DERNIERS ÉVÉNEMENTS DE LA GUERRE DE HONGRIE
Mon cher camarade,
J’ai n'çu presque simultanément vos deux lettres datées de Paris; la troisième, contenant le brevet du commandement en chef qui m’avait été offèrt après la bataille de Varsovie, ne m’est pas encore parvenue. Je vous remercie cordialement pour l’envoi de votre Mémoire sur la Uoiujrie, qui s’accorde entièrement, dans son ensemble et ses détails, avec mes propres convictions.
La fin déplorable et inattendue de l’insurrection ne m’a pas permis de vous rappeler auprès de moi. Cette guerre, de même que la nôtre en 1831, a été perdue par la profonde incapacité ou le mauvais vouloir de quelques chefs, appelés pai l’intrigue ou le hasard h la diriger. Plusieurs d’entre eux, guidés par l’orgueil et l’ambition, bien plus que par le véritable intéiôt du pays, repoussaient constamment les hommes qui pouvaient lui porter le salut, de crainte d’ètrc éclipsés eux-mêmes; et l’invasion russe approchant, ils se sont réfugiés à l’étranger en rernellant le pouvoir dictatorial aux mains d’un trahi e. Gœrgey, d’odieuse mémoire, a mis bas les armes devant les généraux inoskovites, après avoir envoyé ses agents auprès des autres corps d’armée avec l’assurance qu’une nouvelle oi’paiiisation aurait lieu incessamment, par laquelle, tous les olliciers devaient coustM’ver leurs grades. Celle ruse moskovite porta le, dernier coup à notre campagne si glorieusement commencée; cardés lors il devint impossible de conduire les troupes au
(1) Celle Ictti-o m’a été adressée il’Alcp, peu do temps avant la mort de l’illustre gCTiCral, comme la dernière expression de sa Ÿüluiité, et en quelque aorte aon teeiamenl pulilique.