MONTAGNES £T RIVIÈRES
Paysage d'hiver.— Harper-Ferry.— La sombre flgure des Américains et leur bien-être matériel. — Le stage. — Les bateaux de Touest. — La Monongahela. — Washington et le fort Duquesne. — Pittsbourg.
'il vous tombait par hasard entre les mains une description des États-Unis faite par un Américain, qui vous peigntt avec son enthousiasme national des montagnes dont la cime se perd dans les nuages, ne vous imaginez pas qu'il y ait rien ici de semblable à ce que vous avez vu dans notre beau Jura, aux bords du lac de Genève et dans la vallée de Chamounix, car TAmérique du Nord est, dans sa plus grande étendue, une terre plate traversée par des collines et quelques chaînes de montagnes qui, aux yeux de ceux qui n'en ont pas vu d'autres, pour-
raient très-natureUement* paraître des masses gigantesques.
Je viens de parcourir une de ces régions accidentées. Le chemin de fer de Baltimore à Gumberlandse déroule hardiment au bord d'une rivière écumeuse, le Pataposco, qui serpente entre deux rangées de collines pittoresques. La terre est couverte de neige; les arbres avec leur tige effilée, leurs bras nus, ressemblent à des squelettes dépouillés par le rapace hiver. Çà et là seulement brille encore le vert feuillage des longs rameaux de saules pleureurs, symbole mélancolique des tristesses opiniâtres , élégie vivante des joies évanouies du printemps.
« WiUow ! Willow î »
Mais nulle Desdemona aux beaux cheveux flottants ne chante ici dans ses larmes la romance du saule, et nul palais vénitien n'élève dans ces lieux sa façade romantique. On n'aperçoit que de loin en loin une chétive cabane en bois où la famille du colon se tient enfermée autour du foyer. On n'entend que le mugissement de la rivière, le souffle des vents qui agite, ébranle les vieux arbres de la forêt, et le bruit de la machine à vâpeur dont les échos répètent au loin le sifflement lugubre.
De cette vallée, nous entrons dans celle du Potomac, plus grande et plus imposante. A droite et à
gauche, s'étendent des défilés nombreux, des chaînes de coteaux escarpés, ondulants, d'un efifet pittoresqi]», et devant nous s'élèvent , dans une teinte d'azur, les AUeghanis qui, par leurs divers embranchements, touchent au Canada.
La petite ville de Harper-Ferry bâtiedans cette vallée, au pied d'une enceinte de rocs, mériterait d'occuper plusieurs jours les regards et le crayon d'un artiste. Jeffisrson la eîtait comme un des plus beaux paysages qu'il y eàt dans le monde. Mais le vénérable président n'avait guère vu, si je ne me trompe, hors de la terre américaine, que la butte Montmartre et les environs de Londres. Sou opinion à cet égard n'est pas assez éclairée. Il serait plus vrai de dire que Harper^Feary est, par son poétique aspect, un point remarquable ^tre toutes les cités des Ëtats«-Unis. Elle m'a rappelé la ville tyrolienne de Landeck, et la vallée de Potomac m'a plus d'une fois rappelé d'autres sctoes du Tyrol, moins les chalets agrestes, moins les jolis villages de la charmante patrie de Hofer.
J'ai passé d'agréables heures dans cette contemplation d'une nature qui n'a point encore été scalpée par l'industrie, dans cette comparaison des images gravées, il y a quelques années, dans ma mémdre, avec celle qui maintenant s'offre à mes yeux.
La froide apathie des Âméricakis a cela de bon qu'au moins elle ne vous trouble pas dans le silence où vous
fons pkNign. Da mène qa'ib ne fMs aonlraiit ncoiie poUtave, Ot n'en ttteadant ds fous anoai^ et vont poovei vous tenir tapi dioi la aoin d'an mfoo ai laifliar tianqnillemant flotter h naeaUa da «Ire > imagiiiatkm an cornant da foa rèvaai aana aniiitaqne rnndafoaeompagnonsdairoyaBa vienne tout à aoBp fooa arracher, par une qneeticn, il votre fcnlaieie
C'est moi qui, trba-volantairanian^ me letoomade tempe àautre da leur côté poor lae obearver de nonvean dans lenre OKBun nomadea. Je veoaai aampeiié da ce tableau amAniDain pour n'atoir paa beaoin d'y revenir. Pourtant la vue des figures qui m'entaorent, de ces tristes figures pareilles à cellea d'une aaiemhMn de créanciers le lendemain d'une banquarontat int naître en nun quelques réflexi<»is qui m'ont déjà oocupéy et puisqu'il est convenu que je dois vous dire toutes les idées qui me passent par la tète à propos de r Amérique, je vais vous dire celle -d •
11 y a quelques semaines, un soir, à Rochester, j'eus l'honneur d'engager un assez long entretien avec un fabricant américain qui avait séjourné en France. Je remarquerai, par parenthèse, que les Américains qui ont visité le continent de l'Europe, sont beaucoup plus apprivoisés et plus humains que les autres. Celui-ci cependant tout en chaussant pendant un hiver le soulier verni , et en collant sur ses mains le gant glacé ix>ur se rendre aux soirées de la Chaussée-d'Antin ou
du faubourg Saint-Honoré, n'avait pas entièrement dépouillé sa peau et il était rentré dans son usine, persuadé que si Paris est une ville très-aimable, la confédération des États-Unis est la terre par excellence.
te Voyez, me disait-il avec enthousiasme, quelle diffé* rence entre votre peuple et le nôtre ! Vos ouvriers sont très-mal payés. Vos paysans ne se nourrissent pour la plupart du temps que de mauvais pain et de pommes de terre. Ici » il n'est pas un artisan qui ne gagne au moins de sept à huit francs par jour, et nos paysans mangent de la viande toute l'année ; » et à ce mot de viande, ses lèvres s'ouvraient, se serraient comme pour savourer le suc d'un bee&teak. « Ils font, ajoutat-il avec un surcroît d'enthousiasme, trois bons repas par jour assaisonnés de beurre frais, de légumes, de thé ou de café. Ils sont en outre, comme vous avez pu l'observer, bien vêtus et ont de l'argent dans leur poche. Voilà le résultat du travail sur le sol américain, voilà le bien-être matériel de nos populations. »
Sans vouloir lui objecter que ce bien-être n'était pas universel, qu'il y avait à New-Tork, à Philadelphie et dans les autres grandes cités de l'Union d'effroyables misères, je lui répondais : « D'où vient donc qu'avec cette aisance, avec ces trois bons repas dont vous parlez , ces vêtements confortables , cet argent dans leur poche, vos compatriotes ont toujours la physionomie si sombre et paraissent si malheureux? D'où vient
Im iMtMiu, par Im ditmitts d« inr« j» aW. jamti» vw |»nm Im miUiera iTindifidM 4W fêl wmmm^ tréi, ni un élw do giMlé, ai tmmmê^êç§ÊmÊm d'MumfttîNi? D'où nuA qo'îlo tommi^mm km/mm
CODUM i'ilt $U$i»ùi fluivor Iwr dflBMiia.4!«Mi jmm? dM, oà qu'Ut BaifigB6BlBiir m baaitt JoH^
ém ooUtténu à qoi on -^^T rr^ ^ffrTiiiifffr tMnfint qui ki déakdriteîD'oft ftetqw étlm^.m^ fBÎfiqut Uai^étre matériel, j# a'fAtmd» «taoMwr, m «UlcridebMbeiirittimaiMnil?» :. v . , :, j |...
Dana l'IUiiiiigna, dai tMê mèmm A tlmma m m ^* chaque amiéet roua aa«0M taalddtléfitMMdalMWPai* éaaigraiita, daiia la Suèdai plna pamma MUM^/Miif j ne foyagereipaafiattaétfeeuiifriflfètouliDMaulwr.. la grande route, au teio dea villes el daa viUiges, par quelque mélodieux coneeri? £a Franoa, cea payiaiMi, doDt Youf plaignes le Bor%, ont le vidage riant ei la parole vive ; cea ouvriers ai mal payés n'ont besoin que de quelques heures de repos et d'une bouteille de vin pour être plus beureux.... — j'allais dire que des rois — je me reprends et je dis plus heureux que des démocrates qui, par on coup de dé, improvisent une révolution.
« Que voules&-vous, me répondait le Yankee, c'est notre nature k nous d'être ainsi réservés et silencieux.
^— Ah I soyez donc sincère, reprenais-je , et avouez qne s*il est dans la nature de Thomme, dans les nécessités de sa condition, dé chercher le bien-être matériel , ce bien-être ne constitue après tout qu'une part du bonheur dont il porte en son âme la source féconde. Vouloir que Thomme oublie dans l'idéal les besoins de la vie physique , serait sans doute un rôve insensé , mais il n'en est pas moins absurde de vouloir lui fermer les portes d'ivoire de la pensée , de supposer qu'il doit comme une machiné s'appliquer à une industrie , ou comme un bœuf labourer son sillon et se délecter dans sa pâture. Vous vous feites une idolâtrie du bien-être matériel, et vous ne voyez pas que vous créez une religion à la Yitellius, que vous commettez envers Dieu , dont vous prétendes honorer le nom , et envers la nature humaine dont vous croyez mériter la reconnaissance, le plus grand des sacrilégea, car vous retranchez de l'œuvre de Dieu tout ce qu'elle a de plus doux et de meilleur; les libres âans de l'esprit, les épanchements du cœur, les bannonies de la terre. Vous faites de rh(»nme un animal d'or et d'argile broutant l'herbe des champs. »
Voilà le thème que je discutais aveo le fabricant américain que je n'ai pas converti et qui ne m'a pas converti. En me retrouvant sur un autre chemin de fer, au milieu d'un autre assemblage d'individus non moins chagrins que ceux que j'avns vus précédera-
ment, je pensait à oet difen qfttèoies et hmbmUf et je me disais : Ohl noole boDheur s'eit pis dm cette satisheUon ezdnslve des désira vuHAiids; HnlAC la pauvre mansarde «fec sa cmdie d*ean , et le rai|Qn du ciel qui par l'étrmte fenêtre entre dans le eonr. Plutôt la Thébalde avec ses xadnes sanvagea et sei saintes aspirations 1
Pour me punir sans doute d'an songe si désofdÎNttié et pour mieux m'obliger à apprécier le eonfiott de là vie i^ysique , le chemin de fer américun m'a quittée Cnmberland et m'a livré au siage. Vous ne aaies psi probablement ce que c'est en ce pays que le stage. Une caisse en lx»s posée sur quatre rouée et dsstinée à diarrier les voyageurs sur les routea que la locomotive n'a point encore favorisées de ses bienfidts. Mais quelle caisse 1 et quelle route I Nous étions neuf serrés l'un contre l'autre comme des harengs, et tombant dans les ornières, et sautant sur les cailloux comme si nous avions été affligés de la danse de Saint- Guy. Ajoutez à cet agrément les délices d'une société de sept gracieux Américains chiquant, crachant, et pour se mettre plus à Taise , ôtant leurs bottes. Une faible timide jeune fille assise à Tun des angles de cette infâme boîte, souffrait sans mot dire , et le lendemain matin, nous l'avons trouvée évanouie. Quant à moi, j'ai passé la nuit à rejeter d'un côté ou de l'autre un énorme corps sale qui sans cesse retombait sur moi et deux
énormes jambes qui semblaient avoir juré d'écraser les miennes.
Si une rude pénitence peut, selon les dogmes d'expiation, nous laver de nos péchés, après ces vingtquatre heures de stage, je dois avoir l'âme aussi blanche que celle de l'enfant qui vient de naître , et si jamais je rencontre un fakir indien en quête d'un nouveau supplice pour mieux honorer la déesse Siwa, je l'engagerai à s'en aller en Amérique prendre la carriole de Cumberland.
Heureusement je puis me rendre d'ici à la Nouvelle- Orléans , par une longue ligne de bateaux à vapeur, en échappant à la torture des stages et à la lourde atmosphère des chemins de fer. A Brownsville, petite cité de 1500 âmes, je monte à bord d'un bateau qui par la Monongahela va me conduire à Pittsbourg. Ces bateaux qui naviguent dans les parages de l'ouest ne sont pas construits comme ceux de THudson , et ne sont pas moins beaux. Leur machine à haute pression occupe avec la cargaison des marchandises leur étage inférieur. Au premier est une longue galerie de cent cinquante à deux cents pieds de longueur, servant à la fois de salon et de salle à manger. A l'une des extrémités est le salon particulier des femmes ; à l'autre, les rayons chargés^e liqueurs du barroom ; à droite et à gauche, les cabines qui, d'un côté s'ouvrent sur la galerie et de l'autre sur un balcon extérieur pareil à
MB qoi dérarwt ht une lenane où Ton peut pur im bem iontmtpmÊB^ Der en pWn air eC €OûtiB|iler m lofai to ecMS do Seoirai. An miBeii éè cette teiffflMB iTdNfvvMt pcvMoi^ oeeupé par lat madiiiiistas el par lépiote^ te A tour inltré6« gou?6rA6 oomma vu iw^gMaiiy v HM^fat d'une Monette, les diaoiiNM, et dirige et — die , oa ëperonne Ié mafdhe de àoo oomlev au êBéê da Ibtf phê éUmnant que lldppogrilb de fàAatÊêi
Toute cette maison floUanteeal Ma-dMlMakte.
Un tepia ooime le patquel d^ la giderièt' êêifgÊbàs kmrea rédairent; troteà qfuali^ dMBoMleaytnB^ boi«t du matin an soir. Les caMnea aeMiiiUie<^ iFetues de tapia es agroûiMMBent o i^poaBea» sibshbsimm par le CeuI des ineroyables habitudes am éribs iB ea, on n'y trouve ni curette, ni pot à eau. Aa bote dn balcon est une échoppe de barbier, un lavabo et quelques torchons tournant sur des rouleaux et devant r servir à tout venant. Le peigne, la brosse passait éga- ; lement sans difficulté d'une tête à Tautre.
La Monongahela dont j'aime le nom in^n, est ime jolie rivière qui vi^t des districts montagneux de Morgentown et qui va, par une pente placide, se rejoindre à TAlleghani pour former POhio.
Si , comme nous devons le croire , toutes les oeuvres de la création ont leur destinée particulière , et qui sait? peut-être le sentiment de leur existence , n'est-ce
pas une agréable destinée que celle d'une rivière qui, soirtant de sa voûte de rocs y descend par les collines, par les bois, dans une fraîche vallée , erre et tournoie capricieusement entre des rives fleuries, reflète dans son onde les arbres verts du cottage et le doux visage de quelque Hermann et de quelque Dorothée , puis après toutes les fantaisies de sa vive jeunesse , se marie gravement à quoique grand fleuve qui remporte dans les vastes régions de TOcéan.
Mais pourquoi m'arréter à vous dépdiHlre oelte pérégrination des rivières? notre sort n'est-il pas le même? n'allons-nous pas comme elles, dans notre aventureuse jeunesse, de jour en jour, de rive en rive , tantôt éclairés par un rayon de soleil et par un rayon d'amour, tantôt assomluris par un nuage, }v»^ qu'au temps où nous entrons dans la vie sérieuse qui nous mène à la fin de nos rêves, à l'océan des années?
Le bateau de la Monongaheia m'a rapidement tramh porté sur la plage de Pittsbourg, sur ce sol qui jadis nous appartenait, sur ce sol que les voyageurs cana*
diens, Colomb ignorés, découvraient dans leur aven* tureux trajet; que les missionnaires s'en allaient ex* plorer avec la croix évangélique, et dont ensuite un officier, à la tête d'une douzaine de soldats, prenait possession au nom du grand roi.
Au vni^ siècle y nous avions (faut^il ie dire encore)
fUr le oontiiient amModmuia élndu-de tarMlMiil à neuf fois plus grude que la Frmee , on anqdfo !»• enlte, il ealmi , mais de It nalorehpliis fsHilej qui du promontoiFe de Québec s'étendait Jnaqa'M golfe du Mexique, qui par les grands laes du nord etde Touest nous donnait un cours d'eau, une voie de communication non interrompue dqpuis le Saint-I^urent jusqu'à rembottchure du Miariasipif de telle aorfe qu'en dâNurquant de FrancCt soit à Québec, aoit à la NouYeUe-Oriéans, nous poutions ftiie en balaittle tour de nos immenses diMnaines.
Pour garder ce magnifique royaume, l'un dès pitt vastes et des plus beaux que jamais rimeginatkKid'mi cmquérant ambitieux ait pu rêver, pour préserfcr notre colonie naissante des attaques des Indiens^ de la jalouse hostilité des Anglais qui s'établirent en &ce de nous dans les£tats de la Nouvelle-Angleterre, dans la Pensylvanie et la Virginie, nous construisions des forts sur les principaux points.
Washington, dans une mission qu'il fut chargé de remplir à Tàge de vingt et un ans, près d'un commandant français, M. de Saint-Pierre, remarqua le site de Pittsbourg, en reconnut l'importance et détermina la compagnie de marchands anglais et virginiens, formés sous le titre de compagnie de l'Ohio, à y élever une redoute. Les ouvriers venaient de se réunir sur cet emplacement, appuyés par un bataillon que com-
mandait Washington, quand soudain, ils furent attaqués, dispersés par une troupe de soldats français qui érigea elle-même le fort projeté par ses ennemis, et lui donna, en honneur du gouverneur du Canada, le nom de fort Duquesne.
Washington vint l'attaquer, et, après un combat de dix heures, fut vaincu. En 1755, le général Braddock s'avança à la tête de deux mille hommes pour chasser les Français de leurs possessions de TOhio ; ses troupes furent mises en déroute, et lui-même, après avoir eu trois dievaux tués sous lui, fut frappé d'une blessure mortelle. Trois ans après, pour venger cette défaite, le général Forbes marchait sur le fort Duquesne avec neuf mille soldats. Que pouvions-nous opposer à une telle force ? Hélas ! notre pauvre colonie d'Amérique faisait des prodiges de valeur : nos capitaines se conduisaient comme des héros, et les paysans qu'ils enlevaient à la charrue pour les eni^ôler sous le drapeau national, souffraient sans se plaindre les plus dures privations, et bravaient hardiment les plus cruels périls. Il y a dans cette partie de l'histoire de France tout un monde de gloires inconnues, de faits admirables , tout une épopée merveilleuse qui a eu ses Àchilles et qui attend encore ses Homères. Pendant que quelques centaines d'hommes maintenaient avec tant d'intrépidité l'honneur de leur drapeau, arrosaient de leur sang les plaines de la Nouvelle
Fhkbm* la iOMteHiii«mfiP eCiél «Nir^ laa yiiu et lapwiéi>ltiii*ifiWiW»lii] Pabiiidoo. Le wêbêêHêb^ MqMl ib M que qiMlqiiai iwIimim et qweipiM iwjIimm, li** pondait que le Canada coûtait tnyihe^> AitMieXT ae pkangeait dana aea ifttee ialp|i l «e a ia a » ai iae auliona a'éooukieait entre lee aiaina d'oM ne— liwm Bonté à cette époque I fletttoèeeittfal qM déphérilé la France de cette région da i^be» eoaqohiefv nai aoldata, illustrée par notre eoimge^ béala p» M prètrea,aa nc tifiée par noai«art]Fra.QMle«rtnUwn aoit à jenwia attachée an pilori de lliiatiriiieL et q^Hi aoient, jusque dana leur tood»e»{io«meÉnlfarlai wilédictiona de celui qui en posant le fieA aur asi parages, devrait se trouver au naOleu de aae oancitoyens, et tombe au sein d'une race étraDgèrel
Le toti Duquesne fut pris par le général Forbes, qui n'eut rien de plus pressé que de le débeptiaer et de rappeler le fort Pitt : de là le nom de la ville actuelle, Pittsbourg.
Maintenant il ne reste plus aucun vestige de cette première oBuvre d'une inquiète colonisati<H), du fort Duquesne et du fort Pitt. Sur le rivage dont cette forteresse était, il y a cent ans , l'unique édiBoe, s'élève aujourd'hui l'une des cités les plus actives et les plus florissantes des États-Unis, une cité qui a près d'elle des mines de houille, ce puissant mobile de l'in-
dustrie, et qui ne les laisse pas à Tabandon, je vous assure. Vous ne voyez ici que des magasins pareils aux tonneaux des Danaïdes, qui sans cesse se vident, et sans cesse se remplissent, des fournaises qui nuit et jour sont allumées, des fabriques de verre, de fer, d'ustensiles de toute sorte ; de Fautre côté de la rivière, deux villes non moins laborieuses qui se rejoignent à la ville principale par plusieurs ponts; sur la Monongahela des escadres de bateaux à vapeur, et dans Tair des tourbillons de fumée.
J*ai fait connaissance ici avec un vieux et respectable négociant qui me rappela que lorsqu'il arriva à Pittsbourg, on n'y comptait que trois maisons en briques et une trentaine de cabanes en bois. En 1831, dit M. Michel Chevalier, dans ses lettres sur l'Amérique du Nord, la population de Pittsbourg, celle de Birmingham et d'Alleghany, qui s'y rattachent comme des faubourgs, ne s'élevait pas à plus de trente et un mille habitants. Elle est aujourd'hui de cent cinquante mille. Dieu sait ce qu'elle sera dans vingt ans. Et ce n'est là qu'une des marches de géant du peuple américain, peuple incroyable, génie fabuleux. Il semble qu'il lui soit donné de réaliser par la puissance de son travail les merveilles des contes de fées. Mais nul oiseau bleu ne soupire sous ses fenêtres, et nulle Titania ne le berce dans les songes d'une nuit d'été.
l'ouest.
Les bateliers canadiens, premiers explorateurs de cette région. — Daniel Boon , premier colon du Kentucky. — Sa vie et sa morf.— Progrès récents des Ëtats de l'Ouest.— Les barges de 1815. — Les villes actuelles.
1 les progrès des districts de rAmérique du Nord les plus anciennement peuplés , la Virginie, rËtat de New-York, la Pensylvanie, le Massachusets , sont pour l'Européen un incroyable spectacle, le travail qui s'opère en ce moment dans les Ëtats de Touest septentrional et de l'ouest méridional n'est pas moins étonnant. Cette immense contrée qui , d'une des chaînes des Alleghanis , ^'étend jusqu'au lac Michigan et au lac Supérieur, touche aux possessions de l'Angleterre et de là se déroule jusqu'au golfe du Mexique, cette contrée dix fois plus 1. m
->* 350 «* gramlc iiue la Franc<> , et qui pourrait aisément con- ' Unir cvnt trente millions d'habitants , était à peint J connue des {îéû^raphes il y a «luarunto ans. I
Les Français avaient , il est vrai , exploré les rives ■ de rOhio et du Mississipi. Les hardis bateliers canadiens, qu'on appelait les Voyafçeurs, descendaient ces fleuves avec leurs canots d'écorce; les missionnaires catholiques, aniniéij d'un religieux enthousiasme, pénétraient au péril de leur vie parmi les peuplades sauva^^os; tes gouverneurs de notre colonie avaient entrepris de renouer, par une chaîne de forts, le Saint-Laurent au Mississipi , Québec k la Nouvelle- Orléans. Mais l'intérieur du pays où s'élèvent aujourd'hui de magnifiques villes, n'était qu'un désert inexploré, un océan de forêts gardé par des hordes sau\ agi?s.
L'histoire des premiers pionniers qui essayèrent de fixer leur demeure den> ce> effmyuilM régions, peut Mre eoaptiù au nombre àm pages ieê plus émouvantes des Muwles de la civiiitatioa. En voul«»-vous ,un exemple 7 voici l'iotrépide Daniel Botm qui va lui-mAme nous raconter les j<hês et les douleurs de son aventureute entreprise, Qui était Daàd Booo? -<mez-viMU me dâmandor. On ne tait, {lui-^nême n'a TpÊE songé à dchU le dire, 11 saobie que pour lui la vie D'ait conuneiicé qu'au uornaat de sa migratioD, et cette vie, on poarrait la pnndre pour l'esquissa d'un roman de Cooper.
« Au mois de mai 1769» je renonçai y dit^il , à mon bonheur domestique. Je quittai ma famille et ma paisible habitation de la Caroline du Nord , pour m'en aller avec John Finlay, Jean Stuart , Joseph Holde , Jacques Monay et Guillaume Cool , à la recherche de la contrée du Eentucky.
« Le 7 juin, du haut d'une colline, nom découvrions cette belle plaine. Après y avoir établi notre campement, et construit une espèce de baraque pour nous mettre à Tabri du mauvais temps, nous nous mimes à chasser et à explorer le pays. Il y avait dans cette forêt une quantité de bétes fauves et de nombreux troupeaux de buffles broutant les hantes heii)es. Nous chassâmes jusqu'au mois de décembre avec un étonnant succès.
« Le 22 de ce mois, j'avais fait le matin avec Jean Stuart une agréable excursion, mais cette journée devait nous être fatale. Nous avions passé par une vaste forêt, où nos regards ne se lassaient pas d'observer la variété d'arbres, de iSeurs, de fruits que la nature a semés dans ces Keux. Le soir, près de la rivière de Kentucky, une troupe d'Indiens embusqués dans les broussailles, se précipite tout à coup sur nous, et nous ayant dépouillés de nos vêtements et de nos armes, nous fait pnsonniers. Nous restâmes sept jours entre leurs mains sans pouvoir trouver une oc* casicm de nous échapper. Une nuit enfin, qu'ils dor-
miient étandnt ■otour du fan, J'évaHlii imb eonpignoDs, et II008 conrûmet «n loa|» Mte WBm nofn camp. Ifaûs il wnli été rtfagé ateem qnU'oèèaiiiiail atiient diqptro.
« Quekpie temps après, mon Mvs, qui «tait dam le même bat que moi quitté la Garoline, mereneoiitra par hasard daiM la forêt k la joie que m'amt causée son arrivée succédèrent de oueb événements. Un Américaia qui TacoompagiAdt, fût dé^Niié par hs loups, et mon ami Jean Stuart fot tué par les tantages. Nous nous trouvions alors dans une triste âtuation, k plusieurs centaine^ de milles de ilotre fik mille, au milieu des bœs, eiposésklavoncttédes animaux ffooces et aux flèdies des sauvages. Cependant nous ne perdions pas courage, nous constraisimes une sorte de cottage, et chaque jour nous allions à la chasse. Le 1*' mai 1770, mon frère retourna dans notre pays pour en rapporter des munitions. »
A ce nouvel incident, vous ne pouvez moins fidre que de vous apitoyer sur le sort de ce nouveau Robinson, abandonné dans sa forêt déserte sans le fidèle appui d*un Vendredi. Mais Daniel Boon n'appelait pas à lui les mélancolies de Tàme. Il les écartait bien vite dès qu'elles menaçaient d'envahir sa pensée, et se plongeait avec une poétique volupté dans la contemplation de la nature.
«< Un jour, dit-il, pendant que la variété de scènes
de cette belle saison éveillait en moi de riantes émotions, j'entrepris de faire une tournée dans la contrée. Au coucher du soleil^ tous les bruits du jour s'apai*sèrent. Il se fit un grand silence; on n'entendait pas le murmure d'une seule feuille. J'avais gravi la cime d'un coteau, et de là je regardais avec délices le vaste espace. Près de moi était l'Ohio, dont le cours majestueux marquait la limite occidentale du Kentucky, et au loin je voyais des masses de montagnes entourées de nuages. Tout dormait en paix. J'allumai du feu près d'une fontaine, et je me régalai d'un quartier de chevreuil que j'avais tué quelques heures auparavant. La nuit vint. Je me couchai sur la terre nue et dormis d'un profond sommeil. Le lendemain, au lever du soleil, je me remis en marche. Dans l'espace de quelques jours, j'explorai ainsi une grande étendue de terrain, après quoi je retournai à mon camp qui heureusement était intact. Pas une ville avec ses édifices, ses richesses, son mouvement n'aurait pu me donner la moindre partie du bonheur que je venais d'éprouver dans cette solitaire contemplation de la nature. » Après avoir passé trois ans dans ces joies de la solitude, Daniel Boon, qui n'a point oublié son foyer domestique, comme on pourrait le croire, retourne dans la Caroline du Nord, vend sa ferme et part avec sa femme, ses enfants, et cinq autres familles pour venir définitivement se fixer dans les lieux qu'il a ex-
plûfféi. Bft KNilei» Ift OMrtMM ptr IM InditM. U ak rioé éft BiDial Ml «««, ntres homiMs tmkmi ivto lui sn k «tnaq» dak»
taiUe« Lbê bagagM dBtwyagnmnl pilUft, kn troopetia diaptntf. Gft n'est que qottM sit ifiii 4110 Dtniel, dont rioi ne peut Tiinen k tteecil^ parvient à réeliaer tes idns ée eoloÉie. Boa» ao miltra k l'abri des saufagee, il diowi daa pallMadai aa* toor da ia dameora, il eonetniît ona Itarteiaflaa* A fxMl inetant cependant, il est menaeé, haaaalé par ha la* dieaa, et nudlieor k ees oompagnooa qti a' d gMa n I fe»* pradammenl k travers ebanipe. Les uni aonipris, 1m antres msssaerés. Daniel Bora, lni<mâne, nalgvé SM eupérienea, s'étant nn joor laissé entrataer iMp Ma par Tamonr de la chasse, tombe an pouv^ d'oas borde d'Indiens qui remmènent dans leur lointain village.
U resta captif trois mois, et comme il était d'un caractère facile , bon chasseur et bon ouvrier, 91 avait conquis l'estime et l'affection de ses anciens ennemis. On leur offrit pow sa rançon une somme considérable et ils la refiisèrent.
Daniel, tout en se mêlant gaiement à leurs jeux et en les suivant à la chasse, où il prenait souvent à tâche, dit-il, de diminuer son adresse pour ne pas blesser la vanité de ses maîtres, Daniel ne songeait qu'à fuir. Un soir, en prêtant l'oreille à l'entretien de quel-
ques ehefe^ il apptit qu*ib se préparaient à faire une expédition dans ses d(»naines, et alors, au risque d'être arrêté et égorgé sans pitié, il partit. Il eoumt à son fort de Boonborougb , franchissant un espace de cent soixante milles en trois jours, pendant lesquels il ne prit qu'un seul repas.
Les Indiens, dont sa fuite avait déconcerté les projets, se rallièrent cependant quelques semaines après, et vinrent an nombre de quatre cent cinquante, assiéger la forteresse. Grâce à Tbabileté de Duiiel, h colonie naissante était en mesure de se â飻idre, et les SMPn^es furent obligés de se retirer. Mais après avoir, dans l'origine, amicalement accueilli tes Euro* péens, ils ne pressentaient que trop à quels dangers les exposaient les progrès toujours croissants de cette race étrangère, et défendaient pied à pied leurs forêts et leurs plaines.
Dans un autre cMubat, Danid Boon per(fit son frère; dans un autre encore, son fils cadet.
Voilà de quelle âiçon , il y a un denÛHBiècle, les pionniers ccnquéraîent ces terres du Kentucky qui aujourd'hui est un État considérable , et qui a donné au congrès le plu» éloquent orateur de FAmériquô, M. Clay.
Lorsque hi colonie de Boonborongh eut acquis assez de force pour pouvoir se livrer sans crainte à ses travaux de culture, vous imaginer peut-être que
DtnieU «itisbit de ton cBorre, aoliève tenqnilknMnt M Yie à «m fiiyar. Noii« il B*a«ait pat le moiadre goût pour cet joaitttneet bouigeoittt. Le otaton de Kentocliy, défriché, ptcifié, lui ptrot bîeiitAt ami monotone qoe ton ancienne fenne de la Caroline. Il te retànL àBm let boit înhahitét de la LomtiaDe, et ent la gloire de mourir comme fl airaifc téeu, toe ftitil, à la main, au pied d'un arbre centenaire.
Pour veut donner une plut jntte idée de ot qu'était Touett det £tatt-Unit • il y a une qnaiantaine d'annéet, permettex^om de iront citer encore qotlquet Cdia. En 1810, dit M. Bradford CiVMtt on tte Norihweii)^ on ne comptait au boid de miinoit, tur un eqMce de deux cent quarante millea, qoe trois famillet. Il n'existait pas, en 1827, une maiton sur l'emplacement où s'élève aujourd'hui le chef-lieu d'un des districts de cet Ëtat ; la vUle de Galena, qui a plusieurs églises, deux imprimeries, diverses manufactures et une population de cinq mille âmes.
A la fin du siècle dernier, l'ouest avec ses grands fleuves , son sol fécond, était donc pour le peuple américain une région perdue. D'une part, les Espagnols auxquels nous avions si stupidement abandonné la Louisiane, entravaient la navigation du Mississipi; de l'autre, on considérait la chaîne des Alleghanis comme une barrière à peu près infranchissable. Enfin, la vapeur, ce levier d'Âxchiniède,
n'avait pas encore fait ses miracles, et les flots d*émigrants européens n'étaient point venus à coups redoublés frapper la plage américaine pour s'y frayer un chemin.
Fulton, l'immortel Fulton , en traversant un jour, par une route affreuse, dans une méchante carriole, les AUeghanis, excitait la risée de ses compagnons de voyage, en leur disant qu'un temps viendrait, où à l'aide de la vapeur, on circulerait plus rapidement dans ces montagnes que dans la plaine avec une bonne voiture, et ce temps est venu. Le chemin de fer dé Baltimore, qui à présent s'arrête à Cumberland, ne tardera pas à rejoindre la Monongahela à Brownsville.
Sur ces belles larges rivières qui chaque jour sont sillonnées par des milliers de voyageurs, on ne vit d'abord que le canot d'écorce inventé par les Indiens, adopté et perfectionné par les Français. Puis vint la barge et le bateau plat. La barge» construite de façon à pouvoir contenir une cai^aison assez considérable, était conduite par des espèces de brigands, des hommes qui dans leur vie nomade avaient pris les habitudes les plus désordonnées, qui faisaient trembler les faibles hameaux où ils s'arrêtaient, et échappaient à la poursuite des lois en remontant sur leurs embarcations, ou se rendant d'un Ëtat à l'autre. Au danger de se confier à un tel guide, il fallait joindre celui d*être attaqué en route par les Lidiens.
Après avuir ile-scendu l'Ohio dans un de ces magni- Hqutifi biituaux qoi vont en quumDte heures de Piltsbourg à Cincinnali , c'étuit pour mm une curieuse clioM! que do lire un progr.iiume de la n&vigatioD ik 1704 dans ces marnes lieux. Ce programme annonu p(Mui>«ust!fneQt qu'il vient d'élre établi ud service de bateaux entre Pittsbour^ et Cincinnati. ■• Ces bateaux partiront il jour lixe t:t (eront le trajet d'une ville i l'autre (aller et retour) en un mois, lis ont une galerie couverte fi l'épreuve de la balle, et de plus, pour résister à toute attaque, ils sont armés de canons, pourvus de mousquets et de munitions. <•
En 1817, vingt bai-ges de cent tonneaux qui fai- Euient un voyage par an, Euffisaieiit au commerce de la Nouvelle- Urléans avec les populations riveraines du lliMissipi. K préiast, il n'; • pM moins i» ^ MBli énwmei bitMiu à vspenr qui sans Mm dtcoloit aiv les fieimi et nir 1m Im» de Tomst; Des milliers et de» miUiwt d'émigrants se âiiigwit <Aaque umée de ce calé. &ir lee bords de ces nugBifiqaes cours d'eau délaisaés, il y a si peu de tentfs, quelques giudes villes s'élàrent déjà ooœme les jalcnt anton desquels doit ae réunir une immense p<^ulati«>a.
La plus aDctenue de ces villes est Snati>Louis sur le Misùasipi, son nom indiqua son origine française. EBe fut fondée en 1763, par un agent de la compagnie qui faisait le commerce de fbumires et pw deax jeunes
créoles de la Nouvelle-Orléans : MM. Chouteau. Elle a maintenant quarante mille habitants et deux cents bateaux à vapeur.
Vient ensuite Wheeling, Portsmouth, Louisvîlle où Ton ne compte pas moins de trente*huit mille âmes, Memphis, Natchez, fondée par notre vaillant d'Iberville, Bâton-Rouge, chef-lieu de l'État actuel de la Louisiane, et la plus étonnante de toutes ces villes nouvelles, Cincinnati, Tune des reines de Touest, Cincinnati qui en 1789 se composait de deux loghouses^ qui en 1795 avait réuni cinq cents habitans, qui en 1849 en a cent mille.
Quand on voit ce qui s'est fait en un demi-siècle le long de ces deux artères de FOhio et du Mississipi, et quand on regarde sur la carte quelle contrée s'étend encore dans le silence de sa solitude de chaque côté de ces deux iSeuves, il est impossible de calculer ce qu'il y aura là un jour de villes, de villages florissants, de chemins de fer et de milliers d'âmes. Le nord de l'Europe fut pour le. moyen âge, la Vagina gentium. L'ouest des États-Unis sera pour les temps futurs le Receptaculum gentium, le large asile de tous ceux que l'ambition de fortune, la politique ou la misère jetteront hors des confins de l'ancien monde.