PLACE DE LA BASTILLE
CiTOTENS BT Frères,
Au pied de cette colonne, impérissable monument de la liberté souveraine, de la royauté à jamais abolie, sur cette place de la Bastille où vous avez brûlé le trône du roi fugitif, je viens vous dire une dernière parole d’espérance et d’adieu. Grâce à votre héroïque effort du 24 février, les jours de l’exil sont accomplis; les jours du combat recommencent. Pèlerins depuis quinze ans, voici que nous reprenons le chemin de la patrie.
Après cette séparation, quand vous entendrez parler de nous, quand vies noms polonais vous seront apportés parle vent des batailles, c’est qu’alors nous serons engagés dans une lutte décisive, lutte géante, lutte à mort avec le despotisme ; c’est qu’alors notre sang aura coulé sur la terre polonaise, cette antique, cette glorieuse arèrÆ de la liberté ! .Mais cette fois, ce ne sera plus un assassinat monarchique, dont les peuples muets resteront les impassibles spectateurs ou les complices ; non ! j’en ai la conviction profonde : ce sera un réveil spontané, une commotion de volcan dont la Pologne surgira grande et forte, entre ses limites de l’Oder et de la Dzwina, rempart indestructible que Dieu même a posé entre l’Europe libre et les barbares. Vous direz alors au bruit lointain que vous entendrez à l’Orient : « Nos frères nous appellent , ils luttent pour leur liberté et la nôtre ; allons les secourir ! allons combattre à leurs côtés ! »
Ce que nous vous demandons aujourd’hui, frères, c’est un souvenir, peut-être un regret. Des armes... nous en trouverons, même dans les mains de nos ennemis. Au nom des peuples slaves, nous qui briserons leurs chaînes comme vous avez brisé les vôtres, sous cette colonne sainte, à vous, nos frères en