‹ Lettres, recueillies et mises en ordreChapitre 46 sur 113 · AL MARQUIS CESARE CAMPORI, A MODÈNE · texte numérisé non relu

AL MARQUIS CESARE CAMPORI, A MODÈNE

Turin, 22 avril 1841.

MoDsicur le marquis^

La perte d'un frère^ la maladie d'une sœur^ et d'autres afflictions qui furent la suite des premières^ ne me permirent pas de lire sur-le-champ le volume des tragédies de votre ami *. Aussitôt que mon esprit eut letrouYé un peu de calme et la faculté de pouvoir se distraire^ je lus ce recueil et je me fais un devoir de ^fWi prier^ Monsieur le marquis^ d'en offt*ir à l'auteur ii distingué toutes mes félicitations'. Le comte Abbati Marescotti a la puissance tragique^ le vers brillant^ ne ime élevée et religieuse. Avec un tel fond^ on ne bit pas de poésies médiocres.

CoQ8ervez-moi votre bienveillance^ Monsieur le ïûarquig, et veuillez me croire votre très-dévoué serviteur.

' Editée dans le journal deModëoe, il Silfo.

{Note de l'Editeur,)

* Le comte Abbalî Marescoui, de Modène.

{Note de l'Éditeur.) ' Voyez, aux leUres sam date, celle qui esl adressée par Pell*eo 10 iDsdit comte Abbati Marescotti, actuellement conseiiler *v nioi^ère de T intérieur pour Tinstruction publique à Modène.

{Note de l'Editeur,)

A M. LE COMTE TULLIO DAXDOLO

Turin, 17 mai 1841.

Cher comte ,

Je n'aurais pas attendu jusqu'à ce jour pour tous parler du cliarmant présent de vos Rêminiscenze e fantasie, si pendant que je lisais et goûtais ce beau livre^ il ne rût arrivé dans ma famille un bien douloureux événement. Mon pauvre frère Luigi, qui n'était pas seulement un frère pour moi^ mais im véritable ami^ m'a été enlevé en trois jours.

Je n'ai encore recommencé à lire aucun livre^ mais je vous remercie du vôtre^ et je le reprendrai aussit6t que je pourrai. Vos pensées, votre style, votre âmé ont un grand charme pour moi. Je vous embrasse, et avec vous vos enfants et Fa va, et je me dis votre bien aflTectionné.

A PIETRO GIURIAt.

Vigna Barolo, 91 juin 1841.

Très-cher Giuria ,

Je te remercie de tes amicales félicitations sur le succès de mon Iginia. Tu voudrais que je t'en disse quelque chose, mais tout ce que je sais c'est que M"* Bettini sollicita l'approbation de la censure, et la trouva plus indulgente <iu'elle ne l'avait été il y a bien

1 Da livre Silvio Pellico e il 9uo tempo, connidénilioDS de Pi^- Iro Giuria.— Voghera, lip. Gatli, 1854.

{\oU de CÉditeur.)

des années. La tragédie fut permise avec un léger changement dans an petit nombre de vers. L'actrice et ses camarades l'étudièrent avec zèle. Briano assista aux répétitions, enseigna^ dirigea^ interpréta. Je n'ai vu, moi, ni les répétitions, ni les représentations, et je me tenais également préparé à apprendre un succès ou la nouvelle qu'on m'aurait sifflé, comme on flt au Corradino, Le matin qui suivit la première représentation, Briano, Fea et Vico eurent l'amabilité de venir à la Vigna Barolo, où je demeure, et de m'ap-

porter en toute hâte la nouvelle des applaudissements. ie suis affecté de là perte que le pauvre firiano a

faite de son enfant. C'est le quatrième qu'ils perdent;

et quoique ce soit un grand bonheur pour ces petites

^es, les parents en sont inconsolables, '^attends les vers que tu imprimes. Je regrette, mais

sans m'en étonner, que tu ne publies pas le Botzari,

sujet d'un genre ardu. — Je t'embrasse de tout cœur.

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