‹ Lettres, recueillies et mises en ordreChapitre 43 sur 113 · A M. LE MARQUIS CES ARE CAMPORI, A MODÈNE · texte numérisé non relu

A M. LE MARQUIS CES ARE CAMPORI, A MODÈNE

34 septembre 1840 ^.

le TOUS écris peu de lignes, parce que ma pauvre poitrine ne me permet pas de m'asseoir à un bureau. Soyez vous-même l'interprète de ma gratitude pour les choses aûnables que vous me dites. Je regrette de n'avoir |)oint vu vos drames ; c'est un plaisir ajourné, mais qui j'espère ne sera pas perdu.

Poiu" vous obéir, je vous envoie quelques vers destinés à un album. C'est trop d'honneur que me fait madame votre cousine*; je vois que l'indulgence est de famille.

t La date de celle lellre D*esl pas de la main de Pellico. Le timbre de la posle de Turin, qui esl sur Tadresse, porie 24 ÊCptembre. M. le marquis Campori, à qui elle esl adressée, nous asftore qu*elle doil élre de 4840 ou 4841 .

{\ote de l'Éditeur.) * Madame la marquise Giulia lk>vio Paolucci, de Bologne.

(\()te di' C Editeur.)

J'ai l'honneur d'être avec toute estime, cher et aimahle Monsieur, votre très-humble et très-dévoué serviteur.

A PIETRO GIURIAt.

Turin, 14 octobre 1840.

Moucher Giuria,

Pardonne/ c'est le mot par lequel je pourrais commencer presque toutes mes lettres. Plusieurs fois j'ai voulu te répondre, et d'un jour à l'autre il s'est passé des semaines. Ce matin je me suis bien mis à relire ta chère Ode, et la honte m'a pris de ne pas t'avoir encore dit, comme en réalité tu le mérites : « Bravo, bravissimo ! » — J'ai vu avec peine l'erreur de Romani, qui prétend que tu as pris Tidée de cette Ode d*un chant espagnol. Néanmoins l'article est flatteur et bienveillant; je l'ai donc lu avec le plaisir que j'éprouve toutes les fois qu'on te fait honneur, ce qui est simplement le rendre justice. — J'espère qu'il te reviendra aussi beauconp d'honneur des trois Canliche, quoique mon jugement et mon es|)érance n'aient d'autre fondement que les vers que tu m'as envoyés à titre d'essai. Mais ces vers et les autres choses que j'ai vues de toi me donnent confiance. Les titres : Amour, Patrie, Religion, sont beaux, mais ils promettent beaucoup. Je ne les blâme pas, et te laisse à toi le soin de décider s'ils conviennent tout à fait. Moi, je

* Du livre Si7vto PelUco et son tempe, coDsid^rtltons de Pielro Giuria.— Vogbera, lip. Gaui, h 854. {\otê de l'Éâitrm'.)

n'attache aucune iin|K)rtance au titre d'un ouvrage, poonru qu'il ne soit point faux.

Excuse-moi auprès de ton digne ami Gando si je ne consens point à donner des vers pour la Slrenna dont to me paries, ni pour aucun autre recueil^ n'ayant rien en ce moment qui mérite l'impression. Maintenant, si Taimable désir de l'illustre poétesse, Angelica, veut bien se borner à quelques lignes autographes de moi, les Toici dans une octave, commencement d'une composition esquissée sur les vertus cachées.— Je n'aurais pas gnuKfchose de bon à te dire de ma santé ; toutefois je ne garde pas le lit, et l'air de la coUine me (ait du bien. Je reste à la VignaBarolo jusque vers la Toussaint. Un jour que j'étais à Turin, je rencontrai

M. Moro . . ■

— n y a plus de deux mois que je n'ai vu mon frère, mais il est à Chien, et je sais qu'il se porte bien, sauf <pie depuis un an il est plus sourd qu'auparavant. Cha- <^ de nous a ses tribulations, l'un ceci, l'autre cela, €t c'est un exercice pour la patience. — Adieu, je te souhaite tous les bonheurs.

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