‹ Lettres Slaves 18331857 Orient, Pologne, Russie Christien OstrowskiChapitre 20 sur 110 · LA POLOGNE AU \ VI SIÈCLE · texte numérisé non relu

LA POLOGNE AU \ VI SIÈCLE

ce caractère general de mamuélude que vous altribucz à la race germanique, se trouve complètement démenti par ses relations avec la race slave ; témuius Arnold et Helmoldus écrivains du onzième siècle, et de nos jours, le savant Herder! que 1 on ne peut suspecter de partialité à notre égard.

l'armi les (pialités que possède au plus haut degré la race tudesque, se trouve l’amour excessif du bien d’autrui; en voici quelques exemples. l.c roi lithuanien Mindagos, offusqué du zele peu chrétien que les Teutons manifestaient pour ses trésors et ses femmes, retournait à ses idoles et préférait mourir païen que de se laisser convertir par des missionnaires allemands Son petit-fils Vladislas-laghelloii, recevait des mains d nue Polonaise, de la renie Edvige, le baptême et la couronne de I ülogiie Si vous visitez les tombeaux des llabsboiirgs qui reposent dans les caveaux de Saint-Étienne, le cicerone barbu ne manquera pasde vous dire d'un air suffisant, en vousmonhant la staliie couchée de Léopold 1": « Ci gît le vainqueur des liirks et le sauveur de la chrétienté. » Et cependant « rien ne maiiqiiail à la victoire de l’empire, que l’empereur, disait mcchamment Voltaire; l’empereur, qui trois jours après est venu recueillir le butin, sans même payer son bienfaiteur Jean Sobieski, d’un « je vous remercie! » Ce trait est tout à fait allemand. Le partage de la Pologne n’a été qu’une suite de ces envahissements qui datent de Henri l’Oiseleur, ou plutôt encore de Chailemagne. Nos spoliateurs se sont approprié nos gloiiTs comme nos provinces ; Ko|)ernik, au dire de M. le baron de Zach, était un astronome prussien : et l’Europe y croirait encore si, eu t82U, l’illustre llumboldt n’avait pas renoncé au nom de tous les Allemands, à riionneur d’être son compatriote. Les magnifiques diamants, arrachés de la châsse de la Saiiite-Viergc à Czenstochowa, sont venus, en 1807, rayonner sur le front de la jeune reine de Prusse, au moment où elle déployait toutes ses coquetteries de reine et de femme, pour changer en Capoue la bourgade de Tilsitt, en y faisant échouer le chai du moderne Annibai. Ces honnêtes Germains ont merveilleusement travesti les noms de toutes les villes et provinces subjuguées, après y avoir aboli le Code Napoléon et la Constitution de 17UI. Ils auraient transporté chez eux nos forêts et nos fleuves, s’ils avaient pu. « Mais nos forèts et nos fleuves, disait un poète, refuseraient de croître et de couler, plutôt que de devenir allemands. »

A M. K. AUAGO

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l’crmellcz-nioi, Monsieur, on terminant, de voua assurer que ce n’est pas une préoccupation pci’sonnelle qui me fait élever la voix en faveür d’une nation si peu connue; la science n’a que faire de ces petites passions d'un jour qui se meuvent dans les bas-fonds de l'humanitc t et je n’ai pas prétendu les servir. Elle plane bien au-dessus de ces petites querelles allemandes j de ces chicanes de bout-de-champ, qui retardent le jour tant désiré de la réconciliation générale; j’ai seulement voulu attirer votre attention sur un peuple fraternel, méconnu de tons, et dont Thistoire fut trop agitée pour qu'il ait eu luimême le temps de l’écrire.

Agréez, etc;

VerMÎtlei, le' avril 1840.

(La Pruu d* Stine-et-Oi$*.)

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