‹ LettresChapitre 32 sur 52 · A M. IB PRINCE DE BROGLIE · texte numérisé non relu

A M. IB PRINCE DE BROGLIE

'■ Mercredi, 38 novembre 1S4!.

Mon cber ami, j'ai laissé passer un mercredi sans 'pouvoir du tout t'écrire; j'ai été poursuivi par des vertiges continuels qui me laissaient à peine lire. Cela commence à se dissiper. Durant ce temps, j'ai reçu tes trois lettres qui m'ont donné bien envie de te répondre, sans pouvoir y parvenir. Cette affreuse nouvelle de Rome' ne me sort pas de l'esprit. Est-il possible qu'une telle destinée puisse planer sur ceux avec qui on vit dans une paisible iutimité, sans que rien vous avertisse?Onnes'accoutume point, en regardant dans tout le détail du passé, à voir la vie de M, Rossi s'acheminer vers ce dénouement. Je trouve cruellement durs tous les journaux, même du bon parti, qui parlent de cet événement comme d'un autre événement, et de cet affreux assassinat comme d'un assassinat ordinaire. Il semble pourtant que pour ceui même qui ne le connaissaient que pour la supériorité de son esprit, sa perle devait inspirer plus de regrets, même dans ce temps où tout croule à la fois. Il ne tombe pas souvent d'hommes de cette trempe, et ceux qui font les entendus en morale politique et qui l'ont tant blâmé, ne le valaient vraisemblablement sur aucun point et ne montreront certainement jamais, pour une aussi bonne cause, l'intrépidité qui l'a perdu... Il est probable que la Rome que nous avons

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