‹ Lettres Slaves 18331857 Orient, Pologne, Russie Christien OstrowskiChapitre 71 sur 110 · LÉGIONS POLONAISES · texte numérisé non relu

LÉGIONS POLONAISES

moskovite voudront se dégager de l’onéreuse tutelle de l’autocrate.

C’est dans cette direction, et non'pas dans une autre, que se trouve, à notre avis, le salut commun.

La Turquie en avait elle-même la conscience et le pressentiment, lorsqu’à l’époque du premier partage de la Pologne, sanctionné par l’approbation tacite ou la criminelle indidérence de l’Europe, elle s’est engagée volontairement, au nom du droit des gens et de la morale publique, dans une lutte déscspé ICC avec Catbcrinc II. Aujourd’liui, les circonstances sont entièrement changées ; et, grâce à l’alliance anglo-française, toutes les probabilités de la victoire se trouvent du coté du bon droit et de la raison publique.

Qu’il nous soit permis de rappeler, à cette occasion, un glorieux passé de plusieurs siècles J pendant lesquels nous nous .sommes livrés de rudes combats , mais dont les uns et les antres, nous avons emporté beaucoup d’estime mutuelle et de profondes sympathies. La Turquie est , de même ijue la Pologne l’était autrefois, le pays de la valeur personnelle, de la foi gardée aux engagements, de la tendance au progrès et de l’hospitalité. La Hussic est le pays de la fraude, du vol organisé, d’un fanatisme sans bornes, d’une oppression sans exemple. Déjà corrompue et gangrenée avant d’avoir pu faire éclore les premiers germes de la civilisation, elle est arrivée sous le règne actuel, aux dernières limites de la décadence morale et de l’affaissemenl politique. Que ce soit l’œuvre d’un jour ou de plusieurs années, la Russie sc tuera en voulant s’emparer de (’onstantinople. .

La Pologne libre, et autour d’elle une fédération des peuples slaves, imposante par sa masse et pacitiijue par son esprit national, sortira des ruines fumantes de cet empire de sang et de glace. Délivrée par la réunion intime des armes polonaises et musulmanes, elle deviendra la plus fidèle alliée et le rempart indestructible de la Turquie, sur la seule frontière sur laquelle leur indépendance pourrait encore être menacée. Les difl'ércnces de religion ne sont plus, au temps où nous vivons, des raisons déterminantes de guerre entre les peuples; il ne peut plus y avoir aujourd’hui d’autres croisades ipie celles de la civilisation et de la liberté.

Tons nos compatriotes sont prêts à s’employer à cette mission libératrice ; car tous se rappellent la prophétie d’un pa-

A O.MLU-VACHA

triarche de rükraiiic : « Que la Polugne sera victorieuse le jour où les coursiers oUoiiians viendront boire les flots de la Vistule. »

Agréez, etc.

Paris, 2j supletiilire 1853.

(Le Siècle.)

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