‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 17 sur 97 · LE COMTE RE CARDIGAN ET U CHARCE DE SALAKUVA · texte numérisé non relu

LE COMTE RE CARDIGAN ET U CHARCE DE SALAKUVA

La popularité qu'il n'avait pas courtisée, — quelle âme not^e la courtisa JamaisT ~~ commençait :i venir au-devant de lui, et la puissance qu'elle offre n'est pas à dédaigner, pour qui l'emploie au service de la vérité et de la jusiice. Mais la popularité est une déesse jalouse , quelquefois injuste, toujours exigeante, et qui, lorsqu'elle se donne, veut du retour.

L« «•■lU 4« C*rdlcaa et la ébMtgt de Balkhlava.

Il y aurait, j'imagine, un livre bien amusant h faire sur ce qui peut justifier le pyrrhonisme en fait d'bistoîre. N'étaitce point Horace Walpole qui. aimait tant à lire les livres d'iiistoire, parce que, disait-il, < si c'est de l'histoire, je suis sdr d'avanceque ce n'estpas vraif » Parlez-moi pour mettre en doute las faits historiques les plus accrédités, de l'historien lahorieux et consciencieux, de celui qui a passé sa vie entière k composer un ouvrage dédié à la vérité. Ah ! c'est celui-là qui sait, un sujet liistorique étant donné, quelle montagne d'erreurs il est possible d'entasser, à propos de ce sujet, quel qu'il soit, pour rinstruction des générations pré* sentes ei futures !

Et tenez ! parmi les questions qui, ces jours derniers, ont

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ISa LETTRES SUR l' ANGLETERRE (less)

le plus piqué au jen l'attention, ou, ^tdt, la enriosité publupie, en Angleterre, celle-ci figure :

Lors de la fameuse charge de Balaklava, dans la campagne de Crimée, que fit lord Cardigan, colonel du 11> hussards? Lord Cardigan, comme il l'affirme, s'élanca-t-il sur U batterie russe, au plus fort d'une épouvantable ' pluie de boulets, frappant de droite et de gauche, se laissant emporter par son ardeur martiale au delà même des canons ennemis, se trouvant seul au milieu d'une nuée de cosaques, leur faisant mordre la poussière, ef regagnant les siens h la façon d'un homme qui reviendrait du royaume des ombres? Ou bien, la vérité est-elle, ainsi que l'affirme l'honorable Somerset-Talbot Callhorpe, lieutenant-colonel du 5» dragons, que le comte de Cardigan, quand ses soldats se faisaient tuer autour des canons russes, n'e'tail pas Jà, ayant permis h son cheval de le ramener précipitamment au point d'oii il était parti?

Vous le voyez, il ne s'agit pas ici d'un problème historique se rapporlant h quelque guerre des Niniviens ou des Babyloniens ; il ne s'agit pas de quelque diose comme la ville de Traie, dont Homère a chanté le siège, qiii dura 4ix ans, bien qu'il paraisse aujourd'hui à peu près proRvë que Ut ville de Troie n'a jamais existé...; non, vraiment! Le jKÎnt en discu^on se rattache au plus cél^re des granés événements militaires contemporains: il s'agit de la gnerre de Crimée, s'il tous plait, et, dans la guerre de Crinéc, de oelle charge de Balaklava, si héroïqae, qu'un général ruse dédara que « c'était une charge bétê > , tandis qu'un général français la eoidamnait en ces termes : c Ceit ieau^ mai» M n'eitpoùU là de la gverrê > T

L'accusation portée par le major (aujourd'hui lieateoaat- •aitooel) Callborpe, contre le comte de Cardigan^ renonte h

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