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fait exemple; voilà dix-huit cents ans qu elle dure. Mais, pour obtenir ce résultat , ii a fallu détruire le sentiment de la famille chez les membres de cette hiérarchie en les astreignant au célibat ; il a fallu ensuite substituer au principe naturel de fixité par transmission héréditaire, un principe tout artificiel, c’est-à-dire, une discipline extraordinairement rigoureuse, et la règle sévère de l’obéissance passive. En un mot, on n’a satisfait, dans ce cas, aux conditions de stabilité qu’en immolant la liberté.
Les deux puissances du commerce et de l’imprimerie , ne sont aussi éminemment mobiles et remuantes que parce qu’elles ne sont aucunement organisées. Elles sont susceptibles d'être modifiées et réduites dans leur influence novatrice, ce qui rendrait moins indispensable une vigoureuse reconsitiition de la force conservatrice. Sans contredit, l'industrie serait moins antipathique aux privilèges de l’aristocratie temporelle , si elle y participait, ou si elle avait ses prérogatives spéciales. La science, dont l’imprimerie est le glaive , se fût montrée moins antipathique à la hiérarchie spirituelle, si celle-ci ne l’eut repoussée. Il est possible qu’en effet nous soyons destinés à voir une sorte de noblesse industrielle ; il est même possible que l’on en vienne, de proche en proche, à discuter sous une forme ou sous une autre, la question d’un monopole plus ou moins complet de la science et de la presse. Au lieu de démolir l’aristocratie , on Faffer-
LETTRE XXXiri.
mirait en y faisant entrer la science et l’industrie , quila défendraient alors, au lieu de l’attaquer* Dans ce système, l'aristocratie serait moins compacte et moins exclusive ; elle planerait d’une moindre hauteur sur le reste des hommes; mais elle couvrirait plus d’espace, elle gagnerait en surface ce qu’elle aurait de moins en élévation ; elle ne laisserait pas un pouce de terre où Ton pût être hors de son atteinte. L’égalité y gagnerait probablement; mais l’indépendance humaine y perdrait.
Il serait oiseux de chercher à deviner les formes diverses que pourrait revêtir, dans les sociétés présentes ou futures, une hiérarchie politique ou religieuse, avec ou sans consécration du sentiment de la famille, associée ou non à l’industrie et à la science, ou encore comment le principe de la famille pourrait s’allier an principe de l’élection par le peuple, ou par le chef du peuple. Il serait également impossible de faire dès aujourd’hui le dénombrement, par rang de taille, des divers intérêts entre lesquels la société serait partagée dans l’avenir, et de nommer des institutions par lesquelles ils se personnifieront ; qui donc, du temps de César et de Péri clés, ou même sous Constantin, eût pu deviner les corps de métiers, les universités, les ordres monastiques et les parlements, sans parler des grandes banques ?
Une multitude de combinaisons, que nul ne peut prévoir, sont possibles. Plusieurs auront lieu soit