MORT DE SIR GEORGE CORNWALL LEWIS
Comme ministre, qui se flaltera de le remplaecrt Ce n'est pas qu'il fût à sa place au minislëre de la guerre. Sa nature conciliante, peu agressive , le rendait incapable de tenir en échec les puissantes influences de cour, qui se concentrent dans la domination aristocratique et militaire qu'on désipe ici sous le nom de • Horse-guards >. Ce n'est pas, non plus, qu'il 7 eût en lui cette puissance d'initiatire et de volonté que nous aimons à mettre au rang des premières qualités d'im grand ministre. L'influence qu'il exerçait directement était k peine appréciable, mais celle qu'il exerçait indirectement était énonue.
Ses qualités étaient le nécessaire appoint de celles dont chacun de ses collègues est doué. Lui seul les faisait valoir tout ce qu'ils peuvent valoir. Il modérait la vivacité de lord Paimerslon ; sa prudence corrigeait ce qu'aurait eu de trop risqué l'empressement de M. Gladstone & prêter sa vi>ix éloquente aux entraînements passagers de l'opinion; et l'espèce de calme împartiaUté qu'il avait puisée dans une élude approfondie ded'histoire, lui permettait d'éclairer la route obscure où, sans lui , la politique plus sincère que réfléchie du comte RasseU se serait précipitée. En le perdant, chacun de ses collègues se trouve perdre, en quelque Sorte, une partie de lui-même ; et, sous ce rapport, sa mort laisse dans le cabinet un vide qu'il sera probablement impossible de remplir.
Gomme homme de parti, sir George Cornwall Lewis n'est pas moins à regretter, mais en ce sens seulement que son parti, le parti libéral, gagnait beaucoup k être servi par un esprit ans» éclairé et tirait une force morale considérable de l'adhésion d'une âme aussi faonoéte. Car, du reste, il n'y avait rien dans âr ComwaU Lewis qui tint du partitan. Et d'abord, ce qoi lui manquait d'une manièri; frappante, c'était la passion politique. Homme d'étude et plus amoureux de
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livres qae de tonte antre cbose, il avait eautneté dans sou cominerce avec la sâei)ce sue sorte de désisBiresfieaeaC iatellectuel qui l'eiifiédiait de se livrer sans téaerte i son propre parti.
Ses vaste» coniinsBances en histoire l'aTnt esadiift ï se' reBi4«e m coirpte exact de ce que cïarpe ordre d'idé» contient de beii et de maavais, il en était résulté cher lui une tendance marquée, non pas ir s'accommoder da scepticî»ne, non pas à s'endormir dans rîndifKrence, maïs i se garder de Penlfaounasme et !i fuir l'absola. H tenait les comptes de la cause libérale eu partie double, sansjamaB négliger m te étoU m Tawir. Sa dernière pnblicatiOB est nn essai snr la meSlenre forme de gosverDemeBt. Or, à quelle conchnâon arrive-t-i(? A ceUe-ci : qa'il n'est pas, i rignureusemenl parler, de forme de goaTcmement qn'oo soit ftmdé ï procfemer la nteilleare. Cette conclosion est caractéristique.
Aussi les conservalfetes n'étaîeiit-ns pas éloigné» ds regarder sir Copiiwalf Lewis comme cehii de tous les menbres dtt cabinet avec leqnel, le cas échéant, il leur ertt été le plis fanle d'entrer en compromis. L'idée qu'il semblait app^ k h sncceseîon de lera ^Imerston, lorsque la mort Tiendrait enlever ji celui-ei te poste de < premier >, n'avait rien qui les effrayât. Voir le comte Russetl an timon de rÉtat, ils ne te voudraient i ancnn prix; mais ils se seraient parfaitement résignés k y voir sir G. Comwa! Lewis, en attenéai* qae vtit leur tour.
Le trîb«t d'éloges et èe regrets que, dans la Chambre 4es CoHHnunes, M. ENsra^ a payé ii la nrémoire de son coliëgoe ■e dsit donc être pris ni pour un banal étalage de senfinieats d'étîqnetle, ni ponr rîMprratfon d'une AmecbevaferesqM : e^esl très-siBc$ranent qne les coosenatistes regreneM sir
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G«oi^ Comwall Lewis, et le Itagage de leors journaux le prouve.
La vérité est ^e, diez lui, l'amour du progrès était tempéré siogulièrement par une crainte excessive des dangers qfit peut entraîner le passage du connu à l'inconnu. Également incapable de faire pacte avec les abus du passé et de s'élaocer résolument vers l'avenir, il avait pour maxime qu'on doit s'estimer fort heureux de vivre dans un pays passablement administré et où la sécurité des biens et des personnes se trouve tolérablement garantie. Espérer davantage lui paraissait trop poétique ; essayer d'ebtenir davantage lui paraissait hasardeux. On fl se séparait des cooservaUstes d'une façon bien irancbée, c'était dans son honnête et iwirtcible répugnance à fTatter, en vue d'no succès de parti, les préjugés ou les erreurs condamnées par sa raison.
A des considérations sames, k un argoment juste, il était tiomme^sacrifierjusqn'àsessympathiesles plus prononcées. Tous rappelez-vous ce que je vous écrivis an sujet de ce discours oii M. Gladstone, parlant en dehors de la Chambre des Communes et dans te sens de Topinion dominante, taisait croire que le ministère allait recwnaiire le Ssdî Déjà les esclavaijistes chantaient victoire, lorsque ^r G. CarDwaQ Lewis ramena dans son lit foiùiiion débordée, en venant déclarer, sans s'arrétN* k l'iiKonTénient de contredmt son c<d)ègne , qu'une reconnaissance prénalorée du Sud serait une violation des lois internaiioaales.'Et pourtant sa CofswaU Lewis penchait pfais du cdté-du Sud que H. Gladstone. De pareils trarts peignent m homme. Mais le mHiemevt des grandes affaires ne demonck pas seulement de la droituv, il demande encore one âme vigoareosement 'trempée; et c'est ce que n'avak pas sirG. Comwall Lewis. On assnre ^TU «t mort sans ^ètNj«Mis fait w seul ennenû, et I'm ajoute
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que c'est là son plus bel élof^e : selon moi, on ne saurait rien dire de plus fort si pour lui ni contre lui.
Comme orateur, il ne se recommandait pas à l'admiration par l'éclat de la pensée, encore moins par l'éloquence du langage et par la grâce du geste. Hais Uprenait si pleinemejil possession de son sujet-, il le discutait avec tant d'autorité, il appuyait ses raisonnements sur tant de savoir; qae son influence, dans la Chambre des Communes était en peu de temps devenue souveraine.
Les hommes politiques, trop souvent, manquent de cul~ ture et n'ont que des connaissances superficielles, en dehors de celle dont chaque jour leur fournit l'emploi. Dans ^r G. Cornwall Lewis, au contraire, la politique et la science se montraient étroitement unies. Son enquâte sur le degré de croyance que méritent les faits relatifs à l'histoire de l'ancienne Rome, témoigne d'une érudition aussi profonde qu'étendue. Rare pouvoir que celui d'être toujours prêt à répondre aux exigences de la vie active, quand on aime l'étude, la retraite, les livres !
Imaf^nez combien a dA être remplie l'existence d'uu, homme qui, ayant été créé successivement commissaire de la loi des pauvres en 1839, secrétaire du « Roard of conlrol > en 1847, secrétaire de la Trésorerie en 18K0, chancelier de l'Echiquier en 1885, ministre de l'intérieur en 1859, et enfin secrétaire d'État pour la guerre, a néanmoins trouvé moyen de diriger, pendant un certain temps, la Revue d'Edimbourg, et de traduire de l'allemand YÊconomie politique des Athéniens, et de publier sur le gouvernement des colonies un ouvrage plein de recherches, et de passer au crible d'une analyse savante les premiers âges de l'histoire romaine, et de disserter sur r%lise irlandaise, et de publier maint
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