PRÉFACE
en effet, qu’il peut y avoiv uue Uiissie française, une Russie anglaise; et que la clef de la petite église de Béthlcem est la clef qui lui ouvrira ces grands royaumes, centre de la civilisation moderne. Cette idée, du reste, n’est que le développement de la politique russe depuis le fameux testament du tzar Pierre ; on y trouve tracée d’avance la route qu’ont suivie les Nesselrode et les Menchykoff : nous le voyons en tête de ce volume.
« Je regarde, dit le tzar Pierre, l’invasion future des pays de l’Occident et de l’Orient, par le Nord, comme un mouvement périodique arrêté dans les desseins de la Providence, qui a ainsi régénéré le peuple romain par l’invasion des barbares. »
Non, les barbares n’ont jamais rien régénéré; et il ne saurait entrer dans les desseins de la Providence que l’industrie, les sciences, les arts, l’élégance des mœurs et les libertés des nations s’engloutissent sous la poussière soulevée par les coursiers kosaques. Non, l’Occident ne s’en va pas; et sa lumière, de plus en plus brillante, ira éclairer au contraire les plus sombres régions du Nord. Les nations européennes ne seront pas facilement ni indubitablement conquises, malgré ces adverbes joints « peu admirablement. » La Russie y regardera