‹ LettresChapitre 5 sur 52 · A H. A. W. SCHLEGEL · texte numérisé non relu

A H. A. W. SCHLEGEL

Paria, 3mai mn.

Nous venons d'avoir à l'Institut une séance oti M. de Rémusat a lu, sur les origines de la littérature française, un morceau plein d'esprit et de vues qiii aurait certainement mérité voire intérêt. Les deux volumes qu'il a'publiés sur la philosophie, il y a deux ans, sont- ils tombés sous vos yeux? 11 a un esprit très rare, et c'est grand dommage que cet espril soit

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'plongé dans cette poussière des batailles parlementaires. Aiircz-vous lu le grand discours par lequel M. Cousin a ouvert le débat sur l'instruclion secondaire? La pauvre philosophie est poursuivie pour le quart d'heure par une demi-douzaine d'esprits de travers qui !a prennent pour un chien enragé, t:e qui est certain, c'est que, en traquant le chien le plus doux, on fiait par le rendre méchant.

Voulez-vous bien me permettre de vous dire que TOUS me traitez fort mal? Vous me refusez toute conversation sur les sujets de philosophie et de littérature. Mon admiration très sincère et déjà bien ancienne mériterait, en bonne justice, un traitement plus doux. Vous avez la bonté de n;e dire, il est vrai ; Il Venez à Bonn et je vous répondrai sur tous les sujets », mais il est cruel de dire à un pauvre homme qui ne peut pas faire dix lieues sans être fort souffrant: n Je ne vous dirai rien, si vous ne faites cent cinquante lieues au grand galop de la malle-poste, n Je me recommande donc à votre infinie miséricorde.

Mille tendres respects.

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