GUERRE DU PR 15 SIDEÎ!ÏT CONTRE LA BANQUE
tnt de reprendre les paiements en espèces* Le régime du papier-monnaie inéchangeable continua- Qu^on se figure alors deux cent quarante-six (i) papiers-monnaie, circitlant les uns à côté des autres, ayant tous des valeurs inégales selon la renommée plus on moins passable de la banque d’où ils provenaient; perdant ceux-ci 20, çeux-là 3 o, d autres 5 o pour 100. L’or et l’argent avaient complètement disparu. Il n’y avait plus de prix, ni d’évaluation possibles. La masse des billets en circulation s’était accrue outre mesure (2). Au papier-monnaie des banques s’ajoutait une masse de petites obligations individuetles de plus mauvais aloi encore, que de simples particuliers émettaient au fur et à mesure de leurs besoins , ét qui passaient de main en main tant bien que mal dans leur voisinage. C’était une effroyable confusion, une Babel, où toute transaction était impraticable faute de moyen de s’entendre.
L’on sentit alors que, pour rétablir l’ordre au sein de ce chaos, il fallait itne puissance régulatrice capable de commander la confiance, assez en fonds pour reprendre largement le paiement en espèces, et dont la présetice et au besoin raiitorité rappelassent à tout instant les banques locales à leurs devoirs* En 1816, la Banque actuelle des États-Unis
(;) CVst le ijambre des baurfues qui existaient alors.
(2) Eu 18 l6 , il y eut par momeeis plus de papier-monnaie en circulalîon qtril n'j eîi a eif depuis eïi i8 H > atéc des affaires bien aiUremeni êiendues.
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fut donc autorisée par le Congrès pour vingt ans, avec un capital de 35 millions de doll. (187 millions defr.)' Elle entra en opérations le i®' janvier 1817. Son siège principal est à Philadelphie; elle a vingtcinq succursales répandues sur le territoire de l'Union,
Par soïi intervention J et avec son secours^ dès le 20 février 1817 j le paiement en espèces fut repris aux banques de îîew-Yorkj de Philadelpliie, de Baltimore J de Richmond j de Norfolk. Peu a peUj et de proche en proche ^ tontes les banques de rUnion durent faire le même'pas. Celte reprise de paiements en espèces fut^ pour les banques d'abord, et pour les particuliers ensuite, le signal, Toccasionj Tordre d’une liquidation générale du passé. Comme il y avait eu beaucoup de prodigalité, de spéculations malheureuses, de pertes sèches, successivement accumulées depuis vingt ans , ce devait être et ce fut une débâcle. Un grand nombre de banques firent faillite ou suspendirent totalement leurs opérations. De 1811 à i 83 o, cent soixante-cinq banques se sont trouvées dans Tuii ou Tautre cas.
Cette liquidation dura trois ans ; ce furent trois ans de crise, trois ans de torture pour findustrie, c'est-à-dire pour le peuple des Etats-Unis ; car cette nation est identifiée avec son commerce. Les malheurs de cette époque ont laissé de profonds souvenirs. La haine des spéculateurs et du Banking-Srstem s"est enracinée au coeur des masses, et se soulève
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aujourd'hui contre la Banque des Etats-Unis qui, aux yeux ci II grand nombre, représente le système, quoiqu’elle soit innocente du mal, et qu’elle ait seule la puissance d'en prévenir le retour.
L’antipathie du plus grand nombre contre les banques a donc une raison d’existence ; mais elle n’en est pas moins aveugle et injuste. On ne tient compte que des abus; on ferme les yeux pour ne pas voir le bien. L’extrême extension du crédit, qui résultait de la multiplicité des banques et de leur laisser-aller, a profité à tout le monde, aux/àr^/zerj et aux mechanics comme aux gros commerçants. Les banques ont servi aux Américains de levier pour installer chez eux, au profit de toutes les classes, l’agriculture et l’industrie de l’Europe, et pour couvrir leur sol de routes, de canaux, d’usines, d’écoles, de temples, et, en un mot, cle tou t ce qui constitue la civilisation. Sans les banques , le cultivateur n’aurait eu ni les prenïières avances, ni les instruments nécessaires au défrichement de sa ferme; et si le système de crédit a permis aux spéculateurs l’agiotage, il lui a permis , à lui aussi, indirectement il est vrai, d’acheter à raison d’un, de deux ou de trois dollars l’acre (i), et de mettre en valeur des terres qui valent maintenant entre ses mains, à lui cultivateur, le décuple ou meme le centuple. Les mechanics qui accusent le Banking~S)^stem oublient qu’ils lui doivent
(i) Cinc( ticm équLvaleot h. deux hectare.;.
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cette activité industrielle qui porte leur salaire à 6 et à lo fr* par jour* Ils oublient que c’est lui qui leur fournit le moyen, dont beaucoup d'entre eux profit tent, de s'élever à Taisance ou à la richesse ; car ici tout homme entreprenant qui présente des garanties morales est sur de trouver du crédit, et dés lors il ne dépend que de lui d’arriver à la fortune (i)*
A la fin de 1819 le commerce se releva ; le système financier des Etats-Unis parut assis. Depuis lors, en 1822, il y a eu quelques secousses: il y a eu en 1825 un contre-coup de la crise anglaise; mais dans Tun et dans Tautre cas Torage ii’a fait que passer* Le mal radical a été guéri du jour où la Banque des Etats-Unis a été définitivement constituée* Cette grande institution, qui, lors de son début, a commis quelques fautes et qui en a porté la peine, n'agit depuis long-temps qu'avec une prudence consommée. La plupart des notabilités commerciales, c'est-à-dire des capacités du pays, sont rattachées à elle en qualité de directeurs* Elle a pour correspondans ou cointéressés à letranger les banquiers dont le crédit est le plus solidement établi, la maison Baring à Londres, la maison Hottinguer à Paris* Elle exerce sur toutes les banques locales un contrôle indispensa-
(1) Le méchante et le/armer n’ont pas de crédit ouvert atix banques; mais les maichaüd^au^iqùels ils achètent leurs ouLiU ^ matières premières et provisâiorjis , en ajr'aut un , leur lont à etiJi-memes de nieilleurs termes et leur accordent de longs délais. Pour ne jouir du crédit des banques que de seconde ou dé troisième main, le/armer et le mechanic n’y participent pas moins.
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ble ; elle les oblige à modérer leurs émissions en leur demandant des paiements en espèces ou en refusant leurs billets toutes les foisqu elle les croit trop avancées. C’est par elle que le système de circulation (i) des États-Unis était si largement constitué dans ces derniers temps, qu’en i 83 i les banques proprement dites ont pu sans effort effectuer une masse d’escomptes qui, dans les villes principales de ru ni on, a atteint le chiffre de 4 milliards 3 oo millions de fr., et qui pour T Union entière a du dépasser 6 millia^s.
Et voici tout à coup que cette situation prospère semble près de s’évanouir. Ici, à New-York, les banques arrêtent leurs avances. De bon papier, à deux ou trois mois de date, ne peut plus s escompter, dans beaucoup de cas, que sur le pied de i 5 , i8, 24 p. 100 par an (le taux de la banque des États- Unis et de la plupart des banques locales est de 6 p. 100). A Philadelphie, l’on négocie d’excellentes valeurs à courte échéance à raison de 18 p. 100 par an. A Baltimore, des négociants, qui sont au-dessus de leurs affaires de 1,000,000 fr. et plus, sont obligés de suspendre leurs paiements. L’on n achète plus ; l’on ne peut plus vendre. Les ordres pour les manufactures étrangères s’ajournent. Comme tout
(il Les Anglais ont le mot curreacy pour désigner l’ensemble des Dioyena employée comme interiïiéLliaij'es dans Les iransaciîoiis^ a idi à ia fois plus lai'ge et plus précis que celai de sigm représentatif* C est çc qu6 j’ai voulu rendre par sj^stème de cïrcidaUon.