MORT DE SIK GEORGE CORNWALL LEVIS 14S
traité philosophique! Vivre àaà, c'est vivre heaucoup, même quand un meurt ji ciaquante-sept ans.
Je le répète , la mort de sir CornwaU Lewis Uisse daas le cabiaet de lord Palmerslon ua vide qui sera difficilement rempli i mais l'iniporlance de H. Gladstone y gagnera , et il n'en deviendra que plus nécessaire.
H. Gtadstone, au reste, possède ce que scm défunt collègue était loin de posséder : uq talent d'un éclat qui arrive, a je puis m' exprimer ainsi, à l'esprit par les yeux. Le discours qu'il vient de prononcer en présentant le budget de l'année lînanciëre, estlenecp!u»W(rade l' éloquence appliquée il des questions de chiffres.
Notez que, de tous les orateurs de la Chambre des Communes, H. Gladstone est peut-être le seul dont tes discours . soient publiés tels qu'ils ont été prononcés, c'est-à-dire sans celte toilette daus laquelle les harangues parlementaires ici se présentent au -public, après avoir passé par hp mains obligeantes de HH. les journalistes.
El H. Gladstone improvise.
Cette fois, il a mis un art infini k préparer son effet. Il a commencé par les teintes sombres, rapprochant de la situation déplorable du Lancasbire la situation déplorable de l'Irlande, el montrant comme quoi la Valeur totale des produits de l'aj^culture irlandaise avait diminué de près d'un tiers, de 18S9 k 1863! Puis, à la manière du soleil qm perce les nuages, sa parole a ramené la joie dank les cœurs par la déclaration de ce fait retnarqnable, que le revenu de l'Angleterre, qui de 1843 àlSSS s'était accru de 6 pour 100 seulement, ne s'est pas atcru de moins de 20 pour cent de 1853àlS61.
Mais où il a porté le grand coup , c'est quand il a fait savoir que les recettes de l'année financière étant évaluées à
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148 LEITBBS SUR l'aUCLS TERRE (iSes)
71,490,000 lÏT. st. «t les dépenses k 67,749,000 liv. st., îl avait ï disposer- d'un surplus de 3,741,00© li?. st.
Rfistail à expliquer ce qu'un ferait de ce suq)l«s, et, sous ce rapport encore, M. tiladstone a frappé juste. Il gardera 631 ,000 liv. sL , pas davantafje, pour parer aux éveDUialités, et le reste profitera au public, au moyeu de deux réductions d'impAt, très-populaires l'une et l'autre.
L.'impAt sur le thé sera abaissé de 1 s. S d. la livre à 1 s., et riacome-tax, de 9 d. par livre sterling à 7 d. Ce n'est pas tout : M. Gladstone a en l'heureuse idée d'affirauchir entièrement de l'income-lax, jusqu'à concurreoce de 60 liv. st., tous ceux dont le revenu est au-dessous de 200 liv. st. Soulagement considérable apporté à la situation . d'une nombreuse classe d'hommes sur qui l'income-tax avait pesé jusqu'à ce jour d'un poids écrasant et d'une mani^ inique.
Le prince Alfred était présent à ia séauce, perdu parmi les visiteurs. Les membres du parlement, comme c'est l'usage, avaient leurs chapeaux sur la téie, et ce jeune homme, comme il convenait, était U tête nue.
' KCDfiET DE M. CUDSTONS
Uii.bndC«t <>e M. GlkdsWM.
L« 16 avril, le voile qui coavrait le budget a été déchiré devant la foule pressée des représentants du peuple anglais. Jamais triomplie parlementaire plus complet n'avait été décerné k M. Gladstone. A peine avait-il fini de parler ijue la Chambre tont enlière s'est levée, par un mouvemeni spontané d'approbation, j'allais dire d'admiration. Improviser sur d'arides questions de ciiiffres une harangue qui dure trois heures et qui lient, pendant toiit ce temps, Tauditolre comme suspendu aux lèvres de l'orateur, est un tour de force dont seul M. Gladstone était capable.
S'il faut en croire la Fostaine,
Ob ne ftMt cooltDltr lo«t H monde et son ptre.
Et cependant M. Gladstone a réussi, celte fois, à contenter tout le monde. Il n'y a pas jusqu'à M. White, le moins accommodant des bcntmes en miti^re de réfonnes , qui n'ait proclamé le dernier budget de M. Gbdâose adnnrable.
H. Gladstone compte sur 71 ,490,000 liv. st. de recettes «téval«e lechiffredesdépensespréTHesà 67, 749,000 liv. st. senlemeat. C'est doiw m sarplos de 3,741,000 liv. st. qui
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us LETTRCS SUR l' ANGLETERRE (l863)
ceste il Sa dispssJUoD ; et voici de quelle manière il propose Remployer la plus graude partie de ce surplus.
Vous savez qu'au rang des impAts qui pèseui sur le peuple anglais figure l'impôt sur le revenu [income-tax). Cet impflt était de 9 peuce par livre sterling, et quiconque n'avait qu'un revenu annuel de 100 liv. st. était dispensé de payer. Une semblable exemption était de toute justice, mais elle était resserrée dans des limites trop étroites. 11 y a en Angleterreun nombre considérable d'hommes appartenant à diverses proresfiions, gens de lettres, journalistes, artistes, employés, il qui un revenu annuel, même de 200 liv. st., suffît à peine pour vivre. Sur ceux-là rincome-iax était un poids démesurément lourd, et c'est de ceux-là que le chancelier de l'Échiquier a voulu alléger le fardeau, en demandant que désormais le possesseur d'au revenu annuel, compris entre 10.0 et 300 Ûv. st., fat autorisé à déduire 60 liv. de la somme sur laquelle le fisc a prise, de telle sorte que l'homme qui, chaque année, gagne 200 liv. st., par exemple, n'ait h payer l'income-lax que pour HO.
Cette réduction est fondée sur te principe que l'absolu nécessaire n'est point matière imposable, et l'on regarde fiO liv. st. comme représentant k peu près le nécessaire de la classe dont il s'agit. De plus, M. Gladstone propose d'abaisser d'une manière générale l'income-tax de 9 pence à 7 pence, ce qui sera certainement accueilli partout aver des cris de joie.
Une autre réduction qui vaudra sans nul doute au chancelier de l'Échiquier les bénédiclioas d'une foule de ménages, c'est celle de l'impôt sur le thé, impôt qui de 1 s. 5 p. la livre va, grâce à lui, descendre à 1 s. Les Anglais étant les plus grands buveurs de thé qui soient au monde, ce n'est
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