T. JJ
letthe cxu.
Il compile 1 une dimc ijai Ton'ait h retinr i cour d'allcDdrc ta pali le> oidrts de JAea et aniertiires de u provideiice pour eiécntcr
J'apprends par voire deroiëre lettre, que je viens de recevoir, que l'on persiste à vous vouloir rcleair. C'est une marque que le temps etia saison de Dieu n'a pas encore fait mûrir son fruit pour le cueillir et pour le porter en sa maison. Faites en allenclant les choses nécessaires qui dépendent de vous. Vous dites que le temps te plus proche ne saurait èlre que sur la Gn de l'année. Ce sera toujours assez à temps quand ce sera le saint moment de Dieu ; hors de là rien ne peut avoir de succès ni de bénédiction. Tous vos pas sont compila; toute votre conduite est dépendante de la vertu de Dieu; et votre soin doit Sire d'étudier seulement avec attention ses desseins et
LETTRE CZLt. 19
H* ordres pour les accomplir avec fidélité. C'est quitter la condition de créature, et devenir toute divine, que d'ttre unie et alUcbée par esprit à ta Bagesse de Dlea même pour vivre et opérer en elle. Anéanliuez-vous toujours, et vous abandoonei i lui, pour être en lui, et par lui à luimême, pour tout ce qu'il désire, et en la manière qu'il le désire. Tout le reste passera suivant la condition de ta créature, qui n'est que vanité. Le solide est Dieu, qui vivifie tout, et qui fait te mouvement et la production de toutes choses. Attendez de lui, dans l'ordre de sa grâce, ce que les plantes, les arbres, les animaux, les poissons, les oiseaux reçoivent de son opération en l'ordre de la nature. Tout est admirable quand il est établi et conduit par ce ressort adorable de la divine providence. Il ne fera pas moins pour vous et en vous qu'il fait pour toutes choses, et les créatures D'empècheroDt jamais l'exécution de ses ordres et de ses desseins sur vous. En
30 LETTHE CXLII.
altendaDt vivez toute à lui; et espérez qu'en soa lempg et eD sa gaisoD divine il fera de vous ce qu'il prétend. J'ofTrirai à Dieu la pensée que vous me proposez, et je ferai aussi altention aux ouvertures que sa providence pourrait donner pourfaciliter celte grâce, lâcliant toujours d'étudier sou saint vouloir, pour bien ménager enaaite toutes choses dans le secret de Dieu.
Su le mime sajet,
fai reçu votre lettre , par laquelle j'ai d'abord été convaincu de votre sentiment. Il n'est plus temps de parler jusqu'à l'exécution; mais aussi Taut-il entre-ci et ce temps-lâ parler par vos œuvres et par voire conduite conformémeut à votre intention.
Ne le faites pas néanmoins avec telle force, que cela oblige à venir à quelque éclairci»'
LETTRE GXLII. 21
sèment, qui peut-être renouerait et rallumerait les choses, et fnb retidrait plus difficiles qu^auparavant. Vous lïi^eïitendez à demi-mot.
Pour le temps, il Vaut mieux différer que
précipiter, et se laisser enlever en la vertu
de la très-sainte Mère^ dont toutes les dé-
matches sont si douces, si saintes, si belles
et si prudentes, qu'elles mettent Tépoux en
admiration, et qu^elles le portent à dire :
Fille du prince, que tes démarches sont
hdles en tes chaussures! Telles sont les
vôtres quand vous demeurez revêtue de la
très-sainte Vierge, en laquelle je vous désire
toujours retirée et renfermée pour la gloire
de Dieu, pour Tédification du prochain,
et pour votre propre paix. Ke regardez
point ce que vous allez faire en soi-même,
mais perdez-vous en foi en la très-sainte
Vierge. La première conduite ne vous
causera jamais que perplexité et trouble; et
la seconde, au contraire; qui est la perte
de vous-mêine en votre aimable et sainte
22 LETTRE GXLII.
prison, qui est la sainte Vierge, vous donnera toujours la liberté et la paix. C'est ce que le divin Maître ne me cache pas, et dont il veut que je vous avertisse.
N'est- il pas vrai que Texamen de la chose en elle-même et en ses fruits vous agite, vous attriste et vous embarrasse; et que le recueillement en foi dans la trèssainte Vierge vous met en repos et en paix, faisant évanouir la multiplicité des choses futures, c'est-à-dire incertaines et vaines de ce monde et des créatures ? On ne gâte jamais rien, dit saint Grégoire, pour attendre la volonté de Dieu et ses moments précieux pour Texécution de son œuvre.
Tous ces moments rendent autant de sacrifices de propre volonté, pour attendre la voix de la divine providence, qui après, en vue de notre religion , fait sonner les cloches et dedans et dehors, intérieurement et extérieurement; en sorte que Ton' ne peut plus douter de l'heure du sacriûce public. Adieu, ma très-chère Glle. Tout
LETTRE CXLUI. 23
vôtre, en Jésus et Marie, ponr une éter- Dite.
n encoange une âme à souffrir et à bien porter
la croix.
Je vous écris aujourd'hui, pour vous dire qu'ayant prié sur votre sujel je pense toujours à ces paroles de la divine Mère, qui prédisent noire vocation pénible par ces mots : Vos souffrances seront communes. Il faut du cœur pour porter les épreuves du pur amour de Dieu, qui veut que ses fidèles souffrent persécution, et que, vivant à lui seul, ils ne fassent rien pour eux, mais tout uniquement pour lui.
Quand je pense que Jésus-Christ, le Fils unique du Père, ne s*est jamais satisfait en lui-même pendant son séjour sur la terre, et qu*il s'est vu sur la croix dans un délais^ sèment si grand, qu'il disait, à Dieu, son
9ft LETTRE CXLIir.
Père, qoll se voyait comme nn rejeton sans humeur au milieu d'une terre brûlante, aiusi que marque le Prophète : Si'cuf Todix lie terra sitienli. In terrd desertd et invid et inaquoiâ, sie in aaruito apparvi tibi : quaud je voie que ce Père infiniment adorable le voyait mourir dans la soif de sa consolation, sans lui donner la moindre goutte des sentiments de grâce, c'est-à-dire sans la moindre consolation sensible, dont il aurait pn le soulager en son extrémité; quand, dis-je, je me le représente mourant en ce prodigieux délaissement, je dis en moi-même : Que pouvons-nous trouver ' de trop sévère dans la conduite de notre Dieu, en quelque état de privation, de peine etdedouieuroù nous puissions être rédoi ta par son extrême charité?
Vous dirai-je un mot qui m'est venu en f esprit, et qui vous paraîtra pent-étre un peu sévèreî C'est que Dieu veut porter les Ames de ses fidèles jusqu'à ce point de déoùmeot, que de les arracher à elles-
nèmes, et les tenir EDSpendaes au-denns lie toDte propre satisfaction. Il veut qu'elles ment toujoure à ini, et qu'elle» le cher- (beot en pureté, en sainteté et en drofl>re, sans avoir égard t elles, et sans se retourner sur elles -mêmes. U ne veut point qu'on se voie ni qu'an se regarde que pour lui; et il désire que l'on agisse en cette unique vue de lui plaire en tout, et d'accomplir sa sainte volonté, quelle qu'elle soit. C'est pourquoi il les prive de toute consolation , parce que la consolation a toujours quelque chose en soi qui satisfait et qui fait que la créature s'y racliercbe elle-même. Allons donc i Dieu seul en Jésus et Marie , dont l'union intime ne souffrira plus d'autre regard que de Dieu. C'a été l'unique vue de Notre-Seigneur et de la sainte Vierge vivant dans le monde : et c'est la seule qu'ils ont encore maintenant vivant dans les cœurs, et qnlls conservent dans toutes les Ames qui épouBeot leur esprit, leur fie et leur cou-
26 LETTRE GXLIII.
duite. Ges voies sont dures et pénibles à la chair, mais elles sont du pur esprit, qui pour cela descend sur nous, et se renouvelle tous les jours dans TÉglise par le divin mystère que nous honorons et solennisons en cette octave. Les saints apôtres^ encore pleins d'eux-mêmes, étaient si faibles et si débiles , quMIs ne purent souffrir l'exemple de leur Maître à la croix. Ils s'enfuirent à ses seules approches; et pour les affermir ils eurent besoin du Saint- Ksprit, esprit de force qui leur fut donné au jour de la Pentecôte. Or c'est ce qui nous est aussi donné par le sacrement de conGrmation , où le Saint-Esprit vient en nous, pour nous apprendre à nous forliûer tous les jours en la vertu intérieure de l'esprit, à nous séparer de la chair , à nous tenir dans l'aliénation de nous-mêmes, et à ne vivre qu'en lui seul , qui nous rendra maîtres de la chair, du monde et du démon , trois ennemis qui veulent toujours nous attirer à eux, ou
LETTRE GXLIII. 27
D0Q8 dégoûter du service de Dieu en notre vocation.
Quand je me représente où vous êtes « et où Notre -Seigneur vous a mise, et que je pense à vous en voir sortir , je tremble , voyant surtout les obstacles puissants que la providence de Dieu ne lève pas; et quMl vous tient ce semble enchaînée et captive dans des liens piquants de toutes parts, pour vous arrêter en sa prison de pénitence. L^Ëcriture sainte dit qu'il vaut mieux aller dans une maison lugubre et de tristesse que dans une maison de festin. Vous n'êtes plus maintenant, comme autrefois, dans une maison de joie, de consolation et de festin ; vous n'avez plus à craindre, comme parle passé, les applaudissements , les douceurs et les charmes. Dieu vous met à couvert de cela ; car, en changeant sa divine conduite sur vous , il vous a tirée de ces dangers, et vous a délivrée de ces périls; en sorte qu'il n'y a plus que l'abattement à craindre. Mais
28 LETTRE GXLIII.
Jésus sera votre tout à jamais ; il sera votre force et votre vertu en esprit, quoique l'extérieur en pâtisse. Il sera en vous le prêtre qui offrira vos peines, et qui présentera toutes vos douleurs, comme autant de victimes très -agréables à sa bonté divine. Voilà une étrange leçon , laquelle je ne reçois pas sitôt pour moi et en moi, que je vous la présente , sachant que vous voulez avoir part à tous ces sentiments et à cette conduite , selon que vous me le redites tous les jours dans vos lettres. Quels sacrifices pour moi que tous ces motsi Mais puisqu'il faut avec fidélité être conforme en tout à Notre -Seigneur, et aux divines volontés de son Père, qui nous veut faire ses hosties, il faut être soumis h tout.
Dans Tancienne loi, après avoir offert à Dieu une victime, on Tengraissait dans les étables du temple, puis on la mettait à mort, et ensuite le feu du ciel la venait dévorer. Après vous être offerte à Dieu
tSTTRE CXLIII. 29
en qualité d'hostie, il vous a engraissée en son temple Vespacc de deux ou trois ans» où vous avez joui des douceurs du ciel et des grâces sensibles qui vous ont fortifiée, pour vous immoler ensuite et vous faire mourir à toute vous-même, et être enfin rendue digne de la consommation du feu divin.
Au milieu de ces peines où je vous vois, et dont vous pouvez penser que je souffre davantage que de mes propres maux , ce m'est une joie très^solide de voir et d'étudier les voies que Dieu observe sur vous pour votre sanctification; car ce sont celles qu'il a observées sur son Fils et sur les chères âmes qu'il destine à sa gloire. Jésvs-Ghrist, après avoir été longtemps dans la retraite, s'offrant incessamment en qualité d'hostie, a passé enfin par le crucifiement, par la mort et par la sépulture , et puis il est entré dans la consommation du feu divin, qui est l'amour de Dieu le Père. J'ai toujours espéré que Dieu
30 LETTftE GXLIII.
VOUS ferait celte gr&ce de vous faire passer par tous les saints mystères de son Fils, qui ne les aurait pas opérés pour ses élus s'il n'avait voulu les en rendre participants. Adieu.
S'il faut pourrir comme le bon grain pour fructiGer et pour devenir une nouvelle créature , et que Dieu permette pour cela ce mauvais traitement que Ton vous fait, se servant des mauvaises humeurs de cette personne, et souffrant que le tentateur vous persécute par elle, il faut honorer en tout ce principe universel de votre conduite, qui use avec amour, justice, sagesse et miséricorde de tous ces traitements, pour vous faire mourir à vous, et vous faire vivre en lui dans la perfection de son esprit
Dt U dignité et de U sainteté des prêtres par rapport i l'état et à la vie de Jésus-Christ ressoscité.
Je prie Notre -Seigneur de vous donner part à Tesprit de la sainte résurrection, et de vous remplir de la grâce de ce mystère autant que le demande la sainteté de votre état, il faut, pour être un digne prêtre, que' vous viviez continuellement comme Jésus-Christ ressuscité. Vous avez tous les iours entre vos mains, non pas des hosties grossières et chamelles, ainsi que les prêtres selon Tordre d'Aaron, mais une hostie vivante et spirituelle; et, comme vous devez la recevoir en vous et vous unir à elle en son état ressuscité , il faut que vous soyez dans un état semblable en quelque façon à celui de cette hostie.
G^est pourquoi vous devez vivre aussi purement que si vous étiez déjà resssuscité.
32 LETTRE GXLIT.
Jésus-Christ même, pour une fois qu'il a offert ce divin sacrifice en un état passible, l'a offert depuis mille et mille fois dans Pétat de sa gloire; car, selon saint Paul, il s'offre lui-même pour nous incessam- , ment à Dieu son Père ; et c'est lui qui , tout abtmé qu'il est dans son sein adorable, veut encore exercer par les hommes ce même sacrifice, afin qu'il n'y ait qu'une religion, qu'une hostie et qu'un prêtre sur la terre et dans le ciel, qui est luimême répandu en esprit dans tous les prêtres de l'Église. Et c'est ce qui vous doit faire connaître l'état prodigieux de sainteté dans lequel vous devez être pour offrir ce divin sacrifice; car il faut que vous soyez intérieurement comme un Jésus ressuscité, vivant d'une vie toute divine» Voyez quel est l'état du Fils de Dieu dans sa gloire ; considérez ses mœurs; étudiez les inclinatioqs de sa vie ressuscitée, et vous y découvrirez vos obligations; vous y connaîtrez quel est
•^- ^^^ariHM
LETTRE GXLIV. 33
Tesprit ecclésiastique, quel est le véritable esprit des prêtres de la nouvelle loi, quel est Tesprlt des saints prêtres de Jésus- Christ
i. L'esprit de Jésus -Christ ressuscité est de vivre avec peine sur la terre, et de respirer toujours vers le ciel, souffrant avec violence le séjour de ce monde et les mœurs du siècle et des pécheurs , à cause de la sainteté de son état , qui , le rendant semblable à Dieu , fait qu*il ne trouve que dans son sein une demeure sortable à sa condition. Ainsi le prêtre ne doit vivre qu'avec peine sur la terre; il faut qu'il souffre avec aversion cette demeure, et que, regardant continuellement le ciel, où il doit accomplir son ministère en sa perfection, il porte cependant avec violence les mœurs des hommes, la malice des pécheurs et toute la malignité du monde. Cette première disposition de sainteté et d'aversion du siècle présent doit mettre un prêtre dans une séparation
3A LETIBB «LIT.
totale de la créature et dans un dëpouillemenl uoivergel de lout ce qu'il y a sur la terre; de sorte que, si vous eulrez ud peu daus cet état comaievous ledevet, biea loin de vous attacher aux honocura, aui plaisirs ou aux bieoa passagers, voub verrez que vous ne pourrez plus rien soulTrir de ce monde , et que vous regarderez tont comme uae corruptiou, comme du foin, comme de la fumée, comme du fumier et de l'ordure, au prix de ces biens éternels et divins, que vous regarderez, et après lesquels voue soupirerez incessamment.
S. La deuxième dispositioD de Jésus- Christ ressuscité est un désir cootinuei de son ascensioD , pour aller louer Dieu et glorifier son Père dans le ciel en la compagnie des anges. Ainsi le prêtre doit être dans ce même désir d'aller au ciel; car, comme il ne doit pas être content de ta petitesse de son cœur pour glorifler une ai grande majesté , il but qu'il souhaite sai^
LKTTRE CXLIV. 35
/ cesse de l'aller louer en la compagnie et r société de Jésus-Christ, de la saiute Vierge ' et de tous les saints. Mais comme Notre- Seigneur ressuscité, dans Fattente de son aMeosioD , instruit ses disciples, leur apprend à louer et à gloriGer son Père, et le loue et le glorifie lui-même en leur compagnie; ainsi le prêtre, en attendant Téter- Dité et le jour de sa gloire , doit instruire les peuples de leurs devoirs envers Dieu^ et les lui doit rendre lui-même en la société de ses frères.
3. Notre-Seigneur, dans le temps de sa résurrection, priait incessamment pour la sanctification du saint nom de Dieu et pour Texaltation de sa gloire; et les prêtres doivent faire sans cesse cette même prière ; car ils sont les principaux serviteurs de Dieu, et par conséquent les plus intéressés à sa gloire. Ils sont ses premiers ministres , et partant les plus engagés à Thonneur de sa maison. C'est pourc^uoi ils doiveili.t 1q plu^ MflauMyj^ gloire et la d^si-
rer ioceBsaniiDeDt, ayant toujours dans le cœur et dans l'esprit celte parole : SanctipcetUT nomen taum.
à. Noire-Seigneur ressuscité était d&ng un désir ardent de l'augmentation de l'Église, et c'est de quoi il sollicilait conlinuellement son Père depuis sa sainte résurrectioD jusqu'à sa glorieuse asceusioQ ; car il lui demaudaii saas cesse l'avénemenl de son royaume : Adw.tiiat regnum tuutn. Il le priait qu'il lui plâl établir sur la terre son Ëglise, qui esl son véritable royaume , oti il est reconnu roi , où il a ses sujets, où il est obéi, où il fait observer ses lois. Il lui demandait qu'il l'étendtt par loul le monde, afin que partout il fût reconnu pour souverain , et c'est aussi de ce royaume dnnl avant que de monter an ciel il entrenait ses apôtres, qui eu devaient élre ses fondemenls : Et loquebatuT de regno Dei. Or ce doit être là pareillement le grand désir et la prière continuelle des prétrea; il faut qu'ils de*
LETTRE CXUV. 37
mandent à Dieu Taugmentation et la sanctification de TËglise, pour laquelle ils doivent avoir un zèle extrême, à cause du grand amour que Dieu même a pour elle. C'est sa fille qu'il chérit uniquement , c'est le miroir qui Texprime parfaitement et où il se voit admirablement bien représenté ; c*est le beau jardin dans lequel il se récrée; c'e^t le trône de gloire sur lequel il est assis; c'est le lit de délices où il repose; c'est le tabernacle saint où il demeure : c'est enfin sa chère épouse^ sur laquelle il exerce ses plus tendres amours, et à qui il confie tous ses trésors et tous ses dons; et c'est ce qui nous doit faire désirer ardemment de la voir établie par tout le monde.
5. Comme l'esprit de la résurrection et la sainteté de cet état consistent dans une séparation de toute la créature et dans une application continuelle à Dieu, il faut que les prêtres soient séparés du monde et élevés incessamment à Dieu , ayant tou-
jours l'esprit présent pour lui rendre leurs devoirs et leurs hommages selon les diverses occasions et en la manière que Tesprit de Dieu voudra les y appliquer. Notre -Seigneur, en cet état, était intérieurement et extérieurement toujours appliqué à Dieu, et il faut que les prêtres y soient aussi appliqués incessamment dans leur intérieur; et pour leur extérieur ils doivent se servir de toutes les rencontres de la vie pour s'y élever, puisqu'ils sont ses domestiques, qu'ils sont choisis particulièrement pour avoir l'œil toujours attentif à leur Maître, et qu'ils doivent surtout entrer dans cet esprit de la résurrection, où l'âme, dégagée et absorbée en Dieu, se trouve uniquement occupée de cette divine majesté. C'est ce que pratique avec une admirable fidélité un saint prêtre que je connais, qui se porte à Dieu parla présence de toutes choses. Quand il aboriSè les tilintes âmes qu'il conduit, ou qu'il confère avec elles, il s'anéantit devant
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lamaiesté de Dieu residaDl en elles, et it admire ees bontés. S'il traite avec les pécheurs , il se regarde luî-ioËroe comme diargé devant Dieu de leurs péchés, comme ne faisant qn'un prêtre avec Jésus- Cbrist, chargé des péchés de tout le monde, et comme en devant porter la pénitence et la confusion, et en être la victime; en un mot, comme ne devant rien épargner pour fléchir le cœur de Dieu et apaiser sa justice. S'il hoit ou s'il mange, avant que de commencer cette action il adore Dieu et sa divine providence, qui depuis si longtemps, et en tant d'endroits, et si éloignés, le regarde dans les choses dont il use, qu'il conserve toutes pour ses usages ; il le remercie de ses soins assidus, et il se confond de ses méconnaissances : ou, s'il n'a rien de particulier qui l'occupe, il l'adore et s'anéantit 'devant sa majesté ; il le loue et le prie pour tous lès hommes.