‹ Lettres sur l'Amérique du Nord (volume 5)Chapitre 9 sur 65 · LIVERPOOL ET SON CHEMIN HE EER · texte numérisé non relu

LIVERPOOL ET SON CHEMIN HE EER

vaste comptoir^ le mieox disposé de Tunivers* Tou^ tes les affaires sy traitent dans un espace moins étendu que la place du Carrousel, qui comprend le bel édifice de ia Bourse , fHôtebde'Ville et tous les bureaux(ï). Le soir, à quatre ou cinq heures ^ tout est terminé ; chacun ferme sa cellule (les bureaux méritent ce nom) et regagne sa maison de ville ou même de campagne, car il y a beaucoup d'habitations de raotre côte de la Mersey* Liverpool et Manchester ont une double et triple enceinte de canaux : le canal du duc de Bridgewater, celui de Leeds à Liverpool, ceux de la Sankey, de Leigh, de Bolton et Bury, de Mersey et Irwell, sans compter ces petites rivières qui forment de nobles baies à leur embouchure j et qui au-dessus sont de minces filets d eau plus aisément et plus régulièrement navigables néanmoins que nos fleuves superbes, TlrweU , la Mersey, la Weaver; et le service de cette navigation est conduit avec une célérité inconnue en France. Depuis la paix, la prospérité de ces deux villes a pris un tel essor, qu il y a dix ans, ces moyens de commuïiication, joints à une route superbe, se trouvèrent insuffisants. Le comptoir et la fabrique voulurent se rapprocher.Xe mai 182/1, une déclaration, signée de cent cinquante négO'

(r) Poïtp donner nne idée delà masse d’affjiires qui se traite dans cet étroit espaces ü sulfit de dire que derniéremenl il s’y est \eiidu du terrain, sur le [ued de lo^ooo fr, la toise carrée. Je ne crois pas que dam aucun quartier de Paris le terrain .se soit jamais vendu la moitié de ce prix. (Voir la note 9 à la ün du volume.)

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ciants, constata le besoin de voies nouvelles, et le chemin de fer fut résolu. Les travaux s’ouvrirent en juin 1826 , et le i 5 septembre i 83 o (i) il fut solennellement ouvert. On sait par quelle fatalité M. Huskisson, représentant de Liverpool et ministre du commerce, périt dans cette cérémonie. On achève maintenant un souterrain de près d’une demi-lieue qui conduira le chemin de fer au centre de Liverpool, et qui aura coûté quatre millions.

Le principal commerce de l’Angleterre, celui dans lequel elle ne connaît pas de rivaux, et qui lui ouvre tous les ports du monde, consiste en cotonnades de toute nature. La valeur totale des exportations agricoles ou manufacturières du Royaume-Uni s’élève assez régulièrement, depuis dix ans (2), à 900 ou 920 millions de francs ( 3 ). Les cotonnades y sont comprises pour 4^0 à 45 o millions ; et la plus grande partie des cotonnades anglaises se fabrique à Manchester ou dans les environs ( 4 ). Ce fait seul

(1) La rapidité d*exéciitioQ d’un chemin de fer dépend principalement de la disponibilité des capitaux. La Compagnie du railway de Londres à Birmingham compte avoir achevé ses quarante-cinq lieues dans un délai de quatre ans, c’est-à-dire en 1837. Le Parlement ne lui en a accordé que cinq.

(2) Il ne faut pas conclure de là que le commerce anglais soit stationnaire. La masse d'ôbjels importés va toujours croissant ; mais les prix baissent à peu près dans la même proportion, ce qui produit un équilibre apparent.

( 3 ) La France dépasse maintenant la moitié de ce chiffre. ( Voir la note 10 à la ûn du volume. )

(4) De 1801 à i 83 i, la population du comté de Lancastre, où sont situés Liverpool et Manchester, s’est élevée de 672,731 habilaus à

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