance religieuse qui est plus qu'une opinion), comme elles sont cliex moi quelque cliose de réel et non une comédie, seraisje un honnête homme, si j'en rougissais^ si je prenais ganle au blâme injuste dont elles pourraient être- Tobjet de la part des autres?— Mais on te dira cpie tu es un jésuite, que tu es de la Société catholique ^'^^^ libre à vous. Vos soupçons et vos sobriquets ne feront ni plus ni moins que je ne sois ce que je suis.

Vous qui n'avez pas de ces vaines terreurs, continuez-moi vos bontés, et croyez toujours à mon profond attachement. Mes hommages à Madame la comtesse. Tous mes souvenirs à la belle et bonne |>etite famille. Mille choses res|)ectueuses à Carasc*o et à Settime.

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