CLXXXVIII
A PIETRO BORSIERI.
Turin, 18 avril 1843.
Mon très-cher Borsieri , Le plus affreux malheur vient de frapper lo cœur
de notre bon La Cistcrna : il est ici pour peu dlieures et repart ce soir pour Paris. Pendant qu'il était en route pour Turin ^ les deux personnes qu'il aimait lis plus au monde ont été atteintes de la rougeole : je parle de la marquise de Bréme^ sa sœur, et de la flUe de celle-ci^ charmante jeune personne que LaCistema aimait comme son enfant. Toutes deux sont mortes, et il venait à peine d'arriver à Turin, quand hii est parvenue l'horrihle nouvelle : il me charge de te faire part de son malheur et d'ajouter qu'il regretteidc ne pouvoir s'arrêter ici, où il espérait que, sous [leu de jours, tu serais venu l'embrasser.
Nous sommes tous hors de nous; Brème, qui a perdu sa femme et sa fille , est à Paris , malade luimême ; la sœur de Brème , la comtesse Ernestina de Castellenghe, est aussi à Paris consumée par une longue maladie (]ui touche à son terme.
Je te quitte pour aller passer encore quelques heures avec I^ Cisterna: écris-lui quel(|ues Ugnes d*amitié à Paris.
Mille compliments à tes sœurs et aux amis.
A M. ANTOINE DE LATOUR
Turin. iO avril 1843.
* Monsieur,
Permettez-moi que je vous demande une grâce :
je crains tpus dans lïtlition illustrée de Mes Prisons^
c* est-à-dire dans la publication des chapitres manu-
Si*rits (|ue je vous envoyai, il y a quelques années.
▼oCre dessinateur ne mette au nombre des sujets de Kttiographie une figure que je désire que Ton épargne, la comtesse Balbo. Si \ous êtes encore à temps y je TOUS supplie quil n'y ait aucun dessin qui la représente : cela ferait de la peine à mon ami le comte BaHio.
▼eniOet m'écrire promptement quelques lignes là- Aessus : j'espère que vous pourrez me dire que je ne. TOUS ai pas adressé cette prière trop tard.
Agréez y Monsieur, les sentiments distingués et tout dévoués arec lesquels je suis, etc. ^