‹ Lettres sur l'Amérique du Nord (volume 5)Chapitre 10 sur 65 · MVEIUPOOI. ET SON CHEMIN DE FER · texte numérisé non relu

MVEIUPOOI. ET SON CHEMIN DE FER

expliquerait l’importance commerciale du port de Liverpool (i); joignez à cela que Liverpool est à proximité des fonderies et des forges du Staffordshire et du Shropshire, des fabriques de toute nature de Birmingham et de Sheffield ; que le rétrécissement de l’Angleterre par le 53 ® degré de latitude met à la fois sous sa main les deux côtes occidentale et orientale ; qu’il est le centre des relations entre l’Irlande et la Grande-Bretagne ; qu’il touche à la fois à l’Ecosse et au pays de Galles ; qu’il est le quartier-général des bateaux à vapeur anglais, et vous concevrez que Liverpool soit le siège d’un commerce gigantesque qui ne le cède qu’à celui de Londres. Onze mille bâtiments, représentant 1,400,000 tonneaux, viennent tous les ans prendre place dans ses neuf bassins. Les deux cinquièmes des exportations anglaises ont lieu par Liverpool. Plus du cinquième du produit des douanes britanniques y est perçu (près de 100 millions, c’està-dire une somme égale au revenu de toutes les douanes françaises. ) Depuis la révision de la Charte de la Compagnie des Indes, les négociants de Liverpool espèrent s’emparer d’une grande portion du commerce de 1 Asie, qui jusqu’à ce jour a eu lieu exclusivement par Londres. Ils ne prétendent à rien

ij 3 36 , 854 ^ c esT-à-dîr6 (jî^elle a doubla. L’augmentatiOTi moypime d6 loiile la pûpulalion du Hoyaume-Unî dans le même temps,’a élé de 5o poup roo* (ï) Du 5 déceoibi'e i 33 o au 5 janvier i 83 i, la ’^’aleur cotonnades exportées par Lîverptiol s^est élevée à 87,500,000 fr.

LETTRE ir. ag

moins qu^à égaler le commerce de leur capitale^ et il faut convenir qu’ils en prennent le chemin.

En suivant la série historique des développements de Liverpool^ de Manchester ou de toute autre ville d’Angleterre, on reconnaît 'aisément un fait qui est de bon augure pour la France de i83o ; c’est qu’un peuple ne s’occupe avec ardeur et succès de commerce et de manufactures que lorsqu’il se sent à l’abri de tout despotisme politique ou religieux; mais qu’une fois rassuré sur ce point, il va vite et bien dans la voie industrielle. Tant que l’Angleterre s’est sentie gênée dans ses franchises ou dans ses croyances, elle a été possédée d’une idée fixe ; repousser l’obstacle, le faire fléchir ou le renverser. Une fois libre de ce souci, elle a fait de Findostrie comme aucun peuple n’en avait fait encore. Au commencement du siècle dernier , après l’expulsion des Stuarts, Liverpool n’avait que 5,ooo habitants, sans autre commerce qu’un peu de cabotage, lorsque quelques bourgeois s’avisèrent de faire concurrence à Bristol, qui avait alors le monopole du commerce des Indes occidentales. Bristol apportait en Amérique, avec les produits de la pêche dans la mer du Nord, des étoffes rayées et à carreaux fabriquées en Allemagne ; les bourgeois de Liverpool prirent des cargaisons d’étoffes écossaises ; mais leur début fut malheureux : les produits écossais étaient de qualité inférieure, Manchester les tira d’embarras, Il y avait déjà dans cette ville uelques fabricants

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qui imitèrent et surpassèrent les étoffes d’Allemagne. Munis de ces produits , les négociants de Livei'pool rivalisèrent heureusement avec ceux de Bristol. Telle est l’origine de la solidarité de plus en plus étroite qui unit Liverpool et Manchester. La contrebande avec les colonie.s espagnoles, et aussi la traite des noirs, entreprise en concurrence avec Bristol, continuèrent d’enrichir Liverpool et Manchester par conséquent. En 1764? pendant que Bristol armait 3 a vaisseaux pour l’Afrique et 74 pour l’Amérique, Liverpool en expédiait aux mêmes destinations io 5 et i 4 '' La même année le port de Liverpool recevait ijSSp navires, tandis que 67$ seulement entraient à Bristol. Aujourd’hui Bristol n’est plus qu’un port secondaire relativement à Liverpool. Ce n’est pas que Bristol soit déchu : c’est au contraire une ville opulente dont le commerce a décuplé peut-être depuis un siècle. Mais, au milieu du progrès général, Liverpool s’est avance au pas de course. On y compte 180,000 habitants sans compter les étrangers et les matelots, et 225,000 avec les faubourgs. Cette ville qui, lors du siège de Calais, quand Édouard III rassembla toutes les forces de l’Angleterre (i), put à peine fournir une barque montée par six hommes, possédait en 1829, 80G navires du port total de 161,780 tonneaux, montes par

(t) La flotte d’Édouard c’avait pas moins de 700 \oiks ^ elle était montée par malelota.

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