‹ Lettres Slaves 18331857 Orient, Pologne, Russie Christien OstrowskiChapitre 101 sur 110 · LE STYLE DTPLOMÂTIQÜE EN RUSSIE · texte numérisé non relu

LE STYLE DTPLOMÂTIQÜE EN RUSSIE

jesté Impériale, en attaquant la pureté de ses intentions salutaires, désintéressées et amicales pour la République. L’illustre confédération générale réunie de la Couronne et de la Lithuanie, étant sous la protection de Sa Majesté Impériale, le soussigné lui en fait part avec des assurances positives et solennelles de la continuation de cette haute protection, et de l’assistance et soutien de Sa Majesté Impériale à la confédération générale réunie pour la conservation des lois et libertés polonaises, avec le redressement de tous les abus qui se sont glissés dans le gouvernement, contraires aux lois cardinales du pays ; Sa Majesté Impériale ne veut que le bien-être de la République, et ne discontinuera pas de lui accorder ses secours pour atteindre à ce but, sans aucun intérêt ni salaire, n’en voulant point d’autre que la sûreté, le bonheur et la liberté de la nation polonaise, comme cela est déjà clairement exprimé dans les déclarations de Sa Majesté Impériale, qui garantissent à la République ses possessions actuelles, ainsi que ses lois, sa forme de gouvernement, et les prérogatives d’un chacun.

» Fait à Varsovie, le t4 octobre 1767.

» Nicolas, prince Repnin. »

Manifeste de ^impératrice de Russie, pour extirper les prêtres, les gentilshommes polonais et les juifs (p. 1261).

« Par ordre de S.M. l’impéralrice Catherine Alexiéviczovna souveraine de toutes les Russies :

B Comme nous voyons clairement avec quel mépris et quelle honte nous sommes traités, ainsi que notre religion orthodoxe, par les Polonais et les juifs, les défenseurs de notre religion grecque étant persécutés, opprimés et punis de mort; pour ce.’ raisons, ne pouvant plus souflrir de pareils outrages, de semblables ignominies, et cette persécution uniquement pour notre sainte religion méprisée, nous donnons cet ordre et nous enjoignons à Maximilien Jelaznik, de la terre de Tiiiioszew, atta-

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ifiàti et cotoftnutdanl dâli* nos terres du D*s-ZApot-og, d’en* tror sur les leiTos de Pologne , prenant* encore quelques troupes de nos armées russes et kosaqnes du Don, pour ex* tirper et abattre, avec l’aide de Dieu, tous les Polonais et les juifs blasphémateurs de notre sainte religion orlliodoxe. Par CO moyen, nous foisons cesser toutes les plaintes portées do • \ànt notre trône contre ces assassins impitoyables, ces paiju* reS) cüs violateurs do la loi, ces Polonais enfin, qui, protégeant la mauvaise croyance des juifs impies, blasphèment et méprisent notre religion, opprimant un peuple fidèle et innocent.

• Nous ordonnons donc qu’en traversant la Pologne l’on extirpe léur nom, ot que leur mémoire soit anéantie pour la postérité.

» Mais pour que les traités et l’amitié avec nos voisins soient Observés, nous défendons, sous les plus rigoureuses peines, de molester ou d’inquiéter les marchands turks, grecs, arraéïliens et surtout russes qui traversent la Pologne pour sujet de commerce ; nous voulons même qu’ils aient toujours un libre passage, et tous les secours que l’on peut quérir de voisins amis.

» Pour plus grande foi, nous confirmons cet ordre el cette permission, scellés de nos armes, el signés de notre propre main impériale.

» Donné à SaintrPélersbourg, le 20 juin <768.

» CATHERiîiE 11, Impératrice,

■ Pierre Kalnysïewski, atlaman des Kosaks, » Avec les témoins. »

Ordre du ministre de Vintiritur au gouvernement de Podolie, pour le déporlement en Russie de quarante-cinq mille familles polonaises.

a Au mois d’octobre de Pannée passée, a paru l’ordre suprême concernant la transplantation du gouvernement de Podolie au Kaukase, de cinq mille familles, de ci-devant gcnlilhoramcs

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polonais, portant désormais le nom d'alTi'anchis et do bour- \

geois. Le comité iusüné particulièremont à s’occuper des ofQ. ciers des provinces reconquise» sur la Pologne, pour être réunies h la Russie, a ordonné par un rescrit, conlirraé par Sa Majesté, ^e transplanter les personnes qui en auraient ?nani> fesié le désir; et en outre : <o tes gens, qui ayant pris part à la dernière insurrection, sont venus témoigner de leur repentir au terme fixé ; ceux aussi qui, ayant été compris dans la troisième classe des coupables, ont obtenu la haute grâce et le pardon de Sa Majesté; 2» les personnes qui, par leur maniera de vivre et d’après l’opinion des autorités locales, méritent la méllance du gouvernement et peuvent devenir suspecte».

» Ijjs règles prescrites pour oxfkuter cet ordre, ont reçu la ’

sanction de Sa Majesté. '

n Sa Majesté, en conrirmanl ces règlements, a daigné ajouter de sa propre main : Ces règlements doivent servir non-senle- '

mcnl pour le gouvernement de Podolie, mais encore pour >

tous les gouvernements occidentaux : Vilno, Vitepsk, Mohiiew,

Bialystok, Minsk, Volhynie, Kïovie ; ce qui fait en tout quarante-cinq mille familles, etc.

» Saint-Pétersbourg, le 18 avril 1832.

» Blddow. »

piscouRS du tzar Nicolas, à la municipalité de Varsovie.

« Je sais, Messieurs, que vous avez voulu me parier; je connais même le contenu de votre discours ; et c’est pour vous épargner un mensonge que je ne désire pas qu’il me soit prononcé. Oui; Messieurs, c’est pour vous épargner un mensonge 1 car je sais que vos sentiments ne sont pas tels que . vous voulez roc les faire accroire.

» Et comment y pourrais-je ajouter foi, quand vous m'avez tenu ce même langage la veille de la révolution? N’est-ce pas vous-mêmes qui me pariiez il y a cinq ans, U y a huit ans, de ûdélilé, de dévouement, et qui me faisiez les plus belles

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protestations ? Quelques jours après, vous avez violé vos serments, vous avez commis des actions horribjlès.

» L’empereur Alexandre, qui avait fait pour vous plus qu’un empereur de Russie n'aurait dû faire, qui vous a comblés de bienfaits, qui vous a favorisés plus que ses propres sujets, et vous a rendus la nation la plus florissante et la plus heureuse, l’empereur Alexandre a été payé de la plus noire ingratitude.

» Vous n’avez jamais su vous contenter de la position la plus avantageuse, et vous avez fini par briser vous-mêmes votre bonheur. Je vous dis ici la vérité pour éclaircir notre position mutuelle, et pour que vous sachiez bien à quoi vous en tenir; car je vous vois et vous parle pour la première fois depuis les troubles.

» Messieurs, il faut des actions et non pas des paroles, il faut que le repentir vienne du cœur; je vous parle sans m’échauffer, vous voyez que je suis calme : je n’ai pas de rancune, et je vous ferai du bien malgré vous. Le maréchal que voici remplit mes intentions, me seconde dans mes vues, et pense aussi à votre bien-être. »

{A ces mots, quelques membres de la députation saluent le maréchal.)

)i Eh bien! Messieurs, que signifient ces saluts? avant tout, il faut remplir ses devoirs, il faut se conduire en honnêtes gens. Vous avez. Messieurs, à choisir entre deux partis; ou persister dans vos illusioiis d’une Pologne indépendante, ou vivre tranquillement et en sujets fidèles sous mon gouvernement.

» Si vous vous obstinez à conserver vos rêves de nationalité distincte, de Pologne indépendante, et de toutes ces chimères, vous ne pouvez qu’attirer sur vous de grands malheurs. J’ai fait élever ici la citadelle; et je vous déclare qu’à la moindre émeute je ferai foudroyer la ville, je détruirai Varsovie, et certes, ce ne sera pas moi qui la rebâtirai !

V il m’est bien pénible de vous parler ainsi; il est bien pénible à un souverain de traiter ainsi ses sujets, mais je vous le dis pour votre propre bien. C’est à vous, Messieurs, de mériter l’oubli du passé, ce n’est que par votre conduite et par votre » dévouement à mon gouvernement, que vous pouvez y parvenu' ,

» Je sais qu’il y a des correspondances avec l’étranger; qu’on envoie ici de mauvais écrits, et que i’on tâche de pervertir

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