‹ Lettres Slaves 18331857 Orient, Pologne, Russie Christien OstrowskiChapitre 13 sur 110 · LE KORAN ET SA LÉGISLATION · texte numérisé non relu

LE KORAN ET SA LÉGISLATION

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Sans contredit, après l’Évangile, le Koran de Mohammed est le plus parfait code de morale qui existe. Ceux qui l'accusent de barbarie et d’intolérance ne l’ont jamais lu, ou ne l’ont pas compiis. Nous nous sommes rendu compte, en le relisant dans l'excellente tiaduction de Kazimirski, de la résistance héroïque de Schamyl dans la lutte actuelle; résistance fondée ' sur une foi religieuse associée à tJiic grande valeur personnelle.

Toute la législation dos mahométaris prend sa .source dans cet ouvrage, de même que leurs dogmes religieux et politiques; le Koran est l’unique et immuable base des institutions qui gouvernent la moitié de l’Asie et une bonne partie de l’Europe orientale. Schimyl, à la fois iman et guerrier, y a puisé ses principaux éléments de victoire, et l’autorité sans boracs que confère à son génie non pas le fanatisme des Tcherkesses, mais leur confiance illimitée dans son épée invincible et dans .sa parole de prophète du Dieu unique.

Le principal mérite de ces institutions est leur parfaite concordance. La môme volonté détermine ce que l’homme doit à son Dieu, et ce qu’il doit à son prochain; elle se prononce également sur les torts envers la société qu’en vers le ciel. Le législateur apôtre se présente comme envoyé de la Divinité ; tenant en main la récompense et le châtiment, la grâce des repentants et la réprobation pour ceux qui meurent dans l’incrédulité. Investie de ce double caractère, la loi mahométane exerce un pouvoir tout religieux sur les masses ; ceux qui sont chargés de son intcrprélation sont comptés parmi les prêtres :

LE KOAAN

ils fonnent conjointement avec eux le corps célèbre des Ulémas, dont une décision sufût quelquefois pour ébranler tout l'empire.

Dans les premiers siècles de leur gouvernement, les kalifes ne connurent point d'autre loi écrite que le Koran; plus lard on y ajouta le Recueil des lois du prophète, c’est-à-dire un code des sentences et maximes de Mobammed. Peu à i>eu on mil au nombre des ouvrages de législation le Recueil des lois apostoliques qui renferment les commentaires et les décisions des premiers disciples du prophète en matière de religion et de morale J puis le Recueil des arrêtés canoniques, coordonnés parlesimans mudjitchids ou les interprètes des premiers âges. Cependant, comme ces livres divers étaient devenus trop norabi-eux pour pouvoir êti e consultés avec fruit, un célèbre jurisconsulte, Mollali-Khosrew, entreprit dans l’an 1740 (87b de la Hedschra), de les refondre dans un seul, qu’il nomma la Perle (Duver), Le scheik Ibrahim-Halebbi, un autre docteur des Ulémas, reprit en sous-œuvre le travail de son prédécesseur ; et procédant avec plus de méthode et de précision, il donna à son ouvrage le titre pompeu.x de MuUka-Ul-Ubhur, ou Colluoion des mers. Ce dernier code obtint la préférence; et de nos joui-s encore il fait autorité dans tous les pays mabomélans.

Dans la procédure, les-juges turks consultent le recueil des fethvas, ou décisions antérieures des principaux muftis. Ce sont de simples questions de droit, divisées en demandes et en réponses, et sur lesquelles, comme dans les jurys modernes, on répond par oui ou par non : quelques cas exceptés, et qui intéressent les délits contre l’Ltat et le souverain. Ainsi, le Koran, le code Multka et le recueil des fethvas, forment tout le corpus juris de l’Orient.

Occupons-nous d’abord de la dignité des Ulémas ou hommes de loi.

Ce corps tient le premier rang dans l’État; son infbience balance, celle même du sultan, qui ne saurait introduire le plus léger changement dans la constitution de l’empire, sans le consulter. On se rappelle avec quel ménagement le sultan Alahmoud dut procédera l'égardducorpsdesUlémas, lorsqu’on 1828 il résolut la destruction des janissaires. Dans les dernières années de son règne, le blâme d’un Uléma à l’occasion de l’exposition du portrait du l’adischah (le sultan) , dans les casernes de

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