AU DIRECTEUR DU TIMES
LA POLOGNE ET LE PANSLAVISME Moxsif.ir,
Perttieilc*-mol dé réclattier eottU<i raHicle néepoioglqiiô que Tbiis Vénéz de publier «rt'Tà Pologné; Cottlme vous nô juriez ntentiC à vos généreuz antécédents, ni bbsOUdi-e eil principe Pabandoii de noire patrie par les puissances de l’Eu-
Aü DIRECTEUIl DU TIMES
l'Ope, VOUS n’avcz cru pouvoir justifier la politique de lord Palmerston à son dgard, qu’en disant: « que la Pologne n’existait plus de fait, qu’elle était morte, ense>elie dans sa gloire ; qu’on n’en pouvait plus retrouver quelques restes échappés au fer de scs hourreaux, qu’en Sibérie ou bien à l’étranger. »
En vérité. Monsieur, vous allez trop loin dans votre animosité contre vos futurs alliés. Que seize millions de Polonais soient tombés, depuis le triste ministère de lord Castlereagli, sous le joug de la Uussic, rien n’est plus vrai ; mais que la barbarie d’un gouvernement despotique, si sanguinaire qu’il soit, puisse en quebjues années exterminer une population de seize millions d’bommcs, qu’elle puisse anéantir leur patriotisme, lorsque ce sont des Polonais : c’est ce (jue peisonne ne voudra croire cl c’est ce <)ue vous ne croyez pas vous-mùrne.
Vous oubliez d’ailleurs le grand-duché de Posen et la (lallicie, soumis au régime de la Prusse et de l’Autriche. La Pologne existe si bien, comme nation sinon comme État, que vous-même avez dit : n II a suffi aux puissances occidentales d’écoquer un instant l'ombre de la Pologne, pour forcer immédiatement la Russie à souscrire à toutes les conditions qui lui étaient imposées. » Vous avez ajouté, d’après des correspondances de Vienne, que les alliés comprcrianl (jue parer sans riposter était un mauvais jeu, avaient déclaréà l’empereur d’Autriche qu’elles allaient enfin proclamer le rétablissement de la Pologne, en offrant à celui-ci les provinces danubiennes, en échange de la Gallicie ; vous avez rapporté que l’Autriche ac ceptanl avec empressement une proposition aussi avantageuse, l’avait fait connaître au roi de Pi usse, qui pour ne pas perdre Posen et la Silésie sans compensation, l’avait transmise avec une note très-pressante à son nc\en ; que la Russie alors, menacée d’un soulèvement général de l’Europe, et craignant une dissolution intérieure, avait adhéré sur-le-champ aux propositions de l’Autriche.
Tout cela ressort de vos précédents articles ; et, grâce au Journal des Débats, tout le monde le sait à Paris comme à Londres. Vous voyez donc bien qu’auenne de ces puissances, pas même la Russie, ne considère la Pologne comme anéantie et ne juge son rétablissement impossible ; que moins les hommes politiques prononcent son nom, plus elle leur est présente, sous quelques drapeaux qu’ils se trouvent rangés^ que l’abseacc piême de ce nom dans les traités qui s’élabyrent