‹ Lettres, recueillies et mises en ordreChapitre 90 sur 113 · A MM. POMBA ET COMPAGNIE · texte numérisé non relu

A MM. POMBA ET COMPAGNIE

Turin, 28 juin 1852.

Très-chers Messieurs Pomba^

Je vous suis obligé des exemplaires que vous avez eu ramabiUté de m'offrir^ et je remercie en particulier M. Zecchini^ qui a bien voulu m'honorer de se visite. Je regrette de m'être trouvé absent.

Vous me demandez s'il est vrai que j'aie publié une Canzane à peu près vers l'époque des Réformes. — Non ; et si Fon m'attribue quelque Canzone anonyme^ c'est une erreur. Je mets toujours mon nom à ce que J'imprime; tel est, depuis bien des années, l'usage invariable que je suis.

Quant à des œuvres inédites, je n'en ai aucune que je paisse vous offrir.

Agréez, Messieurs, l'expression de ma plus parfaite estime.

P. S. Pardonnez^moi ce retard, je n'ai fait retirer votre paquet que samedi.

AU CHANOINE A. IGHINA.

Juin 1853.

Très-aîmable et Irès-révéré chanoine^ Madame la marquise de Barolo vous remercie de Tos félicitations sur son retour^ et j'en fais autant moimême. C'eût été une excellente chose qu'il y eût eu moyen de passer à Moudovi, et d'y recevoir la bénédiction de Monseigneur^ mon vénérable patron. Nous savons combien est aimable l'hospitalité du saint évèque. Madame la marquise lui rend grâce de l'intention et vous prie de lui offrir ses hommages et les vives assurances de sa reconnaissance. Le cher chanoine Ighina ne peut douter qu'il ne nous eût été fort agréable de passer par Mondovi^ ne fût-ce que pour lui. — 11 a mal fait de venir à Turin lorsque nous n'y étions pas; et pour réparer cette faute^ il faut qu'il y revienne maintenant que nous y sommes, ou qu'il nous rejoigne à la Vigna, où nous serons sous peu de jours. Il sait que Madame la marquise sera toujours charmée de revoir le très-estimable ex-chapelain, malgré le respect gênant que peut imposer la dignité de chanoine.

Il me semble que les éditeurs de mes pauvres Prigioni ont fait preuve de peu de sens en joignant k-s Addizioni à leur édition. Celte union inconsidérée fera précisément (pic beaucoup n'achèteront pas le li\Tt\ Quant à moi, je n'y ai aucun intérêt. Du reste, j'ai toujours plaint l'infortuné Maroncelli d'avoir cédé à la

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passion en écrivant ces notes dans des moments d'exaltation. Je suis persuadé qu'il Ta regretté lui-même.

Ne soyez pas, cher Ighina, trop prévenu en ma faveur, lorsque vous faites mention de mes écrits. Je redoute l'excès de votre indulgence, et je ne voudrais pas qu'elle vous attirât des sifflets. Mais si je ne désire pas que vous me louiez, parce que je ne le mérite point, je n'en souhaite pas moins que vous continuiez à m'honorer de votre amitié.

La mémoire de V. S. est fidèle en ce qui a trait aux relations de la maison Barolo avec le comte de Cossilla père, un homme excellent. Le fils, qu'on vous a donné pour intendant, a aussi de fort bons principes, du talent et de la conduite, par où il s'est fait aimer et estimer partout où il a été, nonobstant la difficulté des temps.

Les habitants de Chiavari ont vivement regretté son changement.

Adieu, très-cher chanoine, recevez nos saints dans un bouquet bien lié, et croyez-moi, etc.

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AU PROFESSEUR A. IGHINA.

Cher professeur.

Que vous êtes bon de vous informer de moi I Madame la marquise me donne l'agréable commission de répondre moi-même à Votre très-chère Seigneurie. Depuis un jour ou deux, ma santé va s'améliorant, autant que le permettent la vieillesse et des poumons aussi

fatigues. Je recommence à respirer passablement. Mais j'ai peine à reprendre des forces. Je serais cependant indiscret de me plaindre. Il y a wi nombre inflni de personnes qui souflVent plus que moi; mes maux sont supportables^ et ils sont adoucis par les soins les plus généreux. Le Seigneur use envers moi de toutes ses miséricordes. J'espère qu'il m'accordera encore celle que je lui demande plus que toute autre : une bonne mort, lorsc[ue mon heure sera venue.

Vous ne me dites rien dans votre lettre de Topération qu'on devait faire à Madame votre mère. Nous désirons que vous nous teniez au courant d'un évàiement auquel notre cœur prend la plus vive part. No6 vœux s'unissent aux vôtres pour que le précieux doo de la vue soit rendu à cette excellente mère, et qu'A en résulte une grande consolation pour elle et pour toute la famille. Vous saurez que l'opération pratiquée par Flarer sur le vieux maréchal de la Torre, quoique les circonstances la rendissent fort dangereuse, n'a pas été inutile. La vue est revenue, seulement elle demande encore des précautions pour retrouver de b force, et il faut tempérer, à l'aide de lunette vertes, l'éclat trop vif de la lumière.

Je vous souhaite, cher chanoine, la joie si douce d'être contemplé par les yeux d'une mère.

Conservez-moi votre amitié, faites agréer mes respects aux nobles âmes qui vous entourent ; et croyeimoi, comme je le suis, votre très-affectionné serviteur et ami.

P. S. Mille rcmerctments pour vous être souvenu

de moi le jour de saint Pierre aux liens. — ^Madame la marquise tous dit mille choses^ et aussi D. Ponte. . .

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AU PROFESSEUR IGHINA.

TurÏD, 16 août 1853.

Très-révérend chanoine^ Béni soit mille fois l'habile Fra Petronio ! Votre lettre nous a comblés d'allégresse^ et nous nous figurons la Joie suprême de Madame votre mère et la vôtre à toos^ après une opération d'une telle importance^ si complètement réussie. Nous en remercions Dieu. L'excellente marquise me charge de vous exprimer toute la part qu'elle prend à cet heureux événement^ et D. Ponte s'en réjouit aussi de tout son cœur. Oh ! que nous aimons ce bon capucin^ chirurgien admirable^ qui^ reconnaissant Dieu^ avec tant de raisoii^ comme l'auteur de toute grâce^ unit la prière à l'action dans le traitement de ses malades! Outre le bien qu'il leur fait^ en priant et en les guérissant^ sa piété doit répandre dans leur âme^ et dans l'âme de ceux qui les entourent^ la confiance et l'édification^ ce qui est aussi uo grand bien. Voir un homme plein de foi vaut souvent lout un sermon. Ix>ngue vie donc à Fra *Petronio! qu'il ait toi^ours la main sûre et tous les dons qui peuvent servir à rendre la santé à ceux qui ont recours à lui! Si je retourne un jour à Gènes, comme je l'espère, je veux aller baiser cette main, qui a restitué la vue à la mère d'un patron^ d'un ami si

cher ! En attendant^ s'il est encore à Mondovi^ offrezlui mes humbles respects, et dites-lui que je professe également pour lui la reconnaissance et l'affection la plus vive.

Nous sommes sur le point de retourner à la Vigna ; nous y resterons deux mois à peine, et si le temps le permet. Viendrez-vous nous y voir? Nous le souhaitons fort.

Madame la marquise vous dit mille choses et vous prie de faire agréer à Monseigneur ses respectueux hommages. Ayez aussi l'obligeance de lui rappeler les sentiments de vénération que j'ai pour lui.

Je vous remercie, cher chanoine, de toutes vos attentions et de vos vœux affectueux, et c*est en vous souhaitant à mon tour une bonne santé et tout ce qui peut vous donner du contentement que je me dis de tout mon cœur, etc.

P. S, Mille remerctments, je vous prie^ au révérend économe, pour le livre qu'il m'a apporté de Rome. Qu'il ne s'en embarrasse pas et me l'envoie de la manière qui lui sera le plus conunode.

AU CHANOINE A. IGHINA.

Vigna, 8 septembre 1069.

Cher chanoine, La digne Reine a merveilleusement inspiré Votre Seigneurie. Le sonnet est fort beau, et nous nous faisons une joie d'applaudir à l'excellent poète. Recevez mes remerciments pour les deux exemplaires que vous

avez eu la bonté de nous adressée. On peut dire que notre Reim^ mérite les plus dignes hommages^ tant est noble la vertu et la grâce que respire toute sa personne; et cependant^ trop souvent aussi elle a eu sa part dans 1^ trésor des grandes afflictions ! Titre invariable au respect et à la sympathie^ surtout lorsque la créature qui gémit est d'un rang élevé et d'une renommée parfaite.

J'espère que l'indisposition de Monseigneur n'aura pas de suites. La santé est chose précieuse pour les bons évéques. Veuillez lui présenter les vœux et les hommages de Madame la marquise^ ainsi que les miens.

Je vous souhaite aussi, Monsieur le chanoine^ santé et prospérité. Madame la marquise^ D. Ponte et moi nous vous faisons trois belles révérences^ honorant à la fois l'ami^ le poète et l'excellent ecclésiastique.

Croyez-moi toujours ^ comme je le suis en effet , et de tout cœur^ votre très-affectionné.

A PIETRO GIURIA.

Turin, 10 octobre 1853.

Mon cher Giuria^

Ton livre Delt uomo est rempli d'excellentes choses : je m'en réjouis parce qu'il peut être utile et <|u'il te fait honnneur. Il faut du talent pour animer si heureusement un si^el de cette gravité : il peint la noblesse de ton âme et te fait aimer du lecteur. Je te

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serre affectueusement la main; je me félicite avec toi et te remercie de ton livre.

Conserve-moi ta chère amitié et i)orte-toi bien.

A M. LE COMTE PORRO

Turin, 18 novembre 18Si.

Très-cher Porro ,

Il m'arrîve souvent de me transporter, par la pensée, au milieu de vous, quoique je retombe toujours dans mes trop longs silences : la faute en est à mes 80ufft*ances. Mais laissons cette histoire peu divertissante , et contentez-vous de savoir que , depuis quelques jours, je me lève et vais un peu mieux. Si ma vieillesse n'est pas des plus allègres, j'ai cependant, en compensation , des intervalles de passable rétablissement. Tout est relatif , et il faut savoir apprécier ce peu de bien qui nous échoit. J'aime à penser que votre santé continue à être meilleure que la mienne. Ne négligez pas d'en prendre soin , si fort que vous soyez, et donnez-moi la consolation d'entendre dire que vous triomphez glorieusement des années. Je ne vous permets de changer ni sous ce rapport , ni sous celui de l'amitié que vous avez |K)ur moi. Vous save^^ que je suis invariable dans l'attachement que je vous porte, connaissant peu d'iiommes bons et droits comme vous, et nous en avons tant perdus qui étaient dignes de notre amitié ! Il est impossible de ne pas s'attrister quand on voit combien se rétrécit le cercle de nos

vieux amis ! Je chasse cette idée pénible y mais elle revient toujours.

Un des meilleurs , le bon Giovanni Arrivabene^ est ici ; il est venu me voir avant hier : il est du petit nombre de ceux qui ne se laissent pas dominer par ce grossier esprit d'exagération qui est aujourd'hui de mode y et qui ne prouve que trop la médiocrité , et nous en voyons les fruits ! . . .

Comment va votre chère famille? Je vous souhaite toutes les satisfactions y Funion y et tout ce qui peut alléger les déplaisirs et adoucir la vie : je voudrais ne vous voir aucun chagrin...

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