‹ Lettres, recueillies et mises en ordreChapitre 26 sur 113 · A MADAME LA COMTESSE DE BENEVELLO · texte numérisé non relu

A MADAME LA COMTESSE DE BENEVELLO

14 novembre 1833.

* Madame la comtesse.

Que vous êtes bonne de daigner m'annoncer,— et avec des expressions si charmantes, — ^votre aimable approbation sur mes Mémoires/ C'est pour moi un des suflhages les plus précieux, car lorsque l'on a le bonheur de connaître une âme distinguée comme la vôtre, il est trop naturel d'ambitionner son estime, et d'en être fier, si on l'obtient. Je vous assure. Madame, que quand même nous aurions la Uberté de la presse, je ne me serais pas moins fait un devoir d'être modéré et d'éviter toute plainte contre ceux qui ont fait peser

Rir moi leur pouvoir, u est presque toujours impàs^ sibté dç' se ptaiDclre ilfi séé ennemis sans exagérer'!, et tnaf^r^o^ be'yaÀi'Jainaik rien. Au reste/ peut-il Sf aVoir de' justice sajoé indullgétîce ? Et si je désiré qiié dWra'kii^nttiiiiiilgéhls^ ]^ûr<^uoi ne commencerais j^ pas^par ï^éirè môi-niême?'Je penche assez à croire miîl y k pliài'de fi^VJïes ëh ce monde que de méchaniéiSf. Au momé ^t-il certain que le jugement des inientiom ne nous clppîartieht guère : laissons-le toujooii' 'À 'Dieu/ 'et rapportons simplement les faits. — QchsI^ii^titiS ife'ôont faciles de ce que j'ai avoué ma cH>yai&^'i^ligiéuse, qui est tout bonnement la chrér tienne. On aurait mieux aimé que je me fusse montré iih'Cat6n.t)ôîs-je ibé feindre ce que je ne suis pas? J'aurais eu Fàlr trop gauche^ et, ce qui est pis encore^ je me serais trouvé méprisable.

Que ces paroles de votre lettre me sont chères : FoiM m'avez fait du bien/ Oui, on aime à s'attendrir sur des infortunes ; le cœur jouit alors d'exercer un acte de bonté et d'amour. Je bénis les larmes dont vous m'avez honoré, et je prie Dieu que vous n'en versiez jamais que d'attendrissement èl de plaisir. Vous voilà donc bientôt de retour à Turin : il me tarde d'avoir l'heureux sort de vous revoir. Vcuilleîî wie rappeler au souvenir de M. de.... et de vos charmantes enfants. ♦

LXTX AU COMTE ce;sark balbo

▲ CAMBRANO PAR ASTI. .

Turin, i^ novembre 18^.

Si j'ai votre suflhrage et celui de c^te exûtlteàle comtesse^ ce m'est une preuve que les belles Ames peuvent trouver dans mon livre quelque chose qui ne déplait pas^ et cela voudrait dire que je puis espérer précisément les suffrages que j'ambitionne pardessus tout. Hais dans ce bienheureux Camerano^ il y a quelque peu de partialité pour moi, et alors adieu la ert> tique : on ne sait plus y censurer que ce verbe que j'ai tiré de Tacite \ assez maladroitement, il faut que j'en convienne.

Hais soit cette espèce de faveur que le public ni^a témoignée jusqu'ici, soit la curiosité naturelle qu'inspire le récit des aventures d'un prétendu Carbonaro^ soient enfin ces raisons ou d'autres, le livre, dans ces premiers jours, s'achète avec fureur. Si je ne m'a» buse, il plait au grand nombre. Plusieurs s'en fichent encore; ce sont les ultra-libéraux et quelques-uns du parti opposé (qui ne croient pas qu'on puisse Atre accusé de crime d'État et aimer la religion). Curieuses gens, qui font consister leur religion dans une haine

* SiWio fait sans doute allosion ici h un root du chapitre iixfi de ses Mémoins (tacUeggiare) . Malgré les criliquei de la fîlla Camerano, je ne toîs pas que Tauteur ait fait disparaître c$ verbe des éditions qui ont suivi la première.

{Note du TradueUw,)

irrécouciliable contre quiconque est moins parfait qu'eux ! Quant au reste des libéraux^ les uns sont furieux de m'avoir montré de la bienveillance jusqu'à ce jour^ et se regardent comme obligés en conscience d'expier ce péché; les autres me font la grâce de se borner à me considérer comme un homme moins hêroique qu'ils ne le sont eux-mêmes^ un homme que les spul&raoçes ont cf égradé.

Qu^ fais^^ cependant? J'écoute t)ranquillement le bieo et k| mal, comme s'il s'agissait du livre d'un autre^ et je persiste a espérer que ce livre ne sera pas tout à (ait inutile à notre pays. J'en ai reçu de grands éloges de gens qui étaient ou se croyaient irréligieux^ et qui m'ont dit s'être aperçus^ en me lisant^ qu'ils éiaieatrChrétieDS. Cela m'a fait grand plaisir^ je l'avoue.

•Ëotn^ Içif .personnes d'éminentes vertus^ la première àipe,f^qter fi^t.la marquise de Barolo qui^ à peine ava^-eUej achevé de lire-Afes Prisons, m'honora d'une lettre dictée p^son cœur. 11 faut bien convenir que je suis uu des hommes heureux de ce monde, puisque je me vois tant aimé et si fort au-dessus de nu)u mince mérite^ et non-seulement par mes égaux, mais par dos personnes qui me sont mille fois supérieures par les dons du cœur et de l'esprit. A cette condition^ on peut bien supporter un peu de haine et de mépris chez les autres. — LL. EE. le comte et la comtesse de Pralomio m'ont également exprime leur approbation de la manière la plus sentie. Allons, cher ami, puisque vous voyez que riiisloirede Boita, tout admirable ({u'elle est dans plusieurs de ses parties, peut être sui-

vie d'une autre qui ajoute, qui nipdi^ic,qpi^U3te une foule de chœes, remettez^voqs ap. trf^yail., Ç'iest une grande œuvre, digne de yqh^. iQçhj^ fm^ 1^ goût4 lef délices de l'étude peut-il y renp;fcç^?^on^ jwnds. ^ , A présent que vous avez embelli le^ jardii^,: à pré- 9^nt que vous avez plapté le^ ^h^f^ que ^ous^ irons admirer ensemble, Taonée , proqtvMi^e ^ retenez en bonne santé à Turin^ et, si cet^e sapt^ vous le permet^ conmie je l'espère, avancez iiUatigajiileqdent dims ll^i^ toire. Vous avez véritablement tout le savoir et tout le discernement qu'il faut pour cela.

A L'AVOCAT CARLO MARENCO.

Turin, S8 novembre 1833.

Monsieur et très-estimable avocat, ' ' " ' ^

J'avais prié l'ami Mattirolo depuis quelques Jours de vous adresser de ma part un exemplaire de hu^ Mémoires; mais j'ai eu l'éiourderie d'oublier de le lui remettre, et il l'attendait toujours, c'est ce qui eu a retardé l'envoi. J'en charge à présent le libraire Bocca, et je vous prie. Monsieur et très-honoré ayocai, d'agréer ce faible don. — C'est un ouvrage qui n'a aucune valeur littéraire; il n'a d'autre mérite que la vérité.

J'admire toujours votre EzzeUno, et pour la partie dramatique, et pour la lyrique.

Quant à h\ réflexion que je vous avais faite sur le personnage de Saint-Antoine, qui me paraissait man-

quer dans Votre '^Éramè, je me suis aperçu qu'elle est sans olijet^ pnfequè le saint était déjà mort dans les derniers iiempé d'Ezzelino. Je suis charmé que même en ceci tous àyez'raison.

Je désire tous savoir occupé à composer d'autres tragédies. La manière dont vous concevez ce genre lé rend d'ui^e extréiîiè'âitflculté^ mais toute difficulté trome en vous un maître qui la surmonte.

Jésuîs^ avec la plus parfaite estime, votre très-dévoué serviteur.

AU TRÈS-RÉVÉREND ABBÉ EVASIO BECCARDI

(casalb)'

Turin, 15 décembre 1832.

Vous m'honorez de louanges que je ne mérite pas pour un livre dont le prix est absolument nul. Dieu veuille que d'une si mince chose il résulte quelque bien pour quelqu'un ! C'est l'unique but que je me sois proposé en écrivant. Telle est notre sublime religion (|u'il n'est |)as possible de la connaître sans l'aimer^ sans lui rendre gloire dans la m^ure de ses forces débiles I

Ceux qui se la figurent ennemie du véritable progrès des lumières et qui la haïssent^ prennent un fantôme fiour elle ; mais il ne faut qu'un examen sans passion pour s'apercevoir que là, et non ailleurs, se trouve ce qui communique à Thomme un élan efficace vers toute justice , vers toute prospérité sociale, vers tout acte et toute pensée qui le relève; là est la base de

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(iouirai jamais aMtint qu^ jr !- •:- •> '-"i»: •■* i7v- -. Uiité <li\ini* qui m'a %«xor«ir ir.-* ".^ v-^:: tr, ... pour voir encr)r«.', \4»\\r -^voir roxf *t "j'r* :•• v.f » -i r Uts^fiit' Sil\ in. Si v«»ii* lyjjvr-z v^.iii :î -y-. -^ j. - • .

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tableau où je suis représenté dans ma prison.— « S'U fait cela^ disait-elle^ le portrait exécuté par Tetti^ personne ne l'achètera^ et je ne toucherai pas un sou des, bénéfices que M. Tetti aurait partagés avec moi. Si vous voyez le père Boglino, veuillez lui faire entendre cela^ mais là^ de bonne grâce ; mais non, ne lui en

parlez pas, dites-lui seulement. .. Non, ne hii-dites rien. Priez-le seulement de me faire le. i^lu^ tôt.ixisybte'ce papier, cette note, cette lettre... Vous compreoez;?.*^, •

—a Je ne comprends rien^ mais je lui dir$û 4e iaNil| porter ce papier, n'est-ce jias? » , ■ .. / . i • | .

— a Oui, Monsieur, mais du tableau ae, lui.^.fjileil rien... Seulement si l'occasion s'en présente» vous ML direz... j> • ' »

— «Hais, chère dame, dois-je dire ou ne pastdÎBeUt M'avez-vous fait appeler i)Our quelque chose ou pour/ rien? Sachez qu'entre vrais amis l'occasipn se piéni sente toujours de dire tout ce qu'on veut... »

Et en l'entendant réi^éter que je devais te prier, el.t ne pas te prier, dire et ne pas dire, je 4éni&lai qif}' son intention était que je parlasse. •*-. *

C'est une bonne dame qui me fait pitié, mais Ufàtil t avouer que si la patience échappait souvent au pan* • i vre ***, il méritait bien aussi qu'on le lui pardonnât - •

Toi qui es un trésor de patience, tu en souriras et i tu continueras à lui |K>rter les consentions qai mml eB*f ton pouvoir. Je t'embrasse de tout mon cœur. — ^Hier je suis allé à vos offices.

ONORATO PELLICO A LUIGI GOXZAGA".

XurÎD, le !0O tvrïl 1883. (Oh ! quel anDirersaire , il me rappelle toujours ! }

• Tnè&<:ber el très-aimable ami^

ParK. Locateffi )q|ùi réside en cette Tille et que je ne coanafseaid' pas; j'ai reçu hier malin et avec grand pliîeîr èe Tos nouvelles en même temps que la lettre que vous lui avez remise pour moi, et qui m'apprend le fupefi)^ mariage ique TOUS avez contracté à ReliagM. i^ermettèE^-nrai donc de m'en féliciter vivement et cordialement avec vous, car ayant eu le bonhciude fclss tinir à toie demOiseDe de mérite, à ce que je viis^ véds ne pouvez ntanquer d'être chaque jour plus beoneOY et plus content, et d'éprouver toutes les consolations inhéi^dites à l'état de mariage, quand il est t>îeQ réglé. Je jouis souverainement de votre félicité. Xoiqui vais- loucher à mon quatorzième lustre, j'avance dans la vie sans grave inconunodité, seulement h Caiblesse commence à^ faire sentir. Mais je ne pourrai jamais autant que je le dois rendre grâce à la brioté divine qui m'a accordé une vie assez longue pour voir encore, pour avoir encore près de moi mon Uen-aimc Sihio. Si vous pouvez vous procurer le livre

^ Nous devons encore celle lellre du père de Pellico, coane Mie do 29 janvier 1829, 2i l'obligeaDce de M. Luigî Gonza^. •-t il ne D0U8 a pas semblé inutile de la publier.

(A'ote ée l'ÉdiUur^

ieSikio Tànncimê â LogiDO.

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