SUR L'A TOMBE DE KASIMIR DELAVIGNE
CHAMP DE REPOS DU PÊRE-LACllAISE.
Messieurs et Concitoyens,
Laissez-moi vous dire sur cette tombe encore ouverte, au nom de la Pologne et de l’émigration, une parole de deuil et d’adieu.
Nos aïeux avaient la coutume de briser leurs dards sur la Wmbe des héros, morts pour la patrie ; hous jetons un peu de terre polonaise sur les restes de nos frères, morts en exil : afin que dans le dernier sommeil, ils aient encore des rêves du pays natal.
Kasimis ! nous t’aimions enfants, lorsque tu nous parlais de gloire, ce premier rêve des enfants et des peuples)
Kasimir ! nous t’aimions soldats, lorsque ta Êarjovienne combattait avec nous, pour la liberté, sur les plaines de Grochow et de Waverj
Kasimir ! nous t’aimons proscrits, loreque tu nous prédis le réveil assuré de la Pologne libre, et la destruction de la Russie esclave.
Par le nom, par le cœur, par le génie, nous te saluons (Ils de la Pologne, notre frère d’armes et proscrit de notre patrie à tous, la liberté :
Qu’il soit donc fait avec toi comme avec nos frères morts en exil. Poète, Soldat et patriote, dors en paix sous la terre polonaise (t) I
Paris, 20 décembre 1843.
{Le Journal ies Déliais.)
(l) Ces quelques paroles improvisées sous l’impression de la scène solennelle qui se passait au cimetière du Père-Lachaise, ont provoqué le cri unanime. Jeté pur sept à huit mille voix, de • Vive la Pologne l »