‹ Lettres sur l'agriculture moderneChapitre 6 sur 12 · PRÉFACE, IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE, IX

Une attaque de ma part eût été impardonnable, d'autant plus qu'avec cette naïveté qui caractérise ceux qui jugent de choses qu'ils ne comprennent pas, ils avaient avoué que la chimie et les sciences naturelles leur étaient tout à fait étrangères. Ce sont, sans exception, des hommes dignes de toute l'estime dont ils jouissent dans la vie civile, et il ne saurait me venir à l’idée de vouloir les blesser personnellement. Mais, quand ils se posent en défenseurs et en propagateurs de théories qui n'ont pour elles que d’avoir servi de règle pendant cinquante ans, et qui sont en désaccord avec les notions les plus exactes, basées sur la chimie et les sciences naturelles, quand, dis-je, ils professent des idées qui doivent un jour compromettre la prospérité de l’agriculteur, toute considération de personne ou de rang serait, à mes yeux, un attentat au bien-être de tous, si elle avait pour conséquence de masquer la faiblesse, l’inanité de leurs arguments, et leur profonde ignorance des rudiments de la chimie et des sciences naturelles. Leur aveuglement les empêche de voir clair dans leur propre pratique et en fait les ennemis les plus terribles de la science, dont ils ne saisissent pas même le but.

Les questions qui se rattachent au domaine scientifique en agriculture sont d’une trop haute importance, pour que ceux qui s’avisent de les traiter ne doivent

s'assurer d’abord s'ils les comprennent.

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