X PRÉFACE
Le but principal du cultivateur est de trouver des engrais puissants, qui fertilisent les terres stériles et doublent le produit des terres productives; mais ce n’est pas en marchant les yeux bandés dans la voie de l’empirisme qu'il les trouvera, si ce n’est par hasard. Aussi ignore-t-il que ce n’est qu’en s’occupant, pendant plusieurs années, de choses élémentaires et en apparence futiles, qu’on parvient à comprendre les grandes choses.
Le chemin suivi par la science pour trouver des engrais actifs est tout autre; il est plus aride, mais plus sûr : il est doublement difficile, puisque le savant qui le parcourt doit lutter non-seulement contre les préjugés de la pratique, mais encore contre les erreurs de sa propre science, erreurs qui le dominent comme enfant de son époque, et le font broncher à chaque pas; mais il sait que reconnaitre une erreur est déjà une victoire, et que le chemin de la lumière est plein de ténèbres et d’épines.
Nos auteurs agronomiques n’ont aucun remède à offrir au petit propriétaire, au pauvre paysan, à ceux qui, en un mot, n’ont que peu ou pas de capital, pas de bonnes terres, pas de prairies, trop peu de bétail, et, par suite, pas de fumier; ceux qui cultivent les plantes commerciales, comme le tabac, le houblon, le lin, le chanvre
ou la vigne, ne trouvent non plus dans leurs leçons