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I. L'assassinat de M. Rossi

iBTTREs. aat

cODQue finira avec M. Rossi. Il fallait pour la sanver, 6tre, comnae lui, de lii race italienne, avec des qualités que n'a plus cette race . 11 est probable aussi que son nom sera le dernier nom de l'histoire de ce malheureux pays. Après tout, et quoiqu' en puissent direles assez misérables ennemis qu'il avait un peu partout il a péri pour les idées qu'il a défendues toute sa vie. Cela vaudrait bien qu'on esprimàt un regret sur sa mort. ' Nous avons attendu ici, avec une certaine anxiété, le résultat des débats de samedi dernier à la Chambre des représentants. Je ne croyais pourtant pas qu'il en sorUt grand' chose. Je n'ai pas trouvé que personne ait fait de bien belles prouesses oratoires dans cette discussion. Quoique je réserve ma voix pour la présidence à M. le général Cavaignac, je n'estime pas que son plan d'attaque pour les journées de juin fût un grand chef-d'œuvre, à l'expliquer du moins comme il l'explique. Il me semble aussi que ses moyens oratoires sont d'une rhétorique un peu spadassins. Il ne faut pas laisser entrevoir que sa péroraison sera une provocation en duel ; il ne faut jamais dire à une tribune qu'après avoir parlé poliment on parlera en soldai ; d'abord les deux manières de parler n'en doivent faire qu'une pour les soldats bien élevés; mais tout cela ne fait que de petites taches dans le soleil et je vote obstinément pour le général Cavaignac.

A M. RAULIN

Genève, ! décembre 1848.

J'ai plus en horreur que jamais les misérables systèmes qui ont bouleversé noire terre depuis qu'ils ont

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<uéM.'Rossi. Je ne puis plus penser, ni à la Home, ni if l'Italie que j'ai vues autrefois. Ces misérables ont justement frappé le seul homme probablement qui pût les sauver, et, sans nul doute, t'ami le plus sincère et le plus éclairé et le plus courageux de l'Italie, parmi tous les Italiens. L'Italie était restée la plus vive de ses affections. Il n'y a pas buit mois qu'il disait & ■M. Rilliet : « Tous verrez ce que sont ces Romains; c'est une race admirable!» et de ces Romains, les uns l'ont laissé massacrer, les autres ont promené son corps meurtri avec des chants de triomphe. Tons ces temps où nous le voyions sans cesse me reviennent à l'esprit. Quelles destinées inattendues planent sur chacun I Par quelles routes il a passé pour ar> -mer à ce Quirinal oi!i il devait finir sicruellementi Qui nous aurait dit que son premier voyage à Rome, en préparant son ambassade, préparait son minis- 'tère et l'acheminait à une mort violente 7 Qui ettt dit, à la Sn de nos causeries du soir, dans ce petit salon gris, quand il s'animait après un long sommeil, que 'ceU« vie nonchalante finirait dans un drame sanglant, au milieu de tous les débris de l'Europe? L'avenir a des trésors de malheurs dont les imaginations les plus effarouchées ne se doutent point. Voilà encore un grand arbre tombé, et nous ne reconnaîtrons plus bientôt la place où nous avons vécu ; et puis, pourquoi la mort d'un bomme si rare semble-t-elle prise en France avec une sorte d'indifférence? Les maus personnels rendent terriblement durs 1

Que prévoit-on des chances de l'élection? Sans doute, c'est toujours le prince Louis Bonaparte qui se lève à l'borizon. Gela ne fera pas le soleil d'Auster* litz, quoique nous soyons au mois de décembre. Jo

ae pwae pas que la bonne volonté montrée au Pape par H. le général Cavaignac, change beaucoup les dispositions des proTinees. Quand un homme de province a pris son parti dans des affaires de ce genre, il lui faut plus d'un mois pour changer d'idée. On n'aime point la fatigue de penser et de peser.

Le général Cavaignac, s'il est président, garantit & peu près à chacun ce qui est indispensable dans le présent ou dans l'avenir, un gouvernement raisonnable, c'est-à-dire la vie, les bras et les jambes d'un chacun. 11 fera vivre à peu près honnêtement 1% République ce qu'elle doit vivre, pour qu'on puisse lui dire définitivement, s'il y a heu, qu'elle doit bien voir elle-même qu'elle n'est pas faite pour la vie. Si on fait violence à cette République, elle pourra toujours dire : « Si vous m'aviez laissée tranquille, j'aurais fait votre bonheur à tous. » Ëhbien, voyons cette adairel

Étiez-vous, en votre qualité, h la fête de la Constitution? C'était une lecture un peu froide. A-t-on jamais vu un archevêque dire la messe en plein air, à quatre-vingts pieds de hauteur, par ud temps de a^e ? mais le zèle de la République l'aura probable* ment réchauffé.

AU MÊME

' Genève, 15 décembre IStS.

Uon cherami, je ne VOUS ai écrit qu'un mat hier; je n'ai pas la prétention de faire passer cela pour une lettre; de plus, je n'étais pas de bonne humeur quand

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je VOUS écrivais ce mot; mais je me dois pourtant cette justice que ma mauvaise humeur n'est jamais très &pre. C'est seulement le petit sentiment d'impatience d'un pauvre diable qui n'a pas dix minutes pleines dans la journée sans une impression désagréable d'un genre ou d'un autre; qui n'aurait que l'étude pour tout refuge et qui ne peut presque plus étudier; qui voit des perspectives de plus en plus noires à mesure que son œil avance dans l'avenir. Tout cela n'est pas pour Taire crever de rire, je vous assure. Je comprends assez que mes amis me regardent d'un œil tout philosophique et tout ennuyé, mais moi qui suis toujours là, je suis vraiment attristé. Mais de quelles misères vais-je vous parler quand les aigles secouent leurs ailes après un si long sommeil? Quand l'airain de la colonne Vendôme tressaille d'allégresse? Quand on croit entendre une vois puissante mêlée de bruits d'armes autour du grand tombeau des Invalides dont vous avez rectifié le dessin pas plus loin que l'an dernier ? Quand toute cette jeunesse, qui a vu le soleil d'Arcole ou d'Austerlitz, se sent toute réchauffée après une quarantaine d'années ? Quand les paysans se flattent que l'héritier d'un autre Charlemagne va payer de sa poche les contributions de l'année courante pour tous ses compatriotes? Enfin, quand..... Je vous souhaite donc un très bon Président et une très bonne année. Je sais bien que vous ne partagez pas la sottise publique, mais vous n'en partagerez pas moins la misère publique. 11 y a beaucoup à glaner dans le champ du pauvre, comme il est dit, je crois, au livre des Proverbes, en ce sens qu'on peut toujours être beaucoup plus misérable qu'on ne l'est.

■ Vous avez bien raison de vous étonner que le mou-

vemeot de février ait fait si peu d'impression sur la mémoire des honnêtes gens, mais la facilité avec laquelle on joue chez nous avec le fe» est incroyable...

Votre lettre du 9 présageait ce qui arrive. La France entière passe du cfité de la gloire de Louis Bonaparte. Ce qui est gros comme les maisons, c'est qu'il faut crier : h Vive l'Empereur I » Je suis présentement fort eiylmmé et je vous prie de m'excuser.

Adieu, mon cher ami. Si tous n'étiez pas stoïcien, je vous dirais de me plaindre, car je ne suis ni content, ni à mon aise, dans ce petit enfer de glace dont je ne sais commeut sortir.

A M. LE COHTË D HAUSSONVILLE.

Genève, Il décembre 1848.

Mon cher ami, d'abord, je ne suis pas comme beaucoup de vos parents, amis et alliés qui ne se donnent pas la peine de vous dire s'ils ont ou n'ont pas reçu vos lettres et qui écrivent un monologue spirituel, sans doute, mais qui ne répond jamais à aucune des choses qu'on leur dit ou qu'on leur demande. Ce genre de correspondance est bien encore la con< versation, mais c'est la (y)nversation doctrinaire, dans laquelle on répond aux objections sans les écouter, puisque ce qu'on dit répond inévitablement à tout. Donc, j'ai reçu vos deux lettres, et vous êtes bien bon de vous accommoder à mes infirmités et de souffrir un peu de retard de^ma part. Secondement, j'ai

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lu votre dernier article ; toute l'histoire de l'affaira d'Orient est clairement el rapidement exposée, mais je reviens toujours un peu à mon ancienne critique que, une fois engagé dans le récit, votre impartialité prend le dessus et vous ne mettez pas assez en relief pour tout le monde ce que vous voulez surtout prouver, savoir, que les gens d 'aujourd'hui sont des bêles en comparaison des gens d'hier. Tout récit un peu long et détaillé a cet inconvénient; on perd de vue le ton du pamphlet pour faire de l'histoire.

Après avoir regretté, il faut dire ce que vous voulez à l'avenir, ce que vous demandez au neveu du vainqueur d'Arcole... Ce qu'il peut faire de mieux, ce me semble, c'est de frapper fort et ferme pendant que le fer est chaud sur les clubs et toutes les insolences jacobines de tous les genres ; dans ces premières expéditions, il aura pour lui tout ce qui l'a nommé... il faut qu'il nous débarrasse de toute la boue accumulée depuis Février et qui arrête toutes nos rivières dans leur cours.

Est-il possible que M. Odilon Barrot soit resté ce qu'il était au 23 février et qu'il ne veuille point du maréchal Bugeaud au ministère de la guerre, sous prétexte qu'il conlmandait les troupes de la rue Transnonainî D'abord, le général Bugeaud n'a rien de commun avec la rue Transnonain, et puis, c'est ' bien le moment de disserter sur le passé, en jérité! La question est d'avoir un présent et un avenir. Dans la crise où sont les choses, si on se meta lanterner, à reprendre ses anciennes querelles, on ira à tous les diables. Qui a donné sa voix à Louis-Napoléon a voulu se débarrasser de tous les républicains de la veille. Je ne démande pas leur mort, mais qu'on -les mette à la porte des synagogues où ils tenaient les pre-

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œiëres et les dernières places. M. le général Gavaignac avait, par position, ce qu'il fallait pour nous faire vivoter par ce régime, mais Louis-Napoléon n'a rien de ces qualités, bonnes ou mauvaises.

Voilà mon humble sentiment sur nos affaires politiques. Mes affaires particulières ne sont pas brillantes. Je reste sujet à des étourdissements continuels, très pénibles en eux-mêmes. Je ne puis ma mettre en route par ce froid et par cette santé.

Genève, 9 Jamier I84U.

Mon cher ami, ne soyez pas en trop grande susceptibilité si je n'ai pas répondu de mon mieux à tout ce que vous dites si bien dans votre dernière lettre du 19 décembre. Il s'est passé beaucoup de choses depuis ce 19, car vous avez acclamé un fort beau président, et il a dû commencer à montrer de quel bois il se chauffait dans le grand hiver de notre siècle. Les rapports qui viennent ici sur la manière dont il paît ses brebis sont un peu contradictoires. Les uns disent que rien n'avance; que les Français sont tout aussi inquiets que s'ils n'avaient point à leur tête un neveu de Napoléon; les autres remarquent, comme un heureux indice, que les sages qui administraient la France avec une si haute prudence depuis onze mois commencent à faire leurs paquets et qu'ils sont remplacés par des fonctionnaires qui n'ont point l'habitude des liqueurs fortes, ni des belles pipes noircies

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à leur base, ni des belles demoiselles qui n'ont point dit leur nom et qu'on n'a point revues ; mais tout cela peut fitre trompeur. 11 faudra savoir quel est le mens agitât molem dans ces changements. Les journaux n'en disent jamais rien que pour ceux qui le savent déjà. Je ne crois pas, du moins, que nous fassions la guerre. Notre maître n'a pas l'air de cette humeur ambitieuse et violente qui fait les conquérants, suivant Bossuet.

On me dit que vous vous êtes engagé à écrire dans la Revue des Deux !^ondes;sut quel sujet est cet article? Je voudrais bien être auprès de vous pour le voir pousser. Si vous m'en croyez, faites-le rapidement et tout d'une traite, et corrigez après aussi lentement que vous voudrez et comme le temps le permettra; sans quoi, on hésite à chaque paragraphe, on corrige un trait sans savoir quelle dimension aura son esquisse et l'on n'avance point. Quelqu'un qui écrit visiblement tout d'une traite, mais sans corriger, c'est M. de Lamartine. Yous ne lisez pas ses Confidences et vous avez tort. Vous y trouveriez de jolies choses, avec d'énormes défauts. C'est la première fois que les champs de la Bourgogne aient été à pareille fête et inondés d'un Lel déluge de couleurs. Cette aimable maison de Milly flotte dans ces eaux débordées comme l'Arche sur les vapeurs du déluge, mais enfin, la maison et les gens qui l'habitent sont agréables à regarder. Les sources de ce grand diable de fleuve sans Ut qu'on nomme M. de Lamartine sont jolies. Ces Confidences forment un contraste singulier avec VOulre-tomôe et l'outrecuidance de M. de Chateaubriand. Les deux personnages n'ont point vu la maison paternelle du même œil assurément... Mais vous ne lisez rien de ces fadaises.

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J'espère que, si tous n'avez point d'inquiétudes, TOUS n'avez plus non plus de rhumatisme, J'en ai un dans le cou et dans la tête; si vous pouviez le placer sur quelque tôte de jacobin, vous m'obligeriez fort. Si vous voulez avoir une heure ou deux d'agréable distraction, lisez le livre de M. Ampère, intitulé ta Grèce, Home et Dante. Sans beaucoup de force ni de suite dans les idées, il a beaucoup d'élégance, de savoir et de sentiment de ce qui est beau.

Qu'est-ce. je vous prie, qu'un livre de M. de Lamennais, sur la religion ? Il doit être intitulé : De la Société premièfe et ses lois ou De la Religion. Ce doivent être des timbales ou des cymbales retentissantes ; encore retentissantes est-il beaucoup dire.

L M. LE COMTE D'HÀUSSONVULE.

Genève, vendredi 13 Janvier IS49.

11 est bien vrai que je suis fort en retard avec vous, mon cher ami ; je ne vous en ai que trop expliqué la cause d'avance. Si je me portais bien, je ne vous écrirais pas, j'irais vous voir. Je compte pourtant que ce sera bientôt. Malgré mes nombreuses misères, je reste encore excessivement curieux. C'est, je crois, le ûl qui me retient parmi les vivants.

Je ne vois pas grand'chose dans le Moniteur du président. Il parait pourtant qu'il tient à parler personnellement de soi-même et qu'il ne trouvait pas M. Léon de Maleville en état de le peindre de main

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de maître. Alexandre le GraDd avait déjàce sentiment confus quand il avait défendu à tout autre qu'à son premier peintre de faire son portrait. Nous saurons maintenant d'où viennent les articles du Moniteur svr le président de la République. Je ne vois pas pourquoi il ne les écrirait pas à la première personne. Teljow, tous les corps de l'Etat sont venus me présenter leurs hommages. A ma vue, mille cris, etc. Mais qu'importe, pourvu que nous sortions un peu du bourbier dans lequel nous sommes depuis février. Je ne peux pas croire qu'il y ait déjà un an que le monde a vu celte belle journée. Je ne peux pas croire non plus qu'il n'y ait qu'un an qu'on vivait en France dans une sécurité profonde. On peut avoir, à ce qu'il paraît, deux impressions opposées de la même durée; mais je n'ai pas envie de faire de la psychologie bien savante pour savoir pourquoi les souvenirs que j'ai de MM. Greppo du Rhône, Perrier de l'Allier, Mulet delà Haute-Garonne, me semblent à la fois éloignés et TApprocbés. Pourvu que le diable les emporte tous, Je me tiens pour satisfait. Maintenant, quand le diable les emportera-t-il ? Les millions de voix qui le lui demandent aujourd'hui n'auront plus beaucoup de force ni de fraîcheur dans un mois. J'ai idée que cette Assemblée tient plus fort qu'on ne dit. Elle e^ là comme une maladie organique dont nous aurons bien de la peine à nous débarrasser.

AU HÉHB.

Dieppe, ISjnln 1849.

Il parait que ce mois do juin est marqué là-haut

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d'un signe particulier et qu'il porte généralement à l'état de siège. Quand j'ai vu tomber le pauvre maréchal Bugêàud, j'ai cru que c'était la marque que le bon parti était coudamné et que le diable allait régnerofficielleinentdansce monde. Jen'auraispaspensé que, quatre jours après, toute la légion du mauvais principe dût être mise en fuite; il est vrai que je ne pensais pas non plus qu'ils osassent sitôt en venir à la guerre ouverte. Voilà donc que Ledru-Rollin, Considérant et consorts courent les grands chemins pour éviter la gendarmerie et les fortes mains du procureur général. M. le général Changaruier a fait sur eux l'effet de la tête de la (Jorçone. Huit escadrons et quatre bataillons, employés à temps, ont eu plus d'effet que toute une ^rmée, avec tout le feu de tous ses canons, n'avait fait l'an dernier. On ne peut pas regretter que tous ces misérables n'aient pas fait plus de mal, mais dans quinze jours on dira ; « Après tout, qu'ont-ils fait pour mériter l'état de siège? » etc. Toujours est-il qu'on se sent la- respiration plus libre sous l'état de siège, gouverné par d'bonnêtes gens, que dansl'état de liberté illimitée dont jouissaienttous les animaux féroces dans nos quartiers. Je ne fais aucun cas du droit illimité d'être injurié, pillé, maltraité et quelquefois pendu. Maintenant que lès événements ont fait table rase, qu'est-ce que va faire la législation? Nous voici in acumine rerwn, et on va, alors qu'on aura ou non la main sûre, décider en huit jours de notre sort pour dix ans. Je ne compte pas par plus grand laps de temps, car il ne paraît point que la Providence veuille que la France reste plus d'une dizaine ou d'une quinzaine d'années dans la môme position. Le général Ghangarnier ne doit pas ressentir une médiocre satisfaction, A en juger par

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le récit des journaux, la terreur marchait visiblement devant lui, témoin tous ces coquins qui courent encore. On me dit que le procureur général est venu à la Chambre avec un grand filet pour pêcher de cent à cent vingt membres des plus éclairés de l'opposition. Les débats d'abord en deviendront beaucoup plus polis et la salle des séances certainement beaucoup plus propre. Ce tfest pas que, après toutes ces épurations et fumigations, il ne restera encore d'énormes difficultés. Tout le parti de l'ordre va probablement se décomposer et chacun va recommencer àcroireque rien n'est plus aisé que de faire les affaires de son parti ; mais je suis bien curieux de l'avenir et c'est beaucoup que d'avoir les deux pieds à sec pour le très étroit espace du présent.

Dieppe, lejuln 1849.

Peut-être que vous ne songez pas même à l'épidémie et que vous nettoyez tranquillement votre fusil de garde national. L'éclair que lancent ces fusils est terrible, si l'on en juge par la rapidité avec laquelle messieurs les conjurés ont fui devant vous... La mort du pauvre général Bugeaud avait mis tous ces scélérats en gaieté. Il s'est trouvé que le général Gbangamier pouvait faire trembler le génie tm peu étonné dans le moment des Boicbot, des Rattier, des Considérant. Qui aurait cm que l'esprit audacieux de la

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Révolution se sauverait par un vasistas, comme un bon petit chat? Ce macbabée de GhaugarDier doit être content. Les témoins de ses nianœuvres militaires disent que c'était un charmant coup d'œil que sa chaîne à la hauteur de la rue de la Paix. Je suis fâché de n'avoir pas vu les Cïtilinas du Conservatoire des Arts-et-Métiers, s'échapper fièrement par des trous, ou plutAt, par un trou de souris. Cette république socialiste si altière pourra mettre dorénavant sur ses armes : « Portico evasi, » J'ai détalé par une porte de derrière. Je compte que la résistance de Rome finira avec la nouvelle de la défaite du grand Boichot. Il n'y a rien de nouveau ici, si ce n'est que la mer avance durant douze heures et recule durant douze autres heures. Si ce n'est encore qu'on entend l'Angélus répandre ses chants pacifiques sur ta terre et les mers au milieu du grand silence du matin et du soir. Il n'y a pas assez de socialistes ici pour couvrir la voix des conservateurs qui se promènent au petit pas dans leur petite ville avec une sécurité complète et au grand mépris de leurs ennemis.

A M. DE SAHUNB.

Dieppe, 14 luillet 1849.

Ei^t-ce aujourd'hui le 14 juillet? Les idées ont fait terriblement de chemin depuis le 14 juillet 4789 ! Rtfluk exlerritui amnU. Mais ce n'est pas cela que je veux vous dire, mon cher ami. Je veux vous remercier de ta peine que vous avez eu la honte de prendre;

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j'ai reçu cette nuée de poètes hébreux et latins en très bon état et dans tout le lastre de leur première jeunesse. On n'est pas fâché d'avoir ici Horace, Lucrèce et Virgile pour se distraire un peu de tout ce beau monde qui se promène à l'établissement. Il y a guelque quinze jours, j'avais avisé de beaux oiseaux de mer qui venaient s'abattre et s'ébattre sur ce rivage vers trois ou quatre heures de l'après-midi. A cette heure, à présent, tout le monde élégant de Paris a pris la place des oiseaux sauvages, et le bruit des conversations n'en dit pas tant que ce bruit d'ailes et de vagues qu'on entendait auparavant.

Nous n'entendrons plus le général Oudinot renversant les murailles d'AurélienJ M. de Tocqueville doit avoir les bras fatigués de porter le monde romain, tn£me par intérim, Qu'aHons-nous résoudre pour la plus grande gloire de l'ordre, de la liberté, de la religion et de la philosophie?

II fa.adra contenter tont le inonde et son père,

d'oîi je conclus que d'ici à quinze jours toutle monde et notre père pousseront des cris de paon. Gela m'est bien égal, pourvu que le général Ghangarnier reste sur son cheval et ses pièces d'artillerie sur leurs affûts.

Je suis de l'avis de M. Cousin. Si j'étais le maître, il serait mon ambassadeur. Vous me parlez de la Prusse. On m'avait dit que la philosophie moderne avait la passion de baiser la mule du Pape, mais il parait, à ce que vous me dites, qu'elle tourne du c6té des princes de la Réformation. Comme le philosopha comprend tout, va pour la mission de France en Prusse. Je veux du bien à M. Cousin, mais je m'oppose absolument à ce qu'on lui donne pour secré-

taires tous ces petits faquins de métaphysiciens à la suite, qui prennent des airs évaporés dans l'inflni et qui ne sont pas fâchés de mettre la main sur un bon emploi dans le monde réel. Cesont vraiment de petits esprits de ténèbres. On dit que plusieurs se sont faits rouges comme le feu de l'enfer ; ce n'est pas pour un philosophe un motif raisonnable, mais je conviens que c'est un motif pour un homme sensé de se faire rouge, quand la force parait tourner du côté des rouges... Je suis bien libre de rougir pour eux du choix que font ces hommes sensés.

Adieu, mon cher ami ; j'espère bien vous revoir d'ici à une quinzaine de jours si toutes les choses concrètes et aussi les personnes ne tombent pas, d'ici là, sous le régime de la métaphysique rouge.

A MADAHB LA BARONNR A. DE STAËL.

Dieppe, n jaillet 18i9.

Je vous aurais écrit hier si Albert n'était pas parti, mais Albert-vaut mieux qu'une lettre. Il vous' donnera peu et de bonnes nouvelles. Il n'y en a pas d'autres ici, . , Je ne sais pourquoi je vous parle de ce qui se passe sur la terre. Je vis sous les vagues bleues ou vertes de l'Océan. Le monde me paraît d'une étrange couleur à travers ce voile. Il a la mine verte d'un univers qui n'ira pas loin. Pour moi, puisque vous avez la bonté de le demander, je suis un peu mieux que cet univers. Cette eau froide ne m'allait pas mal ces jours-ci. Aujourd'hui seulement, je me sens dans

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une disposition que les Anglais nomment giddiness, je crois. J'espère que c'est une ivresse passagère, car je suis fâché de ne pouvoir essayer jusqu'au bout de ce remède et voir s'il y a au fond des eaux une manière de me tirer du misérable état dans lequel je vis depuis quelques années.

Est-il vrai que la philosophie ait envahi votre demeure et qu'on y voie souvent M. Cousin?

Qnoif Alla de Datid, vons ptrlei !i ce tnttre?

N'est-il pas vrai que ce Mathan est le plus animé des mortels? et au fond très bon enfant et s'amusant de tout comme un enfant. Qui n'est pas devant lui, mais à cAté de lui, peut marcher dans un continuel amusement. Il a un feu qui ne s'éteint point, mais aussi, j'en conviens, un petit ver qui ne meurt pas. Je conclus que votre salon est aujourd'hui le plus bril- . lant de Paris et je ne dirai pas comme M. d'HaussonviHe : n Ce n'est pas votre fauta. » A la longue, un salon ressemble à la maîtresse de la maison. Quand elle n'y serait pas un jour, on devrait deviner qui elle est, à entendre et à voir ceux qu'où trouve chez elle.

J'ai commencé M. de Lamartine. C'est un drôle d'homme et un drAle de livre. Si jamais un allemand, dans mille ans, prend ce volume au sérieux, il croira qu'il s'agit d'une nation de grands hommes, tous grands hommes, depuis M. Flocon jusqu'à M, Marrasl. Il a certainement inventé le premier qu'avec une bienveillance universelle dans les jugements on pouvait faire autant de mal que les autres avec toute l'Apreté du monde. II dit seulement de M. Thiers qu'il est Vagilateur intestin d'une assemblée. L'expression n'est pas emphatique et je n'aimerais pas, & la

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place de M. Thiers, qu'on me nommât l'agitateur intestin de personne. Il n'a point parlé de M. de Broglie; c'est assurément de dessein prémédité, car, enfin, il a dû entendre parler quelquefois dans sa vie de M. de Broglîo. On dit que M. de Broglie est inconsolable de ce silence étudié de M. de Lamartine.

J'ai reçu une charmante lettre de M. de Broglie aujourd'hui. Il ne semble pas trop abattu de ne pa^ figurer dans ce Panthéon et à côté et en contraste de M. Sobrier et de M. Caussidière, de glorieuse mémoire.

. AHADAHELA COMTESSE D HAD SSONVILLE.

DieppU, nurdi Î4 Juillet lfli9.

On voit bien que vous vivez au fond des bois. Voua demandez si madame votre belle-sœur est encore ici, et elle est partie depuis trois grands jours. Je dois môme ajouter qu'elle est probablement à l'heure qu'il est auprès de vous. Pour Albert, il est allé l'aire une inspection d'armes au pied des remparts de Broglie ; mais à quoi servent aujourd'hui les inspections d'armes 7 Ni les arcs ne sont sûrs, ni /es chevaux ne sont vîtes. L'altJer philistin a l'air de se moquer de notre appareil militaire. Je vous conseille de jouir le plus vivement possible de l'ombre des cbénes, des marronniers et des platanes de Qurcy ;

Carpe diem, qnam minimum crsdula postei

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Cèdes coempUs saltibus et domo, Villaqae flavui quam Tiberis tavit, Cedea...

Les chiens, c'est-à-dire les socialistes, déjà sont à votre porte et vous prient d'aller partout ailleurs que chez vous, pour y reposer votre tête. Ceci soit dit sans TOUS comparer le moins du monde à Jézabel, et sans comparer les chiens aux socialistes. Vous savez mon affection pour les chiens. Je ne vous parlerais point de ces tristes sujets si vous ne veniez de lire M. de Lamartine. Vous avez appris de sa propre bouche de quels admirables éléments se composait la noble armée qui a fait la sainte révolution de février : apparent dtrs faciès. Il faut au moins dix ans d'une tyrannie tutélaire pour rendormir toutes ces formidables botes que réveille le bruit des révolutions. La bonne raison qu'il nous donne pour avoir déchaîné pour sa part tous ces fléaux, c'est qu'il fallait bien obtenir la séparation de l'Église et de l'État. Enfin, il 4 cru mal faire, et ce n'est pas sa faute si l'Église n'est pas séparée de l'État, car il avoue lui-même qu'il s'en est fallu d'un cheveu pendant quinze jours qu'il n'y eût plus en France ni églises, ni maisons, ni personne. Ce livre de M. de Lamartine montre en lui un état d'esprit si étrange qu'il est certainement inté-' ressaut h. lire. Le diable en aura assurément mis un exemplaire dans sa bibliothèque, comme un des plus beaux échantillons de la sérénité et de la béatitude de l'orgueil humain.

Vous ne verrez donc point mademoiselle de Pomaret. -La volage s'en va en Suisse, enlevée par madame de Staël. Depuis quelque temps on ne peut plus

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tenir quatre personnes ensemble. Le vent d'orage disperse toutes les feuilles. Tantôt M. d'Haussonville est emporté vers la Lorraine; puis un petit mirage électoral fait courir Albert du côté de l'Alsace. M, de Broglie ne peut quitter ni la Grange, ni tons ceux qui boivent du torrent de la montagne. Voici madame de StaBl qui s'enfuit par delà d'aulres montagnes. Depuis que l'on a entendu en France l'air des Girondins personne ne peut plus tenir en place. M. Ledru-Rollin court con)me un Basque, sautant par-dessus toutes les frontières; les bons et les méchants courent dans toutes les directions. Ce .doit être un singulier spectacle à regarder d'en haut.

La plage de Dieppe a perdu, vous le savez mieux qu'une autre, ses plus belles fleurs. On n'y voit plus madame la princesse deB..., qui est allée parler précipitamment et sans cesse ailleurs. Je n'y vois plus les Armides du Nord, qui y sont peulrêtre encore. M. Masson est parti pour Paris où il a des affaires. Mais j'ai vu M. deGuizard qui est venu du Tréportme faire une petite visite. Nous avons parlé pour huit jours. Je suis rentré ensuite dans un silence forcé. J'ai pourtant rencontré ici un ancien ministre du royaume de Belgique, avec qui je cause un peu durant le dîner de cent Couverts au moins. Après quoi je vais me promener sur les bords de la mer retentissante, et je vais me coucher en lui disant : à demain malin. A quoi elle répond par un affreux rugissement sur les galets. Voilà mon genre de vie. Celui qui a précédé me plaisait beaucoup plus, mais il faut s'accoutumer& vivre seul. ,

Qu'avez-vous dit de la Dame de Pique de M. Mérimée? Est-ce tout à fait>de M. Pouchkine, ou M. Mérimée y a-t-il mis un peu du sien? Cela estd'une sim-

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plicité chirurgicale qui ressemble plus au traducteur qu'à ce qu'on racontait de l'auteur.

Ayez- vous éclairci la question de savoir si vous étiez l'auteur d'un écrit sur Vamour? C'est un sujet qui a été souvent traité, mais enfin, si vous l'avez choisi, vous pourrez mettre sur le titre, comme M. de Jlouy avait fait à un traité de morale de sa composition : avec le portrait de routeur ,

Voilà qui est Unir une lettre par un coup de ton-

A LA HËHE.

Dieppe, 6 août 1849.

.'Ce n'est pourtant point que je n'écrive comme vous que le dimanche; je n'ai pas pris pour maxime en fait de correspondance : tu feras toute ton ceuvre en ce jour-là. A la vérité, vos lettres ne sont point des œuvres serviles, à en j uger par l'élégance et la liberté du tour. Je suis toujours à Dieppe, mais ce n'est plus que pour deux ou trois jours au plus. II ne m'est pas nécessaire de m'étre assez cruellement ennuyé ici pour me trouver bien à Gurcy. J'ai lu tout ce qu'on peut lire. J'ai repris mon éternel Homère et j'ai revu, dans les vaisseaux d'Ulysse, passer devant moi Mole di Gaeta nommé alors le pays des Lestrigons. Ulysse n'y avait point vu la belle auberge qui. se perd aujourd'hui aous l'ombre des orangers, des lauriers et des chênes verts. Il ne savait pas qu'un jour le Pape viendrait dans les environs pour régler tes affaires de la chrétienté. Tout ce pays de

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t'Odyssée est beaucoup plus riaot que Dieppe. Les femmes grecques qu'on voit passer sur les rivages sont, à peu d'exceptions près, très supérieures aux dames françaises, russes, anglaises, valaques, polonaises, moldaves, qui se promènent dans l'établissement; j'ai donc vécu presque tous ces jours-ci dans les petites baies qui s'ouvrent du côté du cap Circé, , sur la c6te de Sicile, vers Pylos, en face du palais de Nestor. J'ai visité Lacédémone et vu Hélène broder paisiblement au crochet avec de la laine couleur de violettes, écoutant raconter à son mari Ménélas tous les tracas qu'ils avaient eus avant de jouir du grand repos qu'ils avaient enfin obtenu. Voilà des distractions peu dignes des eaux. Vous n'avei rien vu avant de partir. Dieppe ne commence à s'animer que depuis quinze jours. Ce ne sont que des voitures rapides, des chevaux fringants, des ânes qui portent de jolies dames au Phare, sur toutes les falaises ; des bateaux à voiles qui volent sur l'eau et qui reviennent vite pour cause de mal de mer. Toutes les auberges sont pleines, et il fait un grand vent d'est tout sec, qui soufQe sur les plumes, les voiles, les robes d'été. C'est vraiment comme une féerie.

Madame Récamier n'était certainement pas de la race des personnes que vous regrettez avec raison, de madame Guizol et de madame de Lasteyrie. On me dit que madame de Lasteyrie est morte loin de tous les siens. Quelle fin triste et singulière pour une personne qui a passé sa vie à courir après ceux qui souffraient, ceux qui étaient abandonnés! Quel triste concours de circonstances il a fallu pour mourir ainsi isolée avec une famille si tendre pour ellel C'était sans doute une personne comme nous n'en verrons plus guère ; elle avait ensemble une foi vive

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et agissante et dans le christianisme et dans tout ce que le xvrii* siècle nous a laissé de boa.* L'esprit de' son père avec les croyances chétiennês. Elle aurait laissé un nom dans Port-Royal, mais l'indépendance de son esprit n'aurait pas supporté le joug de Port- Royal. Vous vous inquiétez de ce que seront les femmes de la génération nouvelle; madame de Staël a eu pendant quelque temps un très mauvais jardinier qui lui élevait des plantes en serre chaude sans y rien entendre. C'était un très triste spectacle que le dépenaillement de toutes ces fleurs. Les choux du potager avaient à côté d'elles un air de santé qui faisait plaisir à voir.

Ce n'est point moi qui vous ai conseillé cette lecture de Rousseau. Je ne suis point surpris qu'il vous ait choquée. II n'y a rien de plus triste à voir que cette imagination vive, sévère et forte, poussée par des penchants vulgaires. Il voulait tout de bon vivre selon l'idéal qu'il voyait flotter devant lui, mais sa nature y étant trop rebelle, il a fait entrer de force dans l'idéal toutes les misères de sa nature personnelle par conscience, par folie, et aussi par une certaine perversité.

Et saint Augustin ? Ses confessions sont des écrits qui font penser ^ tout. Cela u l'air d'une belle nuit d'Afrique, — de grandes ombres, de vastes espaces et les étoiles éternelles.

GXXXVII!.

A M. Ll!^ DUC DE BROGLIB (ViCTOn).

Dieppe, août 18t9.

Vous êtes mille fois trop bon. L'animal n'est pas

tout à fait perdu et a lu avec beaucoup de recoanaissance le projet d'avis à insérer dans les journaux. Que les animaux puissent lire et écrire, cela n'est que ,trop certain aujourd'hui, et ce n'est pas là ce que je donne pour un miracle.

On vit ici parmi les plus belles dames et le plus grand monde. C'est un nid d'aristocrates que je recommande à la sollicitude des bomnaes de la montagne. Je n'ai pas, depuis que je suis à Dieppe, entendu un être vivant parler de la révolution de Tévrier sans imprécations. Il est vrai que je ne recherche pas les Jacobins, n'ayant point le goût d'en faire collection, mais, malgré cette colère unanime, je crois toujours qu'il faut dire comme le vieux roi de Naples de son armée : <i Tout cela ne les empêchera pas de détaler à la première occasion. « Les socialistes et toutes leurs variétés ayant pour eux l'ardeur, l'organisation et le nombre, les gens honnStes étant en petit nombre comparativement, et disposés à s'arracher les yeux pour savoir qui les commandera, c'est un compte qui sera bientôt réglé, si les éléments de l'algèbre sont encore vrais depuis février.

Mille tendres respects et mille remerciements pour avoir bien voulu avertir un chien perdu qu'on le réclamait.

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