‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 19 sur 97 · ATTITUDE HAUTAINE DE LA RUSSIE · texte numérisé non relu

ATTITUDE HAUTAINE DE LA RUSSIE

Loin qu'il y ait lieu de les opposer k la Russie, c'est la Russie, au contraire, qui peut avec avantage les opposer-à ses contradicteurs, el le prince Gorlschakoff, dans sa réponse à lord Russell, D'y a pas nianqué. Il a percé le ministre anglais au défaut de la cuirasse ; et il y a ici beaucoup de gens qui le disent tout bas, quoique personne n'ose le dire tout haut. Étrange idée, en effet, que d'aller s'appuyer, pour réclamer en faveur de la Pologne, sur l'acte même par lequel la coalition victorieuse consai:ra sa ruine, fit de l'anéantissement de son indépendance une des conditions de la vie européenne, et essaya de sceller pour jamais la pierre, de son tombeau! Est-ce donc au nom des traités de 4815 et dans r«spoir d'être abritée par eux,' que la Pologne a frémi sous ses chaînes? Est^e la sanctification des traités de 1815 qu'elle poursuit en ce moment, i coups de faulx? Non, ce qu'elle a droit d'exiger et ce qu'elle exige , ce n'est pas un système d'institutions plus ou moins libérales, ce n'est pas une constitution plus ou moins bien garantie : ce que veut la Pologne, c'est tout simplement être la Pologne. Que vienton parler de dorer ses fers, quand il s'agit pour elle de les briser t Comme Hamiet, elle dit :

To be or Dot to be, thil'i the qoesllon.

Et voilà justement ce i quoi la Russie ne consentira jamais.

Au fond, l'empereur actuel ne serait probablement pas éloigné de décréter en Pologne la liberté individuelle, la liberté de la presse et les autres libertés qui en découlent, s'il était sûr qu'entre les mains des Polonais elles ne deviendront pas des moyens de conquérir leur indépendance. « Que

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17H I.RTTREi. AUU l'AWiUTKRKe (iSCS)

la PolAgne ne ebereVe ])as à m resdre iMéjxndanii;, «t leczar ne demamâera pas mieux que de Is rciirire libre, ■ tei est )e l'ésamé des explicatiftus données par le prince Gortacbakoff k lord Napier. Si la Russie ref^ss absoltmenl k la Pologne mt budget séparé, une armée s'^rée, u»ii»temeRt séparé, c'est parce fp'elle sent bien que le lendemain en jonroà tes Polonais auraient obtenu tout cel», l'ÔBpereitr de Russie cesserait d'être roi de Pologne.

Ceci enlendti, il est clair que la n«lê de lord Rnssell n'était de nature ni k satisfaire les viclinies, nr à cauraiRcre les oppresHenrs ; et som le donble rapport des rrartés de ISiSremis en lumière et des coneessions réclamées, la réponse du ininiNlre russe aa ministre anglais n'est que trop eonferme a ce qu'il était naturel de prévoir.

Mais là n'est point le côté de cette réponse qn'it importe le plus de reiever. Ce qni en fait un cbef-tfœuvre d'insolence, c'est le déreloppemenl de cette idée, qtie, loin 4'aiàep les Polonais à secouer le joug de la Rusmie, les gouveruements européens dc^'raient, s'ils étaient t»ea avisés, aider U Russie k éteindre en Eiiro|>e le grand incendie dont la PoletpiEt est en ce moment le foyer, c'est-à-dire i la név(riHtion i'osmopolite » .

Déjà, <tans son entrevue du 9 mars avec lord Najiier, le * prince Gortschakoff s'était exprimé en ces termes : i L'insurrection de Pologne est le résultat d'une conspiration démo- , cralique et sociale, ourdie dans des capitales étrangères, desquelles je ne puis excepter Londres. » Ce que le jffinee Oorisehakoff avait dit à l'ambassadeur, il l'a, dans sa dépêche, répété an ministre. La Roasie ne trouve pa» nM«»aiB qu'on songe à ime croisade, ei même elle se déclare prête à en élre, pourvn que les cwips soient dirigés contre ces ma»dils révolutionnaires, qui ont cJiusé tout le iDdl. Rlle e^ aussi

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ATTlTUUb U-ILTAINE DE L\ HLSSlt Ï'-'J

vtveiutiut toucbée que rAngleterre du danger qui menace de troubler la paix de l'Euiope ; et la preuve, c'est qu'elle propose d'en tÎDir au plus vite avec les agitateurs européens, sans qui la Pologne aurait continué d'élrt; heureuse et serait aujourd'hui tranquille. — Ah ! vous désirez voir triompher en Polof^ne la cause de l'ordre et d'une sage liberté? Eh bien. Je vais vous indiquer un moyen i^ilr d'arriver à la réalisation de votre désir : travaillez à calmer ce désordre moral et matériel qu'on s'étudie à propager en Europe, et vous tarirez de la sorte la source des agitations que vous prévoyez. — Voilà en somme le langage que le prince Corlschakoft -tient à lord Russell ; voilà les conseils qu'il oppose à ses conseils; voilà les reproches qu'il oppose à ses reproches. 11 l'accuse de complicité avec hms les boute-feux de la s Révolution cosmopolite » et il veut bien le prévenir que cette compltnlé est folle,

Cc|»endant, chose remarquable, rien n'est encore venu prouver que l'Angleterre ait ressenti comme elle l'aurait dû ee qu'une semblable réponse a d'ironique et d'offensant. Aucun organe important de l'opinion publique ne s'esl répandu en commentaires violents, n'a pris le ton de la raison indignée.

C'est qu'en effet l'Angleterre n'est pas, pour le moment, d'humem- à se netlnt sor les bras de grosses affaires. Si elle avait eu envie de courir an-devant d'une querelle ou seulement d'accept«r un défi, elle serait, au moment oà je vous parle, en pleine guerre avec l'Amérique. Et, certes, rien ne lui aurait convenu davantage que de se débarrasser, quand il en est temps encore, de la rivalité de celte grande république du Nord par qui elle a été si souvent provoquée et qui lui a toujours porté ombrage. Hais elle craint les aventures. L'œil incessamment tourné du cOlé de la France, elle

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iBo LETTnes SUR l'ancleterre (ises)

épie avec inquiéliide chaque mouvemeDt d'un pouvoir auquel

il est douné de tenir TEurope entière sur le qui'vive.

Dans le tour uiéme qu'a pris celte question de la Pologne, il y a de quoi donner k réfléchir aux Anglais. Il n'a échappé ici il personne que la réponse du prince GortschakofT au cabiuet français est bien difî'érenie de celle qu'il a adressée à lord Russell.

Sans doute, dans l'une comme dans l'autre, on trouve les mêmes dénonciations contre l'esprit révolutionnaire; mais ce qui, dans la seconde, ressemble à une raillerie ou à une menace, prend, dans la première, la f«rme d'un compliment afîectueux et semble témoigner de la confiance que l'empereur Napoléon inspire k l'empereur Alexandre.

PollUqne 4e loti BoncII, ft réptrd de I» R«Mte.

S'il faut en juger par ce qui vient de se passer dans la Chambre des Lords, l'Angleterre se résigne k jouer, dans la question polonaise, un bien triste rdle.

Qui l'aurait jamais deviné? Le comte Russell, oui, le comte Russell lui-même, le plus libéral et le plus sincèrement libéral des ministres anglais, est venu déclarer tout net, devant le monde attentif :

POLITIQUE DE LORD RUSSELL A l EGARD DE LA RUSSIE 131

Que l'Angleterre n'a qu'une confiance trës-vngue, trèslimitée dans le succès de ses efforts ;

Que les Polonais doivent se garder du danger des illuuonsdécevanles:

Que le gouvememenl britannique n'entend pas se faire une querelle avec la Russie et aller au delà du droit de repi'ésenlalion ;

Qu'il n'y a pas à vouloir, pour la Pologne, une existence séparée, nul ne sachant bien en quoi précisément la Pologne consiste, et sa reconstitution, si elle embrassait le duché de Posen et la Gallicie, ne pouvant manquer de mettre le feu h l'Europe ;

Qu'il faut compter, avant Fout, sur la générosité, la sincérité et le libéralisme de l'empereur Alexandre II ;

Que le prince Gortschakoff a tort d'altribuer exclusivement l'émotion de l'Ëuropu, en ce qui touche la Pologne, à ' des artisans de révolutions, mais qu'il est très-vrai que des vautours moraux et politiques (moral and poUtieal vulturet) sont attirés par les calamités de tout conflit , comme les oiseaux de proie le sont, sur tout champ de bataille, par l'odeur des cadavres;

Qu'il n'y a rien de mieux à faire que de se fier k la puissance de l'opinion publique, et, plus encore, à la protecliou du ciel, qui ne laissera pas l'oppression impunie et ne permettra pas la prolongation de tant de douleurs. - Ainsi, le comte RussetI, parlant au nom de l'Angleterre, fait hautement profession d'impuissance 1 Organe d'un peuple qui se vante d'être pratique, il croit à l'efficacité d'une politique de paroles. Vocei, voces , prœlereaque nikil ! Sa sympathie h l'égard de la Pologne consiste ï proclamer impossible et chimérique la séparation , qui est justement ce (fie la Pologne demande, ce qu'die poursuit la faulx à la

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IB3 LETTRES Sl'll l'aNGLETERIIE (1863)

main, et ce qu'elle est en train de payer de tout le sang de ses veines! Après M. Billault, le comte Rassell prenil ocrasioD du drame affreux qui se joue sur les bords de la Vis- (ule, pour dianter les vertus du ozar ! Après le priore Goris-; «hakoff, il a sou mot contre, lee patriotes cosmopolites, les c oiseaux de proie; i et, heureux plagiaire du style de M. Dupaoloup, il les appelle • des vautours! ■ En)în, comme le pieux évoque d'Orléans, il se décharge sur la Providence du soin de mettre fm ailx malheurs de la terre, oubliant que l'histoire, hélas! n'a guère été juf qu'ici que l'épopée de l'iniquité triomphante, et qu'aux yeux des philosophes religieux, le plus sombre, le plus impénétrable de tous les mystères est contenu dans ces (rois mots : pourquoi le mal?

Non que le comte Russell soit insensible aux infortunes . de la Pologne, loin de là : je lui dois cette justice, que son bon cœur l'a précipité dans un abimc de contradictions.

Et, par exemple, l'hommage qu'il rend 'a la générosité, \ . la sincérité, au libéralisme du c^ar, ne l'empêche pas de rappeler comment les institutions données aux Pokmaîs par le présent empereur ont prêté leur ombre îi toules sortes d'actes tyranniques; comment les arrestations adiitraires se sont multipliées; comment les prisons se sont remplies de malheureux sur i^ui ne pesait aucune accusation et qu'on arrachait de leur lit pour les plonger dans vn cadiot; comment les pavés des églises ont 6ié teints du sang d'hommes agenouillés et en prières ; comment, k Varsovie, coiiscriptiou et proscription sont devenues des espressions synonymes; et comment il est impossible aux Polonais, avec de tels souvenirs dans l'esprit, de tels ressentiments dans le cœur, d'in'oir la moindre confiance soit aux promesses, soit aux insiiiuiioiis qui portent le cachet de la' politique de Samt-Pélersbourg,

POUTIQUE DE LORD Bm^Ui, A L EGARD DE U RUSSIB 18S

La Doéme k^iqu» se retrouve é»Qs le fta»sage suivaut, qui -mérite d'être texluellemenl cité comme un modèle du f^nre ;

< On dira, peut-être, qu'il est dur pour un empereur dont les intentions sont si dignes d'éloges d'être un objet de défiance et de voir ses bienfaits rejetés avec mépris^oiais c'est une conséquence naturelle et légiiime du despotisme, que ses caprices détruisent la confiance et qu'on ne croie pas à ses promesses pour l'avenir parce que, dans le passé, ses promesses ont été violées. S'il en est ainsi, o'avoiis-nous pas quelque raison de conseiller qu'on rende aux Polonais et qu'on observe scrupuleusement la Constitution qui leur ftit donnée par Alexandre 1^ en 1 81S ? >

Eb bien, qu'es (Ulcs^votts! 11 îml readre aus Ptloaats la CoDsUluUoB de 16lS^ parce qtu cette CooslitHtiou a'i jauuis reçu d'appkiciuiwi sérieuse, et qu'il est de Teseence di despoiifline At violer ses prooieises ! Voilà de quelle maaière un ministre se pemot de rustfnner daoe ce pays^, en pleiae Chanbre de« lx>rd6!

L>»prit reste coufoudu, i^uod on rapprocbe le langage 4enu par le ministre anglais dans la séance de vendredi dervier, de celui qu'il tenait dass sa fasaeuse dépêche di 10 avril, lors^'ij chirgeait lord Napier de prévenir l'euH pereur 4e Russie que les iroubleK sws cesse renaissants de la Pologne « pourraient provoquer, daus des cireonstanoee possiUes, des csmpUcations de la nature la plus sérieuse. * El notez que, postérieureneot à Ytam de «ette d^)éche» il s'était exprimé en termes encore plus péreuiptoires, plw menaçants. Le baron de ilrunow lui demandant si la nale du gouvernesaent britHinique était d'un caractère pacifique, il n'avait pas craint de répondre : < Si le gouvememeat im> pénal ne jM-ead Mcuoe mesure d'une «ature cwcJliaBte, d«s

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184 LETTRES SUR . l'aNCUTERRE (iSSS)

dangers et des complications peuveat survenir qui ne sont pas prévus en ce moment. >

C'était clair, cela, et passablement vif. Que s'est-il donc passé, depuis, qui ait pu si fort adoucir les dispositions de lord Russell ii l'égard de la Russie?

Ce qui s'est passé? Le prince Gortschakoff a infligé à l'orgueil an^ais une des plus cuisantes humiliations qu'il ;iit jamais reçues. Non-seulement le ministre russe a repoussé les conseils du gouvernement britannique, non-seulement il s'est abstenu avec un froid dédain de rien promettre de ce qui lui était demandé, ni.iis, ayant tort contre le monde entier, il a prouvé, chose triste à dire, qu'il avait raison contre l'Angleterre, tant celle-ci avait mal choisi son terrain I

Quoi de plus ridicule en effet que d'invoquer en faveur de la Pologne les traités de I81S? Eh ! c'est au contraire à la Russie qu'il sied de les invoquer, ces traités qui lui livrèrent en proie la Pologne palpitante, — ces traités qui furent la sanction des partages antérieurs, — ces traités qui firent d'un acte de brigandage un article du code international, — ces traités, par lesquels les puissaoces copartageantes recurent l'absdlution de la diplomatie. En appeler aux stipula* tioDS de Vienne, les signaler au respect de l'Europe, insister pour qu'on les observe, qu'est-ce donc, sinon reconnaître que les Polonais sont et doivent à jamais rester sijets des Russes; qu'ils ont perdu tout droit à leur autonomie; qu'ils ne sauraient réclamer contré le crime de la spoUation donl ils furent victimes sans s'insurger contre le droit public européen? Je voudrais bien savoir si c'est pour le compte des UaitésdelSIS que les Polonais combattent et meurent 1

Vainement vient-on nous parler des garanties qui y furent stipulées : sous ce rapport, je n'hésite pas un seul instant ji dire que, comme discussion de testes, la réponse du prince

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POUTiaUE DE LORD RUSSELL A L ECARD DE LA RUSSIE ISS

Gortschakoff au comte Russell est victorieuse, est écrasante.

Ce dernier, dans sa dépêche, avait eu recours k la commode ressource des citations tronquées; il n'avait cité du premier article du traité de Vienne que ces mots : ■ Le grand-duché de Varsovie est érigé en royaume de Pologne, pour être iadissolublenient lié à l'empire russepar sa constitution. » Le prince Gortschakoff complète la citation : «Les Polonais, sujets respectifs de la Russie, de l'Autriche et de la Prusse, obtiendront une représentation et des institutions nationales réglées d'après le mode (Texistenee politique que chacun des gouvernements auxquels ils appartiennent jugera utile et eonventûtle de leur accorder. >

Que conclure de là T Que la Russie, aux termes mêmes des traités qu'on a l'imprudence de lui opposer, est le juge du genre de représentation et du mode d'institutions nationales tia'W lu(, convient d'accorder à la Pologne. A elle de voir de quelle façon elle dévorera la proie qu'on lui abandonne !'

El c'est sur de pareils traités que l'Angleterre prend sou point d'appui? Allons donci Le seul langage qu'un grand peuple, ami de la justice et de l'humanité, pût tenir, était celui-ci :

— Il n'y a pas de droit contre le droit. La conquête elle-même n'est en grand que ce que le vol est en petit. La faute que l'Europe commit dans le dix-huitième siècle en laissant s'accooiplir l'odieux partage de la Pologne, elle l'expie, dans le dix-neuvième, par les soucis mortels et les alarmes continuelles que les conséquences de ce partage lui causent. Il faut en finir. Les horreurs dont la Pologne est en ce moment le théâtre sont de celles qui appellent l'intervention, non pas seulement de telle ou telle puissance, mais de la conscience humaine. Ce n'est pas au nom des traités de

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laa LBTTRËfi SUR t'AMiLETESBË (lefls)

1813 que noHS protestons : en ce qui CQncârse la Pologne, ils consacrèrent ce qu'ils auraient du (Ictrir et anéamir; nous protestoD» ^au itooi de la juiAioe, et au dqiu de rirefôrôt de l^rope.^m les é«éDMie[rt«;a(rtuels ttonuiart asset que )a justice «st inséparable. Nous avons de Jiotreioâté la raison, «t c'est |>our la sentir ,qfie ^eu nous n rdonné la -foret-.. A bon ■entendeur, salut. —

Impossible ! vont s'iiorier les 'habiles; Ja diplomatie ne ctHinatt point cette laagtte^ii.

Eb! mon fiieu, je ne j'iiKOPeipaÎDi; je loube d'acconl qtie la «agesse àe la Aiplonaatie «atcdle de 'Pt^te.;^ j'avoiterai même, ai I'ihi V6ut„(fue, ji)8qu'à«e qiiele«AOiMte.iùt atteint l'âge de riison, elle^ie saurait w) avoir <d'jub'e. .Uaîs qu'estHse que cela prouveî '«qu'elle ssal de snujRide, ^uand elle s'avise de coinbaAtce<«i de geunnander l'c^pccsatos. S'il est absurde, -de sa part, de plaider dans un IftogAge vrai la cause de la v^i^ et de s'appuyer «ur la justice pour déCeudre la justice, que n'a-tielle -le <ban esprit de se tûre et >de laisser faire, de laisser passer? le conçois :1e gouveraernent françai.'f molivant son tiiturvËDlioiisurila nécessité de die fias souffrir que rkuinanilé «oit ifotdée aux pied&, et je le oonoevrais mieux encore si la réponse du prince Cortscbakoff n'avait ipas para si satisfaisante bu JloKttur; mais qu'un homme tel que le comte JKussell invoque en fav«ir de la Pologne les iraitéfiin^HWB qui^mt diplomaliqumueatsaotAifïé sa ruine, et^qu'à catte^reDiiète<faiite il ajoute celle ide déclatw que la 'puissante Angleterce s'est exposée de .gaieté de cœur à parier en vain, voilà ce que j'^i de la peine à cumpireudre, et j'en rougis peur les peuples libres.

Toutefois, s'il y a li) une -énigme, le mat>de eeHe énignte n'est pas absolument impossible à découvrir. C'est à quoi je m'ai^tiquerai daiw ma lettre de dcmaiu.

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CE QLI PARAL\SF, 1, ANGLETEHKR

Ce qui parklyae I* Angleterre.

L'Aiigt«teiTe craint la gaeriv, Toilà l;i vérité. Ses eynpathies pour la PolHgn« sunt (rfes-^ sincères', elles bodI aiguitlonuéefi d'ailleurs par l'inqwiéuxle ^ue les empiéltimenls de la 'Russie kii inspirent; mais elle8 n'ont riec de belliqueux. L'Angleterre ne veut pas tirer l'épée et ne ta lir«ra pas, ■1 moins qu'on ne Vy force absolument. Dans ce cas, elle es jelt«'ait au loin le fourreau ; car la race BaKOnne a un peu de la nature du boule-dogue, et lui faire Ucher prise n'est pas facile. Mitic cela luëoie l'arrête. Elle craint 4'avoir trop longtemps à rester teiR pieds dans le sang.

En thèse générale, cette répugnam-e est faomrable ti n'a rien qui ne soit en harmonie avec les mœurs d'un peuple libre. La guerre témoigne de l'enfaoce des peuples; la «écessité d'en appeler à son farouche tribunal prouve assez que, malgré les efforts de la scieuce pour rapprodier les hommes, malgré la vapeur, et les chemins de fer, et l'électricité renxiue messagère de la pensée huaraïae, nous ne sommes point encore sortis des âges de barhitrie. Coiumest la lutte ne serait-elle pas une affreuse calamité, quand la victoire elle-même est si souvent fatale au vainqueur? Ce n'est, certes, pas l'Angleterre qui, sur ce point, peut avoir des doutes. Écrasée de taxes, elle traîne, aujourd'hui eii-

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IHâ LETThES SUR l'aNCLETERRE (iBCS)

core, et tratne en gémissant, le boulet qui fut rivé à son pied par William Pitt, le jour où ce ministre oi^ucilleus fit contre la France le serment d'Annibal.

Hais, si la gueire est à maudire quand elle est le fruit de l'ambition ou de la haine, it importe de ne pas perdre de vue que , jusqu'à ce que la solidarité des peuples soit organisée par l'établissement d'un tribunal ampliictyonique composé de leurs représenlaols vérilables, la guerre reste le seul procédé connu pour mettre la force au service du droit.

Et d'un autre côté, le meilleur moyen de l'éviter n'est pas de la craindre i l'excès ; de le laisser voir, surtout.

Or, en ce qui concerne la Pologne, \k, depuis l'origine, a été le grand tort de l'Angleterre. Pas un de ses journaux qui, après avoir épuisé contre la Russie le vocabulaire de la* guerre, n'ait conclu à la paix ; pas un des nombreux meetings tenus en faveur de la Pologne oîi les orateurs ne soient venus un k un expliquer, d'usé voix assez forte pour qu'on l'entendit de Saint-Pétersbourg, comme quoi le coup ne suivrait pas la menace. Jupiter tonnant a bien voulu avertir le monde, avant de lancer la foudre, qu'il s'agissait d'une foudre débonnaire et que tout se bi^rnerail à des éclairs.

Faut-il s'étonuer si le prince GortschakofT se l'est tena pour dit eta répondu en conséquence?

Il semble que cette réponse du ministre russe, si mesurée dans la forme, mais au fond si hautaine, si moqueuse, » dédaigneusement calme, aurait dû, soit irriter l'Angleterre, soil l'avertir des inconvénients d'une politique qui paiatt trembler quand elle gronde. Hais non : la peur de la guerre est si forte, que, même après la réponse du prince GortsdiakofT, que dis-je? surtout après sa réponse, les protestations de septimcnts pacifiques, — pacifiques quand même — ont redoublé.

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