LA GUERRE RE HONGRIE
ni le principe constitutionnel de l’Anglelene . encore moins le principe dcmocratupie de la France. C’est une mosaïque étrange, une Babel inachevée de races, de religions, de systèmes, de langages, étonnés de se. trouver ensemble, et n’ayant d’autre lien commun qu’une dynastie dégénérée qui ne produit plus que des rejetons caducs et moribonds; sans traditions dans le passé, sans guide dans le présent, sans raison d’étre pour l’avenir, c’est un État de 30,000,000 d’hommes immolés à l’alimentation dispendieuse d’une pépinière d’archiducs idiots: construction vicieuse suspendue sur un abime, et certes, ce ne sera pas la Russie qui l’empêchera longtemps d’y tomber !
Un pareil État ne saurait servir de rempart à l’Europe; le relever serait désormais impossible : et l’on aurait tort d’y compter sérieusement.
U’Aulriche vient de prononcer elle-même sa déchéance, en invoquant à son secours la Russie, la plus mortelle de ses ennemies; l’appela l’intervention russe est, de la part du cabinet de Vienne, un acte de désespoir, un suicide politique. 11 valait mieu.\, pour cet empire, renoncer pour jamais à ses droits réels ou prétendus sur la Hongrie , et garder les Slaves qu’il était parvenu à s'attacher , Croates, Serbes et Uahnales, que de perdre en même temps Slaves et Hongrois : et tel sera, n’en doutons pas, l’effet inévitable de l’intervention russe. Car de deux choses l’ime ; ou la Hongrie sera victorieuse, et alors tous les Slaves du midi quitteront Je drapeau de Yellachich pour se ranger sous les bannières de Kossuth, en s’unissant avec lui dans une haine commune contre la domination allemande : ou la Hongrie sera sonmise par le tzar, et le Danube redeviendra entièrement slave, depuis Vienne et Presbourg jusqu’à son embouchure. La Russie avance à pas lents, mais ne rétrograde jamais; c’est une loi imposée par Pierre P', sous peine do mort, à tous ses successeurs, et qui est devenue, pour sa politique, une maxime de cabinet.
Fi, malgré nos prévisions, la Russie victorieuse renonce cette fois à l’occupation définitive de la Hongrie, ce n’est qu’une question de temps; et les cent vingt sept millions dus pour les frais de la guerre par l’Autiicbe, lui serviront tôt ou tard de prétexte pour en reprendre pos.session : si toutefois le génie de la liberté n’y met bon ordre auparavant.
Notons bien cependant que telle est la faiblesse réelle de la Russie, malgré l'immense développement de son territoiie.
i. MM. LES MINISTRES
qu’elle ne saurait remplacer l’armée d’invasion qui s’achemine à présent vers la Hongrie, dans le cas possible d’une défaite, sans dégarnir entièrement le Kaiikase et la Pologne; c’est-àdire, en voulant sauver l’Autriche, déjà disloquée, sans s’exposer elle-même à une ruine inévitable (1).
Cependant elle a fait coup sur coup, et presque sans résistance de la part de ses voisins, deux pas de géant en quelques semaines ; l un jusqu’à Lcopol, capitale de la Callicic, 1 ancienne Russie-Houge : l’autre jusqu'à Bude-Pesth, capitale de la Hongrie. Comparons les distances, et nous trouverons que le troisième pouii ait bien la conduire j\isqu’aux bords de l’Adriatique, toujours dans la même direction; et alors elle n'aurait |)lus qu’un bras de mer à traverser pour venir s’asseoir dans le Capitole de la ville éternelle : en réalisant ainsi la sinistre prédiction de Pierre I".
La propagande religieuse, organisée depuis longtemps par le cabinet de Saint-Pétersbourg, parmi les Slaves schismatiques de l’Autriche, a déjà porté ses fruits; Stur en Moravie, Hurban dans le nord de la Hongrie, Haïachich, patriarche de Serbie, le vladika grec de Monténégro, soulevés contre les Hongrois, tendent déjà ouvertement la main à la Uussie. Encore (|iiclques victoires de Paskéwitch, et Vienne subira le sort de Varsovie, l’orient de l’Europe sera tout kosaqne et tout schismatiijue; la France alors, isolée, repliée sur elle-même, perdra pour tout jamais sa dignité morale, comme première puissance chrétienne du continent, au profit de la Russie, qui partagera le sceptre du monde avec l’Angleterre, désormais sa seule rivale : et fera bientôt de l’église de Saint-Pierre une basilique moskovile, de même que Mahomet II a fait de la basilique grecque de Sainte-Sophie nue mosquée musulmane.
Les résultats en seront très-probablement les mômes pour l’Europe que la conquête de Byzance par les Turks et son abandon par l’Église d’Occident ; faute immense, à peine expiée par la réforme protestante et par un siècle entier de guerres civiles et religieuses ; les mêmes causes produisent en politique les mômes effets.
(I) Ceci est tellement vrai que, pour loumetlre les Hongrois, te maréchal Paskéwilcli a dû recourir au seul moyen dont il ne se soit jamais servi pour vaincre : la corrupUoo.
LA 6CEAAE DE HOMGBIE
Le seul moyen d’empêcher ce développement monstrueux du schisme qui le mettrait immédiatement, comme nous l’avons démontré plus haut, à la tête d’une population de 100,000,000; aujourd’hui que la Pologne, trahie et désarmée, est encore frémissante : c’est de relever la Hongrie.
Ce magnifique pays, compris entre les Karpathes et l’Adriatique, est en très-grande majorité catholique-romain ; et ne compte, sur lîî millions d'habitants, que 2 millions et demi de grecs schismatiques. Voici le relevé exact de sa population, sous le point de vue religieux ;
Catholiques et protestants 11,000,000
Grecs-uuis et scbisniatlques 3,750,000
Juifs. 250,000
En tout.* . '. . 15,000,000
Grâce à l’esprit helliqucnx de la nation magyare; aux victoires récentes qu’elle vient de rem|>orter sur les armées réunies des deux empires: au prestige qui s’attache aux noms désormais immortels de Louis Kossuth, de Bem et de Klapka, on pourrait en faire en peu de temps le rempart et l’avant-garde de la civilisation chrétienne à l’orient de i'Europe.Tel est. selon nous, le devoir de la France et de l’Angleterie ; ainsi que de tous ceux qui placent riutérêf politique au-dessus des agitations mesquines et souvent ridicides des théories prétendues sociales.
Personne ne doute plus du ciuactère éminemment religieux de celle guerre de Hongrie, depuis que les prèlies se sont mis à la tète des populations insurgées, proclamant la guerre- .sainte et conduisant au combat les bataillons des volontaires, la croix à la main; rien aussi ne saurait égaler l’enthousiasme religieux évoqué par la lettre pastorale des évêques de Hongrie aux fidèles du royaume, dans laquelle se trouvent les paroles suivantes que nous citons tcxtuelletïient :
«Lorstju’il y a six nvuS, notre constitution de huit siècles fut modifiée à la dicte de Preshourg suivant les exigences du temps et les vœux de la nation, et ses bienfaits étendus à tous les ûU
A MM. LES MINISTRES
de la nalion, sans dislinclion de langue, de classe ou de communion ; lorsque le gonvornemept indépendant, sanctionné par la parole du roi, reçut scs pouvoirs : nul n’aurait cru jamais qu’il était possible d’attaquer cette constitution libre, ni d’exciter contre les Hongrois les nationalités voisines. Le bien acquis étant devenu le bien de tous, l’alliance sinccue de ces nationalités devait, au contraire, se fortifier ; les barrières et les murs entre les peuples comme entre les classes, devaient tomber à jamais, »
Et plus loin :
<• Piessez-vous dans nos temples, autour de l’autel du Seigneur; adressez-vous à la sainte Vierge, patronne de notre patrie : qu’elle défende son cher héritage, qu’elle intercède en faveur de ce peuple qui porte .son souvenir sur ses monnaies et sur scs drapeaux. Si vous vous confiez en Dieu, si vous puisez vos forces dans la religion, vous serez forts, persévérants dans la lutte, prêts à tous tes sacrifices patribti<jues ; car celui-là suit la loi (jui , selon les préceptes de l’Évangile et des apôtres, la suit par obéissance^ non aux hommes, mais à Dieu : librement et non par contrainte, etc. »
Cet appel énergique à toutes les foices vives de la nation a déjà produit son elfet ; la Hongrie qui, il y a un an, comptait à peine trois mille combattants, a aujourd’hui ISO.ÜOO hommes sous les armes : et la voilà bientôt sous les portes de Vienne ! Tous tes évêques catholiques, au nombre de quinze, ont adhéré au manifeste d’indé[)endance : entre autres, le vénérable Ham, archevêque, de Gran et primat de Hongrie ; Joseph Lenovics, archevêque d’Eilau; Michel Horwath, évêque de Csanat et ministre de l’instruction publique ; César .Mcdnyaiiski, aumônier en chef de l’armée hongroise, qui vient, à la bataille de Kapolna, de se signaler lui-même par un beau fait d’ai nics ; Vladislas Berner, évêque de Grand - Wardein J Rudnyanski, évêque de Neusohl ; Vincent Yelickelfahtsy, évêque de Zips, etc.
Ne serait- ce pas de la part du clergé hongrois un pressentiment qu’il combat pour-la cause même de la chrétienté, dont le dernier rempart est sur le point de s’écrouler sous l’effort du paganisme septentrional?
Ce pressentiment est vrai , car la Russie réunit dans une exécration comniune la cause du catholicisme et celle de la liberté; sa pensée à ce sujet est nettement formulée dans un
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mémoire présenté au cabinet du tzar sous le titre : Politique et moyens d'action de la Russie (1 ).
« Il est à prévoir que toutes ces propagandes qui travaillent déjà l’Orient, propagande catholique, propagande révolutioii- ‘ naire, toutes opposées entre elles, mais réunies dans un sentiment de haine commune contre la Russie, vont maintenant se 'mettre à l’œuvre avec plus d’ardeur que jamais.
» L'Occident s'en va ! tout s’écroule, tout s’abîme dans une conOagration générale ; l’Europe de Charlemagne, aussi bien que l’Europe des traités de 18l.'i, la papaulé de Rome et toutes lesroyautés de rOrient, le catholicisme et le protestantisme, la foi, depuis longtemps perdue, et la raison réduite à l’absurde, l’ordre désormais impossible, la liberté désormais impossible : et sur toutes ces ruines amoncelées par elle, la civilisation se suicidant de ses piopres mains !
Et lorsque, au-dessus de cet immen>!e naufrage, nous voyons, comme une ar<he sainte, surnager cet empire plus immense encore, qui donc pourrait douter de sa sainte mission? Esf-ce à nous, scs enfants, à nous montrer sceptiques et pusillanimes?»
Sous le point de vue légal aussi bien que religieux, les Hongrois se trouvent parfaitement déliés de leurs serments de fidélité à l’égard de l’empereur-roi, par le fait de l’intervention russe, en vertu de la loi de 1723, nommée la pragmati(|uesanction, qui garantit à la Hongrie son entière indépendance, tout en rendant la couronne héréditaire dans la maison de Habsbourg-Lorraine; et surtout du décret du roi Andréas qui fait la base de sa constitution et dont voici le 31* paragraphe :
<i Nous garantissons à tous les Hongrois le droit de la résistance armée envers le souverain , dans le cas où celui ci voudrait commettre un acte contraire à la constitution du royaume. »
Un autre paragraphe a la teneur suivante :
« Le roi ne pourra ni déclarer la guerre, ni conclure des traités concernant la Hongrie, sans l’assentiment des États ; il ne pourra, dans aucun cas, faire franchir les frontières du royaume à une année étrangère... »
(1) Par ua employo supérieur du ministère des alTaices étrangères.
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C« décret est inscrit en tontes letlres dans la formule du serment prêté par tons les souverains en montant sur le trône; le violer, c’est abdiquer : et la diète de Debreezin était parfaitement fondée à prononcer, le U avril 1849, la déchéance à perpétuité de la maison régnante.
J’arrive à la partie la plus importante de ce travail : aux moyens d’exécution.
La question politique de l’Europe, nous croyons l’avoir surabondamment prouvé, n’est plus posée entre la Hongrie et les Slaves de l’Autriche ; mais par le fait de l’intervention étrangère, elle s’est transformée en lutte continentale entre le Nord et le Midi, entre le monde gréco-slave et le monde gallo-romain ; en un mot, entre le schisme et le catholicisme. Eh bien! il serait encore possible de faire triompher la Hongrie et de faire rentrer l’invasion dans ses limites, sans déclarer la guerre, mais par la voie des négociations diplomatiques. C’est en i-eprenant en sous-œuvre la grande politique de Louis XIV et de Napoléon à l’égard do l’Autriche, politique dont la France n’aurait jamais dû s’écarter; en reformant la ligue que ces deux souverains avaient projetée entre la Turquie, les Hongrois et les Slaves ralliés autour de la bannière polonaise. Depuis la funeste époque du partage , la Hussie ne doit sa puissance réelle ou fictive qu’à la diplomatie, et surtout aux traités de 1815. Inattaquable dans son centre, elle est partout vulnérable à sa circonférence; s’appuyant sur .ses extrémités comme sur les hases d’un immense arc-boutant, c’est à scs limites que réside toute sa vitalité : et c’est aussi là qu’elle peut et doit être entamée. C’est pour avoir méconnu ce grand principe que Charles XII a succombé après des prodiges de valeur, que Napoléon lui-même a échoué dans son expédition de 1812. Pour restreindre la Russie, ilsufüraitde l’isoler; de la dépouil. 1er de sa puissance fédérative, déjà fortement ébranlée par la révolution de février. Tout à l’entour, c’est la Suède, l’Allemagne, la Pologne, la Kriinée, la Turquie, le Kaukase, la Pei-se, nations toujours vivaces, quoique soumises ou désarmées ; au centre, c’est le génie de la mort qui règne, opprime et rêve la
LA aCEBEE DE HONGRIE
conquête du inonde. Dépouillez ce fantâme de son linceul, et -|
\ous trouverez qu’il na pas de cœur ni d’organes ; ôtez à la j
Russie ses annexes, et vous la réduisez à l’impuissance la plus •
absolue, à rintcrieur comme à l’exlcrieur. ^ I
Oui, l'isolement de cet empire asiatique serait à lui seul un événement immense; s’il n’élait le précurseur d'un coup. bien plus falal pour lui ; de l’hostiljlé de ces mêmes puissances qui depuis ma avaient été ses complices ! Oui, la Russie réduite à i
ses propres torces, est impuissante à dél'endre l’immense territoire qu’elle possède ! Oui, c’est sur Constantinople que doivent se porter tons les efforts de la France, ayant pour but la délivrance de la Hongrie! c’est là que la question hongroise doit être résolue, sans qu’il soit besoin de dépenser un seul homme ni même un seul écu. Il suflirait de mettre en mouvement un levier puissant, d’un effet infaillible ; et ce levier, c’est la haine !
instinctive, héréditaire, de la Turquie contre la domination moskovite. Les Turks ne sont plus de nos jours ce qu’ils étaient il y a quebpie vingt ans. Leur armée de 300,000 hommes, bien organisée et commandée par des chefs formés aux écoles françaises, est eu état de tenir tête à la Russie; celle force nouvelle, jetée dans la balance où se pèsent aujourd’hui les destinées des nations, assurerait gain de cause à la nation hongroise, en préparant de loin en loin la restauration de la Pologne : sans laquelle (l’expérience d’un demi siècle l’a trop bien démontré), il n’est point de paix et de stabilité possibles pour l’Fnrope, sans laquelle le catholicisme romain court les plus graves et les plus imminents dangers (t).
11 convient à la France bien plus qu’à aucune autre puissance au monde, de pspndre l'initiative dans ce mouvement univei'sèl qui doit dir»iu schisme d Orient : « Tu n’iras pas pins loin 1 > Sa parole seule, qui ébranle les peuples ou les apaise, suffirait dans cette circonstance ; en déclarant franchement et sans restrictions, en face de rÉiiro|)c civilisée, l’indépendance de la Hongrie; en invitant la Tuix|uie, par l’organe du représentant français à Constantinople, à prendre possession des provinces moldo-valaques, pour donner la main, à travers le Danube, à la Hongrie victorieuse. Le général en
(<) Dolemus maxime in tantum addnei pcriculum, Pulnniæ regni rtatum et ^
formam, cam qoa ipaiiis catholicte reliipoDia conjuncta est securitus... »
(ClZmest XIII, auxconféiirét dt Bar.)
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chef de l’armée miisnlrnane dans ce> provinces, Omer-Pacha, de même que l’illuslre Louis Kossulh, Slave de naissance, ut doué des plus éminentes qualités de l’homme de guerre, n’aticnd qu’un signal, de quelque part qu’il vienne, pour se réunir au général Hem, et se jeter en Transylvanie, Et qu’on ne craigne pas, en agissant ainsi, une conflagration générale ; la luUe se terminera sur les bords de la Theiss et du Danube : la Russie ne peut rien contre la Fiance sans l’Allemagne, et l’Allemagne moderne est trop occupée d’elic-méme pour pouvoir lui prêter, comme autrefois, aide et appui !
1.0 peuple anglais, ce peuple cncrgique et souvent généreux, se hâtera de suivre l’impulsion qui lui sera donnée par la Fiance ; et les nobles accents qui ont déjà retenti dans la chambre des lords en faveur de la cause hongroise, sont un gàg&assuré de son alliance I
Par ce moyen, la France maintiendra l’initiative qu’elle a toujours exercée sur les peuples, sans s’imposer de nouveaux sacrifices ; elle airachera, au profit de l’ordre et de la liberté, une arme toute-puissante aux mains de l’opposition : elle acceptera le devoir et gardera pour elle-même l’honneur de la ^•égénéralion politique de l’Europe. En agissant autrement, elle ne ferait que différer la lutte ; pour la transporter plus tard des bords du Danube sur ses propres frontières, sur le Rhin : lutte dont personne aujourd’hui ne saurait prévoir et garantir le résultat. '
Je finirai par ces belles paroles d’un général polonais à la députation qui venait lui ofl'rir le commandement en chef de l’armée hongroise :
« J’espère contribuer à rendre le drt^au magyars! glorien.\, si pur de toute idée de nationalité dominante, que toutes les souches de la grande famille slave s’enorgueillissent de faire cause commune avec lui !... »
C’est à ce drapeau que la France doit aussi se rallier, dans l’intérêt de sa grandeur et de sa dignité.
Agréez, etc.
Paris, IS juillet I8^i8.
{La Démocratie Nap'iléjnienne.) '
LE GÉNÉRAL BIÎM