CENSURE EXERCÉE PAR LES DIRECTEURS DES POSTES
En août i835, à la suite des rigueurs exercées dans le Sud contre les abolitionistes , ou les gens supposés tels , le directeur des postes de la ville de New-York refusa de recevoir certains journaux publiés contre l'esclavage. Le directeur -général lui écrivit une lettre qui fut reproduite par toute la presse , et dont le sens était qu'il ne l'approuvait pas formellement ,' mais qu'il ne le désapprouvait pas davantage ; c'était , après tout , une autorisation à continuer. A la même époque, le directeur des postes de Charleston laissait ouvrir le sac des dépêches par un comité de surveillance qui supprimait , à sa discrétion , ce qu'il croyait écrit dans le sens abolitioniste.
Les États du Sud ont même réclamé, officiellement ou officieusement, des États du Nord, qu'ils empêchassent la publication , chez eux , d'écrits où l'esclavage serait attaqué. Dans leurs messages d'ouverture des sessions des législatures locales , plusieurs gouverneurs du Nord, et entre autres celui de l'Etat de New-York, ont reconnu la nécessité des lois répressives que demandait le Sud , au casoù les abolitionistes persisteraient à écrire. Presque tous ont dénoncé, dansles termes les plus sévèresjes efforts des adversaires de l'esclavage. Mais quelques uns, et entre autres M. E. Everett, du Massachusetts , et M. Wolf , de la Pensylvanie, ont formellement refusé de courber la tête sous les exigences du Sud. Le premier, qui a été pendant long-temps l'un des membres les
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plus distingués de la Chambre des Représentants au Congrès , a déclaré expressément que les dispositions pénales réclamées par le Sud étaient incompatibles avec l'esprit des institutions nationales et avec les dispositions du peuple.
Note 60. (Page 375.)