CCLXXVII
A M. LE COMTE PORRO
Turin, 19 avril ]a49.
Mon cher Porro,
Hier^ à peine votre lettre reçue, ne pouvant me rendre moi-même auprès de GiuUo, je lui adressai un billet pour lui communiquer tout ce que vous m'écrivez au sujet de la procuration, avec prière de vous l'expédier telle que vous la demandez.
A chaque instant se renouvelle dans mon cœur, comme dans le vôtre, cher ami, la douloureuse pensée de la mort de la Hasino \ Elle avait tant d'égalité dans la bonté, dans le jugement, dans l'amitié! J'étais quelquefois des semaines sans la voir, mais je la retrouvais toigours la même dans son aimable bienveillance. Elle a beaucoup recommandé que Ton priât pour son âme; je prie par devoir, mais avec l'entière confiance qu'elle est déjà transformée en une créature parfaite et heureuse. Je voudrais que vous n'eussiez plus aucun ressentiment de votre maladie; guérissezvous bien pour faire plaisir à ceux qui vous aiment, et sachez que je vous aime de tout mon cœur. Adieu, aimez votre Silvio Pcllico.
' La comtesse Eufrasia Masino, sœur d*Ottavia, à laquelle Pellico, OD Ta vu, a adressé tant de lettres.
(Note de l'Editeur.)