LES INSTITUTIONS CHARITABLES ET L INCOMB-TAX
mettent i la disposition d'un certain nombre de personnes riches un patronage considérable; et enfin, que les avantages qui en résulteat se trouvent mêlés de beaucoup d'abus.
Ceci posé, il faut savoir en outre que tes fondations charitables sont exemptées de l'income-tas.
Cette exemption est-elle juste? Est-elle commandée par une saine politique? Repose>t-elle stir un principe vraiment philosophique, sur l'intérêt social bien entendu?
H. Gladstone pense que non.
Il part de ce point qu'une exemption pareille est en réalité un don fait par l'État aux établissements en question. Ce qu'ils payent en moins, la masse des contribuables a nécessairement à le payer en plus ; et ce n'est pas une bagatelle, puisque l'income-tax étendu aux fondations charitables produirait annuellement au Trésor public 250,000 Uv. st.
Il s'agit donc de décider s'il convient, oui ou non, d'accorder à tel ou tel individu, au moment de sa mort, le pouvoir de faire passer à son gré, selon sa fantaisie, et sous couleur de charité, sa fortune ou une partie de^ fortune, de la catégorie des revenus imposables dans celle des revenus non imposables.
Que !e droit de tester soit reconnu comme conséquence du droit de propriété, soit; mais qu'on y ajoul« l'exorbitant privilège d'uoe exemption qui ne saurait profiter aux uns sans aggraver le fardeau des autres, c'est ce que H. Gladstone trouve et déclare inique.
En réalité, un homme qui, sur le point de quitter la vie, soustrait à l'impôt une propriété dont il ne dispose, après tout, en faveur d'un établissement que sous l'influence de certaines vues, conformément à certaines idées, et moyennant certaines conditions dont il n'a à rendre compte qu'à lui-même, cet homme-Li lève sur ses concitoyens un impAt
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1»4 LETTftES suit L'ANfiLeTCPJtB (lB«s)
équivalent à celui auquel sa dnaiion échappe; il les force de s'associer i ses tnleolionB; il leur impose l'ubligatioa d'avoir l«ur part daus des {jéuérosités sir la nature on le but desquelles il m les a pas cossultés, etdont il entead garder l'honneur pour lui seul ; il est charitable à leurs d^wn. Voici UB pauvre petit employé qw travaille jour et suit, {agne à grand'peioe ses 200 livres par an, et se trouTe chargé de famille. Faudra-t-il qu'on ajoute à l'incoaie-tax qui p^se sur sun revenu, parce qu'il aura plu à tel opulent personnage d'attribuer k sa mort l'importance de sa vie, de se créer une client^e par deUi le tombeau, et de coaiinuer à faire de la dépense aprte avoir cessé de vivre 1
Il y aurait d'ailleurs à s'entendre sur ce qu'on doit sahia du nom de charité. La charité, dans la grati^ et belle acception du not, implique l'idée de privation ; elle suppose une personne qui reçoit, mais elle eu snppMe une aitre qui donne. Que donne celui qui, en donnaot, ne se prive de rien?
C'est pourtant oe genre de charité qui, eu Angleterre, est aujourd'hui exempt de riocotne-lax, tandis que la taxe poursuit inexorablement la charité véritable, celle de l'hoB^ qui, plein de vie et de sanlé, retranche de ses praires jouissances tout ce dout il grossit la part du pauvre.
Ainsi pense H. Gladstone ; ainsi pease lord Palmerston : ainsi pensent tous les ne-mbres du ministère. Et c'est pourquoi le gouvernement avait résolu de pFéseuter au vote de ia Chambre des Communes l'extensioB de TmcoHie-tax aux Eondalioos charitables.
Mais à peine a-t-on eu veut du projet, qu'une immenae clameur s'est élevée. Quoi I taxer le fain de l'indigent, le lit (ht malade, le fauteuil de l'inânne, le bAton de l'aveugle, l'éducation de l'eafant du pauvre ! V«ib le cri qu'ont poassé
LES ISSXITDTIOHS GUiUTABlfS BT t UIGDIIE-TAS IBS
de coDcert prinuE, lor(k, évéques, Brchidiacres, les àmei pieuses d'EIxeter-Hall et les philanthropes du Timet.
Larapaàté tinaBcifere de H. €ladfitooe«t sa dure philosophie ont été dénoncées bico haut par les gouverneurs 4le ■ Chrlst'hoq>U*l>, qui, fandé autrefois pour les plut nulheureiix d'entre les malheureux, en est venu, par raccroissemeat de ses richesses combiné avec l'action du patronage, k élevet, an lieu d'orphelins pauvres, des enfants de personnes qiû possèdent SOO, 300, 400, et jusqu'à 500 livres de revenu. Les dvcU'iDes matérialistes de H. Glad«looe ont été traitées comme elles le méritent, par les administrateurs de * Saint* Bartiiolomew's >, déclarant qu'un income-tai de 890 livres slerlioi; les obligerait à renvoyer KOO malades^ et, oubliant qu'à ce compte — le remarque et le calcul soBt de M. Gladstone — ils dévorent, eux, iSO malades dans des Fêtes qui leur coûtent %âO livres sterling! Bref, il y a eu Cflutre ce pauvre ministre des finances, qui ne s'était jamais douté qu'il idi coupable à ce poiut, un soulèvement d'huma- BÎté à faire frémir.
Hais voyez un peu ce que c'est que l'obstination d'un fi- Daseierl H. Gladstone a persisté', il s'est juré à lui-même que laCbambredes CommuDes, si elle lui refusait sou approbation, aurait du moins i l'écouter parler ; il a dit, comme le métromane de Piron :
.- DDl-il donnir delMiit,
L'auditeur eoleodrï ma pièce Jusqu'au bout
Mais, lom d'eDdormir ses auditeurs, M- Gladstone les a tenus terriblement éveillés: Jamais sa parole n'avait été ansù iDutilemeiU puissante. Cette tendance à la subtilité,
IBG LBTTBBS SUR l'aNGLETERHE (iHSll)
dont il lui est impossible de se défaire entièrement, était, cette fois, couverte par l'épanchemeut d'une sorte de colère sourde qui perçait à chaque phrase. Il savait d'avance que sou projet devait être relire; il stsutait que s'il avait pour lui la vérité, il avait contre lui son auditoire^ et la certitude de sa défaite imprimait à son éloquence un caractère de passion et de fierté, tout à fait émouvant. II parlait, — en l'écoutant, on ne pouvait s'y méprendre, — non pas i la Chambre, mais à une assemblée bien autrement nombraise et bien autrement imposante, qui siégeait loin, bien loin de la Chambre, et plus haut!
On avait fait un bruit énorme des pauvres que chaque hôpital allait avoir à renvoyer, des orphelins du clergé qui allaient perdre leur chétive pitance, des veuves de ministres dissidems auxquelles allait èlre enlevée leur misérable pension de 30 à 40 livres sterling. En réponse à ces doléances, M. Gladstone a spiriluellemenL comparé les manœuvres de ■ l'armée charitable > h ces revues où l'on met au premier rang les hommes grands et forts, et derrière ceux de piètre apparence, ou bien encore à ces batailles que gagnent à dislance de vieilles femmes et des enfanis habillés en guerriers farouches. ï! a monlré qu'on s'était étudié à ne plaider que la cause des ■ charités » en effet recommandables, ei qu'on avait eu soin de rejeter dans l'ombre celles qui méritent tout au plus d'être tolérées. Car, en fait de charités, il y a d'imporlanlcs distinctions à établir, et e'est ce dont ne paraissent pas se douter ceux qui, l'autre jour, oiit assailli Downing street.
Turgot et le docteur Chalmers ont très-bien prouvé que les charités utiles sont celtes qui ne tendent pas à créer le mal même qu'elles ont pour but d'adoucir, etijue les charités funestes sont celles qui, au coutraire, rammencent.
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LES INSTITUTIONS CHiUtlTABLES ET h INCOHE-TAX in
comme h lance d'Achitle, par faire la blessure, sauf k la guérir ensuite.
A la dernière catégorie appartiennent les hospices d'enfants trouvés, qui ne font que substituer au crime de l'infanlicide matériel celui d'une sorte d'infanticide moral, assurent le bénéfice du mystère k la maternité qui s'abdique, et offrent une prime au coucubîoage, en dégageant les séductions du plaisir de la crainte des charges qu'il impose.
A celte dernière catégorie appartiennent aussi certaines donations du genre de celles de Jarvis, dont M. Gladstone a ' fort à propos rappelé l'exemple. Elle était destinée h soulager les pauvres de certaines paroisses, et elle eut pour effet de les changer en autant de nids du paupérisme. Il est des charités qui démoralisent le peuple, lui enseignent à tendre la main sans rougir, le familiarisent avec l'idée d'une dégradation originelle, lui font perdre plus de temps à courir après l'aumâne espérée qu'il ne hii en faudrait pour se mettre, par le travail, en état de la dédaigner. Quel droit ces sortes 4le charités ont-elles à un encouragement social?
Ce qui est à encourager, c'est la charité des vivants, qui s'adresse aux besoigneux, non relie des morts, qui offre une tentation périodique à l'importunité et à l'indoleuce ; c'est la charité qui entraîne un sacrifice et a sa source dans un sentiment d'humanité et de justice, non celle qui ne coâte rien au donateur, et qui ne vise qu'au triomphe soit de sa vanité ou de ses aversions, soit de ses idées particulières.
M. Gladstone a signalé avec force l'inconvénient de ces charités dont la condition sine qua non est que ceux qui en veulent profiter iront à l'église : admirable moyen, en effet, de salarier l'hypocrisie et de faire dépendre de l'appétit temporel l'appétit spirituel t II a cité, comme étant à sa connais-
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t»« LBTTRSS WK &'jllHUfBR» (U«8)
sauce personne, te fait d'ualegs de iSÛ.dOO' livre» stsri. laissés aux pauvres saus autre motif de la part dtt danateur ^e sa haine pour lies proches. A cela TOUS deviner la réponse; on dit :
c Qu'importe le motif, si le résultat est avantageuxT Pourquoi détournerait-on les hommes de faire le bien, alors même qu'ils le font sousTinHuence de mobiles condamna- IilestCe qui est ï considérer ici, ce n'est pas l'intention, plus ou moins pure, de celui qui donne; c'est l'intérêt de celui qui reçoit, l'intérêt du pauvre, s
Oui, sans doute; mais la question, telle que H. Gladstone l'a posée, est celle-ci : les fondateurs d'établisseoKnts cha» ritables meltani presque toujours i l'avantaf^ de proBter de lenrs dons des conditions qui consacrent la dépeadanee de Febiigé, n'y a-t-il aucun moyen meilleur de pourvoir k l'iotérét du pauvre, et l'excellence de celui-là est-elle doue si iiaiHfeste, si inconlestabie, si absolue, qu'on loi doive inmoler les lois de la justice distribulive et le prinùpe qui iolerdit d'imposer le patn du travail au profit du pain de l'aumône ?
Sans doute, il y a des établissemeuts draritaUes qui appellent la protection de l'État-, mais l'Élat ne saurait sceorêer sa protectioD an hasard, les yeux fermés. C'est bien le moins que ceux qui veulent être favorisés par lui acceptent son droit de contrôle, et il ae lui est pas loisible de disposer de l'argent du public sans en surveiller l'emploi. Si des corporations dont l'existence a jusqu'à ce jour échappé au centrale du Parlement, k celui de la presse, à celui de l'opiaioUf pctivent prouver que l'exemption dont elles demaadeot le maintien est d'intérêt public, très-bien; mais alors qu'elles BMntroit leurs comptes.
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LES INSTtnmOIIS GBAMTABIBS BT L mORE-TAX I»».
Le discours de H. Gliidstoae a été beaucoup admiré *, mais ses conclusions étaient coudamoées d'avance par la Chambre des Commuues, et il y avait à' c«t égard parli pris. Lord Pabnerslon est donc venu déclarer que le gouvernement retirait le projet. Cette déclaration, le premier ministre l'a faite avec beaucoup de courage et de dignité, attestant que l'opinion de M. Gladstone était l'opinion de tous les membres du cabinet, el ne se cachant pas de l'espoir que l'opiDion serai! un jour ramenée à des idées pins saines.
Un doute me reste. H. Gladstone et le gouvernement dont il a été en cette occasion l'or^ne, onl-its bien mesuré l'immeise portée de la question qu'ils viennent de ptiser devaM tes pkibMflphes et les penseurs? Car ne voir en ceei qu'aoe affaire de finance et d'iocome-tax est puéril. Se . sodI^-Ubrends bien compte des eondition» d'une société dans laquelle on n*aurait pas à signaler les vices de cert^nes foadatioa» charitables, ou baptisées telles? 0nt41s compris k qiidles bautears il faudrait placer le tramiil pour avoir le droit de guerroyer contre ce que le travail, assuré et rémunéré, readrait absolument inaliie? H. Gladstone est homme, je eroia, à avoir entrevu tes conséquences, prufoadément démocraciqves, de l'idée qu'il vient d'émettre. Mais lord PalmerattaT ^is ses coUègnes?...
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LETTRES SUR L'ANGLETERRE (lS69)
Douze hommes mariés C0Dsti(ueDl-ils le meilleur jury qui se paisse trouver quand il s'agit d'une cause qui touche aux choses matrimoniales? Le contraire semblerait prouvé par ie résultat d'un fort amusant procès qui occupe ici, en ce moment, les mille trompettes, non pas préciEément de la renommée, mais de la chronique.
Il s'agit d'une affaire qui, menaçant de tourner au drame, se trouve, pour le public au moins, avoir tourné à la «comédie. Voici le fait.
Le monde des auteurs qui sont acteurs compte en Angleterre, parmi ses représentants les plus connus, un M. Diou Boucicault. Comme acteur, H. Boucicault a fait preuve de talent. Comme auteur, il a fait preuve de succès. CoUeen Batonl Uuelle femme <le Londres ne sent pas sod cœur battre à ce nom : Colieen Bawn? Quels prodigieux triomphes ce Dom ne rappelle-t-il pas au directeur • d'Adelphi-Theater » î Colieen Bawn était une jeune Irlandaise , une pauvre petite paysanne, qui avait su toucher le c<Bur d'un jeune homme de famille, au point de se faire épouser par lui secritement. La mère du jeune homme.... mais. Dieu me pardonne! j'allais vous donner une analyse de ce drame, grâce auquel le Slrand, k Londres, s'est placé d'un bond à la faau-
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UNE ETBAHGE SENTENCE 301
teur du boulevard Saiat-Harlin à Paris. Qu'il me sufSse de voas dire que, dans cette pièce, la jeuue fille en queslion était représentée conduite dans une barque par un méchant bomme au beau milieu d'un lac, où il essayait de la noyer sans y réussir. Le public anglais n'est pas exigeant, et les émotions qu'il reçoit par les yeux le transportent. CoUeen Boum fit fureur. Le nombre des représentations atteignit un chif&e sans exemple dans l'histoire des succès dramatiques, an chiffre impossible à retenir. Toute* la ville de Londres courut voir cette jeune fille, et comment il lui arrivait de ne pas se noyer sur la scène. H. Boucicault fut, jusqu'à nouvel •rdre, un grand homme.
Hélas ! ptOt au ciel qu'il n'eût jamais fait parler de lui d'une autre manière, et qu'après avoir été l'auteur d'un drame larmoyant, il ne fût pas devenu le héros d'une comédie! Hais le malheur a voulu, d'abord qu'il ait établi un théâtre ; ensuite qu'il ait engagé une actrice distinguée, mistress Jordan ; puis, que cette actrice, qui était mariée, se soit séparée de son mari ^ puis, que ce mari ait appartenu !t la classe des jalouï,' et enfin que ^. Boucicault ne se soit pas assez défié du danger qu'il y a souvent à visiter les dames le soir.
Donc, us soir que H. Boucicault était chez mistress Jordan, Patl Hall, n° 60, survient M. Jordan, qui frappe à la porte violemment, en homme qui savait pourquoi. Les Romains, quand ils revenaient de voyage, avaient soin de ne se présenter h leurs femmes qu'après les avoir prévenues à temps. Mats M. Jordan, qui est acteur et qui, quoique séparé de sa femme depuis quelque temps, l'aimait, parait-il, à la façon d'Othello, M. Jordan ne se croît pas lié au respect des traditions de la délicatesse antique. Il avait donc épié le visiteur imprudent et brûlait de lui dire deux mots. La
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9«3 LETTIies SUR l'aHCUTHRB (iSSS)
Amm, qui ne se doutait de nenj «vre I» perte, et Toitii ifte le mari, furieux, se précifrile dans la maisoii, grimpe l'esealier quatre à quatre, prend chaque cbaatbre d'assaut, cberebe dan» toi» tes c«inft et recows, {^nde, lempéie, Eait or TMarHie d'enfer. Notez qt'ii était daos une anàaoa garnie, et habitée par des locataires qui n'avaient rien il voirdaas iMt eela.
La ( laadlad; » parait, ii moitié eBdormie et un fiambeau i la main. On la ponsse de cAté, elle et son flanibeaa. Le droit d'inspeetîM que H. iordkn réclame est absolu ; il n'admet pas d'exception, pas de réserve ; il ne lui syffit pa» d'explorer la chambre de sa femme, il explorera, s'il tok plaît, toute la maison, de ka cave an greitier. — Hais les locataires, mon cher nonsiear? — Ah ! ma foi, laM pis pwr les locataires !
Sir ces entrefa^a,. «n brave bemme de colonel, oonmé GibboB, ^en revenait rranqnill ornent de ton clob et regagnait ses ■ lodgings », qui, po«r son malheur, étaient préeisément an n* 60 de Pal! Hall. Il troore la maison sens lieKus deasons, monte, «eut eatref dans sa chaisbre k caueher. Hais, halte Hi ! M. Jordan Im déclare, ou ^ peu près, que, fftt-il le petit caporal, il oe passerait pas. Justement, il était arrivé qi6, ne sadimt où se cacher, le célèbre autenr de Colleen Boum avait cherché refu^ dans la chambre do locataire abseutT non sans avoir pris la précaution de se fermer en dedans, ^is<4iiDent coMine dans les pièces de l'école de M. Scribe. Le panvre colanel , ne sachant pas W premier Mot de l'hisloire, insiste pour s'aller coucher; et le mari, trop exaspéré potir mettre dans ses discours la darté- Déeessaire, jure qu'il fera |dulél sentinelle à la porte tonte L'éternité. Û-dessis, grande ipierrile, qui embrouille ce qu'il s'agissait d'éciairûr; et le colosel , appelant un police-
ij» ÉTRÀseE SEnrstiCE 30»
nm-, \wt * ivmt! es chai^ * j «Hume oa diticiy M. Jordaa. Lea TC% Jonc «a reute pour la sUdsn de polies h plu» jHMbane. Lh, nàs là seideiaent, ooi parviest à ^'entendre, «t, après âaq ranales d'espHcation, ebaciu est renvoyé
Dans l'intervalle, le héros de l'atentore s'était énàé, tou- JMFs conHBfi daoft les pièces de Scribe. Jugez de la rage du iBari. Ayant manqué le conpaMe su celui quiU croyait tel^ il »'est dit que l'iniuKent, du moins, ne Ifi échapperait pas, et îladté, — l'awriei-fous jamais crv? — es doaimage»-iotéréts, pour amtkuion arh*traire, es maUietirenx ctrioaet GibbM, drat le seul cri»< était d'avoir voulu eslrer dai» sa chairtre à coucher !l fhenre où I'ob se cMcbe.
Le phu curieux , c'est tfoe , sur la déGlaratiau du jury, le eoteud s été coadanaoé à vimgl - daii limrts sterling de doiDDiage».
Toyei uB peu ce q«e c'est que la justice buiuaiue! Le et^ooet GtbboD , en recoarant à ristenentiao du poliiiemafl^, >, ra ces enmetanee», reudu service h tout le monde : atr ■arir qu'Jl a' »3U«é des e&ts de sa propre fureur; i> la femme, dont la ponlÎBo risquait de devenir épouvantable ; à M. Bou- «caull, dont la vie était peut-^tre en dan^; à la < land- Uij >, 4fui devait avoir hâie de voû- cesser le désordre et le Mandate doM sa maison était le théâtre. Et cependant lui «Mtpaye les pots cassés!
Nol dMiie qu'en l'asugoaat H. Jordan n'ait eu ea vve de se venger de sa femme , en dimnaut le plus d'édal possible k cette aventure. Hais ce n'est pas une raison pour qu'un homme honorable soit puni par une amende de sis cent vingt-cinq francs d'avoir fait ce que tout autre aurait fait à sa place.
Qu'un mari offensé ou soupçonneux ait le droit d'entrer
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S04 LETTRES SDR l'aNGLETERRE (i868)
dans la chambre de sa Temme, très-bien; mais que ses griefe ou ses soupçons lui confèrent le droit de prendre possession de toute une maison garnie, d'y agir en maitre, de s'installer où bon lui semble, et de faire peser sur des gens paisibles, des élraDgers, les conséquences de ses déboires domestiques, c'est ce qu'on ne saurait admettre.
Aussi n'y a-t-il qu'un cri' dans la presse anglaise, et en faveur du colonel, et contre le jury qui vient de le frapper d'un coup si peu attendu. Il y a, du reste, appel, et l'on regarde comme presque certain que cette étrange sentence sera cassée. Elle l'est déjà par un tribunal plus puissant ici que tous les tribunaux pris ensemble, l'opinion publique.
En France, la magistrature a fait prévaloir celte sotte idée, que ta justice cesserait d'être respectée le jour où l'on discuterait publiquement ses arrêts. Comme si un juge n'était respectable qu'à la condition d'être tenu pour infaillible, ce que chacun sait fort bien qu'il n'est pasi Ici, on examine avec soin dans la presse chaque déclaration du jury, chaque jugement; OD en débat les motifs, on en pèse le mérite, on condamne les décisions rendues à la légère pu injustes, £l .même on les flétrit, selon la gravité des cas. Le respect dû à la justice en souffre-t-ilT Nullement, Et c'est précisément le contraire qui arrive, par la raison bien simple que la justice, ayant sans cesse à justifier ses titres au respect, s'arrange de façon à être respectable. En ceci, comme en beaucoup d'autres choses, ta garantie du droit, c'est le contrôle, et la vraie condition de l'ordre, c'est la liberté.
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l'iRLANDE BT < l'^USE ETABLIE I
L1rtMi4e et • l'ËgllMt élftblie > .
Les choses de la religion ont occupé, ces jours derniers, une place considérable dans l'histoire d'Angleterre.
Le même jour, chose curieuse ! les intérêts de l'Église ont absorbé l'attention des trois grands corps représenta^fs de ce pays, savoir : la Chambre des Communes, la Chambre des Lords, et ce parlement du clergé qu'on nomme « ConvocalioQ >.
Oui , le même jour on a examiné :
Dans la Chambre des Communes, si l'Église protestante d'Irlande devait rester intacte ;
Dans la Chambre des Lords , s'il n'y avait rien à rayer de la formidable liste des serments ecclésiastiques;
Dans la Chambre de « Convocation ■ , la Chambre haute, s'il y avait lieu de prendre enlin quelque mesure décisive contre l'audacieux cootradicteur du Pentaleuque, l'évéque Colenso.
Graves et solennels débats ! Débals d'une portée incalculable et qui marquent une des phases du mouvement de la vie intellectuelle des Anglais!
Au premier abord, les questions que je viens d'indiquer peuvent paraître d'une importance secondaire. Mais qu'oD
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aflfl LETTRES SUR 'L'aKCLETËHRË (iMs)
les approfondisse! Pas une qui ne toyche "à des intérêfs vivants; pas une qui ne parle à la fois au cœur, à Tesprit, à la conscience', pas une qui n'éveille tout un monde d'idées.
Chacune d'elles vaut donc qu'on s'y arrête.
Y a-t-il incompatibilité entre un régime démocratique el l'existence d'une Église établie? Celte incompatibilité semble résulter de plusieurs considérations fondamentales.'
£t d'abord, là ou un système donné d'instruction religieuse est officiellement reconnu, spécialement protégé et doté par l'État, il est bien difficile que le gouvernement ne cherche pas un point d'appui pour sa politique dans ce système et ne se fasse pas de ceux qui ont char^ de renseigner, -des auxiliaires, ce qui a le double inconvéni«nt de corrompre l'essence 4Je ]» religion el de mettre en péril la liberté.
ËiiHuile, il est contraire Ji la nature du régime démocratique qu'il y ait m sein de la eociété une clause d'hommes revêtus de fonctions permanentes, se tenant à cAté ou plutôt au-dessus du peuple, le dominant par ce qui a le plus ie prise sur l'imagination, et formant une sorte de caste sacrée placA) entre le cif ! et la terre.
Enfin, la juitiice el l'égalité s'opposent k ce qu'une partie des citoyens , iussenl-ils en •très-petite minorité, soient contraints de payer pour la propagation de doctrines qalls jugent fausses et faoestes.
Que ces consHlérations n'aient pas encore prévalu en An- ^etf rre, c'est tout simple, puisque l'Angleterre est un pays aristocralique. L'aristocralie et l'Église établie y sont deux puîssaoces qui ont besoin l'une de l'autre.
C'est ce que les tories ont toujours compris et comprennent à merveille, el c'est ce que M. Disraeli, su mois de novembre 1S61, pruclamait bien haut dans le célèbre discmrs ofi il faisait re{K>ser U stabilité des i&stitutions de
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l'blakde et c l'ésube ET&BLE b ■^o^
l'AiBçleterre sw l'intipie ¥Dioii de l'Église et de l'État. L'absurde cl inique lâne confiue bous le oom denChurch raies », ^oique saas eesaeattaiftét, n'a pas été eiKore abolie-; «jue dis- je ? pks la Chambre 4eB iCommunes est pressée ssr ce fÙBA, œfflofi la -çiefltioB eanoUe pnte d'étr-e résolue : ^ue fautnit defilns punr accuser J'tnfliieMe^'l'Église établie ur la politique?
Be tout ce que le règne itruDe pareille iofluenoe peut a««ir de falal it l.i liberté, l'histoire d'Angleterre nous fournit des eienples nombreux et terrifate. Est-il nécesBMre -de rapfëeTKicel'Oeied'tiniformitéAe i6G^ qui transfornutit m crme le refus de se cooformer à i'Ëglist: établie, et l'acte, plus taoostrueu\we.me-, qui naellait entre tout miulstre nou coDfoiwiste et tes villes représentées au Parlement Mte dû- ISBce de cinq milles, déclarée tulrandiissable ^
ChacHB sakque lessermests d'allégeaHceeldesiqtr^aiie, Fendus abligaiaires, eurent pour objet, aott-seulemenl de défendre -la religioa protestante tunitre 4es -entreprises du papiame, mais de seamettreau despotisme de l'Eglise établie les sectes dissidentes. Les sept évéqnes qui furent jugés et acquittés en 1688, ifrèe ai'oir été mis â la Tour, pour avoir protesté contre la lyranoîe religieuse, n'étaient pas das calhebques, c'étaient des protestants.:' < Que ttiau bénisse Votre Majesté! nous espérons que vous êtes en faveur du docteur Sacheverdl «t de l'Église >-, voilà ce que-criait autow de ia Totture de la reine Anne un peuple imbécile, Jtu sortir de sermons où le 4;uré de SouLlHvark.,ianiitique sAlié des tories, pousiwit à b sédition, pourmieus assurer le ^ nncipe de l'obéissaBce pansive. Nul ne peut dire combien attrait duré l'eiifantement de la liberté intellectuelle en Anglelfflve, si par boubeur l'ambitioB da pwtvuir n'y avait luie de banne beure aux prises les whigs ti les tories, -et si l'opivesBiaB M
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308 LETTRES SDR l'akcletehrb (isaa)
l'Église établie n'y avait été combattue par les premiers
comme moyen de l'emporter sur leurs rivaux.
Grâce aux conséqueuces de cette lutte, au bon seos de la nation , et aussi à cette logique du protestantisme à laquelle il ne saurait jusqu'au bout se soustraire, l'action d'une Église établie a cessé d'être en Angleterre un mal intol6rable^ mais où cette action s'exerce de manière à révolter l'esprit de tout homme raisonnable et la conscience de tout homme juste, c'est en Irlande.
En tout autre pays, la religion établie, là où il y en a une, est celle de la grande majorité du peuple ; mais en Irlande la religion établie se trouve être celle d'une très-petite mioerité. Lord Brougham , dans son livre sur la constitution britannique, publié es 1861, reconnaît que les calholiques, CD Irlande, forment les trois quarts de la population, tandis que les membres de l'Église établie en forment seulement te dixième et les dissidents un peu moins que le dixième. En d'autres termes , la religion établie est celle d'environ sept cent cinquante mille personnes, et la religion réprouvée par l'État celle de six millions d'hommes.
Pour essayer d'implanter le protestantisme en Irlande, on a enlevé leurs bénéfices aux. prêtres catholiques et livré leurs dépouilles aux ministres d'un culte apporté du dehors. Le produit des dons volontaires, augmenté de ce que rapportent les mariages, les baptêmes, les messes, voilà le revenu des premiers; tandis que les seconds sont en possession de i,400 bénéfices, dont le revenu s'élève au delà de 600,000 liv. st., sans compter le revenu chapitrai , qui est de S5,000 liv. st., et le revenu épiscopal, qui dépasse le chiffre de 150,000 liv. st.
En 1831, l'on présenta au Parlement un rapport statistique duquel il résultait que l'étendue de terrain alloué, en
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l'IRUNDB et ■ l'église éTABUE l 209
Irlande, aux archevêques et évoques de l'Église protestante ^tait de 66Q,m acres ; de sorte que , comme le disait fort bien H. Dillwyn dans la séance de mardi dernier, c'est du sot même d'Irlande qu'on tire de quoi soudoyer les ministres d'une religion que te peuple irlandais regarde comme la plus dangereuse des hérésies.
Est-ce juste?
Jamais, comme l'a encore dit H. Dillwyn, on ne rêva rien de semblable, ni au Canada, ni dans les Indes.
Est-ce politique?
La réponse à celte question est bien simple : pour maintenir en Irlande l'Église établie, il faut 31,000 soldats et 12,450 constables.
Il n'y a pas à s'y tromper, ce qui, plus que tout antre chose, irrite les Irlandais, les exaspère, leur allume le sang, leur ronge le cœur, c'est la domination de prêtres qui ne sont pas leurs prêtres, de pasteurs qui, à leurs yeux, sont des loups à la porte du bercail.
Il ne s'agit {>as de savoir si leurs croyances religieuses, k eux, sont plus éclairées que les croyances qu'ils repoussent : ils sont en général d'une ignorance grossière, qui eu doute? lis sont superstitieux, ils sont fanatiques, ils aimant le pape d'un amour d'esclave, soit. Msis rien ne contiibue autant h les enfoncer dans leur bourbier que la grande et permanente injustice dont l'Église installée au milieu d'eux , malgré eux et h leurs dépens, donne le spectacle. Plus oo s'efforce de les attirer au culte protestant par de tels moyens.^plus ils s'attachent au catholicisme. La situation précaire des prêtres catholiques, comparée à la situation privilégiée des ministres de l'Église établie, loin de nuire à la considération des premiers, les entoure d'une sorte de prestige sacré. Us ont l'air d'être opprimés par les vainqueurs, par les maîtres du pays, T. m. u
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210 LKTTRBS SiJR l'aNI;LETER(IE {1883)
e( cetn même les identifie ir im peuple qnt, plongé dam I:» misère, humilié, aWamé, attribue tous ses maux !i l'asceiK dani d'une race étrangère. Le prêtre eatholi^e irlandais, de son côté, tire un parti exiraordinaîre, on le conçoit, de cet état de choses, pour enflammer les haines, éterniser les ressenliments. Un membre actuel du cabinet, M. Miiner Gibson, s'écriait en 1845: « Vous pouvez , faire ponr l'Irlande ce que vous voudrez, tant que vous maintiendrez Ik une Église établie, vous n'empêcherez jamais les Irlandais d'j voir un effet de la conquête et le stigmate de leur dégradation. » Eh bien, c'est sous cet aspect que le prêtre catholique irlandais ne cesse de présenter l'établissement protestant. Et voilîi comment l'Irlande, au lieu de constituer une force ponr l'Angleterre, est un boulet rivé h son pied.
C'est donc une importante question que celle que M. Dillwyn a soulevée mardi dernier, lorsqu'il a demandé la forttolioii d'un comité chargé d'i xamiuer ce qu'il y aurait de mieux â faire relativement à la dotation de l'Église protestante d'Irlande.
Aujourd'hui, les revenus de cetie Église sont hors de toute proportion avec les travaux dont ils sont censés être la rémn- Bération. Il y a telle paroisse dont le pasteur touche un revenu de trois cent trente li\^s sterling et dont les ou»ille!> se composent de vingt-quatre ptrsonnes. Voilà un bien riche berger pour un aussi modeste troupeau ! M. Dillwyo a nprimé le vœu qn'on s'occupe au moins de rechercher à quels besoins pressants l'on pourrait appliquer le surplus des revenus qui auraient été reconnits nécessaires el convenables. Ce n'était certes pas exiger beaucoup, et l'orateur, qui parlait ici au nom du parti libéral, a pu invoquer à l'appui de sa thèse les membres les phis notables du ministère actuel, ^i, en 1835, choisirent précisément ce champ de ba-
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L'lltLA^D& ET a ti'ÉÙLiaK e1tAM.IB ■> 311
IaiH« pour attaquer aie Roberl P^el, et le renversèrent.
Il est vf^ qua-, la victeire. remportés^ iis (wbtièrent l'objet du coiabat, et c'est ce que M. DïIIwjb leur a reppoi'hë avetraisoi). Quoi qu'il eit soit, il reste ce fait, que la question n'est pas nouvelle ; que les- esprits éolairéset les Ames justes ' oBt, depuis loqgtempB , protesté contre U violence fuite aux croyances religieuses de l'Irlande; que, depuis lon^emps, ou est d'accord, dans le camp libéral, et sur l'existence du mal, et ^r la nécessité du remède.
Mais quel altus manqua jamais de défenseur! Quelle iniquité manqua jamais d'apdire? Il était réservé .'i M. WliJtesède de montrer avec quel éclat le talent peut se prostituer au service d'une mauvaise cause;
M- Wliiteside est Irlandais; mais il est proteslani, il est HMinbMdU' parti tory, et il représente dans la Chiunbredes Conmunes l'université de Dublin, cette citadelle du protes- Unljsnie. A.ces divers litres, il s'est crunatturelleiuent appelé h entrer en lice. C'est, d'ailleurs, un avocat expérimenté, tcès-habilfr, et aucune cause ne l'embarrasse. Ce n'est certes pai mot qui lui. reprocherai d'avoir été l'avocat d'O'ConneU efi 1-^43 et^ celui de S(n.ih'0'Brien en 1848-, mais quand on Ifr.lnttive, plus lard, attaché à l'administration de lord Derby, d'abord en J8Sâ wmiBC soliciter gênerai pour l'Irlaude, puis eo 1S58 coinm« atlorney gênerai, on deviue ce qu-'it est perfflii d'attendre de ta souplesse de sob esprit.
Dans l'occasion dont il s'agit, il a été ce qu'il est toujours: amer, raille»), mordant, d'une éloquence abondante et agressiM ; mais qu'a-t-ii prouvé? Rien.
Pour toute ré}>ense .h des arguments appuyés sur des chiffres, i) a raconté l'imecdote saivanle. Un genlillionune campagnard deisandait im jwir à un ami : » Qu'est-ce (|ue le docteur CookeTuvlor? — C'est le statisticien du chitteau, >
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SIS l£TTRES SUR l'aNGLETERRE (iSGs)
répondit l'autre. • — El qu'est-ce qu'un slalislicie»? — C'est un homme qu'on pay& pour inventer des faits à l'usage des whi^. » Cela, comme bien vous pensez, a fait beaucoup rire là Chambre des Communes, les lories surtout; mais eela ne prouve pas que le nombre des prolestants ait augmenté en Irlande, depuis qu'on s'est avisé d'y être injuste comme moyen d'y propager le protestantisme.
Que rétablissement eii Irlande d'une relî^on de l'État contraire aux rroyances de l'immense majorité du peuple, ait été l'œuvre des conseillers d'Elisabeth, Burghiey, Baeon et Cecil, tous hommes d'éminent mérite, personne ne le conteste; mais c'est là un pauvre argument, que Burghley, Bacon et Cecil seraieut aujourd'hui les premiers à réfuter, s'ils vivaient. A l'époque que M. Whiteside rappelle, le protestantisme n'attaquait pas, il avait à se défendre. Sixte-Quint le menaçait, de Rome. Philippe le menaçait, de Madrid. C'était le temps des conspirations papistes; c'était le temps de l'Armada. L'Angleterre se résignerait-elle à n'être plus qu'un Gef du saînt-siége? Se laisserait-elle conquérir? Voilà ce qu'elle avait h décider. Non content d'excommunier la reine, le pape faisait afficher sur les murs du palais de la reine la bulle d'excommunication. Le protestantisme, pris k la gorge, n'avait pas le choix des moyens. Les conseillers d'Elisabeth subirent la dure loi d'une siluation qu'ils n'avaient pas créée ; ils voulurent arracher l'Irlande au papisme colite que coAte, et s'ils se trompèrent, il y avait pour cela des raisons dont aucune n'existe aujourd'hui.
Les faits, d'ailleurs, parlent d'eux-mêmes. L'Ecosse, envers qui l'Angleterre a été juste, s'est cordialement et sans réserve unie au.^ Anglais. L'Iriande, au contraire, les repousse autant qu'elle les craint et frémit sous sa chaîne. Quant aux pro{;rËs du protesiinlisme en Iriande, où sont-ils? It est
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EFFET DE lA NOUVELLE DE LA MORT DE STON. JACKSON 313
littéralement vrai que ce sont les ministres de l'Église établie qui JoDt, en IrlaDde, les affaires du papisme. Je dis de l'Église établie; car ceux qui gagnent du terrain, ce soûl les dissidents, parce que ceux-là ne détruisent pas par lé privilège l'effet de leur propagande et représentent l' action du protestanti^ne abandonné à ses propres forces.
Le débat sur cette intéressante question n'esl pas encore terminé', il sera repris sous peu, et j'ai confiance qu'il achèvera de montrer comme quoi le protestantisme ne saurai! sans folie faire alliance avec l'injustice.
Et il ne saurait non plus, sans renier son principe, mettre des entraves à l'esprit de libre examen. Un pacte auquel il est, quoi qu'il fasse, glorieusement asservi, subordonne son existence au triompbe de la liberté.
Effet pr*JMit «n ANgleterF« par 1« no««elle do la mort 4b Slanewall JaekBoa.
Les partisans du Sud sont en deuil : Stonewall Jackson est mort.
Eùt-il été Anglais, eAt-il combattu pour la cause et sous le drapeau de l'Angleterre, sa perte n'aurait pu être plus vivement ressentie qu'elle ne l'est ici dans les classes gou-
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-214 LerriiBS WK l'angleteare (tses)
vernaotes (thn goveming clatiet), tant elles ont épousé avec passiOD la querelle des planteurs!
. Jlest oertain que la mort d'uD tel homme est plus poar les fédèr-iux que le ^in d'uoe bataille. Valeureux sans téutérité, hardi avec inlelligenee, sa gloire, parmi les géoéiraux confédérés, hrillait d'un écbt unique.
<Lee a déployé les (|uali(és les -plus solideti d'un géoéral -en chef : le coup d'oeil, l'art des combinaisons stratégiqueB, la science de la temporisation; mais les qualités d'un Fabius Gunclator ne sont pas celles qui allumeul le feu de l'enthoHsiaâœe militaire dans le cœur du soUlat et séduiseut la renommée.
Jdbnslone et Hills sont de bons ofHciers; mais ils n'ont rien fait encore qui marquât leur place parmi les grands capitaines.
Beauregard, excellent ingénieur, a commis, comme général, des erreurs fatales à son parti.
Bragg n'a pas eu l'occasion de se. révéler, et, pour l'ap- ■préder, il faut atlendre.
En réalité, Lee est te seul commandant qui semble désormais pouvoir être opposé avec avantage aux généraux du Nord : I) Mac Clellan, s'il est ramené sur la scène; à Buraside, dont le nom se lie au souvenir d'une défaite, mais d'une défaite héroïque; à Hosecrans, qui n'a jamais été vaincu; h Hooker, enlin, en qui les derniers événements de la guerre, savoir : le passage du Rappairannock, la bataille de Cliancellorsville, et la manière dont il a effectué sa retraite, après des mouvements qui ont été sur le peinld 'anéantir l'ennemi, signalent, quoi qu'eu dise la presse a&gbùae, un (-.apilaine du premier ordre.
Stonewall Jackson, qui excellait dans le manienitint ■d'une division, n'a jamais été appelé au %
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