‹ Lettres Slaves 18331857 Orient, Pologne, Russie Christien OstrowskiChapitre 51 sur 110 · A M. DE LAMARTINE · texte numérisé non relu

A M. DE LAMARTINE

membre du gouvernement provisoire.

SUR SA POLITIQUE ÉTRANGÈRE Monsieur,

Témoin oculaire des événements de Posen et de Gallicie, je viens, au nom de l’émigration polonaise, au nom de ma patrie outragée jusque dans sa tombe, demander à la France justice et réparation.

La question polonaise, dont la solution pacifique a été rendue impossible par la mauvaise foi des cabinets allemands, ne peut êti’e aujourd’hui tranchée que par le glaive de la liberté. Lorsque, sur les assurances des coin s de Vienne et de Berlin, qui nous promettaient la réorganisation nationale des provinces démembrées de l’ancienne Pologne, nous reprenions le chemin de la patrie, vous nous avez fait entendre ces brillantes promesses : « Les nations aympalhiqups de l’Allemagne, le roi de Prusse ouvrant les portes de ses citadelles à vos martyrs, le grand-duché de Posen redevenu polonais, Krakovic affranchie, les portes de la Pologne ouvertes, etc., etc. ■ Elles étaient ouvertes, en effet; mais derrière ces portes, nous avons trouvé des assassins. Partout, en Gallicie, dans le grand-duché, sur les tombeaux des Jaghellons, nous avons vu se dresser entre nous et nos ennemis du Nord les baïonnettes allemandes.

Tandis que les peuples nous accueillaient avec transport, espérant élever par nos mains une barrière impénétrable qui les garantît des projets spoliateurs de la Russie, les gouvernements, soi-disant constitutionnels, nous tendaient un piège infâme; il s’agissait de disperser l'émigration polonaise au moment même où elle touchait le sol de la patrie, et de la rejeter loin de nos frontières. Bientôt ces frontières se sont fermées sur nous; le sang polonais a coulé par torrents, les

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