CCLXVIII
AU PROFESSEUR A. IGHINA.
Turin, 7 janvier 1848.
Cher professeur.
Madame la piarquise vous remercie et vous rend de cœur tous vos souhaits : je fais conune elle. Bonne santé pour résister aux fatigues de renseignement, bons élèves, enQn consolations de tous côtés, et un esprit toujours ei^oué, en dépit des épines inévitables de la vie : car il y en a partout, et dans tous les temps, même dans ce siècle de progrès si vanté ! Mais U gloire de l'homme sur la terrre consiste à porter sa croix avec une sainte aisance , en faisant du bien au prochain , et en louant le Seigneur. — Tant de gens se piquent aujourd'hui de politiquer, que j'ai trouvé inutile de m'en mêler : aussi n'ai-je pas accepté diverses propositions qui m'ont été faites |)Our écrire dans les journaux. L'unique chose que je n'aie pas voulu refuser est que l'on mtt mon nom dans un ai^ ticle du Risorgimento, en témoignage du vœu que je forme , moi aussi , [tour que les princes d'Italie s'catendent entre eux. Vœu assurément juste ^ maisinu-
Ule, comme tant d'autres bons désirs ! On a coutume de Tanter les journaux comme des instruments efficaces : moi , je n'en tiens pas grand compte. Les journaux raisonnables ne persuadent que les honunes natoreliement portés à la modération y et ceux-là n'ont aucun besoin de pareilles lectures. Les journaux exagérés sont un fléau de plus dans la société, où ils exaltent les âmes inexpérimentées. Je me trompe , peutêtre, mais je sens ainsi , et quoique j'honore la vertu et les intentions de quelques journalistes , je n'aime pas ce genre de publications : je préfère les bons livres. Portez-vous bien , cher professeur, et croyezmoi, comme je le suis toujours , votre serviteur et uni bien affectionné.