‹ Lettres Slaves 18331857 Orient, Pologne, Russie Christien OstrowskiChapitre 28 sur 110 · L.V UTTÉnATÜRE SLAVE · texte numérisé non relu

L.V UTTÉnATÜRE SLAVE

Ilongi'ic slovaqnc fut la patrie de Sliaffarik, dont les den\ ouvrages Histoire de la langue et de la littérature slaves et les Antiquités slavonnes, ont servi de source et de modèle à tous les traités publiés depuis sur ce sujet ; de Kollar, poète lvri<|ue, auteur d’un livre, sur la Réciprocité des Slaves ( Vechselseitigkeit), qui contient des trésors de science et d’imagination. L’illyne possède une pléiade de poêles et de grammairiens, parmi lesquels Vuk Sléfanowicz, Gay, Katancziç occupent le piemier rang. La Pologne a Maciéiowski, véritable Léviathan de la littérature, dont le génie embrasse la Slavonie tout entière avec son histoire, sa légende et sa législation. Ses travaux cyclopéensont été complétés par Kucharski, Maiewski, Jean Potoçki le célèbre orientaliste, Rohusz Sieslrzencewicz le savant philologue. La Pologne revendique aussi cet homme populaire qui, pendant quarante ans, a voyagé de cabane en cabane, s’asseyant à la table du pauvre, épiant sur la bouche du paysan la chanson prête à y éclore, payant lui-même son gîte et son écot par une chanson ou quelque secret d’économie domestique. C’est à la vie laborieuse de Chodakowski que l’on devra un jour le rccucil le plus complet de poésies populaires qui ait jamais existé. Un autre Polonais, Danilowicz, a entrepris la tâche difficile de réunir et d’arranger en code systématique ce que les Russes appellent leur législation, et qui n’est qu’un fatras inextricable d’oukases et de règlements contradictoires, rendus depuis Yvan-à-la-bour.se jusqu’à nos jours ; scs travaux, comme nous l’alTirme M. Miçkiewicz, pourront se comparera ceux de Justinien et de ses conseillers; et nous le croyons sur parole, L’Autriche slave a suivi ce mouvement d’élaboration intérieure ; des chaires ont été établies dans presque toutes les villes mixtes, des t’cvues innombrables ont vu le jour, des bibliothèques ont été organisées sous le patronage des divers gouvernements associés à celte grande palingénésie littéraire : et c’est ainsi que nous avons vu se former et s’étendre une vaste hélairie intellectuelle, type et symbole de la future fédération politique des Slaws, une tétrapole savante, dont tous les membres ont adopté pour devise : << Slavus sum, nihil slaoici alienum a me puto. »

Mais tous les produits de cette association, composée pour la plupart d’érudits et de professeurs, se ressentent encore de l’aridité d une recherche purement analytique. Il est réservé à M. Miçkiewicz, poète et créateur avant tout, de donner à la

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