AU CHEVALIER CESARE CANTÙ
22 février 1848.
Cher Cantù ,
Je vous remercie de m'avoir apporté (et je regrette de ne m'ètre pas trouvé à la maison ) un exemplaire de cet essai d'information sur vos malheurs^ : je l'ai lu avec une profonde sympathie. Quoique le ciel vous ait donné une âme forte, et que vous soyez de ceux que la fortune contraire n'abat pas, jeti'en gémis pas moins de penser que les plus forts et les plus purs de conscience souffrent des agonies de tristesse, au mi-
* Là Simplke informazione, petit livre que venait alors d'imprimer le chevalier Cesare Caniii, et qui est relatif k quelques vicissitudes politiques à lui personnelles. (Note de VÉditeur,)
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lieu de leurs dures épreuves. Je devrais savoir vous consoler : Je ne sais , hélas ! que m'atfliger avec vous, vous estimer, vous aimer, faire des vœux pour f iUusire infortuné !
AU PROFESSEUR IGHINA/
98 février 1848.
Je suis persuadé que V. S. fera un discours
excellent. Les catholiques les plus ignorants n'ont cessé de reconnaître combien notre religion aime et développe la vraie civilisation ! son esprit est divin : et c'est pourquoi il ne peut y avoir rien de plus philosophique et de plus bienfaisant pour la société humaine.
Vita erat lux hominum.
Madame la marquise est un peu malade , selon sa coutume : mais le premier souffle du printemps sera pour elle un baume , je l'espère.
Moi aussi, j'ai besoin de ce baume pour donner plus de forces à mes pauvres poumons.
Ceux qui les ont meilleurs que les miens se sont singulièrement divertis à la magnifique fête d'hier. Aux divers agréments de cette fête, il faut ajouter le bon ordre. Toiît a été à merveille.
Pendant que nous nous livrions à ces transports d'allégresse, grand bouleversement en France. Louis- Philippe forcé d'abdiquer; la couronne pour un moment sur la tète d'un enfant. — Nouvelles fureurs du peuple, plus de couronne, plus de roi ; expulsion
de ioute la famille royale; massacres dans les rues^ le drapeau rouge arboré; la république proclamée.
Espérons en Dieu^ armons-nous de courage^ et assistons à ce grand et terrible drame.