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science du slavisme la vie et la lumière qui lui manquent; (Je prononcer s«n- tous les éléments dont elle se compose la parole organisatrice, e fiat de la Genèse : tâche sid)liine dont, mieux que nous, il comprend toute l’importance. D’ailleurs, tout ce qui se rattache à la nation slave est encore aussi étranger à la Fi ance qu’il y a deux siècles, lorsque le comique Regnard écrivait son fabuleux Vmjag&, ou lorsque le fécond Nougaret inventait ses Beautés de l'histoire de Pologne. A part quelques ouvrages sérieux, comme les Mémoires de Rulhière continués par Ferrand, YUistoire de Jean II! Sobieski par M. de Salvandy, les travaux de Malte-Brunet de Balbi, tout ce qui concerne l’origine, les mœurs, la vie intime et sociale des peuples slaves, est moins connu' que les fastes des Arabes ou des Chinois; dans l’idée de certains hommes de lettres et d’État, la Pologne est aussi loin de Paris que la Polynésie.
Quelques traductions partielles ont cependant fourni de mermeilleux échantillons de la légende slave; deux Nouvelles charmantes do Charles Nodier, Jean Sbogar et Smarra, les Chants populaires de la Serbie, traduits de l'allemand par madame T. V'o’iart, qui semblent avoir repris .sous nue plume féminine la grâce et la simplicité natives, les Chants héroïques de Niemeewicz traduits par Charles Forster, les savantes recherches de MM. EichhütTet des Carneaux, enfin les spirituelles, mais apocryphes imitations de la Gusla (l) : voilà toutee qui fut révélé jusqu'aujourd’hui de cet hémisphère nouveau de lu pensée humaine que M. Miçkiewicz s’est chargé de nous décrire.
Dans le premier semestre de son coui-s, il a pleinement justifié la brillante renommée qui l’avait devancé; il s’est posé tout d’abord parmi les professeurs les plus distingués du collège de France, en réalisant, et au-delà, les espérances de ses auditeurs. Les Slaves, disait-il, ne forment qu’une seule et même nation, ne parlent qu’une seule et meme langue Leurs mœurs sont agricoles et républicaines. Dans l’antiquité, elles semblent avoir le plus d’analogie avec celles dos Pélaf^es (2)|et des Grecs d’ilomèix*. Les Grecs .scylhisent, disait Aiiachaisis, en écoutant les rhapsodes ; de même «pi’aiijonrd’hni on pourrait dire «pie les Slaves hellénisent : et dernièrement un homme d’esprit a publié en DalmaUe une brochure ayant pour litre le lUorla-
(1) Par M. Pfü.'pcr Mâriiuêp, aiijourrt’lnii acailcMiiii imi.
(2) Voirll<SiMdolg 11 * livio.
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quisme d'Homère, OÙ les mœurs des paysans morlaques sont comparées à celles des héros de l’Iliade.
Dans un mouvement de translation accompli par le travail imperceptible des siècles, les peuples slaves ont abandonné à des races étrangères une partie de leurs possessions occidentales, et reconquis à l’orient ce qu’ils avaient perdu de ce côté. Le chêne slave étendait autrefois ses rameaux immenses, d’une part à travers la Saxe et la Poméranie jusqu’à la merdu Nord; de l’autre, le long de la Save et du Danube, jusqu’aux Alpes du Tyrol. La première métropole dès Slaves était le temple triangulaire de Rhéta, sur l’emplacement duquel se trouve aujourd’hui le petit village de Prilvitz, dans le Mecklemlxturg; les souverains obotrites de ce pays sont encore de race slave r la seconde métropole était Aricona, dans Pile de Rügen. Jusqu’en 1731, on a célébré à Vustrovv, dans le llanoNTe, le service divin en langue slave. Les costumes, les danses d’Altenbourg, en Saxe, sont les mômes que ceux des riverains de la Vistule ; et jusqu’à ces mystérieuses sympathies des peuples qui tiennent souvent à une identité d’origine, tout atteste encore en Saxe l’ancienne domination vende ou siavonite. C’est la race germaiii(jue qui fut destinée à lui succéder dans toutes ses possessions abandonnées. Vingt-trois empereurs, depuis Charlemagne jusqu’à Henri IV (800-1 190), travaillèrent continuellement à la germaniser. L’Allemagne, dans scs bras de marâtre, étreignait, étouflait cds malheureuses peuplades, espérant se les a.ssiniiler ou letir ôter la vie. Arnold, llelmoldus et Adam de Blême, écrivains du onzième siècle, comptaient déjà trente rameaux de la souche slavonne abattus par la hache tudesqne. Quel était le lien mystérieux qui cimentait entre elles tonies ces populations démembrées? (Jni les a preservées du malheur de se confondre à jamais avec leurs ennemies et les a sauvées de la deslnidion finale? Ce lien sacré) ce symbole de régénération, c’était le langage national, la pai oh?, le Verbe trois fois saint, Stovo, dont la race entière est l’incarnation vivante.
La langue slave, parlée depuis les Imucles de l’Elbe et l’Adriatique jusqu’au détroit de Behring) sur un tiers de l’Europe et de l’Asie, n’est partout, nous l’avons dit, qu’une seule et même langue, sauf de légères altérations d’orthographe et d’accent. Après les travaux de Siestrzeucew icz, évêque de VUno, il n’est plus permis de douter qu’elle ne suit une dérivation directe du sauscril. Scs étymologies, scs déclinaisons, ses nom-
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^{«s c^'diDaux elles conjugaisons des verbes auxiliaires, l’attfistôüt'jusfjirà la dernière, évidence. On peut la considérer eerhme le lien commun cnlre les langues gréco-latines el indo-]^lasgiques, ou plutôt coniine le point de départ des unes et des autres. Son nom même dérivé de Slow, Vei be, Renommée ou Gloire, semble expliquer le mystère de son affinité avec toutes les langues vivantes.
L’imagination des ethnologues s’est suffisamment exercée . sur l’origine dû peuple slave. Il paraît cependant acquis à l’histoire qu’il est aulochthone sur toutes les parties du territoire qu’il occupe, c’est à dire que son établissement y est antérieur aux temps histoiiques; son alphabet glagolétiqiie, que l’on attribue par en-eur à saint Jérôme, et qui, d’après quelques savants, remonte aux temps mythologiques, n'est qu’un ordi‘e de* la divinité adressé à ce peuple, de se réunir en société et de se livrer à la culture du sol : chacune de ses letlies exprimant un précepte, uii Verbe de ce commandement sacré. En voici les piemièros lignes : « Moi, Dieu, voyant, je dis qu'il est bon de vibre des produits Je lu terre; ainsi que vous le pouvez, hommes sages, prononcez une parole ferme, etc. » Cet alphabet, appelé ÿ/of/o/é ou imukwiça (Vei burn-Dei), ne serait que le débris d’une ancienne écriture hiéroglyphique des Slaves, et semble avoir des l apporls avec les caractères symboliques dont les Babyloniens se servaient pour désigner les heures (t). La haute antiquité de cet alphabet est définitivement constatée par les recherches du savant Kopitar, ^
L’autre alphabct,-âppelé kyrüiça (écriture d’église on' Cyrilliqnè), en usage Jusqu’aujourd’hui dans les livies de la liturgie âiavonne, a créé par saint Cyrille, ou Constantin de '^Mssaloniqâe 'et’son frère saint Méthode, premiers apôtres lÙLvcs am neuvième siècle. Celte écriture a été formée sur le ïnodeie de l’alphabet grec, ou peut-être le glagolé fut-il leur commune origine. Les deux alphabets cyrillique et glagoléti- ' que se trouvent en regard pans la Texte du Sacre (2), onci>n re-
Un écrivain arabe du neuvième siècle, Ibn-Abln-Vaqdnb-êt-Rcdim, dooifc ■ Ja copie d'une inscri|iiion slave gravée sur bois, qui lui avait été remise par Taiiibassudcur d’uii roi du Kaukasc, envoyé en RiIJeIç, et dont la Tcsscniblunce avec le glagidé de peut être coiaesléa.''1tbys sur ta flut ancienne
écriture des Huisient, pai’ le conseiller Frahn-. '
(2) Voy. à ce sujet l’intéressante dissertation du jeune et savant Poionais , Corvinus lastrzetnbaki. Journ. ÿe'ne'r. del'Jnstr, pub.,4et7 sept.ISSd.
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cuei d Epistres et d Euangiles en lettres esclauonnes, sur lesquelles nos roys meltoient la main dans leur Sacre, en faisant le serment de rendre la justice et de conseruer a chacun sZ droict (<) C’est un écrit autographe de saint Procope, abbé de Sazawa, bénédictin du onzième siècle; et apporté en France t.e on (jiielqnes-iins, par Anne Yaroslavna, femme de Henri I"’ selon d aulres par le cardinal Charles de Lorraine, archevêque dt Reims (lo7Î), a son retour du concile de Trente. ^ D’après Dobrowski, l’alphabet glagolétiqiie remonte au lorsque le peuple slave se partagea enlie 1 Eglise de Rome et celle de Byzance; il prévalut dfns a Cainiole et la Dalmatie, demeurées catholiques, tandis que
cnM’— le schisme, adop’tèlent 1 écriture cyrillique. L’.n, et l’autre sont composés dZ\i
ron quarante lettres, qui répondent à toutes les intonations de loigane vocal, comme l’alphabet sacré des liidous. Pierre 1« pour donner une écriture cui-sive à ses sujets, eut l’idée dé supprimer toutes les abréviations et les accents dont les livres
cyrilliques se trouvent hérissés ; de dédoubler les diphthonmies
et d arrondir les aretes trop saillantes des majuscules C’est ainsi q.i il forma celle écriture bâtarde des Russes modernes qui n est ni le slave, ni le grec, et encore moins le romain; mais qui semble une bizarre compilation des trois, et qui rend la langue russe à jamais inaccessible pour les Européens Le quatrième alphabet slavon est celui employé par Vuk' Ste anowucz dans sa collection des Chants populaires de là Cest encore un nouveau traveslissemeiil de l’alphabet cyiilliqiie, avec une moditicalion de l'i bref. Tous ces al phabetscepeiidaiil qui entravent par leur diversité la coin" inuiiion intellectuelle entre les peuples slaves tombent « désuétude, et font place désormais à l’alphabet romain, usité pai les lllyriens, les Bohèmes, les Slovaques et les Polonais
eienn double Caractère des langues âii-
ciennes et modernes. Elle possède simultanément la déclinai son sans articles, les trois nombres, les trois genres, 1^5; des .nversions, le raetre et la mélodie des langues ànciennés et cette facilite de nuancer à l’inlini, de se plier à tout« £ abstractions de la pensée, qui fait la riche.sL des modernes . Cette langue prend diflérenis aspects dans ses divers dialec-
Ct) Pluche, Spectacle Je ht nature, t. vu, p. 256.
Di
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tes, disait M. Mirkiewicz, atujnel nous empruntons ce passage de son cours. Elle apparaît tantôt comme langue théologicjue et sacrée, comme le sanscrit des Slaves, dans le vieux rnssieny dans les livres de Cyrille et de Nestor ; comme langue du commandement et de la domination asiatique, dans le rttSStf moderne ; comme langue de la science et de la haute éruditiotfy de l’enthousiasme religieux exalté par le voisinage die la rè-' veuse Allemagne, dans le bohème ; comme langue Ktléraire et sociale dans le sens étendu de ce mot, dans le polonais ; enfin comme langue épique et musicale, comme langue primîlivc, chez les Monténégrins. »
Parmi tous ces dialectes, le bohème est doué de l’hexamètre le plus parfait, sans licences et sans quantités communes ; les traductions d’Homère, de Virgile et d’Horace, par Vinaryçki, sont sans doute les meilleures connues. Le polonais possède la prose la plus nombreuse et la plus expressive. Formée sur le modèle des langues anciennes, soit dans les assemblées publiques, soit dans les camps en présence des ennemis, soit dans les élections des souverains, cette langue a toute la gi-avité de l’éloquence latine ; et sa collection d’orateurs, depuis Kasimir le Grand (1333) jusqu’à la diète constituante de t7R1, est son plus beau patrimoine littéraire. Sa poésie est d’une date plus récente, par une singularité qui la distingue de toutes les littératures connues; chez les autres peuples, toujours le chant a précédé la parole, toujours la poésie avant la prose : ici, Platon a devancé Homère. Sa prosodie est très simple et ne possède qu’une seule règle; la pénultième est invariablement longue dans tous les mots, et les autres syllabes sont tantôt longues, tantôt brèves, selon l’augment grammatical. M. .Miçkiewicz et Bogdan Zaleski, les deux poètes contemporains, ont cependant tenté d’heiu’oux essais de poésie cadencée, dont les chants de l’Ukraine et de la Volhynie olfrent les plus parfaits modèles en polonais.
L’illyrique se subdivise en deux branches, le serbe et le dafmile ; le serbe, dont les célèbres poésies populaires ont été recueillies par Vnk Stefanowicz et traduites en toutes les langues (1) f et le dalmate, qui .«e parle àRaguse, l’Athènes slavonne, et qui possède un des cycles poétiques les pins com-
(1 ) Vny. la traduclion allemande de W. Urinmi. et la traductiun tVani;aise de M. E. Vüïurt,
Digilized jy Guogli
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plelsde FEurope. Holly le Serbe, et Katanczyç le Dalmate, offrent ' aiiS5i des exemples merveilleux de poésie d’après l’antique.
La littérature russe est tonte .d’imitation et ne porte encore aiicur» caractère national. H faut pourtant citer quelques fragments remarquables, comme VOde d Dieu^ de Dzierjavin, que l’empereur de la Cliin* a fait graver en lettres d’or sur les parois des pagodes; et la Fontaine de Bagtehésaraï, par Pouschkin, heureuse imitation de la poésie arabe.
La coexistence simultanée de tous ces idiomes d’une même origine, possédant, malgré leur type individuel, un certain air de famille et semblable, « quantum] licet ense sorores, » estime question philologique de ta plus haute portée et digne à tous égards de la méditation des savants. C’est dans le langage, ce penser à haute voix des peuples^ que l’on trouvera leur physionomie, quet’on surprendra le secret de lenr vie morale, de leurs affinités et de leurs répulsions; ainsi que de leur destinée finale. C’est dans les didérentes couches de ce terrain; auquel chaque siècle est venu apporter son alluvion, que l’on peut lire leur histoire ; comme on rclronve, en creusant les viscères de notre planète, ifuelques pages égarées de scs annales. « Certes, ce serait un spectacle intéressant pour un anatomiste, poursuivait M. Miçkievs’icz, s’il sc trouvait quelque part un individu organisé de telle façon qu’après avoir parcouru toute l’échelle de l’èlre, depuis la pierre et la plante jusqu’à la vie hitelligonte et sensitive, il eût conservé dans scs organes les traces de tous les états intermédiaires ; et qn il offrit sinuillanément le tableau de la nature inerte et végétale, et de la nature organique à son plus haut développement. De même, il serait précieux pour un philologue de découvrir une langue qui, après avoir parcouru toutes les phases de son élaboration, depuis le parler sauvage des barbares jusqu’à la mélopée savante d’une société avancée en culture, olVrit à la fois, dans ses difl'érents dialectes, les caractères d’uue langue primitive, et ceu.x de la parole humaine dans toute sa force et sa pléniliulc. »
Tel est le tableau que présente la langue slave. Cfirelquesuns de ses chalectes sont arrivés à la maturité de langue complète, douée de tous scs organes, et pouvant se prêter à toutes les exigences de la civilisation, comme le polonais et le bohème. D’aiilrcs ont été arrêtés dans leur essor de perfectionnement par l’étreinte avilissante des hordes gcrmauiqoes ou mongoles.
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comme le serbe et le russe moderne. Ü’dutres se trouvent encore aujourd'hui tels qu’ils étaient il y a queb|ue mille ans, avant la séparation des tribus; comme le monténégrin, parlé ou plutôt scandé dans les Alpes slavonnes : orgue immense, dont toutes les touches, du grave à l’aigu, répondent à des jeux difTérctits, mais qui produisent dans leur ensemble la plus magnifique et la plus vaste harmonie. Cependant tous ces dialectes tendent évidemment à l’imité. L’abandon simultané des caractères russes et seibiens en faveur des caractères romains, avec un mode de transcription uniforme pour tous, sera le prélude d’une grande réfonne linguistique. Il ne serait nullement question d’opérer dès à présent leur fusion totale, aucun de ces dialectes ne pouvant abdiquer son individualité en faveur d’un langage de convention, d’une résultante qui serait destinée à les remplacer; mais ils pourraient toujours se compléter l’im par l’autre, au lieu de puiser dans les idiomes étrangers qui les altèrent et les corrompent, converger sans cesse dans leurs développements, en remontant toujoni’s aux sources primitives, comme le Psautier polonais, l’Expédition d’Igor, le.s chants épiques de Koningbœfer, les élégies serbes et dalmates : véritables trésors où le peuple est venu déposer « la trame de ses pensées et la fleur de scs émotions (1), » jusqu’à ce qu’un poète au souffle puissant et créateui’, comme Homère ou Hante, vienne les saisir tous quatre à leur source, les fondre dans un poème immoi tel, et tiansmetlre la langue slave, une el parfaite, à l’admiration du monde à venir.
11 existeentrcle génie du peuple grec el du peuple slave d’autres analogies que la ressemblance des signes alphabétiques, et quise manifestent dans leurs langues, leurs croyances religieuses et leure institutions. Le grec, de même que le slave, se décompose en quatre dialectes ; Vatlique, V ionien, le dorim et l'éolien, qui correspondent exactement par leur caiactère parliculieretleure qualités aux quatre dialectes slaves, le bohème, le polonais, le serbe et le russe et se réunissent de même en deux couides symétriques : l’attique- ionien et le dorien-éolien, ou le bohèmo-polonais et le serbo-russe. Le premier semble surtout approprié à l’épopée, le second au drame, le troisième à l’idylle, le quatrième à l’ode. Us se trouvent employés simullauéuient
(I) Voj. Konrad \yallenrod, par Miïkiewicz.
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dans les récits des rapsodes, comme dans les chants des vieux lyrniki (joueurs de lyre), Homèrcs rapsodes de la Dalmatie. fA'lte étonnante conformité linguistique, dont on pourrait multiplier les exemples à l’infini, et qui a fait dire à Shaflarik : Ingénia Slavorum habent quœdam Grœcum referenlia, etc., ne prouverait-elle pas une identité d’origine ? et les l‘élasges, ces soldats agriculteurs qui, après avoir passé le mont tlœmus, ou le Ralkan d’aujourd’hui, sont venus s’établir dans la The.ssalie et la Macédoine, ne seraient-ils pas aussi les vrais ancêtres des Polonais (Polacy) Une foule de preuves viennent à l'appui de cette conjecture. Le nom des ntXao-jÀ (selon riiébraïijiie Phàlagi, les dispersés), est identique avec celui dcsSfTèes on Zerees, qui semble être le nom générique de tontes les populations slavonnes avant le christianisme, la radicale Zro ayant la même signification que Phélagi (I). L’ancienne théogonie pélasgique, dont on retrouve les débris dans les chants d’Hésiode, est presque identique avec la mythologie slavonne; cl la guerre des Dieux et des Titans pourrait bien n’èlre que la destruction des rois slaves, serbes ou pélasgespar les nouveaux conquérants de la Grèce, les Hellènes (2).
On pourrait également expliquer par les colonies pélasgiques établies dans la Grande-Grèce, l’affinité du slave avec le romain primitif retrouvé par M. Fauriel, et dont naguère il nous donnait la clef dans un coui-s plein de science et de profondeur.
En poussant pins loin cette comparaison, on trouve que la constitution sociale, des deux peuples est la même. Chez les Slaves comme chez les Grecs, le système communal a toujours piévalu sur le système de centralisation adopté par les Homains. Tandis que Rome appliipiail sa règle de fer sur les provinces qu’elle subjuguait, en leur imposant despotiquement avec ses proconsuls son langage, .ses croyances, scs mœurs, ou plutôt sa négation de mauirs et de croyances, la Grèce était comme la Slavonie sulnlivisée en plusieurs petits États qui avaient chacun leur centre, leur organisation et leurs intérêts. Quelquefois séparées par les mers, ces fractions n’avaient de
(I) Zryteam, en polonais, je romps, je brise, je disperse; r(r(cany,disper8é, rompu.
(5) Nous ne hasardons aojoord'lini ce rapprocliement que comme une simple h;polll^Be, & laquelle nos éludes sur Hésiode donneront plus lurd une entière certitude.
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commun entre eilcs que la langue et ne se coalisaient qu^au moment du danger, lorsque l’existciice de la mère-patiie était menacée (>arles Pei'ses, les Macédoniens ou les Homains. Alors une ligue se formait, les dissensions intérieures étaient ajournées, pour renaître avec plus d animosité, lorsque la victoire ou le hasard avait détourné l’orage qui les menaçait.
Mais les Grecs, malgré leur moreellemeut à rinfini, malgré leur disparité de lois, d’intérêts et de caractères, ont pourtant laissé le plus splendide héritage qu’une nation en s’éteignant puisse transinettie à la reconnaissance des peuples ^ des monuments artistiques, des chefs-d’œuvre littéraires qui font |e désespoir d>^ la civilisation actuelle : et malgré un intervalle de trente siècles, iis sont encore nos maîtres en tout. Gonament se fait-il que le peuple slave, si richement doué par la nature, qui semble par son génie aussi bien que par sa masse appelé à de hautes destinées, comment se fait-il que ce peuple ait moins participé au mouvement intellectuel des temps modernes ? qu’il se soit laissé tour à tour opprimer par ses voisins, lui-mème plus fort qu’eux tous piis ensemble, et pouvant les écraser sous son orteil de géant i t’est que les Grecs avaient un temple commun, un tribunal des Amphictyons et un oracle à Delphes, des jeux lustraux à Olympia, enlrn une ligue aebéenne pouvant au besoin centrali.ser toutes les luces et faire taire toutes les divisions ; tandis que la ligue slavoiipe entre les Bohèmes, les Polonais et les Hongrois, ne put jamais avoir de durée ; grâce à ta jalorisie des rois germains ; que les deux grandes naétropoies slàvonncs Kiow et Prague à peine devenues chrétiennes se sont divisées par le schisme; que du sommet des Karpathes aux rives de la Baltique et de l'Euxin à l’Oder ce fut un éternel champ de bataille, une vallée de Josaphat, où rien ri’cst resté debout, pas pnèine les tombeaux. C’était une Thébaïde perpétuelle, comme disait M. Miçhiewicz, dans tous les siècles et sur tous les points de l’Europe ; le destin du peuple slave semble avoir été un fratr icide sans terme et même sans commencement, dont ses ennemis seuls ont profilé !...« Ne serait-il pas temps, s’écrie le savant Kollar, de renouveler l’antique alliance entre les enfants de Slam? Ne pourrail-on pas établir, à l’exomplc des Gi’ccs, une nicti’opole religieuse à Pr'aguc, les Amphictyons à prako.vre, les jeux olympiques dans les Alpes slavonues, et la patrie, partout ! »