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Lc3 dcpulcs ari'filcs lors du coup d'État du ! déceoibrei

LETTRES. 36l>

dans la même prison n'ont point, eux, été relâchés; on les a conduits à Sainte-Pélagie. M. Duvergier de Hauraniie est en liberté. Il était4éteDu à Vincennes. Ses compagnons de captivité ont été, comme les monlagnards du mont Valérien, transférés à Sainte-Pélagie. M. Roger [du Nord) est élargi. Durant son séjour au fort de Ham il n'a pu s'entretenir avec aucun de ses collègues prisonniers comme lui, On assure néanmoins que M. le général Cavaignac doit être prochainement relâché, sous la réserve de le voir partir pour la Hollande.

Avez-vous lu avec l'édification convenable le mandement de M. le comte de Mornysur la sanctification du dimanche ?Ii prétend qu'à ne considérer les choses que sous le point de vue matériel, on perd son intelligence si l'on observe le dimanche ; mais ce sont là des observations mesquines sur d'admirables mesures et je ferais mieux d'admirer par quels chemins Dieu et M. le comte de Morny marchent à leur but.

On ne sait rien encore des instruclions que nous prépare la sagesse de M. le Président de la République. Tout le monde seulement affirme que le sulTragc universel en sera la base inébranlable. Je ne sais vraiment pas où l'on va chercher les objections que bien des esprits chagrins ont au suffrage universel. Il demeure évident qu'il est propre à tout. On devrait l'intituler le suffrage universel pour tout faire. M. Buloz est un peu comme une âme en peine, mais je crois qu'il persévérera dans le bien. Le petit préambule de la chronique était d'une grande mélancolie. Ce n'est pas le glaive qui pique et qui coupe de M. Alexandre Thomas. La lettre à M. le ministre de l'instruction' publique a scandalisé les faibles et réjoui les autres. 11 ne paraît, pas fait pour être le nouveau Fontanes

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d'un autre empire. H écrit aussi bien, mais non dans

le même ordre d'idées.

Les personnes qui se souviennent des temps qui ont suivi les Cent- Jours et de l'oppression qui pesait dans la société sur les esprits modérés et libéraux disent que rien n'y ressemble davantage que le temps où nous avons l'honneur et le bonheur de vivre.

Adieu, mon cher ami; tous les vfltres sont bien.

' A H- LE COUTB D'HAUSSONVILLB.

Paris, tnndi S Janvier IS53.

Mon cher ami, nous n'avons point encore de constitution. On nous l'avait fait espérer pour aujourd'hui, mais M. le Président de la République avait, saps doute, quelqu'autre chose à faire. Peut-être aussi veut-il retravailler ce joujou du jour de l'an. Vous verrez aujourd'hui même dans le Journal des Débats un article qui exprime bien ce que peut valoir une constitution dans le régime politique qui nous régiti 11 faut que la censure ait été un peu endormie le jour que cet article a passé sous ses ^eux. 11 y a là un petit morceau sur l'unité de la représentation nationale qui aurait dû éveiller sa susceptibilité. 11 est possible aussi qu'il soit de ce système de laisser passer un peu d'eau à travers les écluses pour ne pas

trop peser sur les barrières On dit que, pour le

moment, les autorités se reposent du grand acte du 2 décembre; qu'on s'amuse un peu à laceuretqu'on laisse se détendre les nerfs elles muscles après ce gi-

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gantesque elTort. On dit mille choses sur la future constilulion, mais le vrai est que nous n'en savons rien. Le prince qui nous gouverne aime les surprises. On disait que le suffrage universel nommera les membres du corps législatif, mais qu'on esifçera un cens d'éligibilité de 1,500 francs d'imposition, etc. Le titre du chef de l'État resterait en blanc dans cette constitution et on laisserait aux corps délibérants le soin de choisir le nom qu'il doit porter. Le Times proposait l'autre jour de lui donner le titre de Shah ou de Khan et faisait remarquer que celui de Sultan suppose des limites de puissance que nous ne pouvons admettre sans de graves périls pour l'ordre public. Ce sont des plaisanteries bien indi^centes dans la bouche d'Albion, notre éternelle ennemie. De tout cela, le maître en décidera dans sa sagesse. Ce qu'on a de mieux à faire pour sa liberté morale est de croire qu'il fait tout pour noire plus grand bien.

Ce n'est pas l'impression d'un écrit qui a pour titre Bulletin français et que j'ai lu l'autre jour. Ce ne peut être que l'œuvre do persorines qui ont beaucoup de talent et d'élévation d'esprit, mais il leur manque ce que nous avons du moins ici,' ce que nous avons tous juâqu'à l'enthousiasme, le sens des profondeurs que recèle l'acte du 2 décembre.

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