‹ Lettres sur l'agriculture moderneChapitre 5 sur 12 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

ils en achètent même trop peu, et, se fondant sur les théories des auteurs qui prétendent que les éléments minéraux de leurs champs sont inépuisables (théories qui s’appliquent à un tout autre système d'exploitation), ils s’imaginent que la fertilité de leurs terres n’a pas de limite. Comme les conditions de fertilité ne font pas encore défaut, ils croient ne devoir se prémunir contre le besoin que quand il viendra frapper à leur porte.

Ceux-là aussi lisent les journaux agricoles et sont-parfaitement convaincus que les préceptes de la science ne cadrent pas avec leurs procédés. Ils sont les échos des autres propriétaires et des chauds partisans des théories des agronomes, quoiqu’en les pratiquant ils fassent tous les ans un pas vers la ruine de leurs champs, ruine qui est la suite inévitable-de leur système d’exploitalion.

L'opposition que la science a rencontrée chez cette classe de praticiens provient, en partie, de l'ignorance des vrais principes scientifiques, et, en partie, de ce que l’on comprenait ou expliquait mal ceux-ci.

Si j'ai attaqué, avec cette vivacité qu’entraine la conviction, les erreurs et les contradictions de ces auteurs en tant qu’ils s’occupaient de sujets purement chimiques, relativement au sol, aux engrais et à la nutrition des plantes, on ne doit pas perdre de vue que ce sont

eux qui ont été les agresseurs et qui ont engagé la lutte.

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