‹ Lettres sur l'Amérique du Nord (volume 2)Chapitre 2 sur 70 · LES BATEAUX A VAPEUR DE L OUEST · texte numérisé non relu

LES BATEAUX A VAPEUR DE L OUEST

cite entre autres la catastrophe (\%la Brandywine, qui fut consumée près de Memphis, avec tout son monde, environ cent dix personnes, en avril i83a. En matière d’incendie, les Américains sont d’une insouciance unique (i 1, aussi bien dans leurs maisons de New-York que sur leurs steamboats du Mississipi. Ils fument nonchalamment au milieu des balles de coton à demi ouvertes, dont le bateau est comblé; ils embarquent de la poudre sans plus de soin que si c’était du maïs ou du bœuf salé (2), et laissent tranquillement des objets empaquetés dans de la paille, à portée du torrent d’étincelles que vomissent les gueules des cheminées.

Les accidents causés par les bois de dérive, connus sous le nom. de logs, snags , sawyers, selon les diverses positions qu ils alfectent clans le lit du fleuve, ont été extrêmement fréquents. On tâche d’y remédier en renforçant l’avant des bateaux et en y établissant une épaisse cloison ( bulk head ), qui double la coque à une petite distance de la proue. Le gouvernement fédéral a deux bateaux destinés à dé-

barrasser, par un mécanisme ingénieux, le cours du Mississipi et de l’Ohio des bois qui l’obstruent. Les

(i}On n'a pas idée, en Europe, de la fréquence et de t’élendue des incendies en re pays. Les dernières nouvelles Je Charlesion nous apprennent que trois cents maisons viennent d'y être la proie des flammes, A ftew-Tork et à Philadelphie, il se passe rarement un jour sans que l’on sonne la do. he d'alarme*

(2 II y a deux ou trois ans, hui des deux sénateurs delà Louisiane au Congrès, M. Johnston, a péri, avec beaucoup d'au 1res passagers, sur la Rivière-Rouge, à bord du bateau à vapeur la Lionne, où Ton avait embarque de la poudre qui prit feu.

États riverains, qui n’ont cependant que de très légères taxes, il ont pas fourni tin centime pour cet objet essentiel. L’appareil du capitaine Shrève, établi sur les deux bateaux du gouvernement fédéral, V Héliopolis et V Archimède, a beaucoup dégagé le chenal; mais il reste à faire encore.

Sous beaucoup de rapports, l’on pourrait , au moyen de dépenses bien dirigées, diminuer les chances d accident. On a aujourd’hui l'expérience du fleuve ; il y a maint ingénieur, aux Etats-Unis, qui sait manier ce puissant père des eaux * Pour le maîtriser ainsi que ses affluents, il ne faudrait pas d’énormes sommes. Mal heureusement le gouverne* ment fédéral, qui ne sait que faire de son argent, ( car les douanes lui produisent au-delà de ses besoins, et il a maintenant un excédant de plus de i j millions de dollars ) (i ), est arrêté là encore par une doctrine dont le parti démocratique s est épris, on ne sait pourquoi. On interdit au gouvernement fédéral de s’immiscer dans les travaux publics qui s’exécutent sur Je territoire des États particuliers. Ainsi, quoique toute la fédération soit intéressée à 1 amélioration de la navigation sur les fleuves de I Ouest, le gouvernement fédéral n’y peut procéder qu avec timidité et lenteur. Le prédécesseur du généial Jackson, M, Adams, était un chaud partisan de Hmervention de l’autorité fédérale dans

; i) Voir La noir 4 àJa fin du volume.

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