LIVERPOOL ET S 03 T CHEMIN DE FER
que le pont de Chester qui n’est pas sur le chemin de fer, mais qui n’en est pas loin, mérite d’être visité, même après le Pont-du-Diable ; sans compter qu’à voir les fragments de coke enflammé que la machine sème sur sa route, on peut, sans se mettre en frais d’imagination, se persuader qu’on est emporté par un char de feu, ce qui est assurément de toutes les voitures la plus poétique. "
Actuellement qu’il s’agit de doter la France d’un système de chemins de fer, et qu’il est généralement admis que l’exécution en sera impossible si le gouvernement n’intervient, il commence à se former une opposition contre les chemins de fer. Les uns diront ou disent déjà que 20 , 3o, 5o millions, ajoutés tous les ans aux dépenses publiques, sont une charge écrasante, vu les lourds budgets que les circonstances ont imposés à la France depuis trois ans. On peut leur répondre que ce serait une dépense productive, et que l’accroissement seul des recettes provenant du développement des transactions et des consommations, produirait au Trésor, selon toute apparence, une somme au moins égale à l’intérêt du capital que le gouvernement aurait consacré pour sa part à l’établissement des chemins de fer, et qu’après tout, si les chemins de fer rapportent peu au Trésor, ils rapportent beaucoup au public qui est vraiment l’Élat. D’autres objecteront qu’au lieu de se lancer dans de pompeuses entreprises, il serait plus opportun de s’occuper des
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chemins vicinaux, dont le bon entretien est si indispensable au progrès de notre agriculture, A ceuxlà on peut dire que, de plus en plus, les chemins vicinaux sont Fobjet de la sollicitude efficace du gouvernement, des dèpartemens, des communes; que les chemins de fer et les chemins vicinaux forment les termes extrêmes également essentiels de la série des voies de transport, et qu’il ne s’agit pas plus de sacrifier les chemins vicinaux aux chemins de fer, que de délaisser les chemins de fer pour les chemins vicinaux. Il y a en France assez de bras pour mener de front rétablissement de nos communications vicinales, rachèveinent de notre système de navigation intérieure et la construction des grandes lignes de chemins de fer. Ces travaux, si gigantesques qu’ils paraissent, îi’exîgeraient pas deux cent mille hommes pour être activement poussés. Pendant fliiver, la population des campagnes, qui est alors inactive, leur viendrait en aide surtout pour les chemins vicinaux. Or deux cent mille hommes, ce n’est que la moitié de notre armée. Il est clair d’ailleurs que la France produit assez de pain pour nourrir ces travailleurs, et assez de drap pour les vêtir; ce qui revient à dire qu’elle possède un capital suffisant pour aborder cette colossale entreprise. Il ne lui manque qu’une chose, la voionté.
Enfin, il y a la classe des hommes prudents à 1 excès, de ceux qui, dans le système de rouages